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  • Rétrospective sur l'œuvre "ethnographique" de Jean MAHÉ à Plouer-sur-Rance

    Une exposition consacrée à l'œuvre de notre regretté ami Jean Mahé est organisée par la Commune à la Maison des Associations de PLOUER-SUR-RANCE (Côtes-d'Armor) du Samedi 24 juin 2006 à 15h jusqu'à la fin (?) du mois d'Aoüt.
    Passionné des "Arts et traditions populaires" gallèses, des musiques "populaires", on lui doit, entre autres, plusieurs disques de "collectages" parmi les plus originaux pour l'époque, dans les années 70...
    Si vous passez par l'estuaire de la Rance, allez passer un moment avec Jean... Peut-être nous y croiserons-nous.
    Jean, tu nous a faussé compagnie top tôt, trop vite, nous ne t'oublions pas...
    Tes amis de Belvert...

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    Jour de liesse: Jean et les Belvert...

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  • L'ethnologue et les joueurs d'échecs: un ouvrage de Thierry Wendling

    Les ethnologues sont par gôut curieux de tout ! Ils mettent leur nez partout, aussi bien dans les sous-marins, que dans les égoûts de la ville de Montpelleir, dans les entreprises de haute-couture, ou, comme ici, avec Thierry Wendling de l'Institut d'ethnologie de Neuchâtel (Suiise) dans les clubs et championnats d'échecs.

    Comment peut-on être joueur d'échecs de compétition ? Pour répondre à cette question inédite en ethnologie, l'auteur a privilégié le regard intérieur du "monde des échecs" en menant une longue et active observation auprès des joueurs, des arbitres et des dirigeants fédéraux. La description des paroles et des gestes ordinaires dans les clubs et lors des tournois révèle ainsi une riche culture ludique qui déborde largement le savoir un peu ésotérique de la "théorie échiquéenne", puisqu'elle comprend par exemple d'innombrables histoires édifiantes ou humoristiques. Cette culture échiquéenne offre aussi la particularité de mettre en oeuvre une organisation sociale originale qui conjugue d'intenses relations de face-à-face avec une pratique de masse.
    En montrant comment s'articulent ensemble des thèmes a priori aussi divers que les noms attribués aux ouvertures (Sicilienne, Russe, Dragon...), les joutes verbales des parties rapides, la notation imposée des parties officielles, ou encore l'utilisation de la pendule d'échecs, l'analyse souligne avec force que l'entremêlement des dimensions sociales, culturelles et cognitives participe d'une création permanente de sens par les différents acteurs de la culture échiquéenne.
    A travers cette étude des joueurs d'échecs qui apporte un éclairage nouveau sur des thèmes aussi fondamentaux que la construction de la sociabilité, l'usage de la parole et de l'écrit, la conceptualisation de l'espace et du temps, le lecteur trouvera aussi un témoignage de l'intérêt théorique d'une anthropologie des jeux

    Wendling, Thierry. Ethnologie des joueurs d'échecs. Paris : Presses universitaires de France, 2002. 256 p. : ill. ; 24 cm. (Ethnologies). ISBN 2-13-051440-5

  • De la relativité de certaines traditions.

    Nous l'empruntons à Tertullien, l'un des Pères de l'Église (155-225) :

    "L'ancienneté d'une erreur n'en fait pas une vérité!".

  • L'Atelier de la Parole reçoit la conteuse Christine Kiffer aves ses contes et récits arméniens

    Avis aux Belvertissimes et autres passionnés de paroles vives:

    En prélude à l’année de l’Arménie,
    L’Atelier de la Parole,
    22 Rue Godefroy Cavaignac Code 6A24
    75011 Paris
    Métro Voltaire

    accueille Mercredi 28 juin à 20h30

    CHRISTINE KIFFER
    Dans
    « Djilivili », contes et récits Arméniens
    Avec un extrait de l’épopée
    « David de Sassoun »

    Tarif unique : 8€
    Réservation souhaitée par mail : martinetollet@noos.fr

    Un imaginaire unique, à découvrir ensemble.

    ...Et qu'on se le dise !

  • Actes du 8e Colloque international de dialectologie du domaine d'oïl occidental

     
    Les Actes du colloque qui s'est tenu les 12-13 juin 2002 à Université d'Avignon sont publiés depuis 2004 sous le titre "Dialectologie et toponymie : Actes du 8e colloque de dialectologie et littérature du domaine d'oïl occidental."

    Présentation du volume

    Cette manifestation scientifique a été créée par René Lepelley et s'est tenue pour la première fois à l'Université de Caen en 1981. Elle a ensuite été organisée successivement, avec une périodicité de trois ans, à Nantes (1984), Angers (1987), Poitiers (1990), Seillac (1993), Rennes (1996). Nous sommes revenus à Caen en mars 1999, avant de sortir de l'ouest de la France pour nous réunir en juin 2002 à Avignon.

    L'appel à communications invitait les chercheurs à la confrontation de notre discipline avec les nouvelles technologies, qui ouvrent de nouvelles perspectives et permet d'envisager autrement le traitement des données et leur publication, mais aussi et surtout leur exploitation. Nous sommes donc quelque peu sortis de notre domaine de prédilection pour entrer dans celui de l'informatisation avec Guylaine Brun-Trigaud, qui nous présente des synthèses de cartes informatisées, en prenant appui sur le Nouvel Atlas linguistique de la Basse-Bretagne et Michèle Oliviéri qui aborde le problème de l'organisation des concepts dans les dialectes, à travers la notion de « responsaire » tel qu'il a été élaboré dans le cadre du thesaurus occitan.

    L'approche classique des parlers dialectaux sous l'angle de la lexicographie est illustrée par la communication de Michèle Schortz, qui nous livre le résultat de ses enquêtes sur le lexique météorologique du Pays de Caux et celle de Pierre Gauthier, qui porte sur les spécificités de la langue des plaideurs et de la justice dans deux textes poitevins anciens. Mais les études sur le français régional prolongent aujourd'hui la dialectologie et Catherine Bougy et Pierre Boissel portent leur attention sur l'emploi de quelques mots et locutions en usage en Basse-Normandie, à partir d'une vaste enquête de terrain, prenant en compte les tranches d'âge de la population des informateurs. Aux extrêmes limites de notre domaine, la communication de Michel Valière nous plonge au cœur de la pratique linguistique en illustrant les choix complexes d'une conteuse, qui « balance » entre français, français régional, poitevin et limousin.

    Mais c'est sans doute la littérature et la toponymie qui constituent aujourd'hui les refuges les plus sûrs des parlers régionaux. L'informatique permet à Fabrice Jejcic d'étudier la variation graphique chez un auteur dialectal, en tenant compte de l'ensemble des éléments matériels qui participent à l'élaboration du texte. Nous pénétrons aussi au cœur du manuscrit dialectal d'un auteur bauceron avec l'étude de Claire Fondet sur le phénomène de la récriture.

    Les études toponymiques sont également illustrées par plusieurs contributions : Brigitte Horiot s'intéresse ici à la flaure et à la faune dans la microtoponymie des Charentes, Marie-Rose Simoni-Aurembou nous présente plusieurs facettes de la toponymie dans un roman de l'Yveline et Stéphane Laîné l'évolution des graphies des noms de communes relevées dans les cartes du département de la Manche. Avec Marianne Mulon, nous nous rendons à Coutras, dans la zone dite du Croissant, où s'enchevêtrent parlers d'oïl et d'oc.

    Le colloque a aussi permis à de jeunes chercheurs d'exposer leurs travaux en cours : Isabelle Pesce décrit l'influence réciproque de l'italien, du français et même du percheron sur le parler des membres de sa famille d'origine ligurienne. Chiara Bignamini donne les principaux résultats de sa recherche sur les régionalismes dans un roman de l'écrivaine manitobaine Gabrielle Roy et Incarnation Perrier nous présente son étude sur Le Grand Bornand, en Haute-Savoie.

     

    Sommaire

    GUYLAINE BRUN-TRIGAUD : Du crayon à l'ordinateur. Une nouvelle interprétation des atlas linguistiques

    MICHÈLE OLIVIÉRI : Le responsaire du THESOC

    MICHÈLE SCHORTZ : Vocabulaire lié au temps sur la côte du Pays de Caux

    PIERRE GAUTHIER : Le vocabulaire juridique et judiciaire de deux recueils poitevins, la Gente Poitevinrie (1572) et le Rolea (1660)

    CATHERINE BOUGY ET PIERRE BOISSEL : Carabot, ensaucer, avoir de la goule : Variations et permanences dans le lexique régional de Basse-Normandie

    MICHEL VALIÈRE : « On ne parle pas à sa voisine comme à son ethnologue » : Dialectique français-dialecte(s ?) dans le répertoire d'une conteuse charentaise

    FABRICE JEJCIC : Les orthographes d'Arsène Vincent, chroniqueur et copiste (Perche d'Eure-et-Loir aux environs de 1870) : Informatisation d'un manuscrit et variation graphique

    CLAIRE FONDET : Problèmes de réécriture chez un auteur beauceron : Robert Dablin (1913-1995)

    BRIGITTE HORIOT : La faune et la flore dans la toponymie de l'Ouest de la France (départements de la Charente et de la Charente-Maritime)

    MARIE-ROSE SIMONI-AUREMBOU : Littérature et toponymie : Les noms de lieux dans un roman de l'Yveline

    STÉPHANE LAÎNÉ : Évolution de la graphie des toponymes dans les cartes de la Manche du XVIIe au XIXe s.

    MARIANNE MULON : Toponymie du canton de Coutras (Gironde)

    ISABELLE PESCE : Le langage ordinaire d'une famille ligurienne implantée dans le Perche

    CHIARA BIGNAMINI : Présence et fonctions des termes franco-canadiens dans le Montagne secrète de Gabrielle Roy

    INCARNATION PERRIER MENDOZA : Présentation d'une thèse en cours sur le patois du Grand Bornand

     

    Actes des colloques précédents

    Dialectologie et littérature du domaine d'oïl occidental. Actes du colloque tenu à l'Université de Caen en février 1981, R. Lepelley (éd.), Caen, Cahier des Annales de Normandie 15, 1983.

    Actes du IIe colloque de langues et de littérature dialectale d'oïl de l'Ouest de la France sur le thème de l'eau [Nantes, 16-18 février 1984], P. Brasseur, P . Gauthier et J.-Cl. Rivière (éds.), Textes et langages XIII, 1986.

    La terre. Actes du IIIe colloque de dialectologie de l'Ouest de la France [Angers, 24-26 février 1987], J.-P. Chauveau, A.-M. Douet et G. Guillaume (éds.), Marche armoricaine 7, 1989.

    Dialectologie et littérature de l'Ouest de la France. Actes du IVe colloque [Poitiers, 6-8 mars 1990], B. Horiot (éd.), Lyon, Université de Lyon III, 1995.

    Dialectologie et littérature du domaine d'oïl occidental - lexique des plantes, morphosyntaxe, Actes du Ve colloque [Blois-Seillac, 5-7 mai 1993], M .-R. Simoni-Aurembou (éd.), Fontaine-lès-Dijon, A. B. D. O., 1995.

    Vitalité des parlers de l'ouest et du Canada francophone à la fin du XXe siècle. Actes du VIe colloque international de dialectologie et de littérature du domaine d'oïl occidental [Rennes, 10-11 mai 1996], F. Manzano (éd.), Cahiers de sociolinguistique 2-3, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1997.

    À l'ouest d'oïl, des mots et des choses … Actes du VIIe colloque international de dialectologie et de littérature du domaine d'oïl occidental [Caen, 18-20 mars 1999], C. Bougy, S. Laîné et P. Boissel (éds.), Caen, Presses universitaires de Caen, 2003

  • LE TEMPS QU'IL FAIT: savoirs populaires, magie et Science

    Co-produite par la Ville de Parthenay et l'UPCP-Métive/CERDO, et conçue par Frédéric Dumerchat et Claude Ribouillault, cette exposition est consacrée aux "attitudes populaires vis à vis du temps", à travers des exemples empruntés à la région Poitou-Charentes comme à la Vendée.
    Il y est question de "catastrophes" climatiques et autres objets de rumeurs à ce sujet.

    Exposition ouverte du 21 juin au 27 octobre 2007, à la MAISON DES CULTURES DE PAYS... et Musée Georges Turpin.

    Renseignemenrs: UPCP-Métive: 05 49 94 90 70 (metive@cc-parthenay.fr)
    ou Musée de Parthenay: 05 49 64 53 73 (musee@cc-parthenay.fr)

  • Il prend aux mots les Poitevins: Ulysse Dubois. Portrait d'un homme de cœur

    Le Pèlebois ethnographe

    Il a le regard malicieux, le sourire tendre, l’accent pèlebois. Il n’aime pas les compliments : « Veux-tu une tape ? » dit-il à celui ou celle qui se risquerait à lui en faire. Pourtant Dieu sait qu’il en mérite une pleine besace, ou un bissac... ce riant et brillant octogénaire qui déclare qu’il n’a « rien inventé». Oui mais, créateur d’airs, de rimes et d’images des rues et des champs, il invite dans sa langue au respect.
    Issu d’une famille plus que modeste de la Plaine de la Courance, du côté de Frontenay-Rohan-Rohan, en bordure du marais poitevin, Ulysse Dubois est né en 1925 d’un père qui l’amènera, avec sa mère, dès l’âge de trois ans à Chey (Deux-Sèvres), et à cinq ans à La Barre de Sepvret où on l’y trouve encore, asteùre, avoure en Pays pèlebois, celui de la forêt du plateau de l’Hermitain. Si son père, qui avait « gardé la musique des mots du parler maraîchin » et qui ne manquait pas d’humour ni d’autodérision, était cantonnier, lui, fut enseignant pendant trente ans au Château de Thouars, pour finir ensuite sa carrière comme directeur adjoint du Collège Jean Rostand, en la même ville. Il se souvient tout de même avoir aussi, dans ses débuts, fait la classe six semaines durant aux enfants de l’école d’Huric, dans la commune de Saint-Coutant, avant de rejoindre pour un an et six semaines la maison d’école d’Avon, posée en plein champ... Il partagera sa vie avec Henriette qu’il épousa à la mairie de Sepvret, puis avec trois enfants : Jacques, Lise et leur dernier fils Jean, un artiste de la « chanson française » que l’on peut désormais aller écouter à Paris, entre autres au Limonaire, Cité Bergère.
    Ulysse, lui, c’est aux entractes, aux interludes des fêtes des écoles rurales qu’il a commencé à se produire, entre deux saynètes, ou entre deux « théâtres » comme on dit ici, entre deux danses quelquefois, pendant que les draules et les draullères se changeaient d’habit ou de costume. Son répertoire d’alors, en 1955, consistait en des histoires locales exprimées en français et composées sur des airs empruntés aux chansonniers du Grenier de Montmartre, qu’on entendait à l’époque sur le « petit poste ». Sans prétention aucune, évidemment, juste pour occuper le temps et capter encore l’attention du public et éviter qu’il se disperse dans la nature ou les bas-côtés de la salle des fêtes, là où est souvent installée la petite buvette attractive.
    Mais, c’est seulement à partir de 1956, avec La Fraechour (la fraîcheur) et Brdasseries (bavardages) qu’il commencera à observer avec un regard plein de tendresse ses proches voisins auxquels il s’adressera avec un tutoiement plein de respect affectueux :

    «T’en souvéns-tu, Andrai Mounàe
    Dau tenp quant i aliun-t-a l’école ?
    T’en souvéns-tu mun paure Andrai
    De l’école dau Coudrai ? »

    Un jour de printemps de l’an 1 du siècle, Gérard Pierron, le célèbre interprète de Gaston Couté, admiratif et ému devant la qualité de ce qu’il appelait, lui, des rimiaux, sacrait Ulysse Dubois du titre envié de « savant de tous les jours, qui voit, bâtit et pense en son pays pèlebois ». Hommage mérité s’il en est un, tant l’homme de La Barre, il est vrai, a puisé les modèles de ses héros dans son entourage familier. C’est tout un « petit peuple » de gens laborieux, « Lés Copins dau vilajhe » qui, des bancs de l’école jusqu’au soir de leur vie, s’adonnent aux principales activités saisonnières de la vie à la campagne. Aussi rencontre-t-on Péraud et sa charéte trop lourdement chargée de foin, un jour de feneries, écoute-t-on encore les propos que, assise sur son banc de pierre avec le tilleul pr s’acotàe (pour s’appuyer), Françoise échange avec Ortense, Léxandrine, Jhulie, Susun, Malvina, qui « avant trtoutes de l’ouvrajhe çh’enpaeche pa de causàe en ménme tenp... A fasant le tour dau vilajhe avéc lou goule, tout en réchtant a l’unbre dau tilell de la cour a Françoese. »

    Le jongleur de mots

    Fin connaisseur du poitevin, il n’a pas oublié qu’il avait été un pédagogue d’abord. Aussi, parmi les textes que ses amis et auditeurs préfèrent entendre, figure depuis avril 1981 : « Vous alèz biscàe les mundes », inénarrable leçon de grammaire et de vocabulaire consacrée à la vivacité dans le parlanjhe du « passé simple »... et de quelques autres formes verbales dont le fameux imparfait du subjonctif, généralement peu maîtrisé. Qu’on en juge sur pièce par cet échantillon tiré de l’ouvrage intitulé Le Livre d’imajhes (Geste éditions, 2001, pp. 119-122) :

    « ... Ché nous, in pou, ol ét un pouèll,
    Le verrou, in couréll,
    É le seuil, in bassèll,
    La nuque, ol ét le cagouét,
    Le tréteau, in brchét,
    Le grillon, in grlét,
    Le sabot, ét in bot,
    Le sifflet, in subllot,
    Le dindon, in perot,
    La faux, ol ét in dall,
    Un caillou ét in chall
    Le désordre, un drigall.

    J’allai chez vous,
    Tu allas chez eux,
    Elle alla au lavoir,
    Nous y allâmes hier au soir,
    Vous y allâtes vous aussi,
    Ils y allèrent tous.

    I o sé qu’ol ét françaes !
    Mé vela daus énvenciuns
    Pa si sénplles a pllaçàe den la cunversaciun
    Ché nous, o vat tout seùl, o patine pa, o force rèn :

    I anghi ché vous,
    T’anghis ché zàus,
    Al anghit au lavour,
    I y anghiriun yèr au sàe
    Vous y anghiriéz vous-tou,
    Le y anghiriant trtouts.

    É lai-tou, çhéte draullére d’Alice,
    Mén i aràe velu qu’a cunprénghisse
    Prquoe qu’i velàe pa qu’a y anghisse... »


    Mais le faiseur de rimes s’est fait aussi lexicographe, en animant, à partir de 1967 et pendant une trentaine d’années, et à raison de six fois par an ce qu’il appelait alors L’Équipe de la Crèche. Celle-ci se réunissait dans une salle mise à la disposition par la commune pour y décliner les mots de tous les jours, techniques, familiers, concrets ou abstraits, moraux ou satiriques, dans le dessein de les coucher dans un « grand livre ». En effet, la Société d’études folkloriques du Centre-Ouest (SEFCO) avait avancé, à partir de 1965, l’idée de réaliser un dictionnaire ou un glossaire des « parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois ». Après bien des déboires, des difficultés, des lassitudes, des abandons, des décès, des chamailleries, celui-ci a finalement vu le jour, sous les efforts conjugués d’Ulysse, de Jacques Duguet, de Jean-François Migaud, de Michel Renaud, et des nombreux collaborateurs de toute la région Poitou-Charentes qui ont apporté leurs contributions. Mais, on doit beaucoup à l’enthousiasme, à la ténacité et surtout à la « diplomatie » d’Ulysse Dubois, la conduite à bonne fin de cette entreprise remarquable d’un ensemble de cinq volumes réalisés entre 1992 et 2004.
    Ainsi non seulement est-il l’un des principaux artisans de cette somme linguistique, mais encore le « chef de file » de quelques praticiens de la langue régionale, au rang desquels Suzanne Bontemps et Robert Beau qui créent dans une perspective tendre et poétique, parfois nostalgique, loin de la facilité qui consiste à n’utiliser le poitevin que dans un registre où le comique a trop souvent servi d’alibi à stigmatiser certains traits stéréotypés du comportement paysan, des citadins et de la femme, souvent peu considérée. Son poème La Vièlle illustre parfaitement l’orientation humaniste de sa créativité :

    Quant al at réçounai avéc rén qu’ine patate,
    In petit réchtant de pouràie, ine poume é tres caleas,
    Qu’al at mi in petit de lét den l’éçheule a sa chate,
    A s’assit devant le foujhàe, é pi qu’ét o qu’a fét ?
    A dort in petit, la viélle...

    « Velàu boere in cot, facteùr ? Merci pr lés nouvéles !
    Y at o rén que le jhornal ? Qu’ét o dun qu’o y at de neù ? »
    A s’assit den la fenàetre pr lire la pajhe de Méle ;
    Moén d’in quart d’eùre enpràe, la vela çhi dort dessu.
    A dort souvent, la viélle.

    L’artiste du quotidien

    Mais l’homme de lettres se double de l’artiste, de l’homme de scène, friand du contact direct et non médiatisé avec son public. Il excelle dans le genre, et si l’on ne rit pas gras, on y sourit, ce qui lui convient parfaitement. Cette gratitude discrète des « gens qui s’y reconnaissent » suffit à la plénitude de sa performance d’acteur. À l’aise dans ce timbre grave et puissant de celui qui joue allègrement avec les mots d’une apparente légèreté, il a le talent d’un jongleur à vous couper le souffle. Ainsi, par exemple, le voilà à balancer des ssssssssssssss des chchchchchchchch et encore des çhçhçhçhçhçhçh, qui fleurissent dans les gorges pèleboises. Il s’y découvre roi des virelangues lorsqu’il vous chuinte son Sou çhau chou (sous ce chou !) qu’il a déjà servi deux cent quarante fois à des publics médusés :

    Çhi çh’at dit çheù ?... hén ! Çhi çhi at dit çheù ? Çhi ét o çhàu ou çhi ét o çhéle çhi at dit çheù ?
    O n-ét cheùt de çhàus d’içhi ?
    Pa çhàu çhi at lés piàus çhi çhi cheùsant su sés usses ?
    Pa çhéle çh’at çhau chignun çhi démanche ?
    Pa çhàu çh’at çhau chéti chapea ch’ét cheùt ?...


    S’il y a du Devos en lui, et du meilleur, il y a aussi du Rabelais et du Prévert. Il faut l’avoir vu et entendu mettre en vers chantés ses interminables inventaires de patronymes féminins des grands-mères, Les Nums daus nenaes : « ... Mausàie, Salàie, Bosbue, Marbue, Barillote, Bisote, Papote, Popinote, Baudouine, Bévine, Chatine, Niauline, Sabourine, Martine, la felle a Martin, Peloçhine é Robine, la felle a Robin... » et il vous en aligne comme ça les deux tiers de la commune. Il a la rime facile et le sens des alliances de sons et de mots.
    Son public, c’est « le » public ; aucun cabotinage ne l’habite. Il se plaît autant à dire son fait qu’à se dire lui, autant sur les meilleures scènes régionales, dans les bibliothèques et médiathèques, qu’à l’issue d’un banquet ou d’un repas entre bons amis. Parce qu’Ulysse, c’est d’abord un ami ; votre ami.


    Michel et Michèle Valière, L'Almanach du Poitevin 2006, CED.


    Ouvrages d’Ulysse Dubois :

    A l’inbre dou tilell, Mougon, Geste paysanne / Atelier parlange de l’UPCP, 1986.
    Écrivajhes, Mougon, UPCP, Geste paysanne, 1985 (pp. 131-135), en collaboration avec 52 auteurs de 1850 à 1984.
    Va lou dire, Içhi queme allour, Geste éditions, 1993, en collaboration avec Robert Beau (Plus cassette).
    Le Livre d’imajhes, La Crèche, Geste éditions, 2001.
    Glossaire des parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois, Saint-Jean-d’Angély, SEFCO, 5 vol. (1992-2004), en collaboration avec Michel Renaud (vol. 1-5), Jean-François Migaud (vol.1-4), Jacques Duguet (vol. 1-3), James Angibaud (vol. 5),

    Discographie :

    Contes et nouvelles du Pays Pèlebois, n°1, disque vinyle, 30cm, 33t, ADAC / UPCP-Geste paysanne.
    Contes et nouvelles du Pays Pèlebois, n°2 , disque vinyle, 30cm, 33t, ADAC / UPCP-Geste paysanne.
    En collaboration avec Gérard Pierron et al. : Les Cent printemps des poètes, disque vinyle, 30cm, 33t, Jam, éd. Christian Pirot, 0485 / EB54, Enregistrement public au Printemps de Bourges, 1985 (Prix Académie Charles Cros).
    Venez vous sacàe den ma chaçun, CDUP87, Parthenay, Geste éditions, 2001.

  • Tout sur le Conte populaire

    Visitez sans relâche bibliothèques et librairies classiques, et notez, par exemple, que vient de paraître (début Janvier 2006) chez Armand Colin, coll. CURSUS, l'ouvrage :


    MICHEL VALIÈRE

    Le conte populaire :
    Approche socio-anthropologique

    Entre écrit et oral, le conte, genre narratif à la fois polymorphe et polynomique, s’est frayé une voie jusqu’au XXIe siècle, où il s’épanouit dans une efflorescence inconnue et inégalée jusque-là. En France, l’attention aux arts de la parole plus vive que jamais mérite d’être interrogée en tant que telle. Comment les regards sur le conte se sont-ils métamorphosés pour redonner vie à une pratique longtemps reléguée (parfois déconseillée par les éducateurs !) au titre de loisir pour jeunes enfants mais aujourd’hui spectacle offert à la fascination de toutes les classes d’âge ?
    Le présent ouvrage retrace ce parcours, depuis le temps millénaire où le conte jetait les bases d’une véritable littérature en Europe, jusqu’à celui de l’embellissement de la tradition orale productrice de chefs-d’œuvre devenus des classiques. Rites et cultures, parlers et légendes, constituent de véritables trésors nationaux dont certains prétendent à la reconnaissance au titre de patrimoine mondial reconnu par l’UNESCO.
    Folkloristes et ethnographes ont engagé des « cueillettes » sans fin pour saisir in vivo les multiples situations de narration et donner à entendre des voix qui affleurent à l’universel. Aujourd’hui, et c’est l’un des traits marquants des approches contemporaines, le conte apparaît comme l’un des moyens d’intervention culturelle privilégié, à travers les nombreuses heures en bibliothèque et autres chemins de la parole, soirées, veillées et surtout festivals de spectacle vivant où il s’incarne dans une dialectique de l’identité et de la différence tant dans ses versions historiques épurées que dans celles revêtues d’une livrée de la modernité.

    Ce livre s’adresse aux étudiants des premier et second cycles en Sciences humaines et sociales comme en Lettres et langues, aux candidats aux concours des métiers de la culture (bibliothèques) et de l’enseignement (IUFM), aux conteurs, eux-mêmes soucieux d’inscrire leurs propres performances dans une perspective à la fois historique et anthropologique, aux thérapeutes et soignants qui utilisent le conte dans leurs démarches de soins ; au-delà, il retiendra l’attention de tous ceux qui souhaitent conjuguer passion du patrimoine et goût pour le « beau parler ».


    Pour de plus amples renseignements: nous contacter.



    Bonne découverte du conte et de son cheminement ... Voir aussi un compte rendu: www.reunion.iufm.fr/Recherche/Expressions/Textes27/Lectures.pdf

  • Langues et Cité N°6, Mai 2006 vient de paraître

    Ce dernier numéro, publié par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France est consacré au "Corpus de la parole". Claire Blanche-Benveniste de l'univ. de Provence y rappelle l'intérêt des recherches sur les langues parlées et la nécessité d'une organisation de banques de données. Marie-France Calas, Conservateur général du Patrimoine au Ministère de la Culture, souligne le besoin d'une définition claire du "statut patrimonial de l'objet oral". Pascal Cordereix de la BNF évoque les grandes étapes des "Archives de la Parole" jusqu'au Numérique. Il annonce qu'"au printemps 2007, l'intégralité des enregistrements effectués par Ferdinand Brunot entre 1911 et 1914 devrait être consultable sur le web de la BNF www.bnf.fr.
    D'autres entretiens et articles viennent illustrer les recherches sur l'oral.

    Chacun peut recevoir "Langues et Cité: bulletin de l'observatoire des pratiques linguistiques" en sollicitant par courriel le rédacteur en chef olivier.baude@culture.gouv.fr

    Bonne découverte, bonne lecture, bon travail, notamment si vous appartenez aux "tribus" suivantes (Merci, Michel Maffesoli) des animuliens, des anthropologues, des ethnologues, des historiens du temps présent, des linguistes, des sociologues (ethnométhodologues de l'École dite de CHicago), et quelques autres producteurs de corpus oraux.

  • Les Belvert aiment les concerts, dans les jardins

    Surtout celui rue des Quatre roues à Poitierss, au pied des falaises en bordure du Clain, l'année dernière... dans ce jardin digne de Belvert, organisé avec des sensibilités comparables: oiseau (merles) pour semer, dame nature pour sélectionner, bâton à fouir pour planter sans forcer... et en laissant la chimie aux chimistes.
    De la poésie, une musique, le chant des oiseaux en contre-chant, quelques rais de soleil, l'écho des parois de roche... un brin de bonheur à l'état pur.

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  • Ethno-lyre: Lire, dé-lire, comprendre et entendre, interpréter, donner sens à...

    Le contexte contient presque tout. Le problème, c'est de savoir le lire.

    Giancarlo DE CARLO

    www.cnac-gp.fr/Pompidou/Edition.nsf/ Docs/ID144E792E8C0877DBC1256E68002B611A?OpenDocument

  • Culture & Recherche n° 108 vient de paraître

    Ce n° est consacré à "La Recherche sur le patrimoine, nouvelles convergences..." Une large place est faite à l'ethnologie, notamment à travers deux articles de notre collègue et ami Alain Morel, ainsi qu'à une info sur la revue Terrain.
    Pour plus de renseignements et abonnement (gratuit) :

    www.culture.gouv.fr/culture/editions/r-cr.htm

  • Vous recherchez un auteur ou un article dans les revues d'ethnologie et de sciences humaines en général

    Consultez dans ce cas:

    http://chercher.revues.org/

    et dans la revue Terrain en particulier:

    http://terrain.revues.org/

  • L'HISTOIRE des PLANTES EST aussi celle des HOMMES: Visites contées et guidées

    Laissez vous emmener et conter.... Avec la participation de Flora Berger, conteuse et musicienne, Vendredi 16 juin, 21 juillet et 18 août 2006; à partir de 20h30 – (Tarif : 8 euros)

    Comme les contes, dont les messages et les origines se retrouvent d’un continent à l’autre, elles nous disent notre aventure à travers les âges et par-delà les océans.

    En compagnie d’une guide et d’une conteuse-musicienne, laissez vous entraîner au long des allées enchanteresses qui composent " les jardins du monde ". Une découverte des légumes mais aussi des fleurs, aromates et épices, héritages des cinq continents. Contes des origines, fragments de géographie, histoires des grandes conquêtes, quelques notes de musiques traditionnelles, pour un tour du monde magique de deux heures, aux sources des civilisations.

    Musée départemental ethnologique
    Prieuré de Salagon
    04300 MANE
    Tel : 04 92 75 70 50
    Fax : 04 92 75 70 58
    Courriel : info@musee-de-salagon.com
    Site : http://musee-de-salagon.com

  • Sagesse africaine, sagesse universelle

    « Quand la chèvre est présente, point besoin de bêler à sa place !»
    Proverbe africain rapporté par l’écrivain Amadou Hampâté Bâ.

  • Bibliographie sommaire pour une première initiation à l'ethnologie

    Voici un premier choix d'ouvrages à caractère plutôt pédagogique... Certains seront introuvables sinon par la "bouquinisterie électronique", la plupart sont dans les bonnes bibliothèques classiques ou universitaires, et s'ils n'y sont pas, vous pouvez en conseiller l'acquisition aux bibliothécaires, d'autant que la plupart de ces ouvrages sont encore disponibles (consulter votre libraire classique.)

    ALTHABE Gérard, FABRE Daniel, LENCLUD Gérard (dir.), Vers une ethnologie du présent, Paris, MSH, 1992.
    AUZIAS Jean-Marie, L’Anthropologie contemporaine : expérience et système, Paris, PUF, 1976.
    BEAUD Stéphane, WEBER Florence, Guide de l’enquête de terrain, Paris, La Découverte, 1997.
    BONTE Pierre, IZARD Michel (dir.), Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie, Paris, PUF,1991.
    CHIVA Isac et JEGGLE Utz (essais réunis par ), Ethnologies en miroir : la France et les pays de langue allemande, Paris, MSH, 1987.
    CLIFFORD James, « De l’autorité en ethnographie », L’Ethnographie, n° spécial 90-91, 1983, pp. 87-118.
    COPANS Jean, L’Enquête ethnologique de terrain, Paris, Nathan, 1998.
    CRESSWELL Robert, GODELIER Maurice, Outils d’enquête et d’analyse anthropologiques, Paris, Maspero, 1976.
    CUISENIER Jean, SEGALEN Martine, Ethnologie de la France, Paris, PUF, 1993 (1re éd. : 1986).
    DELAPORTE Yves, « De la distance à la distanciation : enquête dans un milieu scientifique », in Jacques Gutwirth et Colette Pétonnet (dir.), Chemins de la ville : enquêtes ethnologiques, Paris, CTHS, 1987, pp. 229-245.
    DUPUY Francis, GUÉDEZ Annie, VALIÈRE Michel (dir.), Mues traversières : ethnographie en Montmorillonnais, Gençay, ARPE, 2001.
    FABRE Daniel, « L’ethnologue et ses sources », Terrain, n° 7, oct.1986, pp. 3-12.
    FERRÉOL Gilles (dir.) ; CAUCHE Philippe, DUPREZ Jean-Marie, FERRÉOL Gilles et alii, Dictionnaire de sociologie, Paris, Colin, 1995, (1re éd. : 1991).
    FERRÉOL Gilles et JUCQUOIS Guy (dir.), Dictionnaire de l’altérité et des relations interculturelles, Paris, Colin, 2003.
    GAILLARD Gérald, Dictionnaire des ethnologues et des anthropologues, Colin, 1997.
    GÉRAUD Marie-Odile, LESERVOISIER Olivier, POTTIER Richard, Les Notions clés de l’ethnologie : analyses et textes, Paris, Colin, 1998.
    LAPLANTINE François, La Description ethnographique, Paris, Nathan, 1996.
    JAMIN Jean et ZONABEND Françoise (textes présentés par), « Le texte ethnographique », Études rurales, n°97-98, janv.-juin 1985, pp. 7-67.
    LOMBARD Jacques, Introduction à l’ethnologie, Paris, Colin, 1998 (1re éd. : 1994).
    MAGET Marcel, Guide d’étude directe des comportements culturels, Paris, CNRS, 1962.
    MAUSS Marcel, Manuel d’ethnographie, Paris, Payot, 1967 (1re éd. : 1947).
    PANOFF Michel, Ethnologie, le deuxième souffle, Paris, Payot, 1977.
    POIRIER Jean (dir.), Ethnologie générale, Paris, Gallimard, 1968.
    SEGALEN Martine (textes réunis par), L’Autre et le semblable : regards sur l’ethnologie des sociétés contemporaines, Paris, CNRS, 1989.
    VALIÈRE Michel, Ethnographie de la France : histoire et enjeux contemporains des approches du patrimoine ethnologique, Paris, Colin, 2002.
    VAN GENNEP Arnold, Manuel de folklore français contemporain, Paris, Picard, 1982, (1re éd. : 1937-1958).

  • Mission "Ethnologie"

    Créée en 1980 au sein du Ministère de la Culture, la Mission du Patrimoine ethnologique s’est donné pour objectif l’observation de la France, des départements et territoires d’outre-mer, tout en établissant des liens avec les autres pays d’Europe. Dans ce dessein, des conseillers à l’ethnologie ont été recrutés dans les Directions régionales des affaires culturelles afin de susciter et d’accompagner les actions de recherche initiées par des associations qui s’appuient sur une demande sociale territoriale.
    La notion de patrimoine ethnologique ainsi dégagée (patrimoine religieux, maritime, industriel, scientifique, écrit, oral...) a donné lieu à de nombreux travaux dont rendent compte la revue Terrain : Carnets du Patrimoine ethnologique, ainsi qu’un ensemble d’ouvrages.
    Au terme de vingt-cinq années d’expérience, le site Portethno présente sur le web un choix raisonné d’organismes culturels, de centres de recherches, d’ethnopôles, ainsi que des ressources documentaires réalisées par l’actuelle Mission « Ethnologie » qui contribue toujours au développement de l’ethnologie de la France et de l’Europe.

  • Marcelle, la marraine du Jardin de Belvert nous a quittés. Ce n'est qu'un au-revoir, chers amis.

    Triste journée, mais chaude dans les cœurs. Marcelle nous a quittés. Marcelle, c'était notre chère voisine, tout sourire, toute fleurs, pleine de vie. C'est elle qui du haut de son balcon nous disait : Je crois revoir Belvert (que nous aurions dû écrire à l'occitane Bel Vèire = Beau voir... belle vue !) Et elle d'évoquer les "boijas" (= buissons) d'un endroit qui lui était si cher dans sa Corrèze natale, dont elle s'était éloignée depuis trop de décennies. Et nous, peu à peu, nous avons nommé entre nous notre "jardin" où les merles ("gras comme des poulets") ont acquis avec leur droit de cité le droit de plantation et de replantation, Belvert : vert comme la végétation parfois trop abondante lors des grèves de tondeuses ou de débroussailleuses ; d'ailleurs nous prions les gazonniers et engazonneurs irréductibles de nous excuser de l'ensauvagement de notre petit arpenticulus (inspirés par un illustre jardinier creusois que nous respectons profondément, Gilles Clément, hélas, pour nous, le talent en moins!) Marcelle, nous avait bien compris qui souhaitait que nos haies s'entrelacent, que les bâtons de Jacob, en pleine floraison aujourd'hui, franchissent les barrières de propriétaires, que les cyclamens se glissent sous nos grillages, que les acacias aillent croissant et se multipliant,, bref... Marcelle aimait le vert, le Belvert.
    Nous aussi. Grâce lui soit rendue.
    Adiu Marcèla, a cada sason pensarèm a vos! Belvert demorara lo ligam del sovenir.

    (traduction pour les rétifs à l'occitanophonie: Au revoir, Marcelle, à chaque saison nous penserons à vous ! Belvert restera le lien du souvenir.)

  • Entre espoir et espérance

    Chers amis, chers parents, chers frères et chères sœurs, Animuliens ou non, je vous livre aujourd'hui, la pensée saugrenue qui me vient en tête en leimotiv. Cependant je ne la délivre, elle ne peut l'être autrement sans haute trahison ! que dans la langue de nos aves et ataves, j'ai nommé l'occitan-languedocien, perceptible de Esse en Charente confolentaise, à Valencia et Venezzia :

    "Ièu, cal pas que moriguessi perde qué n'en caldra totjorn un per tapar lo cuol al darrièr. Voli estre aquel ome !"

    Après cette déclaration discutable, certes, il s'en trouvera pour contester cette posture philosophique et populaire (ça, ce devrai être un pléonasme!). Aux plus mécontents d'iceux, je ne peux que leur envoyer poliment et gentiement à la tête cette maxime qui fleurit encore sur le cadran solaire public de l"estimable commune de Puisserguier dans l'Hérault, si une main cruelle ne l'a pas subtilisé :

    "Podes virar lo cuol al vent, viraras pas lu cuol al temps..."

    Et oui...

    Je ne doute pas qu'occitanophones, catalanophones... et même "Francimands" en connaissiez tout un lot dans cette veine inépuisable.