Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Vers un catalogue du conte populaire en Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois

    Esquisse de catalogue du conte populaire en Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois
    Catherine Robert et Michel Valière
    1978 ; Multicopié (10 exemplaires) d’environ 130 pages ; sources imprimées et sonores ; cartes
    Université de Poitiers, ( Office audio-visuel-Lettres et langues)

    Réalisé à l’occasion du premier colloque sur l’Acadie à l’Université de Moncton, Nouveau-Brunswick, ce travail propose un premier pas dans le catalogage du conte populaire de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois selon le catalogue international d’Aarne et Thompson et le catalogue français de Delarue et Ténèze du conte populaire. Pour accompagner sa lecture, sont indiquées les abréviations utilisées.
    Par la suite, chaque conte classé, repéré et documenté est cartographié pour les cinq départements constituant les départements de Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vienne, Vendée.

    Cette esquisse d’un catalogue régional du conte populaire répond aux critères des catalogues existants français et international. Chaque conte est repéré suivant le catalogue international (allant, ici, du conte-type A.T.2 au conte-type A.T.2204) et modulé à partir du catalogue français (aujourd’hui encore inachevé). Puis sont indiqués les sources écrites, le département, la commune, et surtout de nouvelles sources orales (dont celles dues aux auteurs) précisant les lieux de conservation, les enquêteurs, les informateurs.
    Les variantes d’un même conte sont également notées en se référant si possible aux différents catalogues.
    Pour chacun des contes, des cartes indiquent les lieux où l’on peut les entendre ou les lire, ainsi que le nombre de leurs occurrences dans les catalogues international, français et régional.
    Ce document constitue un instrument de travail utile pour l’étude du conte populaire dans le Centre-Ouest de la France (Aire géographique concernée : Poitou-Charentes ; Charente (16) ; Charente-Maritime (17) ; Deux-Sèvres (79) ; Vienne (86) ; Vendée (85))

    Lieux de consultation
    Bibliothèque universitaire de Poitiers
    Médiathèque municipale de Saint-Junien ( Haute-Vienne)
    Centre d’Études acadiennes, université de Moncton, Nouveau Brunswick, Canada


    Aurélie MELIN,

    Chargée d’études ethnologiques (ARPE)

    P.S./ Ce document inédit à faible tirage actuellement est en cours de réactualisation par les auteurs et avec le concours d’Aurélie Melin. (M.V &C.R.)

  • Des mots-clés pour une première approche de l'ethnologie de la France

    Cette liste de cinquante mots-clés définit les domaines qui sont développés et détaillés dans le portatil « PORTETHNO » du Ministère de la Culture, mission « ETHNOLOGIE ».
     
    PORTETHNO est un répertoire des recherches et ressources en ethnologie de la France. Il informe sur des actions et des initiatives touchant le patrimoine ethnologique matériel et immatériel.

    Ce portail accessible directement

    http://www.culture.gouv.fr/mpe/portethno/

    présente une sélection d'organismes (centres de recherches, associations, musées, écomusées et musées de société, ethnopôles, parcs naturels régionaux, bibliothèques, centres d'archives, sociétés savantes, etc.), une analyse des principales ressources documentaires (littérature grise et imprimés, fonds sonores, documents audiovisuels, iconographie, fonds et collections d'ethnographes) et une liste actualisée des enseignements de l'ethnologie en France

    ******************************************************
    Agriculture :
    La vedette désigne l’ensemble des activités transformant le milieu naturel pour la production de végétaux utiles à l’homme.
    Dans une acceptation élargie, ce terme recouvre également tout ce qui relève de l’arboriculture fruitière (culture des arbres fruitiers, et vergers), du jardinage (culture des fruits, fleurs, légumes et plantes dans un but non lucratif), de l’horticulture (idem mais dans un cadre professionnel), de la foresterie ou sylviculture (arts, sciences, activités, etc., ayant pour objet les territoires boisés (aménagement, exploitation, etc. et techniques de culture des arbres et des peuplements forestiers) et de la viticulture

    Alimentation :
    Sous cette rubrique, on classera tout ce qui concerne la nourriture et les boissons, de la façon de les préparer à la façon de les consommer, à savoir l’art culinaire, les produits du terroir, les habitudes alimentaires

    Aménagement du territoire :
    La vedette recouvre tout ce qui concerne le développement local et régional, l’aménagement de l’espace urbain et rural, les friches...

    Archéologie

    Architecture – patrimoine bâti

    Art populaire

    Cérémonies

    Chasse

    Communauté culturelle (minorité ethnique)

    Communication :
    La vedette désigne les moyens de communication entre humains, tels que le langage, l'image, la presse, la radio, les médias…

    Conflit :
    La vedette décline toutes les formes de conflit : conflit coutumier, conflit judiciaire, guerre, violence, transgression

    Corps humain :
    Cette vedette désigne ce qui concerne les techniques et les soins du corps, l’hygiène, l’esthétique, les gestes

    Cueillette :
    Cueillette et ramassage de produits sauvages et de plantes sauvages comestibles.

    Croyances :
    La vedette désigne tout ce qui concerne les mythes, la superstition, la magie et la sorcellerie, la voyance, l’imaginaire

    Culture populaire :
    La vedette décline les notions de culture ouvrière , culture de métier (artisanat), culture rurale, culture urbaine, culture du tertiaire

    Ecologie humaine :
    Les relations que l’homme entretient avec l’environnement. La notion de paysage est classée sous cette rubrique.

    Economie :
    La vedette recouvre tout ce qui concerne les activités commerciales en général, l’économie informelle, les mutations économiques, les entreprises.

    Elevage :
    Le terme désigne l’ensemble des activités liées à l’élevage des animaux domestiques et utiles. Dans son acceptation la plus large, la vedette recouvre aussi tout ce qui relève de l’apiculture, la domestication, le dressage, le pastoralisme ( y compris l’économie et la vie pastorales) et la sériculture

    Energie :
    La vedette désigne tout ce qui concerne la production d’énergie et les ressources énergétiques : houille, énergie hydraulique (des moulins à eau à l’aménagement des cours d’eau), énergie éolienne, énergie nucléaire, énergie solaire.

    Ethnologie :
    La vedette regroupe tout ce qui a trait à l’histoire et/ou l’étude de la discipline.

    Ethnosciences :
    Sous cette rubrique sont classés les systèmes d'idées, de notions, de représentations et d'attitudes que les sociétés humaines ont développé à l'égard de leur environnement, ainsi que ceux qui concernent la discipline qui a pour objet l'étude de ces connaissances populaires. Employé pour savoirs scientifiques populaires, savoirs naturalistes populaires, ethnobotanique, ethnozoologie…

    Fêtes

    Géologie :
    La vedette englobe toutes les sciences utilisées par la géologie, comme la spéléologie, par exemple.

    Histoire :
    La vedette recouvre tout ce qui a trait à l’histoire locale, l’histoire régionale. Elle englobe aussi la mémoire (histoire de vie), la généalogie

    Identité collective

    Industrie :
    La vedette recouvre les aspects techniques et sociaux-économiques du travail industriel : industries métallurgiques (industrie des métaux et industrie extractive ou minière), industries agro-alimentaires, industries textiles, industrie du bois, industrie du papier, industrie céramique, industrie verrière, industrie du cuir, construction (métiers du bâtiment), construction navale (et métiers périphériques)

    Infrastructures et activités portuaires

    Justice

    Langues

    Littérature écrite

    Littérature orale :
    La vedette englobe tout ce qui a trait aux contes, légendes, poésie, mythes fondateurs, etc.

    Loisirs :
    La vedette s’emploie pour tout ce qui concerne les divertissements, les jeux (amusements, jeux d’enfants, activités ludiques, jouets), le tourisme, les spectacles, les loisirs de plein air.

    Médecine :
    La vedette recouvre tout ce qui a trait à la santé dans un sens large (le thermalisme, par exemple) et à la pharmacopée.



    Métiers (artisanat) et techniques :
    La vedette désigne les techniques de fabrication, les savoirs techniques, les savoir-faire.

    Migration :
    La vedette s’emploie pour tous les déplacements de population dans un sens comme dans l’autre (migration, émigration)

    Mobilier

    Musique - danse

    Pêche

    Patrimoine :
    La vedette recouvre la notion de patrimoine, de sauvegarde et de protection du patrimoine, et les activités des associations à vocation patrimoniale.

    Religion

    Rituels :
    La vedette recouvre les rites et cérémonies ayant trait au cycle de la vie : naissance, mariage, mort. Elle désigne également la notion de célébration.

    Sport

    Structure sociale :
    La vedette, dans un sens large, recouvre tout ce qui concerne la vie politique, les institutions, l’administration, la sociabilité (relations sociales et professionnelles)la famille (parenté, relations familiales, âges de la vie) et les changements sociaux

    Territoire

    Toponymie

    Transmission des savoirs :
    Dans son sens le plus large, la vedette désigne tout ce qui traite de l’enseignement, l’éducation, l’apprentissage, l’initiation, le compagnonnage.

    Transport : tout ce qui concerne les moyens et les modes de transport, et les voies de communication : navigation, postes, rail…

    Vêtements :
    Sous cette vedette, seront regroupés les vêtements utilitaires, les costumes, les accessoires, les bijoux, les coiffures et les coutumes vestimentaires

    Vie quotidienne :
    La vedette recouvre tout ce qui a trait à la vie et aux activités domestiques, ainsi que les objets usuels (utilisés dans la vie quotidienne ou professionnelle)

    Ville

  • "Le Bal, une danse aux virlitournes" article de Michèle Gardré-Valière,

    Le numéro 255, juil.-août 2006 d'Aguiaine, Revue de la Société d'ethnologie du Centre-Ouest, publie un article (p. 3-14) de M.G.-V. sur une danse réputée ancienne: "le Bal". Dans cette communication elle tente "d'examiner la profondeur historique de cette danse en dégageant la pérennité des mouvements et des gestes". Dans ce dessein
    ethnomusicologique, M.G.-V. a effectué "des recherches tant diachroniques que synchroniques, à partir d'écrits anciens et de notations sur ' notre terrain ethnographique' en Haut-Poitou".
    Contacts pour Aguiaine:
    sefco17@wanadoo.fr

    et
    http://www.sefco-subiet.eu

  • De la relativité des émotions esthétiques

    C'est un vieux souvenir de lecture qui me vient en tête à la suite des visites dans les sites insolites du Jardin de Gabriel, ou de celui de FRank Vriet. Rien à voir avec la musique direz vous, certainement, mais il y a tout de même à voir avec le relativisme culturel.

    "Un temps de silence, puis la karabassen (= la bonne du curé/recteur) entonnait un cantique breton. Le chœur nasillard des femmes, le chœur bruyant des hommes s'élevaient dans l'église. Le cantique avait été pris trop haut, mais, dans les passages difficiles, les femmes criaient ou adoptaient des voix de tête qu'elles considéraient comme angéliques, tandis que les hommes descendaient à l'octave et se contentaient de fredonner."(Henri Queffelec, Un recteur de l'île de Sein, 1945.)

    Ce que l'écrivain semble stigmatiser avec une certaine condescendence, ces chœurs seront pourtant la matière vivante que prendront en compte (ou qu'auraient dû déjà prendre en compte) les ethnomusicologues sur les terrains bretons, comme l'ont fait ailleurs, Constantin Brailoiu en Europe centrale, Béla Bartok, en Hongrie, Michel De Lannoy au Mali, Bernard Lortat Jacob dans le Haut-Atlas ou en Sardaigne et Gilbert Rouget et Jean-Michel Guilcher et aujourd'hui, Marlène Belly étudiant ses cantiques Montfortains, Adeline Sannier, scrutant les mâles chants de marsouins sur leurs théâtres d'opération, etc.
    On aura compris que le regard porté sur des faits culturels est conjoncturel et dépend à la fois de la culture propre de l'observateur, mais aussi de la prise en compte ou non de l'altérité et des relations interculturelles.

  • Cueilleur de miel...

    "Je me suis déjà promené sur le blog que vous animez avec votre épouse. Félicitations, j’y fais déjà mon miel… "

    Merci de ces encouragements... puissent d'autres visiteurs faire le leur également.

  • Une pierre dans mon Jardin: Une poule de Franck Vriet de Brizambourg (Charente-Maritime)

    medium_polalight.jpg


    La pensée du jour va aujourd'hui a la faune aviaire familière du Jardin de Belvert qui vient de voir débarquer, modeste mais très présente une gallinacée concédée par l'artiste Franck Vriet auteur d'un jardin insolite, environnement poétique de sa maison à Brizambourg. Un passage obligé pour tous ceux que le Jardin de Gabriel attire.
    Les pies s'en sont offusquées, les merles ne l'approchent qu'avec circonspection, les pommes descendent en chute libre pour la saluer, les bergeronnettes s'en méfient, les tourterelles (une douzaine de couples sont familiers de l'endroit) en sont héberluées...

    Sur la Poule, nous avons voulu en savour plus, aussi sommes nous allés emprunter à de vrais spécialistes

    http://gallinette.net/

    la source d'inspiration de l'artiste. Et comme il faut être très pratique, depuis Henri IV et "les deux mammelles de la France", et qu'en sus, c'est dimanche, nous avons cru y reconnaître une "Coucou de Rennes", ainsi définie par les professionnels:

    Donc, désormais, pour votre gastronomie dominicale vous élirez, en pensant à l'artiste, à ses œuvres et au Jardin de Belvert, celle dont on dit:

    La Coucou de Rennes est une bonne pondeuse, ses oeufs sont légèrement teintés.
    Elle est également excellente couveuse et assure de deux à trois couvées par an. Les poussins naissent robustes, ils sont recouverts d'un duvet gris ardoise presque noir; leur ventre est blanchâtre, ils portent une tache blanche sur le sommet de la tête, un peu en arrière à l'instar d'une calotte.
    Les coquelets se reconnaissent assez vite, leur teinte étant plus clair que celle des poulettes, qui naissent presque noires.
    Les jeunes sont consommables comme poulets de grain dès l' âge de trois mois.
    Les poulettes pondent vers leur sixième mois; cette race assure une bonne ponte d' hivers.
    La seule restriction à apporter à son égard est constituée par sa difficulté d' assimilation aux espaces relativement restreints.
    Les caractères principaux de la race sont: forme allongée, poitrine large et saillante, tête de taille moyenne, oeil rouge orangé, bec blanc ou corne claire. L'oreillon est rouge ainsi que les joues, les barbillons longs de même texture que la crête.
    La coloration requise pour les pattes est blanc rosé parfois tachetée de gris marron, cette marbrure suit et rapelle l' opposition des marbrures du plumage; elles portent quatre doigts; chez le coq l' éperon est souvent fort long dès que le sujet atteint deux ans. La queue doit être opulente et longue, il convient d' éviter la queue d' écureuil.

    medium_coucou.jpg

  • Monsieur Albert au doux prénom de Gabriel....

    Qu'on se le dise une fois pour toutes :
    Prenez vos mines de pomb ou vos Caran d'Ache, de plus beaux objets, si vous voulez, et corrigez dé-fi-ni-ti-ve-ment une erreur, quasiment une rumeur, qui se colporte de livre en livre, d'article en article, à propos
    du Jardin de Gabriel.

    Après en avoir discuté avec le maire de Nantillé, dans sa mairie, vu l'acte de vente, je vous le dis : Les statues de MOnsieur Albert, répondant au prénom de Gabriel, ont été achetées (sic) par la commune de Nantillé.
    Gabriel= le prénom
    Albert le nom de famille.

    Alors, cessez ces querelles vraiment inutiles et puériles. Arrêtons de jouer sur ce sujet. Cherchez plutôt d'autres jardins poétiques... tiens, mon petit doigt m'a dit que du côté de Saint-Junien... mais chut ! je dépouille et je rédige encore quelques notes sur celui-ci (déjà 17 ans...)

    Je vous le dis amicalement : le débat Gabriel/Albert est clos à cet instant sur ce blog.

    Michel Valière

    P.S.

    L'erreur est etc., etc. etc.

  • Brocante et vide-grenier : Le sens de l'objet

    La distraction favorite des Français aujourd’hui, nous disent certains des observateurs de notre société, est la « brocante ». Un tour du champ de foire où elle se tient suffit à faire perdre la tête à qui voudrait s’attarder à dresser l’inventaire du jour, estimer, nommer, décrire, cataloguer... et à partir de là, essayer de définir le concept « d’objet ».
    Une plongée dans le volume 12 du TLF n’est pas plus rassurante, qui propose, s’il vous plait, huit colonnes et demi à l’article « Objet », terme qui n’est entré dans le dictionnaire de l’Académie qu’en 1694... , mais dont l’émergence historique en français peut être datée à 1370-1372, au 14° siècle, avec pour définition :

    « Toute chose qui affecte les sens, et en particulier la vue », définition large retenue comme première, dans le savant TLF, qui en rajoute une autre toute aussi large :

    « Chose solide, maniable, généralement fabriquée, une et indépendante, ayant une identité propre, qui relève de la perception extérieure, appartient à l’expérience courante et répond à une certaine destination .»

    Cette définition, prudente et précautionneuse, est à elle seule une invite à prendre en compte la complexité réelle du concept « objet ». Ainsi, qu’il s’agisse d’un objet d’art, fruit de la création et du savoir-faire d’un artiste ou d’un artisan, d’un objet de la vie quotidienne, fabriqué par l’utilisateur lui-même, par un ouvrier de manufacture, ou même par un robot affecté à cet effet, il est l’aboutissement d’une pensée raffinée et de gestes spécifiques inventés, enseignés et transmis. L’imagination, l’expérience, la mémoire de chacun pourra venir illustrer et nourrir cette idée que l’on doit pouvoir partager.
    Mais l’objet ne saurait être appréhendé qu’en raison de sa fonctionnalité (variable parfois, permanente ou temporaire), de son esthétique (discutable et souvent discutée, controversée), de sa valeur (d’ailleurs toute relative, de vil prix, ou inestimable, c’est selon). Il représente aussi. Il peut être chargé d’émotion(s), de pouvoir (magique ou religieux), doté d’une « âme », ou littéralement inanimé.
    Déchu, il peut être jeté à la rue, remisé, descendu à la cave, jusqu’au prochain vide-grenier où, exposé à la vue de tous, des regards neufs se poseront sur lui : nécessiteux en manque d’objets, maniaques, collectionneurs, trafiquants, exportateurs... conservateurs. Le voilà parfois re-sémantisé, en lui octroyant une place appropriée sur l’étagère d’une réserve de musée, ou d’écomusée, après une délicate opération de classification, suivie de l’apposition d’un matricule numérique, voire d’un étiquetage idoine et soigné, en attendant son assomption au rang d’objet du patrimoine national, régional, départemental, communal ou intercommunal, que ne manquera pas de venir sanctifier son introduction photographique dans un catalogue raisonné à ranger au rayon des usuels, après un assez long séjour dans la boutique du musée. Les modalités temporelles des institutions régulières du patrimoine échappent, on le sait, à celles qui ont cours dans le monde séculier.
    Mais il est des objets qui nous attirent qui nous retiennent ; il y a ceux que l’on garde par-devers soi, ceux que l’on distribue ou que l’on vend. Il y a ceux que l’on préfère confier au musée parce qu’il en est de lui comme d’un temple (sacré), parfois d’une tombe (inviolable), quelquefois d’un simple silo où conserver pour les hivers de l’histoire à venir les vestiges de parcelles de groupes et de sociétés humaines.
    La sagesse des Tsiganes manouches reconnaît parmi tous « les objets du monde » ceux qui appartiennent à un défunt et qui sont voués à la disparition, par le feu. Les détruire, c’est donc les soustraire de la totalité, et permet, justement, de prendre conscience de cette totalité. L’ethnologue Patrick Williams commente ainsi :

    « Ne pas les détruire tous et en conserver quelques uns (...) c’est précisément rendre manifeste la particularité de certains éléments et l’indifférence de tout le reste (...) Il s’agit bien d’amener à percevoir à la fois la particularité et la totalité, en attribuant à chacune une qualité (un valeur, un statut) différent, non pas en les opposant, mais en montrant au contraire comment l’une s’inscrit dans l’autre .»

    Si les Tsiganes manouches ne s’attachent pas aux objets, nous, nous nous y attachons beaucoup. Nous leur élevons des monuments, nous mettons sur pied des organismes, des structures d’observation, d’analyse, de conservation, nous leur demandons, d’être et de vivre, de nous survivre, de nous représenter et de dire, mieux, de nous dire ; de dire notre humanité.

    M.V.

  • Nous l'empruntons aujourd'hui à Jean-Joseph SANFOURCHE

    « Je ne suis pas un artiste mais un homme qui fabrique des choses à la limite de l’art et de la magie des cavernes. »

  • Les Artisans du Bord de mer: une série de trois courts films d'Yves-Antoine Judde, en DVD (36 mn.)

    Cette courte série, produite par Interface et France 3 Ouest, réalisée par Yves-Antoine Judde présente les activités des "derniers fabricants d'instruments pour la pêche à pied".
    Ainsi, sont présentés les paniers de la côte, dont les "gourbeuilles" en osier et quelques autres pour aller à la pêche aux sourdons, ou dans les écluses à poissons.
    Un fabricant unique d'épuisettes, et ses 47 employés luttent au mieux dans la fabrication de filets (il existe 400 sortes de filets adaptés aux côtes françaises !) Une crainte, les importations d'Asie...
    Enfin une forge consacre ses efforts à la fabrication de sabres, de foênes, de couteaux les plus divers adaptés à une fonction particulière.
    Il y a de "l'encyclopédie" dans ces films, mais aussi de la technique, et surtout de belles images dans une lumière de rêve.
    Contact
    INTERFACE - 12, rue du Commandant Callot, 17000 La Rochelle, tél. 05 46 67 69 39.
    ass.interface@wanadoo.fr

  • L'Île de Pâques ... en Limousin

    medium_statues.jpg

     

    Merci Animula vagula de nous avoir fait connaître le périodique "Création franche : L'art inventif des génies ordinaires". Nous y avons trouvé en fouillant un peu dans les numéros déjà "anciens" et notamment dans le n° 7 de novembre 1992 (qui se vendait, à l'époque d'avant les euros, 40 francs), un articulet "gentillet" d'un certain J.-L. L. dont il nous a été rapporté depuis (nos sources sont en général plutôt fiables, du moins dans ce domaine" - excusez l'autosatisfaction, mais nous vous demandons d'ajouter foi à cette affirmation -) qu'il n'était pas étranger au domaine de la critique de l'art brut et qu'entre deux érudites fiches bibliographiques qu'il avait en permanence sur le gaz (il faut bien vivre de quelque chose) il commettait quelques papiers comme suite à des turbo-visites sur des sites considérés comme remarquables. Et de cela nous avons les preuves.
    Donc, dans cet entrefilet (p.31-33) nous y avons découvert ce que tout un chacun peut lui aussi connaître si ses pas le portent à Saint-Nicolas, entre les Allois et Saint-Léonard-de-Noblat (dans le coin, ne loupez pas non plus le Moulin de Got), un site de plus d'une centaine de blocs de granit du Limousin de plusieurs tonnes, parfois, (il ne serait quand même pas allé les chercher en Bretagne du nord ou en Gâtine poitevine !) qu'un tailleur de pierres autodidacte (décorateur porcelainier de son état) qui se fait appeler Jean-Marie de Saint-Nicolas a taillés pendant ses loisirs, sur une période de 25 ans.
    Il veut bien communiquer son n° de tél.: 05 55 56 07 70, mais pas son adresse (l'itinéraire est cependant flêché dans le coin) , et sa verve intarissable, ses connaissances encyclopédiques, son pacifisme, son humanisme font bloc avec ses statues sculptées et gravées d'aphorismes et de pensées pleines d'une sagesse communicative.
    Le Limousin, ça vous dit pour quelques heures, ou pour quelques jours ?
    Merci Amis Animuliens de vos références que j'ai pu recouper (et oui) avec celles communiquées par "Info-Haute-Vienne" n° 1084, du 27.06.06 et même celles du même hebdomadaire, n° 947, du 24.06.2003 ... sans doute pour ce journal, un marronnier, dont est si riche d'ailleurs le LImousin. Mais ceci est une autre histoire... par exemple, celle des feuillardiers, dont pourraient nous entretenir nos visiteurs bloggistes du côté de Segur ou de Chalus.
    Chalut les amis, et merchi... de Belvert.

  • Culture populaire ? Culture élitiste?

    Vendredi 23 Juin, nous étions réunis autour de François Marthouret, en présence de monsieur D.d.V, ministre de la Culture en exercice, dans le nouveau lieu scénique qu'il était venu inaugurer à Alloue (Charente): la Maison du comédien, installé là, à la suite du legs de Maria Casarès. François Marthouret, Président de La Maison du Comédien, au cours de son discours dit au ministre : " ...nous ne sommes pas pour une culture élitiste; nous sommes pour un élitisme pour tous".
    Ce trait d'esprit eut l'heur de plaire au public présent (élus et responsables de tous bords, etc...), et il me plait assez de le rapporter ici, certes un peu tardivement...
    Merci François.

    Aussi j'ajouterai sous forme de boutade:
    "Nous ne sommes pas les Fous du Roi ; nous sommes fous comme le roi !

  • Bientôt un film sur le Jardin de Gabriel et quelques autres "inspirés"

    Une bonne nouvelle nous parvient ce matin. La Société de Production INTERFACE de La Rochelle prépare avec Yves-Antoine JUDDE, réalisateur de documentaires avec lequel nous avons déjà eu l'occasion de collaborer dans le passé (films sur le patrimoine maritime des douces côtes charentaises) un film de 52 minutes sur Le JARDIN de GABRIEL et sur quelques autres "inspirés" dans la région, et plus largement en France.
    Nous aurons à en reparler... Et si vous souhaitez qu'un site soit plus particulièrement pris en compte, n'hésitez pas à en faire part sur Belvert qui transmettra illico.
    Bonne nouvelle donc... cette perspective.

  • Les super POTICHES de Sabine Berger, plasticienne

    Une plasticienne, Sabine Berger, expose ses Potiches, mais aussi des nus de terre cuite à la Mairie d'ESSE (Charente), ainsi que dans le cadre du Musée municipal. Curieuses ses potiches sensibles aux tourments du vent comme à ceux des éléments ! À voir, de près.
    Voici ce que dit Sabine Berger, elle-même de l’art de la potiche et de son installation.:

    "La reine de la potiche trône de tous ses apparats sur la stèle vouée à cet effet. La première et la deuxième dauphine reluquent de façon envieuse la place de choix, mais néanmoins déjà occupée par la souveraine.
    La couleur bleue signifie l’espoir d’un changement de situation, après tout, selon les évènements cela peut toujours intervenir ; et la place tant du rôle d’une potiche d’un jour ou d’une soirée peut toujours être assumée de façon brillante et royale, éphémère de préférence.
    La plante grasse habite à merveille la potiche émaillée du bleu d’espoir ou colorisée à la cendre et à la cire, l’effet rustique de la plante grasse nécessite peu d’entretien et résiste aux intempéries estivales et hivernales ; élément important qui permet de durer dans le temps et de survivre aux calamités naturelles ainsi qu’à toutes les autres.
    Le rôle brillant peut être aussi tenu par plusieurs individus, de façon simultanée, particulièrement lors de réunions ; ainsi pour la place souveraine, ou celle de ses comparses il ne s’avère pas nécessaire de se battre, vivre et être potiche peut être un état de fait indispensable pour favoriser l’intégration et la tranquillité, pour un instant seulement.
    Du rôle de la potiche ; grand vase de porcelaine, personnage sans aucun rôle actif… il s’agit de certaines occasions de sortir la tête de l’eau et de faire en sorte de jouer le jeu et de se dire qu’il fallait juste accepter de changer de rôle…

    Visiteurs du Confolentais, du Limousin de l'Angoumois, faites le détour par cette exposition, vous en profiterez pour vous recueillir, arpenter les rues du village, faire la halte Chez Jeannette - vous vous souvenez, le bon chocolat, à la casserole ? - visiter l'église romane encore: on ne s'en lasse pas... Et si vous croisez Jean-Marie, ou Michel, vous pourrez vous essayer à quelques mots d'occitan du Limousin. Je vous donne déjà la première phrase, c'est une question: "Vai 'quo ?" La réponse... sera de la même veine...