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  • Vous avez bien dit :"Un amour de connasse" ?

    Bien bizarre ce livre, "Un amour de connasse" dont l'auteur, Sonia Muller, bourge de chez bourge, se réclame de l'ethnologie... pour ses "observations" des différents milieux en contact.
    Faites-vous une idée vous-même.
    www.payot-rivages.fr/asp/fiche.asp?id=5345

    (Elle a eu les honneurs de France-Inter ce matin à O7h30...)
    Pour les bloggueurs, cette nouvelle auteure / écrivaine a d'ailleurs un site (à l'origine de l'ouvrage) "Ma vie de connasse" (sic), hébergé chez notre hébergeur favori Haut et Fort.

  • Rectifications orthographiques

    Le n° 7 Sept. 2006 du périodique LANGUES et CITÉ qui vient de paraître est consacré aux "Rectifications orthographiques de 1990", largement prises en compte par le Dictionnaire de l'Académie française et nombre de dictionnaires courants. Curieusement ignorées de beaucoup d'enseignants de France, elles sont, en revanche, officiellement enseignées dans plusieurs pays francophones (Belgique, Québec, Suisse).... L'objectif est de s'orienter vers une "orthographe française vivante" et non figée en un moment donné de son histoire...
    Ainsi, chariot comme charrette prendra deux "r", soit charriot... jouez à moderniser vous-même le français, car il ne faut pas l'oublier : "la langue appartient à ses usagers!"
    Plus d'info:
    www.dglf.culture.gouv.fr

  • Sur quatre prières de conjuration de Charente limousine

    Communiquées par Pierre Boulanger, les quatre prières que nous présentons ci-dessous sont destinées à conjurer des maux d’origines diverses. Nous les reproduisons en respectant la graphie du document retrouvé à Abzac (Charente). Il s’agit d’un « livre de comptes », de petit format, auquel il manque plusieurs pages (blanches ou arrachées) et dont les données concernent, pour la période 1898 à 1908, la louée de « domestiques », les achats, les ventes d’animaux et de semences...
    En fait, ces textes ont été rédigés sur l’envers du carnet.

    1 – Pour tréter la corfoulure

    On fait le signe de la croi pour comenser, et puis on fait la crois sur la partie malade, après dis : Barbarin, je te conjure de tranjeture et de gorfoulure çinq fois dafilès surs ses çind dois. Et puis on refait la crois sure la partie malade après.
    Et puis, on comense sure ses cind doit sure le pouse : Notre Père ; sure le suivant : Salumarie ; sur le trosième : Notre père ; sure le quatrième : Salumarie ; sure le çinquième : Notre Père.
    On refet la crois avec son doit sur la partie malade. E puis on recomense an reboure sure le petit doit qu’on a finit l’autre fois, en disan : Salumarie sur le premier ; après on continu, sur le deuxième : Notre Père ; sur le troisième : Salumarie : sur le quatrième : Notre Père ; et le çinquième : Salumarie ; et on fait le signe de la croi comme au comensent andisant : Aux non du Père et Fils et du Saint-Esprit. A Saint Soitile. »

    2 – Pour tréter la gonflure des bêtes

    On fait le signe de la crois andisan : Au non du Père et du Fils et Saint-Esprit.
    On nome le nom de la bêtes an disan : je la recomende au aux bon saint-Luc, Saint-Matihieu et Saint-Marc et Saint-Jean.
    On le répète 3 fois sure ses doits pour ne pas se tromper. »

    3 - Pour tréter tote épesse de male, soit furoncle, soit apçée, soit brûlure.

    On nome le non du male an disan : apçès, je te conjure aux non du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et on dit : Notre [père] et Salumari. On le repète trois fois et on fait le signe de la crois dessus andisant: Au non du père et du fils et du Saint-Espri, a saint soitile. »

    4 - Pour tréter les fis.

    On fai le signe de la crois an disan : Au non du Père et du Fils et du Saint-Esprit, a Saint Soitile, avec une pointe de couteau on fait la crois sure le fis. En faisant la crois ondi : Fis, je te conjure aux non du Père et du fil et du Saint-Esprit, a Saint Soitile ; et on dit Notre Père et Salumarie et répète ça çinq fois dafilès. »

    Une première remarque s’impose à propos du système orthographique. Le lecteur aura vite remarqué la faible maîtrise de l’orthographe du français académique. Nous sommes en présence de documents oraux que le tenant du savoir avait souhaité mettre par écrit, dans une intention de mémorisation, de peur de les oublier, et certainement pas dans un esprit « patrimonial », et donc anachronique, comme celui qui nous anime et avec nous une partie de la population d’aujourd’hui. Une didascalie du type « pour ne pas se tromper », à la fin du second texte, ne peut que nous conforter dans cette idée.
    Compte tenu du caractère généralement « secret » de ce type de prières (Cf. C. Robert, 1985, multicopié), l’auteur de ces lignes manuscrites n’aurait certainement pas osé en faire redresser l’orthographe par l’une des rares figures de lettrés que l’on pouvait trouver, à l’époque, dans les petites communes. En effet, ces textes auraient pu indisposer et contrarier tout aussi bien l’instituteur en raison de sa laïcité, le curé, parce qu’il s’agit là de prières hétérodoxes, le médecin, parce que ces prières dites de guérison ne pouvaient que heurter le scientifique, fût-il le plus ouvert et le plus bienveillant des hommes.
    Aussi, la lecture de ces textes devrait-elle se faire à haute voix pour « entendre » plutôt que « déchiffrer » ces phrases et les différents syntagmes qui les composent. En effet, l’œil se heurte à des cacographies de base, telles que « comenser » pour « commencer », « la crois » pour « la croix », « apçés » pour « abcès » etc., mais aussi à des erreurs de segmentation de l’énoncé, à l’exemple de « dafilès » pour « d’affilée », « épesse » pour « espèce », « ondi », pour « on dit », « salumarie » pour « Je vous salue Marie », « a saint soitile » pour « ainsi soit-il » ou encore les multiples avatars de « en disant ».
    Une seconde remarque concerne la neutralisation des consonnes « c » et « g » qui est tout à fait courante aujourd’hui encore dans le sud de la Vienne et le nord de la Charente. Un bon exemple nous est fourni par le doublon : « corfoulure » / « gorfoulure ». Ce terme énigmatique est cependant bien connu de nous quoique assez mal identifié. En effet, nous avons déjà recueilli, de notre côté, à Poitiers, le 14 octobre 1986, une prière de guérison des brûlures où figure ce terme dans les syntagmes : « Bonsoir, gorfoulure ! » et « Bonjour, gorfoulure ! ». La détentrice de ce « secret » n’attribuait aucun sens particulier à ce mot pour lequel justement elle nous avait contactés en notre qualité d’ethnologue et linguiste dialectologue (Cf. Michel Valière," Journal d’ethnographe", cahier manuscrit, 1986, pp. 2-3; inédit).
    On se convaincra sans peine qu’il suffit d’une lecture ou deux pour « redresser », dans des normes acceptables, et donc compréhensibles de tous, cette projection d’informations « ethnographiques » qui ont été mises à l’écrit. De toute évidence, cette inscription dans un banal carnet de comptes quotidiens (livre de raison, ou brouillard) n’était destinée qu’à être le support de la mémoire pour accompagner des actes relevant d’une oralité rituelle.

    Du point de vue formel, chaque texte d’oraison comporte :

    - une indication d’ordre thérapeutique qui mentionne la ou les affections à traiter : « corfoulure » (sic), la « gonflure des bêtes », autrement dit, la météorisation des animaux, mais aussi les abcès, les brûlures, les « fis » c’est-à-dire les verrues, les furoncles et la « tranjeture » (?) ;

    - la description d’un rite manuel avec sa gestualité et l’ordre des opérations à accomplir ;

    - l’énoncé des paroles rituelles, prières empruntées, pour l’essentiel, à l’Église catholique romaine, avec une référence affichée aux quatre Évangélistes : Jean, Luc, Marc et Matthieu.

    Quant au terme d’adresse « Barbarin », dans le premier texte, il résiste momentanément à notre interprétation, comme, d’ailleurs « tranjeture » qu’une première intuition nous ferait rattacher au terme, aujourd’hui vieilli, de « tranchée » qui désigne une colique. On trouve en d’ailleurs mention dans différents syntagmes dans plusieurs textes de conjurations qui ont, pour certains, déjà été publiés en Poitou (Cf. Chevrier et Valière, 1977, p. 28).

    Catherine ROBERT et Michel VALIÈRE,
    ethnologues (ARPE)
    (Publié dans "Les Amis du vieux Confolentais: archéologie, ethnologie, histoire du Confolentais", n° 87, juin 2004, p. 4 à 6).


    Bibliographie :

    CHEVRIER Jean-Jacques, VALIÈRE Michel (1977), Un cahier d’oraisons populaires, de recettes médicales et de conjurations, recueilli en Poitou, Gençay, UPCP - Centre culturel-La Marchoise.
    DELARUE Georges et MILLIEN Achille (2002), « Prières », dans Chansons populaires du Nivernais et du Morvan, t.7, Grenoble, Centre Alpin et Rhodanien d’Ethnologie, pp. 51-137.
    GAGNON Camille (1968), « Prières », dans Le Folklore bourbonnais, Moulins, Imp. Pottier, pp. 9-47.
    ROBERT Catherine (1985), La Prière hétérodoxe en Poitou : étude ethnologique, Paris, Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales.
    ROBERT Catherine et VALIÈRE Michel (2000), « Prier, c’est guérir », dans WALLON Philippe (dir.), Guérir l’âme et le corps : au-delà des médecines habituelles, Paris, Albin Michel.
    VALIÈRE Michel (1996), « Faire son voyage en Charente limousine : à propos de rituels de guérison », dans L’Évolution psychiatrique, t. 61 - 3, juil.-sept. 1996, pp. 613-620.
    VALIÈRE Michel (2002), Ethnographie de la France : histoire et enjeux contemporains des approches du patrimoine ethnologique, Paris, Armand Colin.

  • Le petit village de FEUILLA sur FRANCE CULTURE mardi 29 août 2006de 9h à 10h

    Nos Amis languedociens nous informent d'un "événement" radiophonique, avec "Prière d'écouter" :

    Feuilla, le plus petit village du Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée , sera à l'honneur sur France Culture. Une émission documentaire de 52 minutes, entièrement consacrée à la Fête de l'ancienne frontière occitano-catalane du 17 juin dernier, sera diffusée dans le cadre de "La Nouvelle Fabrique de l'Histoire" d'Emmanuel Laurentin, mardi 29 août de 9h à 10h. Cette émission nationale est un événement important pour le territoire. Merci de le faire savoir autour de vous !

    Un peu d'air des Corbières ne peut qu'être bénéfique pour le moral en cette veille de rentrée!

    Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée
    Domaine de Montplaisir
    11100 Narbonne

  • Une remarque sage en bord de route

    "De parler ça aide beaucoup à vivre"... nous dira en aparté Franck Vriet, ancien ouvrier maçon et aujourd'hui sculpteur animalier et rocailleur à Brizambourg. Ainsi justifiait-il le temps passé à accueillir touristes et visiteurs qui s'arrêtaient sur le bord de la route pour jeter un coup d'oeil sur ses productions colorées de ciment et de sable de Gondenville...
    Si vous passez par Brizambourg, à deux pas de Chez Audebert (Jardin de Gabriel), faites une pause et découvrez la sagesse, avec le savir-faire du sculpteur-modeleur.

  • Delluc Brigitte et Gilles,CONNAITRE LASCAUX

    Pour prolonger vos vacances en Aquitaine, emportez avec vous ce petit ouvrage que leurs auteurs nous ont sognalé.

    Lascaux est, sans aucun doute, la grotte le plus célèbre du monde. Les
    hommes préhistoriques l'ont choisie il y a 17 000 ans pour en faire leur
    sanctuaire.
    Les menaces de dégradation étaient devenues si grandes qu'elle a été fermée
    au public en 1963. ( Lascaux II est la copie fidèle des deux galeries les plus
    belles).

    Brigitte et Gilles Delluc sont tous deux docteurs en préhistoire.
    Ils ont fait partie de l'équipe scientifique qui étudia et publia l'art et
    l'archéologie de la grotte de Lascaux sous la direction d'Arlette et André
    Leroi-Gourhan. Ils continuent à étudier l'archéologie et l'histoire
    de Lascaux.
    Ils sont connus mondialement pour leurs travaux sur l'art paléolithique,
    la nutrition préhistorique et l'histoire de la préhistoire en Périgord.

    Les photographies de cet ouvrage ont été faites par Ray Delvert dans la
    grotte originale. D'autres proviennent des auteurs et des fonds Glory,
    Leroi-Gourhan.
    Vialou et Laval

    Nombre de pages : 80
    Format : 19 x 23 cm
    Prix : 7,50 euros
    N°ISBN : 2-87901-705-X
    Un DVD est également disponible

    Français, Allemand, Anglais, Italien

    ÉDITIONS SUD OUEST 6 rue de la Merci - BP 130 - 33 036 Bordeaux cedex
    Tél.
    05 56 44 68 21 - Fax 05 56 44 40 83

  • Un emprunt à Gide

    "Que l'importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée."

    (André Gide, "Les Nourritures terrestres", Paris, Gallimard, Pléiade, 1958, p. 155).

  • De fragiles objets : les feuillets de chanson ; présentation et analyse de 306 chansons sur feuilles volantes conservées en Poitou.

    Virginie Kollmann (ethnologue et conservatrice du patrimoine) a réalisé une enquête sur les “chansons de colportage et chansons de circonstances” en feuillets mobiles, qui furent composées pour des occasions, comme des fêtes locales ou des évènements marquants (par exemple, le “Crime d’Oradour”) et qui sont conservées en Poitou, chez des particuliers, dans des associations ainsi que dans le « carton poitevin » de la Médiathèque François Mitterrand à Poitiers.
    Après avoir décrit les matériaux et la méthodologie de travail sur les données et leur saisie, l’auteur présente le contexte de l’objet : espaces et modes de diffusion, les acteurs (chanteur/vendeur, amateur de chansons).
    Dans la seconde partie, chacun des éléments de la chanson est examiné : titre, incipit, référence musicale, refrain, auteur, imprimeur et éditeur, illustration, support, thématique, mention de circonstance, prix et publicité. Est examinée dans le même temps leur contexture, ou leur agencement, au travers des genres et des thèmes ressortissant à l’histoire locale, à la vie quotidienne, aux cérémonies, à la ruralité.
    Dans le second volume, sont présentés des exemples de chansons sur feuilles volantes accompagnées de leurs fiches descriptives, avec des partitions et des illustrations pour certaines. Elle sont classées par thèmes : la nature, les animaux, le lieu ou le site, la religion, la vie politique et sociale, les évènements historiques et portraits d’hommes illustres, l’émotion populaire, l’amour et le mariage, le travail, un objet, la table, et le fait-divers chantés.
    Ce mémoire rend compte de la construction de la chanson sur feuille volante comme objet. La difficulté résidait dans la nécessaire diversité du corpus. Aussi, l’auteur peut-elle définir cet objet : les chansons sur feuilles volantes qui se caractérisent essentiellement par leur aspect formel, en opposition au livre, et proposait une trace de l’oralité, un moyen mnémotechnique. Désormais elles sont les riches archives d’une mémoire orale.
    Aujourd’hui, les nouveaux supports, cassette et disque ont fait disparaître la chanson sur feuille volante, néanmoins elles sont encore présentes en marge d’une littérature de colportage (religion, luttes sociales publicité ou art).
    Du point de vue comparatif il y aurait lieu de les rapprocher de la Littérature de cordel, en vogue au Nordeste du Brésil, et dont la très riche collection de folhetos réunis par le professeur Cantel est soigneusement conservée à la Maison des sciences de l’homme et de la société à Poitiers.

    Aire géographique : Poitou-Charentes ; Vienne (86) ; Gençay (86)

    Diplôme de 3ème cycle, Ecole du Louvre, Paris de Virginie Kollmann (sous la direction de Claudette Joannis, École du Louvre, Paris). 1989 ; 2 volumes : 1er volume : 174 pages, listes des titres de chansons (corpus), bibliographie. 2ème volume : 147 pages, fiches descriptives, textes, illustrations et partitions.

    Lieux de consultation :
    Médiathèque municipale de Saint-Junien
    Centre culturel de Gençay, 86
    Médiathèque François Mitterrand, Poitiers
    B.U. Lettres, Poitiers.
    École du Louvre, Paris.
    ARPE.

  • On s'active autour du Jardin de Gabriel

    Dernières nouvelles: Un reportage de FR3 régional s'est fait sur le Jardin, ce qui a amené plusieurs visiteurs.
    Le Conseil municipal se prépare également à délibérer, dans le dessein d'une protection au titre des M.H.
    Des projets se profilent...
    Pour les intéressés: Visite organisée le 23 août.

    À bientôt.

  • "Quand la femme porte les bretelles", tel est le titre du festival des Nuits de Nacre à TULLE (19) du 14 au 17 sept. 2006.

    Vous aimez l'accordéon dans son excellence? Eh bien, il faut aller à Tulle (dont le Musée s'est donné une spécialité tout à fait remarquable sur cet instrument) pour finir l'été 2006.
    L'accordéon, c'est certainement très "populaire", mais ce n'est pas pour autant de l'infra musique... non, non... Vous n'y êtes peut-être pas encore sensibilisé. Voilà l'occasion de renverser une tendance. À Tulle, c'est la qualité et le savoir qui environne cet instrument qui a autant d'adeptes et de passionnés. Toutes les musiques se jouent sur cet instrument, toutes, et plus encore... et qui ne s'est pas laissé attendrir par les "Amants de Saint-Jean"...

    Et puis, le 14 septembre, avec un peu de chance vous aurez encore des places pour venir écouter Dee Dee Bridgewater.

    Contacts:
    www.nuitsdenacre.com

    ou encore :

    www.accordeon.org

  • Les Sociétés savantes vous annoncent leur 132° Congrès à ARLES, du 16 au 21 avril 2007

    Le CTHS a le plaisir de vous informer que le programme du 132e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques – qui se tiendra à Arles du 16 au 23 avril 2007 autour du thème Images et imagerie – est désormais disponible sur le site Internet :
    www.cths.fr/FICHES/Fiches_Congres/C_149.shtm

    Belvert, comme l'ARPE pourront vous donner plus d'information si besoin.... Et Arles, c'est si beau !

  • Entre culture orale et culture écrite: Approche lexicographique du monde agricole des Deux-Sèvres

    Pour qui s’intéresse au langage comme à l’ethnographie du monde agricole, le recours aux séries archivistiques classiques (notariales, judiciaires...) est toujours d’une grande utilité, notamment pour ancrer historiquement les termes et locutions utilisés, et avec eux, parfois, les techniques elles-mêmes. On y trouve en effet des descriptions, parfois très fines, d’ensembles thématiques sur l’outillage et le matériel agricole, des actes de cheptel (mort ou vif), des inventaires après décès, certains contrats de mariage, des annonces de ventes sur saisie mobilière ou immobilière, des baux de colonage, des baux de métayage, des baux de ferme.
    Ainsi, à titre d’exemple, Raymond Rousseau, dans « Les derniers moulins à vent du canton de Frontenay-Rohan-Rohan » (Revue de la Société d’Études folkloriques du Centre-Ouest, t. XII, n° 6, nov.déc. 1978, pp.453-459), rapporte un extrait d’une minute de Jean Vallet, notaire à Frontenay, en date du 29 septembre 1850 (c’est-à-dire exactement le jour de la Saint-Michel, jour clé de l’année agricole), où la veuve F.B. afferme les moulins qui lui appartenaient au sieur J.F., meunier, demeurant au moulin de Chasserat, pour une période de sept années. S’il y est stipulé les droits et devoirs du fermier en matière sociale, le bail précise aussi l’obligation qui lui est faite quant à l’entretien technique de la machinerie. Il y est clairement mentionné que le sieur J.F. aura pour tâche de fournir à ses frais, « les toiles et allochons, les fuseaux et marteaux à piges », de payer « le rabouillage et aciérage des pointes des moulins », tandis que la propriétaire fournira tous les ans au preneur « deux paquets de virants »... autant de mots et locutions que l’on devine spécifiques de la « molinologie » et non du vocabulaire de base d’un locuteur francophone / poitevinophone.
    L’intérêt linguistique de ce type de source documentaire réside bien évidemment en ce que chacun des termes précis (vernaculaire, technique ou non) figure dans des syntagmes en contexte et permet alors de mieux en cerner l’usage, le / les sens, la vivacité. L’auteur de l’article glose allochon, dont le sens échappe au profane, comme « dent des engrenages, généralement en bois de cormier ». Cependant à y regarder de plus près, selon le Trésor de la Langue française, (Paris, CNRS, 1973, vol. 2, p. 585) la graphie proposée par le rédacteur du bail est en compétition avec : alluchon / alichon / alochon. Le TLF propose en outre un sens supplémentaire : « petite planche de bois sur laquelle tombe l’eau qui fait tourner la roue du moulin ». Ce mot y est ensuite daté au XIIIe siècle, sous la forme halichon, mais la polymorphie graphique est mal élucidée. Ce lexème figure aussi sous la graphie alochon dans le « Vocabulaire poitevin » de Mauduyt sous la graphie alochon, comme d’ailleurs dans celui de la SEFCO (cf. infra), ainsi que dans le glossaire des parlers d’Aunis et de Saintonge de Musset (1929) qui en donne une définition technique relativement élaborée. Il a donc été, à un moment donné, pour certains auteurs, considéré comme un terme propre à la région, c’est-à-dire ressortissant au parler « poitevin », tandis que d’autres (Favre, Lalanne, Pivetea, Rousseau) ne lui ont pas réservé d’entrée, soit par méconnaissance, soit par choix délibéré, le considérant alors comme non poitevin. Ce terme, comme de très nombreux autres, qui en appelle à la « conscience linguistique des sujets parlants ou écrivants» illustre la situation parfois embarrassante où se trouvent locuteurs autochtones et observateurs devant les parlers d’oïl (français, poitevin-saintongeais, gallo, normand, etc...), comme nous l’avons déjà exposé dans la communication « Se je parle ung peu poictevin... ou le parlange os écoles », in Cahiers de littérature orale (n° 21, 1987, pp. 131-150).

    Des dictionnaires analogiques pour le « langage des paysans »

    Des « lexicographes », dans l’esprit des folkloristes du XIXe siècle, tels Léopold Favre, l’Abbé Rousseau, curé de Verruyes, se sont attachés à compiler la documentation existante pour décrire les parlers du Poitou, et celui des Deux-Sèvres en particulier, comme l’avait fait, longtemps avant eux, en 1803 L.-M. La Revellière-Lépeaux, pour le Bas-Poitou. En effet, celui-ci déplorait la « progression rapide à effacer les traits qui distinguent les individus et les peuples sous le rapport du langage, ainsi que sous tous les autres rapports ». Même alarmisme encore en 1814, chez le Baron Dupin, préfet des Deux-Sèvres au commencement du premier Empire, inspiré en cela par l’Académie celtique, qui notait que « le patois » avait subi des « altération sensibles », ajoutant à sa remarque que c’est « dans les villages protestants, entre Saint-Maixent et Melle, que le dialecte du Haut-Poitou s’est le mieux conservé ». Mais, selon Maurice Piron (dans Histoires des littératures I, sous la direction de Raymond Queneau, 1977 p. 1480, 1re éd. 1955), « c’est à partir du moment où Charles Nodier écrit ses jolies phrases sur le patois qu’un peu partout en province, se fondent des sociétés savantes qui se préoccupent de lui faire un sort au rayon des antiquités nationales », que se généralisera l’intérêt pour l’étude des différents « patois », dialectes et langues de France, c’est-à-dire, si l’on en croit le critique, 1834-1835, date où Nodier rendit public Comment les patois furent détruits en France, brochure extraite des Dissertations philologiques et bibliographiques.
    À partir de là, la production lexicographique, sous forme de « glossaires », « lexiques », « vocabulaires» ou autres dictionnaires va se développer. L’hypothèse qui préside chaque fois à leur mise en œuvre est implicite ; c’est celle affichée d’emblée dès la première phrase de son ouvrage par Favre : « Le patois est la langue rustique.» Aussi les rédacteurs des différents dictionnaires, tous, sauf erreur, analogiques, se sont-ils orientés vers le milieu rural, et leurs écrits sont certainement ceux qui restituent le mieux, quoique à des degrés divers, le langage du monde agricole, « le langage des paysans de nos jours » (Lalanne, 1864, p. XI), et en particulier ce qui concerne : la maison et ses dépendances ; les animaux domestiques et les techniques pastorales ; l’outillage agricole et ses usages ; mais aussi, l’eau, et les paysages, plus largement la faune et la flore, la sociabilité, les fêtes, la vie quotidienne. Nous en retiendrons ici quelques-uns, relativement accessibles dans les bibliothèques publiques, aux Archives départementales pour certains, ou parfois encore en librairie, ou chez les bouquinistes.

    Nous citerons en premier lieu celui, récent, du linguiste Pierre Rézeau : Le « Vocabulaire poitevin » (1808-1825) de Lubin Mauduyt : édition critique d’après Poitiers, Bibl. mun., ms. 837 (Tübingen, Max Niemeyer Verlag (1994). Notons que cet ouvrage particulièrement fouillé expose par le menu la situation des études sur « le patois poitevin au XIXe siècle » : vivacité linguistique ; statut ; artisans des études. Sur le plan du vocabulaire qui est orienté plutôt vers la nature, la faune et la flore, s’il concerne plutôt l’arrondissement de Civray, il touche également les zones limitrophes. D’autre part, Mauduyt a compilé parfois les ouvrages d’autres glossaires, dont celui de l’abbé Rousseau, curé de Verruyes (cf. infra).
    Mentionnons ensuite l’entreprise de la SEFCO, important travail auquel ont été associés plusieurs membres adhérents et, parfois, certains de leurs amis, qui comporte un très grand nombre de termes concernant l’agriculture : Dubois Ulysse, Duguet Jacques, Migaud Jean-François, Renaud Michel, Glosssaire des parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois, Saint-Jean-d’Angély, SEFCO, vol. 1 (1992), vol. 2 ( 1993), vol. 3 (1994), vol. 4 (1999). Un cinquième volume (2004 est consacré au Lexique français / poitevin-saintongeais, œuvre d’Ulysse Dubois, James Angibaud et Michel Renaud.

    L’ouvrage de Charles-Claude Lalanne (Abbé) « Glossaire du patois poitevin », in Mémoires de la société des Antiquaires de l’Ouest (n° 32, 1867), réédité à Marseille par Jeanne Laffitte (1976), a été longtemps considéré comme le plus intéressant sur le Poitou et donc sur les Deux-Sèvres, maintes fois mentionnées, notamment grâce aux aides qui lui ont été apportées par le curé de Sainte-Blandine (pour les arrondissements de Niort et de Melle), par un facteur à la gare de Ménars, (pour les arrondissements de Bressuire et de Parthenay), par le curé-doyen d’Airvault (pour les cantons d’Airvault, de Châtillon et de Thènezay). Appel a également été fait aux « villageois » dont il a recueilli « de la bouche » même la plupart des phrases citées. Il note scrupuleusement les lieux de provenance des termes consignés. Voici quelques extraits de notices dont on appréciera la pertinence et l’acuité de la chose nommée :

    - ABUREINGNE, s.f., boussée (sic) de blé qui croît sur l’emplacement du petit monceau de fumier déposé dans le champ : « ta, ié core tous les abureingnes don man s’llan ; » ta, j’ai encore tous les abureingnes dans mon sillon. Deux-Sèvres, canton de Celles.

    Deux remarques s’imposent : d’abord, l’auteur définit le lexème choisi avec un autre terme dialectal, boussée, « touffe de rejets », ensuite, il note en italique, dans la traduction de sa citation, le terme même qu’il veut définir. Ce dernier point souligne le parti pris de l’abbé qui ne voulait pas de mots trop proches de la langue nationale, de façon à mettre en exergue le caractère fortement « poitevin » de son glossaire à l’exemple de :

    - DÉCROLLAI, v. a., écrouler ; se dit surtout de la terre formant les talus des fossés, et de celle qui se trouve sur la pente des sillons, laquelle, par l’effet de la pluie, ou des gelées, tombe dans les raies ou comble les fossés. Canton de Bressuire.
    - DIGOLAESSE (l. decollare), s. f., « la Saint-Jo Digolaesse », la décollation de saint Jean-Baptiste. le jour de cette fête. « La digolaesse », foire à Mougon, arrondissement de Melle, le 29 août, jour de cette fête..

    Ajoutons à cela qu’un exemplaire, annoté de la main de l’auteur, est conservé aux AD de la Vienne (ms. SAO 263), et que les nouveaux apports concernent entre autres les Deux-Sèvres.

    Le livre d’André Prosper Pelmont, Glossaire du Patois d'Hérisson, (Mougon, Geste éditions, 1994) est d’une tout autre nature. Rédigé de 1929 à 1972, il aura attendu vingt-deux ans dans les cartons, avant d’être édité, grâce à une subvention significative du Conseil général. Décision facilitée d’autant qu’une « mobilisation » de bonnes volontés s’était manifesté et que Pougne-Hérisson venait d’être mis en relief par le talent d’un prestigieux conteur, Yannick Jaulin. Le Glossaire, dont chaque entrée est présentée sous sa forme phonétique (avec le système utilisé pour l’Atlas linguistique de la France), traite ici encore de la société rurale de la Gâtine poitevine où l’auteur nous entraîne pas à pas. Il constitue un document linguistique d’une grande rigueur qui se double d’une description ethnographique particulièrement fine. Ainsi, toute l’activité d’un groupe humain, ses sentiments, ses attitudes devant la vie y sont analysés à travers le langage de ce petit bourg de quelques centaines d’âmes, littéralement mot à mot. Où l’on croyait sourire de l’expression du plus modeste des « patois », s’ouvre le champ d’une profonde humanité. Qu’on en juge à ces quelques exemples, extraits de notices :

    - « burgódwèir : s. f., dans une haie, un endroit renforcé au moyen de pieux et de barres horizontales solidement attachées, par où les bêtes (bestiaux) peuvent se voir de part et d’autre et s’habituer sans se faire mal […]. »
    - « hómuri : adj., comble, se dit d’une mesure que l’on remplit plus haut que le bord ; quand on achète du grain, si le vendeur ne rase pas la mesure on dit que [l ó mé hómuri ] ; on rase « les doubles-décalitres de froment » [traduit par nous], mais pas ceux de pommes ou de pommes de terre. »
    - « ràpàyè, v., ramasser ce qui peut rester après récolte faite (ordinairement permis) ; se dit surtout pour les fruits qui restent sous les arbres après la cueillette, et spécialement pour les châtaignes.

    On trouvera enfin, ici même, au terme de ce paragraphe, quelques autres références de dictionnaires utiles pour la connaissance du milieu rural des Deux-Sèvres :

    - Beauchet-Filleau (Henri) (1970), Essai sur le patois poitevin ou petit glossaire de quelques-uns des mots utilisés dans le canton de Chef-boutonne et les communes voisines, Genève : Slatkine, (1re éd., à Niort et Melle 1864).
    - Favre Léopold (2002), Glossaire du Poitou, de la Saintonge et de l’Aunis, Bouhet, La Découvrance éditions (fac-similé de l’édition de Niort, Robin et Favre, 1867).
    - Gachignard Pierre (1983), Dictionnaire du patois du Marais poitevin, Marseille, Jeanne Laffitte.
    - Lévrier Gabriel (1867), Dictionnaire étymologique du patois poitevin, Niort, Ch.Mercier.
    - Pivetea Vianney et ali. (1996), Dictionnaire poitevin-saintongeais... Mougon, Geste Editions. Cet ouvrage est le premier du genre à utiliser la graphie « normalisée » mise au point et recommandée par l’atelier parlanjhe de l’UPCP. Il se présente sous deux versions : poitevin-saintongeais / français (pp. 21- 285) et français / poitevin-saintongeais (pp. 289-489).
    - Pougnard Gaston (1952), Le parler « franco-provençal » d’Aiript, commune de Romans, canton de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), Chez l’auteur, Insp. d’Acad., La Rochelle.
    - Rézeau Pierre (1984) Dictionnaire des Régionalismes de l'Ouest, entre Loire et Gironde, Les Sables-d'Olonne, Le Cercle d'Or.
    - Rousseau abbé, (1869), Glossaire poitevin , Niort, Clouzot (2e éd.).
    - Traver Émilien, (1944), Le Patois poitevin, Chef-Boutonne.
    On pourrait ajouter encore le manuscrit 151 A, conservé à la bibliothèque municipale de Niort, qui contient un Glossaire de 114 folios, de la main d’Armand-Désiré de la Fontenelle de Vaudoré, publié pour la première fois en 2003 par Pierre Rézeau, à la suite du Premier dictionnaire du patois de la Vendée : recherches philologiques sur le patois de la Vendée, par Charles Mourain de Sourdeval, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques.

    Une littérature régionaliste et agreste

    S’il est un vocabulaire qui disparaît, c’est bien celui de l’agriculture, notamment en raison des profonds changements qu’elle a connus depuis un siècle environ, mais incomparablement, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, comme en fait la remarque Robert Beau dans son récit Une anaïe à la ferme ; la Grousse ouvrajhe : une année à la ferme ; les gros travaux (Saint-Jean-d’Angély, SEFCO, 1994), dans son parler local de Tillou, qui correspond d’ailleurs au point 77 de l’ALO (cf. infra). Nous ne traduirons pas cette citation, laissant ainsi au lecteur le choix ou non de s’essayer à la lecture de l’une des graphies du poitevin (et du saintongeais) en vigueur, et dans le cas présent, à celle de la SEFCO (Société d’études ethnologiques et folkloriques du Centre-Ouest), choisie par l’auteur et que nous respecterons intégralement :

    « On pourrait pas crère que dans une vie o sèye douné de veure ariva tant de nouvèles afères et en disparètre autant, sinon mé. Sans parla daus bouleversements qu’ol a aghu dans l’industrie et aillou, rin que dans noute petite vie toute simplle de pésan d’un vilajhe dau Pouétou, ou de n’importe voure, pasqu’i sonjhe bé qu’ol est peurtout parèil (p.7).»

    Ce court texte, certes à l’allure de topoï, rappelle justement combien ont été frappés les esprits par la rapidité et le nombre de changements qui se sont opérés. Aussi verra-t-on toute une efflorescence d’entreprises de retour sur la mémoire des villages, la multiplication d’écrits, de récits de vie ou d’expérience qui prennent pour cadre le milieu rural, et jusqu’aux meilleurs écrivains, tels Métivier Adolphe, avec Les Poetevins de d'àutrefés (Geste Éditions, 1997, reprenant la 1re éd. 1894), Michelle Clément-Ménard, Marguerite Gurgand, André Gaillard, auteur du Siècle trioulais (1880-1980) , Ernest Pérochon, plus près de nous, Suzanne Bontems et ses écoissins, le poète et conteur Ulysse Dubois, à qui l’on doit À l'inbre dou tilell (Mougon, Geste Paysanne, 1983) et Le Livre d’imajhes (Geste éditions, 2001).
    Nombre d’auteurs, et particulièrement ceux qui, sous des pseudonymes, écrivaient dans l’ancien Subiet, évitent de dater leurs remarques et observations, rejetant dans un passé a-chronique ce qu’ils évoquent ou décrivent. Ils manifestent plutôt un goût prononcé, en bonne ou mauvaise part d’ailleurs, pour le « pittoresque » de la vie rurale d’avant 1914 qui s’est prolongée, concurremment à l’introduction plus ou moins progressive de la mécanisation, entre les deux guerres mondiales pour s’accélérer et s’emballer vers 1960.

    Les Atlas linguistiques et ethnographiques régionaux : l’ALO

    La collection des Atlas linguistiques, qui permet de mettre en évidence la « fluidité des faits linguistiques », représente un véritable conservatoire des parlers du territoire, pour l’essentiel en matière de phonétisme et surtout de lexicographie. Elle est l’outil de référence pour les études d’ethnolinguistique et de dialectométrie (mesure mathématique des variations du langage dans l’espace). Cette œuvre scientifique, qui s’inscrit dans une longue « tradition » philologique et linguistique, fait de ses auteurs des spécialistes de l’enquête comme des productions de littératures orales.
    Faisant suite à la réalisation des trente-cinq fascicules de l’Atlas linguistique de la France, de 1902 à 1910 par Edmont et Gilliéron, l’entreprise initiée par le CNRS au milieu du XXe siècle a doté chaque « région » de son Atlas linguistique et ethnographique régional de la France, publié en un ou plusieurs volumes. C’est Albert Dauzat qui poussa divers centres universitaires à mettre en chantier les atlas linguistiques par région. Ainsi débuta en 1950 l’atlas du Lyonnais, suivi en 1954 par celui de Gascogne. 1957 vit le lancement de l’atlas du sud du Massif Central. Celui de la Champagne et de la Brie commença en 1966, celui de l’Alsace en 1969, tandis que 1971 voyait éclore ceux du Jura et des Alpes du Nord, celui du Centre et celui de l’Ouest qui allaient être suivis de celui de la Franche-Comté, de la Normandie, du Languedoc oriental… Plusieurs volumes achevés ou en voie d’achèvement restent en suspens, ce qui est fort dommageable pour la cohérence de cette œuvre de cartographie tout à fait remarquable qui s’inscrit dans le droit fil historique de l’enquête du conventionnel Grégoire (1794).
    Plus que tout autre institution, celle des Atlas donne une représentation graphique, unique et exceptionnelle, d’une réalité dialectale dans sa variation géographique sur l’ensemble du territoire. Le système qui a été utilisé est l’alphabet dialectal français créé par l’abbé Jean-Pierre Rousselot, phonéticien expérimental et pionnier, fondateur en 1893 de la Société des parlers de France. Une partie ethnographique et photographique vient compléter la documentation linguistique.

    Pour l’Ouest, c’est à Geneviève Massignon et à sa continuatrice, Brigitte Horiot, aujourd’hui, professeur à l’Université de Lyon III, que l’on doit l’Atlas linguistique et ethnographique de l'Ouest (Poitou ; Aunis ; Saintonge ; Angoumois), Paris : CNRS, vol.1, 1971 ; vol. 2, 1974 ; vol.3 1983. Une description ethnographique et linguistique y est conduite avec rigueur sur cinq départements (Poitou-Charentes et Vendée), ainsi que sur quelques communes frontalières, de la Dordogne (1), Gironde (2), Haute-Vienne (1), Indre-et-Loire (5), Loire-Atlantique (4), Maine-et-Loire (2). Ainsi, moins qu’une accumulation de termes et de locutions, il s’agit d’une présentation idéologique et cartographiée de concepts. En l’occurrence, il s’agissait d’observer la variation géographique du langage sur le territoire retenu mis en réseau avec une maille « pertinente » construite à partir de 140 points d’enquêtes. La mort prématurée de l’enquêteur Geneviève Massignon (9 juin 1966) obligera à n’en prendre en compte que 124, distants grosso modo d’une quinzaine de kilomètres, qui avaient été choisis parmi les communes rurales, étant entendu que devaient se trouver là des familles multigénérationnelles, bien ancrées depuis plusieurs siècles, si possible, en tout cas représentatives, sociologiquement et linguistiquement parlant.
    Pour les Deux-Sèvres, ont été retenus : 21 lieux, soit 17 %, proportion relativement conforme à l’ensemble. Ainsi, ont été étudiés en profondeur, du Nord au Sud du département, les communes suivantes :

    Argenton-l’Église (point 10) ; Étusson (11) ; Rorthais (26) ; Saint-Paul-en-Gâtinois (27) ; Courlay (28) ; Boismé (29) ; Gourgé (30) ; Saint-Jouin-de-Marnes (31) ; Sainte-Soline (47) ; Saint-Martin-du-Fouilloux (49) ; Exoudun (50) ; Vitré (51) ; Saint-Georges-de-Noismé (52) ; Saint-Pardoux (53) ; Cherveux (54) ; Ardin (55) ; Brûlain (75) ; Saint-Romain-lès-Melle (76) ; Tillou (77) ; Aubigné (78) ; Mairé-Lévescault (81). Il conviendrait d’ajouter la commune «pèleboise » de Sepvret, mais le carnet d’enquête étant très incomplet, ce point n’a pas été retenu, compte tenu de la proximité dialectologique avec le point 51 (Vitré).
    .
    L’enquête a été conduite à partir de 3500 questions. Mais la restitution cartographique compte seulement 856 cartes présentées dans trois grands volumes (33x50). En effet, n’ont été retenues, par principe, que les questions auxquelles ont été données les réponses les plus diversifiées, les autres étant représentées sous forme de mentions marginales.
    Pour ce qui est du volume I de l’ALO, il compte 297 cartes, le volume II, 315 cartes et le vol. III, 244 cartes, l’ensemble étant divisé en XIV rubriques :

    I- I- Le foin (cartes 1 à 42) ; II- Le blé et les autres céréales (43-97) ; III- Le joug et l’attelage (98-121) ; IV- Charrettes et véhicules (122-140) ; V- Charrues et labours (141-172) ; VI- La vigne et le vin (173-224) ; VII- Le bois (225-252) ;VIII- Plantes et arbres cultivés (253-297).
    II- VIII- Plantes et arbres cultivés (suite : 298-326) ; IX- Plantes et arbres sauvages (327-388) ; X- Les animaux sauvages (389-470) ; XI- Les animaux domestiques (à l’exception
    III- XI- Les animaux domestiques (suite : 613-659) ; XII- Les abeilles (659-667) ; XIII- La maison (668-752) ; XIV- Outillage et travaux domestiques (753-856).

    Adaptés aux contextes socio-économiques dans leur environnement, les Atlas linguistiques et ethnographiques constituent, en conséquence, un excellent outil à la disposition des publics avertis ; ils permettent d’accompagner autant les travaux à caractère ethnomuséographique, notamment en ce qui concerne les usages en milieu rural, que les activités de recherche et d’enseignement d’ethnolinguistique et de dialectologie du domaine français.

    Contribuion de Michèle Gardré-Valière et Michel Valière

    (Ce texte figure dans l'ouvrage collectif: "La soiciété agricole des Deux-Sèvres du 19° et 20° siècles", La Crèche, Geste éditions, 2006).

  • Quelques dénominations des vents: merci de votre aimable contribution

    Voici le début d'une longue série que chaque visiteur aura le souci d'enrichir dans un commentaire... et dans sa langue, ou dans une langue qu'il affectionne entre toutes, parmi les 5/6000 langues et dialectes connus dans le monde.

    VENTS DU LANGUEDOC (Sète; Les Cabanes de Fleury, Aude)

    Autan

    Cers

    Lo grèc... "lo grèc, la pluèja al bec!" (proverbe cabanaïre)

    La Largada... qui souffle d'Espagne, et vient du large, aux Cabanes de Fleury(Aude).

    Lavech... "lo lavech, le vent du large, la largada". Trois termes pour un même vent pour les Cabanaïres
    Mistral
    Narbonnais /Narbonés qui vient du Nord, aux Cabanes.: "Narbonés, tarral es !", dit le proverbe
    Tarral /Terral...
    Tramontane


    VENTS DU POITOU...

    Vent de bise :
    Vent de nautun : Vent du nord
    Vent de galerne, (la galarne) : Vent du nord-ouest

    Et des coups de vents:

    sorcière (en Saintonge)
    ébisaille (Montmorillonnais)
    éteurbeuil (Pays civraisien)

  • Ouvrages insolites et remarquables: Exposition à la médiathèque municipale de Saint-Junien (Haute-Vienne) en LIMOUSIN.

    Du 8 août 2006 au dimanche 17 septembre 2006, La Médiathèque municipale de Saint-Junien (87200) expose  dans ses locaux: 1 rue Jean TEILLIET: tél. 05 55 02 17 17 ( derrière la splendide collégiale médiévale) une partie de sa collection d'ouvrages " i n s o l i t e s et r e m a r q u a b l e s " du 16° siècle à nos jours :  Livres d'artistes; livres de bibliophilie contemporaine ; documents patrimoniaux...    Ces documents peuvent être qualifiés d'exceptionnels, par leurs formats, leurs illustrations, leurs matières, leur présentation, leurs tirages.  Aux heures d'ouverture: mardi, jeudi, vendredi de 13h.30 à 18h.; mercredi et samedi: de 10h. à 12h. et de 14h.à 18h.; exceptionnellement: dimanche 17 sept, de 15h. à18h. (Journées du Patrimoine).                                   

    La liste des notices (simplifiées) des ouvrages exposés, sur papier libre, peut être sollicitée à l'adresse de la médiathèque, ou via Belvert qui transmettra.
  • Art et histoire...

    Nous l'empruntons à l'historienne Madeleine Rebérioux qui a tenté d'éclairer l'art par l'histoire:

    "L'inquiétude historique, le plaisir de comprendre, en quoi peuvent-ils nuire à la délectation, y compris chez ceux qui déjà se délectent."

    (M. Rebérioux, "L'histoire au musée", dans Le Débat, n°44, mars-mai 1987, p. 48-54.

  • Sur... l'art vrai.... d'après CHAMPFLEURY

    Notre aimable Présidente de l'ARPE, bibliothécaire de son état, C.R. nous a signalé récemment, histoire d'alimenter nos neurones faiblissantes entre la canicule et l'automne précoce, un passage de l'ouvrage de Champfleury (quel bonheur de porter un si beau nom !), Le Réalisme ( Paris, M. Lévy frères, 1857, p.189).
    Cet extrait accompagne la fameuse chanson, vous savez? Il est minuit, la femme du roulier etc..., je nevais quand même pas vous la chanter ! Comme Belvert a des faiblesses du côté de la passion ès chansons populaires, cette lecture se justifiait. d'autres pourront sauter ces lignes qu'ils jugeraient d'un autre âge...:

    "L'art vrai, ce qu'on pourchasse sous le nom de réalisme..., l'art simple, l'art qui consiste à rendre des idées sans 'les faire danser dans la phrase' comme disait Paul Richter, l'art qui se fait modeste, l'art qui dédaigne de vains ornements de style, l'art qui creuse et qui cherche la nature comme les ouvriers cherchent l'eau dans un puits artésien, cet art qui est une utile réaction contre les faiseurs de ronsardisme, de gongorisme, cet art trouve partout dans les gazettes, les journaux, les revues, parmi les beaux esprits, les délicats, les maniérés, les faiseurs de mots, les chercheurs d'épithètes, les architectes en antithèses, des adversaires aussi obstinés que les bourgeois dont je vous ai donné un portrait..."

    On se prend un peu la tête... et j'ai une pensée pour Franck Vriet, pour feu Gabriel... et quelques autres "inspirés".

  • La Presse et le Jardin de Gabriel

    Vous savez combien nous tient à cœur la "réussite" de la conservation du J.d. G. et son ouverture au public...

    Deux nouveaux articles dans la PQR (en jargon= la Pressse quotidienne régionale) viennent à la fois signaler les actions favorables de l'Office de Tourisme de Saint-Jean-d'Angély et Villefranche -Saint-Hilaire, ainsi que la dialectique /polémique sur la conservation du site, des statues:

    1°) Sud-Ouest du 19 juillet 2006 titrait, photo à l'appui, un article d'Alban Boigeol:

    Nantillé. Une étonnante collection d'art naïf "le Jardin de Gabriel" ouvre ses portes au public: Un jardin naÎf...


    2° La Charente-Libre du 27-7-2006 titrait un article d'Agnès Marroncle:

    Nantillé peine à conserver so héritage, le jardin fantastique du "facteur cheval": Appréciées des amateurs d'art brut, les fameuses statues de Gabriel Albert, s'abîment faute de projet. Des visites ont lieu cet été pour sensibiliser le public.

    À vous aussi d'entrer dans le débat pour éviter vraiment que le "ciment puisse redevenir poussière sans autre forme d'intérêt".

    Et nous adressons aux conteurs et conteuses la suggestion et non la supplique, encore que... d'organiser des "séances de contage spontanées" dans ce cadre étonnant... en liason avec l'Office de T. de Saint-Jean d'Y...

    C'est la parole qui sauvera aussi les tatues du Jardin de Gabriel.