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Lieux et sociétés « ethnologisés », à l'Université Victor Segalen de Bordeaux II, Bordeaux

Un colloque est en préparation sur le thème : Lieux et sociétés « ethnologisés » à l'Université Victor Segalen de Bordeaux II, Bordeaux:

Lieux et sociétés « ethnologisés »

Organisé par Anne Doquet, anthropologue à l'IRD et au CEAf (EHESS) et Bernard Traimond, directeur du département d'ethnologie de l'Université de Bordeaux II, le colloque se déroulera dans les locaux de l'université de Bordeaux II les 05 et 06 février 2008.

Le peu de place concédé en France à l’anthropologie réflexive, conjugué au manque de réflexion sur les incidences possibles du travail anthropologique dans les sociétés qui sont ses objets, amène à interroger les impacts de la discipline, question que la littérature anthropologique ignore souvent, ou se contente d’effleurer.

Terrains de prédilection des anthropologues, certains lieux ou certains « échantillons de sociétés » ont été étudiés par les chercheurs de façon acharnée. Un lieu ethnologisé peut ainsi se définir par la focalisation d’enquêtes et la succession de chercheurs et d’équipes sur un même terrain, qui vit, et finalement évolue, avec et à travers la discipline. Dans ces lieux, souvent considérées dans l’imagerie occidentale comme des nids d’authenticité, se posent des problèmes tant méthodologiques qu’éthiques, qui s’ils sont inhérents à toute enquête, se voient ici grossis à la loupe.

Les relations que l’anthropologue y entretient avec ses interlocuteurs constituent un des premiers axes de réflexion. Qui est le statut de l’informateur dans un lieu ethnologisé ? Quelles en sont les incidences dans ses rapports, tant symboliques qu’effectifs, avec l’ethnologue ? Comment le chercheur reçoit-il des données stratégiques et à quelle forme d’analyse peut-il les soumettre ? L’éclairage des conditions d’enquêtes et de leurs évolutions dans les lieux ethnologisés permet d’enrichir la réflexion sur conditions contemporaines de recueil et de production de données anthropologiques.

Si la présence physique des chercheurs constitue l’un des cadres d’observation des effets des « situations ethnologiques », celles-ci sont également à l’œuvre dans la circulation d’ « images culturelles » incitées par la production anthropologique. Leur circulation implique manipulations et recyclages, puis une certaine stabilisation dans différents points d’ancrage, notamment au niveau des politiques gouvernementales. Les usages locaux de ces images sont ainsi repérables dans les politiques territoriales, patrimoniales ou touristiques des sociétés étudiées. L’impact anthropologique se discerne par conséquent dans les remaniements successifs de ces images.

Images culturelles et concepts anthropologiques peuvent ainsi se décliner à l’infini, du fait de leur caractère abstrait qui permet tous les bricolages. A l’inverse, la forme figée des écrits anthropologiques n’autorise pas les mêmes remaniements et ceux-ci peuvent constituer des bases stables au service de différents usages. Quel est le devenir in situ des écrits anthropologiques ?

Si ces différentes questions apparaissent de façon éparse dans la littérature anthropologique française, elles n’ont pas fait l’objet d’une étude approfondie et n’ont jamais été appréciées par une approche comparative. L’objectif de ces journées serait de confronter ces situations dans des aires géographiques et des thématiques de recherche variées, en vue d’en dégager les caractéristiques communes.
Renseignements : annedoquet@yahoo.fr
Date limite d'envoi d'un projet: : 1er décembre (envoyer 1/2 page de proposition de communication)

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