Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Un ouvrage sur deux mythes wayana (Guyane)

    Les éditions du CTHS proposent un nouvel ouvrage (rare !) sur les Wayana de Guyane.

    94f503103a7c77a1d593c568c1f98af3.jpeg

    Commandes: directement chez votre libraire classique, ou par correspondance au CTHS, dont l'adresse est désormais : CTHS: 110, rue de Grenelle, 75007 PARIS.
    25 € +3 * de port par ouvrage.

  • Un livre d'oc en occitan, français et anglais...

    d695a269ad762b45cbab72c7ed8c6742.jpeg

    Un libreton de Jan-Peire Reidi (Jean-Pierre Reydy), l’autor de Vilajalet:

    "LU CHAMIN DE LA FONT" ; LE CHEMIN DE LA FONTAINE ; THE PATH TO THE SPRING (Occitan-Français-English)
    Per lu prumier còp : 8 textes en tres lingas
    · La linga occitana (dialecte dau Perigòrd-Lemosin, lu "patois" daus ancians) tractada a egalitat emb doas grandas lingas internacionalas.
    · La vita d’una familha de paisans e d’un vilatge nontronés vuda dau dedins
    · e illustrada per una colleccion de fotòs que aiden comprener nòstre passat
    Un enregistrament sur CD se pòt comandar a l’autor (6€)

    « ‘Quilhs textes son de plan bons tesmonhatges, un accent d’autenticitat » (Ives Lavalada)
    ----------------------------------------------------------------------------------------
    Per comandar : (Pritz public: 12€ Soscripcion : 10€)
    a l’editor: TERRA D’ÒC EDICIONS Terras de Vinherias 16380 CHARREÇ
    Tel. 05 45 23 01 12
    o ben a l’autor : Jan-Peire Reidi Lu Grand Lac 24300 JAVERLHAC
    Tel 05 53 56 00 39
    NOM : _________________________ Pitit nom :__________________

    Adreça : ___________________________________________________

    ___________________________________________________________

    Comande ____ exemplaris dau CHAMIN DE LA FONT e ___ exemplaris dau CD e juenhe un cheque de ______ au nom de Terra d'Òc (comanda a l'editor) o ben de Jean-Pierre Reydy (comanda a l'autor)

    Un bout de texte:

    En Oc:
    - Un an pus tard, totjorn per la Chandelor, la gent ne parlavan nonmas de ‘quò-‘quí dins lu borg de Javerlhac. Quante eu veguet que tot lu monde se mocava, lu patron s'esmalit:
    « Vos, aveque vòstra blosa, ilhs vos donen rason… »
    « Escotatz, nòstre mossur, çò-ditz Francés, prenetz ma blosa e donatz-me vòstre perdessur. »

    En français:
    - Un an après, toujours à la Chandeleur, les gens ne parlaient de rien d'autre dans le bourg de Javerlhac. Voyant qu'on se moquait, le maître se mit en colère:
    « Vous, avec votre blouse, on vous donne raison… »
    « Ecoutez, notre monsieur, dit François, prenez ma blouse et donnez-moi votre pardessus. »

    En anglais:
    - One year later at Candlemas, again on market day, François's case was the talk of the town. When he realised that he was the laughing stock of the peasants, the master flew into a temper.

    "How can you be right? You, a peasant in a smock…"

    "Well, Master, let's make a deal. You take my smock, I'll take your overcoat."

    Terra d'Oc
    Cercle locau d'Estudis occitans - C.L.E.O. 16
    Terras de Vinherias
    16380 CHARREÇ (Charras)

    Corriel : terradoc@terradoc.net

  • D. Day in the sweet "deep France" Heart's...

    ... dans le bocage du Berry, un petit village comme on n'ose même plus en rêver : Cluis, cité historique, au patrimoine artistique et culturel (où planent les ombres d'Ivanohé).

    9587d8c2f39bd9ebf3483f27419c3ba9.jpg
    © Mairie de Cluis
    fdf10b2c14c9e9f53b51b0b90578a083.jpg
    © Les halles de Cluis. Tous droits réservés.

    Et d'abord, une cérémonie citoyenne à la mairie de Cluis, magnifique manoir du XVe siècle (Ancien Château de Gaucourt), on ne peut mieux orchestrée par monsieur le Maire de Cluis, Jean-François, et Josiane, la secrétraire de mairie, chargée de l'état-civil.
    ad91368b475e74e894a7bc2bf57dd89b.jpg
    © Mairie de Cluis (36340)
    3acb429918cbd40122e799ed19deef2a.jpg

    © Tous droits réservés
    d29997755d9d86a7987df615236389dc.jpg

    Puis, après une visite apéritive dans l'immeuble des parents de la mariée, Stéphanie, déplacement vers Nohant (Indre)
    bc9dfe07535a162e24704f77c17ccfc0.jpg

    A Nohant, à proximité de la maison de Georges Sand
    45d64240b18d5e9c54ac8af48f73f120.jpg
    l'auberge de la Petite Fadette (http://www.aubergepetitefadette.com/) invite à savourer les mets gastronomiques créés par son chef ainsi que les vins sélectionnés dans sa cave... et ce jour là, parmi d'autres, plats, ceux choisis par madame la co-pilote :
    9ba398111d59b13df820e7613624ff88.jpg


    Enfin, de la musique et des chansons en toute liberté avec Marion (spécialiste ès Grande Jaja, tendresse, salade de fruits, pauvre phoque tristounet délaissé en Alaska...) Michèle (et ses dizaines de chansons pictavo-pictaviennes), Francis, l'homme de Lespignan et de la Cosconilha au diatonique inaltérable, Jean-Christophe à la guitare acoustique et bien en voix pour chanter Couté et Brassens, tout comme Séverin lui-même, en expert-pro (la Radio de mon pote !)...
    Et puis quelques pas de danses, bourrées à deux temps, Berry prédispose ! rondes et rondeaux (avec Annick, Michèle, Patricia - la meneuse - et quelques autres mordus)... et toute la marmaille en sus qui s'est égaillée et égayée sur les pelouses jusqu'à risquer son nez devant le portail d'entrée au château de la dame de Nohant. Alors, faites comme nos marmots, n'hésitez pas à cliquer sur ce lien, juste comme ça, poussé par une saine et légitime curiosité : http://www.pays-lachatre-berry.com/pages-html/sejours-georgesand.html et puis vous irez davantage faire connaissance avec l'auteur de La Mare au diable, de la Petite Fadette (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k206794t),
    des Maîtres sonneurs http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k206798b
    ou encore des Légendes rustiques et de tant d'autres écrits :
    http://209.85.135.104/search?q=cache:b2uVGveNYygJ:fr.wikipedia.org/wiki/George_Sand+bographie+de+ ;
    et si, curieux encore, vous vous attachez à l'histoire de la vie de cette femme unique:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_ma_vie_%28George_Sand%29 .

  • Raymond Bousquet et la sculpture au XVIème siècle...

    f615c00ad89a5df9eb9d2fb73dbdd9bf.jpg


    Que savons-nous de Monsieur Raymond Bousquet, l'auteur de cet ouvrage ?

    Rouergat d'origine, il pratiqua le noble métier de tailleur de pierre, se passionna pour les monuments historiques, puis il dirigea les Carrières de Chauvigny (Vienne) dont la qualité est mondialement reconnue.

    Aujourd'hui, retiré à Jaunay-Clan (Vienne - une des communes du Futuroscope), puisque le temps est venu pour lui de se consacrer davantage à ce qu'il préfère, il présente des conférences sur la sculpture du XVème et XVIème siècles, époque de transition entre l'art gothique et celui de la Renaissance.
    Dans son roman de docu-fiction, il relate la vie d'un jeune sculpteur dans ses différentes étapes au cours de ses pérégrinations professionnelles qui le conduiront de Tours à Nantes, puis en Bourbonnais, en Poitou, à Blois, enfin à Rouen...

  • Quand le diable s'en mêle... ou s'emmêle...

    d2f79d612399c815b1067dac36d2689c.jpg

    Voici un bout d'image, posté en 1923, qui représente un "Pont du Diable" à Lamalou-les-Bains, sur les hauteurs de l'Hérault. Cette diable de créature en a semé en divers endroit, et même que pour arriver jusqu'au Jardin de Belvert, il faut franchir la Belle par un pont dit du diable, comme le rapporte Léon Pineau dans ses contes du Poitou. Pourtant, au juger, il n'a pas grand chose de diabolique.
    Chers visiteurs qui avez l'habitude de visiter le monde terrestre, je vous invite à continuer cette liste déjà "longue" de deux œuvres diaboliques et d'y adjoindre les fables qui s'y rapportent...
    (Les pilotes précisent qu'ils n'ont pas engagé à titre personnel de recherche spécifique sur ce point particulier, mais vu qu'ils ont ouvert une rubrique sur les décors religieux, alors, pourquoi ne pas aussi recenser les œuvres "pontières" du Brrrrrrrrrrrr.)
    A +...

  • Un art un peu délaissé... le décor religieux

    Avec un parfum de lys, de cire et d'encens, mais aussi d'enfance, nous avons sorti de leurs boîtes ces "images" d'un autre siècle... La première qui date des années 20. Au verso, une correspondance de Lucienne à sa Chère Mimie, datée du 21 août 1929 et postée à Sammarçoles, dans le Loudunais, précise qu'il s'agit d'une "carte de la belle fête qu'il y a eu à Loudun". On peut supposer qu'elle est récente, puisque la mémoire en est vive. Elle figure le chœur de l'église Saint-Pierre, décoré lors des "fêtes de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus".

    c0273801053845dc8ad889af526c0afc.jpg
    © Tous droits réservés.
    La seconde, plus ancienne, figure un reposoir en hommage (ceci n'est qu'une hypothèse !) à Sainte Jeanne d'Arc, bâti devant la façade d'un "Asile Saint-Jacques"... Les visiteurs nantais pourront s'essayer à dire s'il y a un lien avec l'Asile, maison de santé nantaise, ou non. D'autres pourront alors rechercher dans leur patrimoine local, la salle d'asile (maison pour les tout petits, comme il en existait une à Charroux, Vienne) qui pourrait être ainsi décorée avec des oriflammes fleurdelisées. Et si des visiteurs du côté de Vivonne ou de Marnay (Vienne) examinaient avec attention ce document, je suis persuadé que nous pourrions mieux le localiser, voire le dater...
    15307e7da9749140183414a0592a3944.jpg
    © Tous droits réservés.
    Le troisième enfin, est un reposoir de Fête-Dieu, dans un parc, des environs d'Angers, Maine-et-Loire. Tous les enfants sont costumés : les plus grandets en habits religieux, les plus petits portant une corbeille habillée destinée à recevoir des pétales de fleurs pour offrir lors de l'adoration du Saint-Sacrement, les fillettes le front ceint d'une couronne du rosaire.
    Un charme tendre et désuet, celui des verts paradis de l'enfance en ce doux pays ligérien...
    2dd695de64e6cc32ebd595f8a68de7c4.jpg
    © Tous droits réservés.

  • Pour une illustration de la querelle des Anciens et des Modernes...

    Plusieurs de nos aimables visiteurs ne cessent de nous "pousser" à vider nos cartons d'archives. Certes ! D'ailleurs, nous avons initié pour cela un dialogue avec un service des Archives départementales de l'Hérault, mais aussi avec nos proches du CERDO à Parthenay; puis le Conservatoire occitan n'est pas si loin, à Toulouse; nous avons même des rubans à Agen (aux A.D. 47), et jusqu'aux AD 15, à Aurillac, qui ont engrangé la voix du pilote, datant de ??? captée un jour à Moulins (O3), par on ne sait trop qui... Le Mucem en a un morceau, à Paris, la BNF aussi, etc... mais comme tout cela s'agite dans un bocal autour de la dialectique :"hier, oui, mais aujourd'hui on numérise, c'est mieux etc..." nous vous proposons, sortie tout droit de nos cartons enpoussiérés, cette icône qui ne manque pas du charme désuet qui attire tant et tant aujourd'hui les multiples quêteux de racines et autres "roots".

    c533093f1c67a9ec4bab853ffdc305d7.jpg
    © Tous droits réservés.
    Efficacité thérapeutique non garantie par l'herboriste en chef du quartier.

  • Quand la co-pilote de Belvert marque sa différence ...

    Ce jour-là, la co-pilote Michèle Gardré-Valière se mit à parler d'un tout petit village de Saintonge à tous ceux qui attendaient qu'on les entretienne de l'Aunis ( Île de Ré, La Rochelle, etc...)...

    bb7e12f3f4126b1ff4bb61eaad2d0f84.jpg


    Pour accéder au texte de la conférence de M.G.-V., suivez ce lien :
    Approche ethnolinguistique d’un toponyme saintongeais.doc

    ab37dcd12cbe10650a4e7475ea86df09.jpg


    Pour tous renseignements sur l'Association d'Histoire et de géographie en pays aunisien, achats au numéro ou abonnements : AHGPA, c/o Monsieur Hervé Lamoureux, 4 Allée du Jaud, 17540 BOUHET.

  • Musiques d'Oc

    Nous avons reçu et enregistré dans le courrier de Belvert, ce message de monsieur Didier Perre, que nous répercutons volontiers en direction des mélomanes et autres occitanisants:
    "J'ai le plaisir de vous annoncer la parution chez Alpha, d'un disque de l'ensemble La Camera Delle Lacrime, dirigé par Bruno Bonhoure, issu de mes recherches publiées en 2005 aux Cahiers de la Haute-Loire sur les mélodies des noëls de Natalis Cordat : Noël Baroque en Pays d'Oc de Natalis Cordat & Nicolas Saboly

    3fdf9ee7b1a01222f9e92ccdea5405fa.jpg

    Natalis Cordat (ca 1610 - 1663) fut vicaire de Cussac-sur-Loire en Velay. Aucun de ses noëls n’a jamais été enregistré. Son manuscrit, conservé à la Bibliothèque municipale de Clermont-Ferrand, comprend soixante-cinq noëls dont quatorze en occitan. Ce disque est donc une véritable mise à jour de cet auteur oublié.
    Nicolas Saboly (1614 - 1675), maître de musique et organiste de l’église Saint-Pierre d’Avignon, en terre pontificale, est lui beaucoup plus connu, il a écrit la totalité de ses noëls en langue d'oc.
    Ces deux auteurs ont en commun d'utiliser le plus souvent des airs de cour pour l'écriture de leurs noëls. Ils illustrent l'intérêt et la variété des baroques occitans.

    1 Ben urosa la naissença (Saboly) 2'47
    2 Orgulhós, plen de maganha (Saboly) 2'43
    3 Tu que cerques tei delices (Saboly) 1'32
    4 O monde, que tu es heureux (Cordat) 3'50
    5 Mortels, assamblez tous vos voix (Cordat) 5'30
    6 Li a quauqua ren que m’a fat paur (Saboly) 2'49
    7 Adam fut un pauvre homme (Dandrieu) 5'50
    8 Coratge, moainada (Pezant) 3'03
    9 Aquò’s pro durmit, mainada (Cordat) 9'13
    10 Adam e sa companha (Saboly) 3'55
    11 Soleil, de toutes parts (Cordat) 7'55
    12 Li a pron de gens (Saboly) 3'34
    13 Sus chrestiens, préparons nous (Cordat) 3'39
    14 Aquel ange qu’es vengut (Saboly) 3'33
    15 Sant Jousè m'a dit (Saboly) 4'50

    J'ai assuré le suivi linguistique, la rédaction du livret et les traductions.
    Vous pouvez vous procurer ce disque :
    en suivant ce lien : http://www.fugalibera.com/discmonth.php?label=alpha
    en le demandant chez votre disquaire classique (distribution Harmonia Mundi)."

  • Marianne, alias Marianna, mater nostra, est fille d'Oc.

    Ce détail républicain nous ayant échappé en son temps, nous vous offrons, amis visiteurs cette note pentacolorée, achronique, mais non anachronique dans une période où l'on est encore en droit de rêver. De rêver, à moins que ...

    8ca2a612eb97fc5bfb8dc1908ecbee41.jpg
    © Tous droits réservés. Cliquez sur ce lien: http://perso.orange.fr/ostal.sirventes/avent2005/av17.htm
    et encore: http://lamblard.typepad.com/weblog/2007/05/marianne_et_14_.html#more
    http://216.239.59.104/search?q=cache:qii-g9rGEe0J:www.rene-merle.com/article.php3%3Fid_article%3D130+%22puylaurens%22+Lavabre+Marianne+Agulhon&hl=fr&ct=clnk&cd=2&gl=fr

    RETOUR AUX FONDAMENTAUX :

    Cette représentation républicaine est toujours d'actualité comme en témoigne la "une" de la semaine d'HEBDO, magazine politique d'un grand parti d'opposition.
    6e754791962d0f234c408820f7849bf8.jpg

    Et pour poursuivre cette réflexion, on pourra aussi, en suivant le lien ci-après, lire un article de la Co-Pilote, Michèle Gardré-Valière sur la chanson "Marianne et son âne Martin" MARIANNE du 14_11_07.pdf

  • De l'écrit en Oc : deux œuvres littéraires viennent d'éclore

    Notre collègue François PIC dont on sait la grande érudition dans le domaine de la langue, de la littérature et de la bibliographie d'oc porte à notre connaissance la sortie de deux œuvres littéraires en OCCITAN dont vous n'entendrez parler ni à la people-télé, ni dans la bien pensante presse périodique hebdomadaire. Aussi est-ce avec grand plaisir que les pilotes de Belvert ouvrent leurs colonnes à cette annonce libre et gratuite :

    " Jean-Yves CASANOVA, écrivain, de langue occitane, publie peu (trois recueils poétiques en 25 ans, quatre volumes de prose en 20 ans) ; chacun de ses livres est longuement mûri.

    C’est encore une fois le cas avec la longue prose (198 pages) qu’est : " Trèns per d’aubres morts", et avec l’essai bref (51 pages), impertinent et courageux, qu’est :" A l’esperduda dau silenci".

    "Trèns per d’aubres mòrts" et "A l’esperduda dau silenci" forment un diptique consacré à la langue, à la mémoire, une longue coulée de l’écriture à travers le temps, les images et les figures tutélaires. Avec l’évocation de trois destins différents, trois hommes meurtris par leur origine, la terre, la guerre, le temps et l’absence, le « délaissement » de soi, ces Trèns constituent une restitution indispensable à la mémoire et à la parole intime et collective.

    Édités à tirage restreint, purement composés et mis en page, sobrement imprimés – ce qui ne gâche pas le « plaisir du texte » –, vendus à un prix plus que raisonnable – respectivement 18 et 12 euros –, ces deux volumes ont grand intérêt à être lus consécutivement."

    BULLETIN de COMMANDE :

    "Trèns per d’aubres mòrts", 197 p. : 18 euros + 3 euros de port et emballage.

    "A l’esperduda dau silenci", 51 p. : 12 euros + 2 euros de port et emballage.

    (commande groupée pour les deux ouvrages : 4 euros de port)

    Nom et adresse :
    Commande
    - Trèns per d’aubres mòrts
    - A l’esperduda dau silenci

    soit : euros

    Chèque à l’ordre de : Jean-Yves Casanova,
    adressé à :

    C & S
    Maison Sourd
    64370 MORLANNE

  • Autour de la tonte d'une "oueille" en Haut-Poitou (Sud-Vienne)

    5ab4018def170b7976722deb03ba8bf5.jpg
    © Cl. Michel Valière, 1972.
    Sortie de nos cartons, à l'occasion du grand débarras, ces photos: d'abord le cadre basique de l'élevage ovin en Haut-Poitou, puis celle d'une" oueille" se séparant de sa toison, avec le concours d'une agricultrice... Sans cette opération annuelle, l'ovin crèverait sous le poids de la laine (envahie de parasites) ou de chaleur...
    .
    425beeebcb9027373c6c744f437099ca.jpg
    © Cl. Michel Valière, 1972.
    Les ciseaux, même à cet endroit, ne sont pas pas menaçants, n'ayez crainte, ami(e) visiteur(e). Ils servent juste à peaufiner le travail de la tondeuse électrique (ou des "forces" manuelles) utilisées pour le dos et le ventre... En effet, il reste sous le ventre et autour de la queue, ce que l'on nomme en Montmorillonnais, "les couails" que l'on doit enlever avec soin.
    15df3357afb81a6d4035a840c35566ed.jpg
    © Michel Valière, Sommières (Vienne), 1965.
    Puis, la laine est commercialisée dans de petites foires de proximité où, achetée en vrac, elle est mise lourds ballots à l'aide d'un cadre métallique, gabarit idoine (cf. photos, infra)
    21b0ff6917159d1e4cbf9e40366aa0c4.jpg
    b9e20b7869c5c85a68f987389f21f510.jpg
    3af237f01eefa1388492d42123861dd9.jpg
    © Photographies de Jean-Christophe Valière : Foire à la laine d'Usson-du-Poitou (Pays montmorillonnais), 1982.
    Et puis la laine, c'est bien agréable pour qui sait la laver, la carder, la filer, la tisser ou la tricoter...
    Le poète la chante (Jacques Douai), "File la laine, filent les jours...", ou encore, dans le Civraisien, Michèle Gardré-Valière (= madame la co-pilote de Belvert) :

    À la saison je m’y lougeais (bis)
    À la saison je m’y lougeais

    Le père Mathias fusiâs melés boutons dorés
    Pique pique ton bec cendille
    Du bois d’Alloue
    Du bois du Lurou

    - Ah je gagnais un écu tout rond

    - Je me suis-t-acheté trois beas moutons

    - À la saison je les ai tondus

    - Je les ai échaudés dans un poélon

    - Je les ai lavés dans un crujhon

    - Je les ai étendus sur un buisson

    - Y a trois fripons passent au chemin

    - Le m’ont emporté mes trois toisons

    Cette chanson témoigne à la fois d'activités du milieu agricole, mais aussi de lieux familiers : ici, Alloue, un village charentais proche de Charroux où la personne (Marie PRIEUR) qui la chantait (ca 1969) avait autrefois travaillé avec son époux.
    Elle figure dans la rubrique 63, « Maîtres et serviteurs » du "Répertoire des chansons françaises de tradition orale" de Patrice Coirault, est indicée sous le numéro 6311, avec pour titre générique : « Le cotillon volé par trois larrons ». Ici, le vol portera sur les trois toisons !
    Ce récit chanté narre les différentes étapes de l’apprêt d’une toison de mouton. Les noms des ustensiles, poélon et crujhon (qui en principe sont de petite taille et tout à fait inadaptés à l’usage évoqué) n’ont été choisis par le poète inconnu qui en composa les paroles, uniquement pour maintenir les assonances en « -on », qui sont caractéristiques de la forme canonique de cette chanson (Coirault, t. II, p. 306).
    (Elle figure sur le cd (collector) Michèle Gardré-Valière "Le Miroir aux chansons", ARPE, 2004).
    c81e233258fc2e9aae1e147ae99c731b.gif

  • Un nouvel ouvrage sur Hyères, hier..., dans la collection Mémoire en Images, chez Alan Sutton.

    Ghislaine Maille et Hubert François, Président de la Société hyéroise d'histoire et d'archéologie, ont offert aux Hyèrois une suite (t. II) à leur premier volume de Mémoire en Images sur l'idyllique ville méditerranéenne d'Hyères, "où il fait chaud tous les jours" et les parfums (dont la fleur d'oranger, la rose, la violette, le jasmin... et la marguerite) comme les palmiers, depuis des siècles, invitent au rêve et à tous les exotismes... (aux éditions Alan Sutton, 19,90 €, chez votre libraire classique... ISBN: 978-2-84910-633-4)

    ca2a6109ba9e164082d67e50f9be77e6.jpg


    Pour les passionnés de ce "coin de Paradis", du Mont des Oiseaux, de l'Île de Porquerolles et la côte de la Méditerranée en ce site, vous pouvez suivre ce lien communiqué par la webmistress, madame Christiane François, où vous retrouverez les abstracts des conférences du Président Hubert François, mais aussi des autres conférenciers, ainsi que l'ensemble des activités de la Société hyéroise d'histoire et d'archéologie http://shha.neuf.fr Bonne découverte d'Hyères, des Hyèrois d'hier comme d'aujourd'hui

  • Sur vos agendas : venez vivre un salon du livre "à la campagne": le 8ème salon de 'l'Arbre au Livre", Thènezay (79) les 9-10 février 2008. Thème: Rabelais et la Touraine...

    215c5df1d4522bdc117cc3e7127033b2.jpg

  • La Touraine et le Vendômois désormais "on line"

    Deux dictionnaires historiques concernant la Région Centre sont désormais accessibles sur Internet :
    1°) - celui de Carré de Busserolle consacré à la Touraine,

    ac76e194523e5d889aef836fc3e5ed8f.jpg

    Jacques Xavier Carré de Busserolle (1823-1904) est surtout connu pour ses travaux historiques sur la Touraine, mais aussi sur le Poitou, le Maine et l’Anjou. Membre de la Société archéologique de Touraine depuis 1853, vice-président de cette société de 1878 à 1883, il est d’abord connu comme auteur du Dictionnaire géographique historique et biographique d’Indre-et-Loire et de l’ancienne province de Touraine, publié à Tours en six volumes dans les Mémoires de la Société archéologique de Touraine (t. XXVII à XXXII), de 1878 à 1884. Ce dictionnaire avait été réédité à l’initiative de la Société archéologique de Touraine, chez Joseph Floch, en 1966 et 1977, il est aujourd’hui disponible gratuitement sur Internet.

    2°) - celui de Saint-Venant portant sur le Vendômois.
    Le premier est disponible sur le site de la Bibliothèque nationale : http://gallica.bnf.fr, le second sur le site de la Société archéologique du Vendômois : http://www.vendomois.fr/societeArcheologique .Raoul Barré de Saint-Venant (1845-1927)
    7283d4d6d52fb5640927fd5ddc492dc2.jpg
    est lui connu pour son Dictionnaire topographique, historique, biographique, généalogique et héraldique du Vendômois et de l’arrondissement de Vendôme, publié à Blois et à Vendôme en 4 volumes, de 1912 à 1917. Il fut élu à cinq reprises président de la Société archéologique du Vendômois entre 1894 et 1920, aussi souvent que le permettaient ses statuts, et à la suite de son père déjà élu à la tête de la Société en 1864 http://fr.wikipedia.org/wiki/Adh%C3%A9mar_Jean_Claude_Barr%C3%A9_de_Saint-Venant
    Ces deux dictionnaires ont été, à des degrés divers, inspirés de l’exemple du Dictionnaire topographique du département d'Eure-et-Loir de Lucien Merlet (1861), dont on sait qu’il fut présenté comme un modèle aux représentants des sociétés savantes réunis à la Sorbonne en 1862. Ils constituent deux fleurons de l’érudition de ce long XIXe siècle qui fut l’âge d’or des premières sociétés savantes, et qui prit fin avec la première guerre mondiale.

    Les éditions imprimées, et dorénavant numériques de ces deux dictionnaires sont consultables à la bibliothèque de la Société archéologique de Touraine (http://www.societearcheotouraine.eu), bibliothèque municipale de Tours, 2bis, avenue André Malraux à Tours (3e étage, par l’ascenseur), ouverture le mercredi et le samedi de 10 h à 12 h (tél. : 02 47 31 07 10, mercredi et samedi de 10 à 12 h ; mob. : 06 78 33 43 15).

    Daniel Schweitz
    Bibliothécaire de la SAT
    (daniel.schweitz@free.fr)

  • Au pays des "terres rouges à Châtaignier" dans le Pays civraisien.

    Le pilote, bien trop las de vivre... entouré de bacs et de cartons replets, a pris le taureau par les cornes, non pas celle de celui-ci,

    ef3dd1e2a1ec741badb51dbc69be193c.gif
    bien trop avantageuses à son goût: ce sont celles d'un "aurochs reconstitué" (L'animal est bien réel !!! c'est la "race" qui est reconstituée ! http://209.85.129.104/search?q=cache:JgQ5Q0qs8xwJ:www.inra.fr/dpenv/aurokc34.htm+%22aurochs+reconstitué%22&hl=fr&ct=clnk&cd=2&gl=fr )
    © Cl. C. Guintard; Zoorama de Chizé (79) :Tous droits réservés)
    Puis, il a acheminé vers la déchèterie proxime un petit mètre cubes de papiers, de photos rendues inutiles, de cartes postales avec des pensées, des roses, des guirlandes, des pères noëls et des chalets enneigés, des plages avec cocotiers en veux-tu en voilà, des "préparations de cours", toujours si laborieuses" , des périodiques à n'en plus finir, etc.... Même que madame la pilote lui a fait une bise de congratulation et s'est dépêchée aussitôt de mettre en branle ses machines et outils anti-poussière et surtout antédiluviens. Et l'allergie dudit pilote à vulgus pulvisculus (comme eût dit Cicéron en son patois) a réveillé le quartier des ses atchums aussi tonitruants que peu discrets....MAIS, parce qu'il y a un mais, il a tout de même sauvé quelques archives photographiques, comme celles-ci :
    9b40d0c276ebe0e72bd416b593b8c849.jpg
    ©Cl. Michel Valière,1975 : Ramassage des châtaignes, du côté de Villaret (Saint-Romain-en-Charroux) à l'invitation d'un ami propriétaire, autochtone, par des gens du bourg, allochtones, les familiers du pilote: épouse et enfants nés (celui à naître est encore à moins 5 ans ! ) et le père du pilote, conteur languedocien et cheminot de son état, qui trouve la position des fruits trop basse comparativement à celle de ses raisins d'oc. Et il a d'ailleurs fait connaissance avec les penons de châtaignes (=bogues) et leur humour toujours aussi piquant...
    Et encore, sauvée cette vue souvenir d'une époque héroïque, touristiquement parlant du Poitou ;
    045c778446be966625e43a645432788b.jpg

  • "Troés petites poulétes": un conte en film d'animation en DVDDVD

    Nous vous reproposons cette note, enrichie d'un "bonus" comme suite à un complément "parisien" de Bruno Montpied...
    Quelle histoire ! Imaginez d'abord madame la co-pilote devenue pour cette occasion perchwoman, tandis que le pilote, lui, était interviewé par la chanteuse et conteuse Geneviève Charlot

    17bd9e5c40f59248131050c9214d70b0.jpg
    , sur son dada, les contes, dont iceux du Poitou, tandis que Lucie Mousset (c'est la réalisatrice) cadrait tout cela sous l'œil de Liliane Jagueneau de l'association Parlanjhe. Une partie de la journée avait été consacrée à "mettre en boîte" Maryvonne Barillot, la conteuse poitevine, et melloise qui de plus est (vous savez bien...Melle, en Poitou déjà célèbre pour ses églises romanes et une dame de premier rang).
    Reprenons : Lucie Mousset a modelé de ces mains, trois petites poulettes en terre colorée
    804bb268836c2157fece471eb7241eca.jpg
    et les a animées devant sa caméra, sur des fonds de décors de son amie Agathe Geneste. Et puis, ces poulettes l'ont pris bien à leur aise pour bâtir leurs maisons, en paille, en branche, en dur...
    0661fd5ccbfae635e150d1c431e281ac.jpg
    et je parie que vous savez la suite qui est cataloguée sous le numéro T.124, dans le Catalogue international d'Antti Aarne et Stith Thompson.
    aa4222e399be6b3ca3ef3fde4e47d495.jpg

    J'en vois ricaner, qui se disent : "ouais, toi, l'homme aux contes, on me la refait pas... c'est les trois cochons et leurs maisons !"
    7c85411bdc8581a92824141a163fa085.jpg
    Oui, d'accord, mais, là, c'est des poulettes, et c'est pas plus mal que des cochons tout roses, voyez-vous.
    7ade4bf4ba1bf9d3e3f341dfd5822535.jpg

    La suite, vous la demanderez directement à la jeune réalisatrice Lucie MOUSSET:
    e3eafec821325c0f06f2c82037d68ab2.jpg
    luliette.mousset@laposte.net
    (06 72 07 06 95); et le DVD qui en découlera sera à commander à LA Famille digitale ; 12 rue de LA Roche, 86000 Poitiers.
    durée: 26mn. (bonus inclus). Prix: le DVD est disponible auprès de Parlanjhe Vivant (parlanjhevivant@wanadoo.fr), ou par tél. : 05 49 57 28 27), à 12 euros pièce, (9 euros pièce si on en prend un ensemble de 10 !), les frais de port sont de 5 euros (supplémentaires au prix initial du DVD). Il est aussi disponible à la librairie du Feu Rouge à Poitiers, pour 12,50 euros.
    40c1a5f86f7f2906109220fcbdb84c85.jpg

    © Tous droits réservés: Lucie Mousset; Agathe Geneste.

    ... Et un BONUS pour cette note, transmis le 7 janvier 2008 par Bruno Montpied,... qui pense "Paris" surtout :
    "Voici un lien pour apprendre la projection de courts-métrages d'animation tchèques adaptés de contes (dont le Vilain petit canard, (ce dernier étant vraiment un "conte" cela dit, Andersen ayant créé en même temps qu'il reprenait parallèlement des vrais contes de tadition orale?) : http://www.forumdesimages.fr/fr/seance.php?scc_id=12492
    On peut retrouver B.M en suivant ce lien :http://lepoignardsubtil.hautetfort.com/

  • Un métier un peu délaissé: le taupier et le marchand de peaux de taupes


    Un « marchand de peaux de taupes » en Civraisien d’après son brouillard1
    par

    Catherine Robert et Michel Valière

    *


    « On raconte que, sous le règne de Louis XV, quelques femmes de bon ton remplaçaient leurs sourcils par de petites bandelettes de peau de taupe » [Guérin, Dictionnaire : 1839, p. 266]. En effet, « le pelage doux et fin » de ce petit animal fut employé comme fourrure ; « rarement » précise l’auteur du dictionnaire cité. Néanmoins, la fourrure, pratiquement abandonnée dans l’habillement au moment de la Révolution de 1789, verra son retour et l’adoption de vêtements en peaux au poil extérieur se généraliser à la fin de la Première Guerre mondiale, mode qui stimulera le marché2 . Parmi celles-ci, les peaux de taupe, dont Buffon rapporte3 que, selon un mémoire de Monsieur de La Faille, imprimé en 1769, il existe en Europe cinq variétés :
    - celle de nos jardins, dont le poil est fin et d’un très-beau noir ; - la taupe blanche ; - la taupe fauve ; - la taupe jaune verdâtre ou couleur de citron ;
    - la taupe tachetée ou variée...
    Activité très particulière, celle des taupiers qui mettaient à mal les taupes4 , était, selon l’historien Gabriel Désert, fort lucrative. Ceux de la région Falaise-Argentan, généralement des ouvriers agricoles, partaient pour une migration « pouvant durer jusqu’à dix mois »5 . Ainsi, vers 1840- 1845, un taupier de Normandie, par exemple, pouvait rapporter une somme de l’ordre de quatre-cents à six-cents francs. On ne s’en étonnera pas compte tenu de ce que le poil de ces petits animaux était particulièrement recherché, comme l’écrit Buffon6    « doux comme la soie » et que la taupe est réputée pour avoir « le cuir ferme ».
    Mais d’abord quel est le mode de capture de cet animal que l’on dit aveugle mais qui cependant « sans yeux » est sensible à la lumière ? Le taupier qui connaît les mœurs de sa victime sait qu’elle creuse des galeries très profondes et qu’elle remonte quasiment à la surface, à quelques centimètres sous terre pour se nourrir de vers blancs, ou de turcs, c’est- à-dire de larves de hanneton. Le taupier, qui préalablement s’est frictionné les mains de la peau d’une taupe morte pour s’imprégner de l’odeur et tenter de passer inaperçu, installe son piège armé dans une galerie avec pour appât quelque lombric bien gras et bien long, puis il recouvre son leurre d’une pelletée de terre pour obscurcir à nouveau la galerie. Avec un peu de chance pour lui, une gourmande se fera littéralement pincer et y laissera sa peau qui finira sur un pan de manteau de quelque élégante de la ville. Ce métier aux résultats plutôt aléatoires a cependant nourri quelques familles, d’autant que certains faisaient le commerce des peaux par courtage.
    Mais le taupier savait aussi se rendre utile dans d’autres circonstances. En effet, pendant de longues années et jusqu’au XIXe siècle, le battage du blé s’effectuait soit à la gaule, soit au fiâ (fléau). Cette opération, si elle ne s’effectuait pas dans une grange, se déroulait sur une aire à battre. Celle-ci était parfois un communau, plus souvent, la cour même d’une ferme d’une certaine importance. La cour étant sèche, puisqu’on est en
    « L’art du taupier a fait de grands progrès » que l’on doit à un cultivateur de Seine-et-Oise, si l’on en croit l’écrivain et journaliste Alphonse Toussenel, socialiste utopique et disciple de Fourier :
    « C’est Henry Lecourt qui a mesuré la rapidité avec laquelle la taupe se meut dans ses galeries souterraines. Il planta dans toute la longueur d’une galerie habitée une certaine quantité de fétus de paille, ornées de banderoles flottantes, et boucha hermétiquement l’orifice du passage, à l’aide du pavillon d’un cornet à piston. Puis quand il vit à l’agitation de la taupinière que l’ennemi était proche, il tira de l’instrument une note épouvantable qui produisit une telle impression de terreur sur l’animal, qu’on aperçut soudain tous les petits drapeaux se renverser sur toute la ligne, comme un bataillon de dominos mal assis. Il fut constaté par cette expérience curieuse, répétée plusieurs fois, que la vitesse maxima de la taupe dans sa galerie égalait celle du cheval au grand trot » (1878 : p. 254-255).
    En plein été, on la prépare soigneusement en la balayant, puis on tâche de la rendre bien plane. Une technique consistait en certains endroits du Centre-Ouest de compenser les inégalités de terrain en répandant de la bouse de bovins que l’on laissait bien ensuite sécher. Un inconvénient : parfois des taupes venaient butter et donc avaient creusé des galeries sous l’aire. Un taupier venait alors soit les piéger, soit les éloigner en coulant dans les entrées de galeries du purin, par exemple, ou encore des poils de chien qui étaient réputés efficaces pour cela7 .
    Vu la persistance des taupes dans la campagne et les dégâts et inconvénients    qu’elles occasionnent, on peut encore rencontrer de ces piégeurs, comme en témoigne le petit article « Usson- du-Poitou - Rencontre insolite du piégeur Jean-Claude Hébras : une taupe couleur ‘ caniche’ », du 19 avril 2005, accompagné d’une photographie8 , paru dans l’édition de Centre-Presse ‘Sud’ et que nous reproduisons ci- après :
    « Tous les jours, tôt le matin, le piégeur ussonnais..., sur sa mobylette, parcourt la campagne avec sur son porte-bagages, ses cages à ragondins et ses taupières.
    Il capture chaque jour deux ou trois ragondins et autant de taupes qui de nos jours sont en recrudescence.
    Du côté du château de la Paillerie, quelle ne fut pas sa surprise quand il a ressorti son piège de terre : une magnifique taupe couleur abricot « couleur caniche » dit albinose, une couleur très rare. »
    Pourtant, dans les traditions populaires locales, parfois les taupes ont pu apparaître comme bénéfiques. Par exemple, un de nos proches, par ailleurs excellent informateur9 , nous racontait que « pour qu’une chèvre soit bonne laitière toute l’année, le matin de la Saint Jhean (24 juin), avant le soleil levé, fallait traire la cheube sur une taupinière et que personne la vèye (= voie) ». Mais, sarcastique, il racontait aussi à l’appui :
    « Un jour, la vieille Lisa avait été faire ça sur le communau de Chez Fana. Puis, le vieux B. a passé...
    - Allons-nous en, mon pauvre vieux, ol est tout raté ! »
    Et d’ajouter encore dans notre direction, in peto :
    « Al aurait mieux fait de li donner à manger ! ».
    Ajoutons encore qu’il arrive parfois que les jardins d’agrément des cités pavillonnaires en bordure de la campagne se trouvent envahis de ces petits animaux, dont les multiples buttes rendent les pelouses peu gracieuses aux yeux de leurs propriétaires. S’engage alors une stratégie d’éviction qui parfois relève de la cocasserie, les petits animaux, capturés vivant, étant alors généreusement envoyés par-dessus haies ou murettes dans l’enclos du voisin... où l’histoire, comme de bien entendu, se renouvellera, ad libitum.
    Un marché hors du commun
    Les foires aux sauvagines qui se tenaient rue Carnot à Poitiers10 ensauvageaient, littéralement, cette artère de l’un des quartiers les plus commerçants de la cité. Ainsi, par trois fois au cours de l’année civile, dès l’aube, le 5 janvier, veille de l’Épiphanie, le jour de la Mi-Carême ou encore le 18 octobre. Des vendeurs venus de tout le département et au-delà, s’installaient tout le long des trottoirs, en face et à côté de l’actuel parking du même nom dont on sait qu’ il fut tour à tour halle aux grains, cercle des officiers, enfin Régina, une salle de cinéma. La durée des échanges était d’assez courte durée et dépendait de la quantité et de la nature des apports. Si la foire du 5 janvier permettait d’écouler les stocks réalisés en automne, les peaux de printemps ou d’été, en principe moins prisées, s’enlevaient toutes le 18 octobre.
    En revanche, la foire de la Mi-Carême était de loin la plus importante et la plus intéressante pour les vendeurs qui amenaient là leur récolte de peaux de bêtes « au poil bien monté », engrangées pendant l’hiver, et qui se payaient plus cher. Ainsi, dans son ouvrage11    Le Temps des souvenirs, de 1900 à 1950, Michel Millet rapporte (p. 103) à propos de cette foire ses impressions de 1946 à laquelle il s’était rendu non par le train depuis la gare d’Anché-Voulon, comme à l’accoutumée, mais par la route, dans la camionnette d’un voisin :
    « Les amateurs de piégeage y trouvaient bien leur compte. Certaines peaux valaient de l’or. Ainsi une loutre ou une fouine étaient estimées de 5000 à 10 000 francs de l’époque, alors qu’un renard n’en valait que 2000, perdant chaque année de la valeur. Un blaireau rapportait 1200 francs. Les peaux de taupes s’achetaient bien aussi et constituaient une somme non négligeable pour un habile piégeur ».
    Des monceaux de peaux de « bêtes puantes » étaient ainsi exposés
    Page 8    Aguiaine, Le Subiet - N° XXX - Mois-Mois 200X
    pour la vente. Les dépouilles étaient amenées sur le site, surtout par des paysans ainsi que par des chasseurs et des gardes-chasse, par des braconniers « professionnels » et autres piégeurs de campagne : taupiers ou taupassiers qui exerçaient leur activité parfois quasiment à plein temps. L’un de nos informateurs (rencontré le 21 décembre 1983 à Poitiers), Edouard Bozier né en 1896, originaire de Saint-Laurent- de-Jourdes (Vienne) se définissait lui-même comme trappeur de taupes12 .
    En haut : taupe vivante - En bas : taupe écorchée
    Il faut se représenter, pour l’occasion, l’épopée de l’un d’entre eux, rapportée par un de ses fils, Marcel Robert, aujourd’hui agriculteur retraité. Ce taupier, vivant dans un village du Civraisien, après avoir vidé ses greniers des peaux séchées, s’est mis en route avec ses paquets, a attendu un autocar à l’un des arrêts, La Gardigon, situé au carrefour d’une route et d’un chemin, entre Sommières-du-Clain et Château-Garnier, a pu emplir la soute à bagages et chargé l’impériale. À l’occasion de cette foire, parfois, un second autocar s’avérait nécessaire pour transporter jusqu’à Poitiers les nombreux vendeurs de ces contrées-là qui accompagnaient leur volumineuse marchandise.
    Isidore Robert, taupier
    On peut imaginer également des récupérateurs, venus de Montbernage ou d’ailleurs, se répandant également à travers les rues qui résonnent encore de l’appel modulé, confondu, parfois, à celui d’une mareyeuse, d’un raccommodeur de vaisselle ou de quelque vitrier ambulant :
    « Marchand de peaux de lapin ! Peaux... peaux de lapin, peaux ».
    Accumulées l’année durant, à côté de la ferraille, du papier et du carton, des peaux de félins domestiques, des peaux de lapin tendues sur leur fourchine d’ormiâ étaient achetées aux volaillers qui les collectaient sur les champs de foire ou dans les fermes en complément non négligeable de leurs transactions spécifiques.
    Les fourrures ayant été généralement triées par espèce, on pouvait distinguer, sur les trottoirs de la rue Carnot, des lots de belettes, de blaireaux, de fouines, des « fouines martrées », des « furets putoisés » mais aussi des loutres, des martres, des putois, des renards et renardeaux, des taupes présentées clouées sur une planchette, des lapins et ... des chats, soi-disant écrasés. Plus vraisemblablement, ils auront été capturés au collet dans les jardins potagers en bordure des maisons, sous le prétexte fort contestable des dégâts occasionnés par ces animaux de compagnie dont il est certes difficile de contrôler les vagabondages nocturnes. La cruauté humaine n’a pas de limites...
    Cette foire régionale de quelques heures matinales dans le froid hivernal attirait un type de courtiers et négociants français et étrangers : le pelletier13 , premier maillon du circuit économique de la fourrure. Revêtus d’amples manteaux de fourrure - souvent de la fouine ! - ces commerciaux se disputaient les lots d’apports de quantité et de qualité différentes. Ils recherchaient, à l’intention des fourreurs, des paquets de peaux, si possible homogènes, tant du point de vue de la couleur que de la taille ou de la qualité du poil.
    Le taupier était payé à la peau. Dépouillé avec art et science, l’animal capturépeutfournirvingtcentimètrescarrésdetaupeàmanteau14 Si la belette « avait un prix », la « reine des prix » était la fouine ou la martre ! Le blaireau, lui, avait une qualité : « l’était jamais cher, jamais bon marché ! » Quant aux peaux de chats, elles étaient recherchées par une bonne pratique dont la devise était : La Providence des rhumatisants, acheteur spécialisé à un « prix moyen ». Une bonne vented’unlotdequelquespeauxparticulièrementrecherchées15 pouvait atteindre le prix d’une paire de bœufs de réforme. Les pelletiers les payaient littéralement rubis sur l’ongle dans l’un des cafés de l’endroit, exhibant un portefeuille de cuir, bourré au maximum de belles coupures. Les vendeurs, reconnaissables à l’odeur spécifique de leurs propres apports, appréciaient particulièrement cette vente qui ne leur avait demandé qu’un peu de flair, de la patience et de l’adresse.
    Une approche du champ sémantique de taupe...
    L’animal :
    La première occurrence du terme taupe (s. f) se situe vers 1250, dans le Bestiaire d’Amour de Richard de Fournival. Il a pour étymon, le latin classique TALPA.
    Parmi les formes dialectales en Centre-Ouest : tâpe (s. f.) (SEFCO, 1994) ; taupa (s. f.) (Gonfroy, 1975) ; taupat (s. m.) (Jonain, 1869 ; Musset, 1943).
    Pour une vision plus large du nom de l’animal, on se reportera au volume II de l’Atlas linguistique et ethnographique du Centre-Ouest, Paris, CNRS, 1974, en particulier à la carte C. 393 « La taupe fait du dégât ».
    L’abri de l’animal :
    Il se laisse reconnaître par un petit monticule de terre arrondi sommant un ensemble de galeries et de chambres d’une conception soignée et parfois astucieusement installées. Le terme qui prévaut est taupinière (s. f.), apparu au XIVe siècle. Mais aussi taupière (s. f.), dans le dictionnaire de Furetière (1694) ; taupinée (s. f.), dans le Littré (1872-1876) ; et du point de vue dialectal dans la région : tabourée (s. f), taumuche (s. f.), taupasse (s.f.), d’après l’abbé Lalanne ( 1867) ; taupada (s. f.) pour l’est et le sud-est du département de la Charente (Gonfroy, 1975). Les mentions marginales de la carte C. 392 (consacrée prioritairement au « loir ») dans l’ALO-II éclaireront encore la variation géographique et linguistique de ce concept.
    Le chasseur de taupes :
    La mention la plus ancienne – sauf erreur – est glosée sous taulpetier (s. m.) dans le dictionnaire de Randle Cotgrave (1611). Chez Furetière, on trouve taupier (s. m.) ; taupassier (s. m.), dans le Glossaire poitevin de l’abbé Rousseau, curé de Verruyes, Deux-Sèvres (1869) ; et la SEFCO (1994) propose un paradigme de plusieurs substantifs masculins : taupâ, taupassâ, taupissier/ taupissié, taupou.
    Le piège à taupes : Citons le plus ancien : la taupière (Dictionnaire de Pierre Richelet,
    1680), auquel s’ajoutent :
    taupou (s. m.) dans le Glossaire de la SEFCO, taupièira (s.f.) en Charente d’Oc, et quelques autres, dont taupier (s. m.) figurant en marge de la carte 393 dans l’ALO-II, où il voisine avec pince.
    L’éviction des taupes d’un terrain : Un seul verbe est signalé par la SEFCO : détauper.
    Il y aurait encore à élargir ce champ en prenant en compte la lexicalisation de « taupe » par la dérivation (ex. : taupin, signifiant noir comme une taupe), ou la composition en lexies simples ou complexes (s’ataupiner, pour se cacher, se blottir dans un trou ; atauper, pour butter, chausser une culture).
    (Fiche établie par Michèle Gardré-Valière, Gençay, jour de la Saint- Jean d’été, 2007)
    Aujourd’hui, ces « trappeurs » poitevins sont nostalgiques d’une époque pratiquement révolue. Il faut en rechercher les causes dans la généralisation des produits de synthèse, mais aussi des nouvelles sensibilités à la protection de la nature, du « syndrome Brigitte Bardot » comme, d’ailleurs, du développement de la production d’animaux par élevage. Ces hommes de la nature, piègeurs à la bélétière, aiment évoquer leur veille, grelottants de fréd, sur leurs « lots de piâs », parfois des tonnes de peaux entassées et très recherchées par les marchands pour lesquels les foires de Poitiers représentaient, avec celles de Châlons- sur-Marne, les plus importantes en ce domaine : un marché à l’échelle européenne16 .
    Le modeste brouillard d’un taupassier
    Si le métier de taupier est souvent relégué, au plan du discours, parmi les activités pittoresques ou anecdotiques dont est friand le milieu des amateurs nostalgiques de « choses du passé » étiquetées parfois comme folkloriques et qui est pourtant prompt à se mobiliser contre les cousins canadiens trappeurs de bébés phoques, lorsque la neige maculée de sang fait irruption par la boulite télévisuelle, au beau milieu d’un repas dominical, le petit « brouillard » que nous avons pu consulter permet cependant de donner un éclairage particulier sur ce négoce plutôt rare et surtout fort méconnu.
    En mains, pour consultation, les 20 feuillets restants d’un carnet de petit format, dernière trace écrite de l’activité de l’un de ces piégeurs et collecteurs de peaux du Civraisien, dans la Vienne17 , nous pouvons en tirer plusieurs renseignements utile à la description ethnographique de ce métier. Précisons que si l’orthographe est assez fluctuante, la main est assurée, les comptes exécutés avec justesse et maîtrise, même si toutes les lignes, toutes opérations à pleines pages ne sont pas motivées avec certitude. On retiendra également que les dates sont transcrites « à l’ancienne » : 7bre pour « septembre », d’autant que les comptes sont arrêtés au 29, jour de la Saint-Michel et donc de la paye des journées et gages, 9bre pour « novembre » notamment avec la Saint-Martin où s’engagent des journaliers pour la saison froide, enfin Xbre pour « décembre ».
    Dans le cas qui nous intéresse ici, le taupier, qui exerçait aussi le commerce des peaux de sauvagines, note dans son carnet aide-mémoire un certain nombre d’éléments qui permettent de nous représenter son activité : nature des animaux commercialisés, leur prix, mais aussi la sociabilité de ce commerçant très actif au sein du monde rural, ses rapports commerciaux avec artisans et courtiers, fournisseurs de céréales et autres graines (blé et paille, avoine noire, jarousse), de noix qu’il recevait de La Nouaille en Dordogne pour les commercialiser avec ses clients pour en faire de l’huile de noix pressée. Commerce également autour du matériel et de l’outillage agricole, soit qu’il fasse réparer le sien, « châtrer les roues », soit qu’il en fournisse en provenance de l’artisan ou d’une industrie. Il faisait du commerce avec Poitiers, Neuville, Sillars, Joué- les-Tours, Bordeaux, etc., et se faisait livrer en produits à domicile. Sont consignés des noms et adresses de partenaires, d’un garagiste de Ruffec, mais aussi les horaires du train de Bordeaux qu’en toute logique il devait prendre à la gare la plus proche, Saint-Saviol sur la ligne Paris-Bordeaux.
    Ainsi peut-on suivre à la page 8 de son petit carnet tout un jeu d’échanges puisqu’il a fourni, par exemple, 18 sacs de blé à D., dont il avait déjà reçu 8 sacs d’engrais et qu’il lui reste à recevoir encore cinq cents livres de son et de recoupe, ainsi qu’une somme de deux cent vingt francs pour tout solde. On est loin, on l’aura compris, du modèle de taupier qui « louait ses services dans les fermes et travaillait entre le ciel et la terre souvent boueuse à délivrer des taupes le terrain agricole » tel que l’a décrit Jean-Loup Trassard [Conversation : 2007] qui a, lui, longuement interrogé celui qu’il connaissait depuis l’enfance, et qu’il présente comme « solitaire, tant démuni, est plus misérable sans doute qu’un domestique agricole mais plus libre ». Il s’agit ici certes d’un preneur de taupes, très connu, mais aussi et surtout d’un commerçant à temps plein, inscrit au registre du commerce, qui a élevé sa nombreuse famille et contribué à leur installation dans la vie à la suite du partage, post mortem, en 1966, de terrains, de bâtiments, de bois et d’arbres fruitiers (noyers, châtaigniers, poiriers), de vignes et de vergers.
    Et les taupes, alors ? Comme ce « meschant bestail... qui hait l’eau », pour reprendre l’expression d’Olivier de Serres18 , se capture surtout à la fin de l’hiver et au début du printemps, on peut apprécier, en se référant
    Aguiaine, Le Subiet - N° XXX - Mois-Mois 200X    Page 15
    à ce carnet, sinon sa propre dextérité de piégeur, en tout cas son efficacité commerciale. En effet, entre le 12 mars 1928 et le 14 avril de la même année, alors âgé de quarante-quatre ans, il a rassemblé mille trois cent cinquante-cinq taupes et trente-six belettes. On devine qu’il aura écoulé les peaux de cette grande collecte de printemps à Poitiers pour la foire de la Mi-Carême.
    De même il dresse le 17 décembre 1929, à la fin de sa campagne d’automne, le modeste bilan suivant, destiné à la foire dite de l’Epiphanie dans les premiers jours de janvier : vingt-sept livres [de peaux] de lapins ; deux-cents taupes ; 4 renards ; 5 fouines ; 14 putois ; 9 rats ; 16 écureuils ; 1 blaireau : 9 belettes ; 1 [h]erminette. Aussi, le 26 mars 1930, il fait ses comptes : vingt-quatre belettes, vingt-cinq écureuils, vingt-cinq garennes, 6 rats, soixante-cinq lapins, soit 17 livres (elles étaient achetées/vendues, au poids, et non à l’unité), 6 lièvres, six-cents taupes, blanches, quatre- cents taupes tachées, 17 putois, 2 fouines, 2 renards, 2 hermines, 1 blaireau, 1 chèvre19 , 1 loutre.
    On rencontre dans ce cahier le compte correspondant à l’apport d’un particulier chez ce commerçant « de gros » : un demi renard ( c’est-à- dire) un renardeau, payé 25 francs et 2 renards (adultes) payés 100 francs les deux; 3 putois (dont 1 « mauvais »), payés 60 francs l’unité, tandis qu’un quatrième est réglé à 70 francs ; 1 écureuil payé 1 franc, trois fouines à 260 francs chacune ; enfin 1 belette à 2 francs. Soit un total de 1158 francs. Quant au prix moyen d’une taupe, il doit se situer autour de 0 franc 75 centimes.
    On peut imaginer que dans une telle « maison » les peaux demandent beaucoup de place. En effet, devait-il dissimuler sous les meubles, surtout les peaux de valeur pour en éviter le vol. Les greniers étaient remplis, au rythme des foires spécialisées, de peaux de taupes tendues sur leur planchette. Parfois les plaisanteries fusaient à l’encontre du taupier. « Ils vous feront manger de la taupe » dira-t-on avec ironie et malice à quelqu’un invité à manger dans cette maison dont la prospérité s’est bâtie sur la « culture » de la sauvagine.
    Pour ce qui est du réseau de sociabilité, plusieurs patronymes familiers aujourd’hui encore sur ce même territoire jalonnent le carnet : des fournisseurs, des clients, quelque journalier à gage, un garagiste et un sabotier, mais aussi meunier et boulanger au travers d’un litige à propos d’une fourniture de « blé charançonné soi-disant », « affaire » étalée sur deuxannéessusceptibledesedénouerdevantunejuridiction20 en1931, puisqu’il semble, comme il l’a consigné au folio 16, avoir reçu l’« autorisation de faire siter X. par le guge (= juge) ».
    Mais les patronymes sont souvent mis en corrélation avec certains toponymes habités ou non, tels Le Sillot, La Fosse Gervais, Les Vioches, La Prade, Les Grisons... On devine derrière ces pages particulièrement rayées, surchargées, caviardées, un cheminement de stratégie de gestion et d’acquisition de biens, de petites pièces de terre, en vue notamment de l’accroissement du foncier, en raison de la présence de quelques croquis, certes sommaires, mais cotés avec précision, et accompagnés de noms d’exploitants du voisinage immédiat des parcelles citées et représentées. Toute sa vie, il aura cherché « à acheter des bouts de terre », des portions de bois, qu’il a ensuite regroupées. Si le remembrement des années 1990 a quelque peu modifié cette microtoponymie, certains noms sont cependant restés dans les mémoires. Ils s’appliquent généralement aujourd’hui à de plus grandes superficies conformément à une agriculture transformée où l’on ne s’arrête plus à la présence, pourtant gênante dans les jardins familiaux, de ce petit mammifère insectivore, quasiment aveugle, dont Buffon dit encore21 qu’il est : « de tous les animaux le plus avantageusement doué, le mieux pourvu d’organes et par conséquent de sensations qui y sont relatives. »
    Notes
    1 Brouillard : livre de commerce où l’on note les opérations au fur et à mesure. Ici, il s’agit d’un simple petit carnet de poche.
    2 Sur ce sujet, cf. « Le fourreur », Artisans de l’élégance, Catalogue de l’exposition au Musée national des arts et traditions populaires, Paris, Réunion des Musées nationaux, 1993, p. 114-129.
    3 BUFFON Georges-Louis LECLERC, comte de, (1828-1829), Œuvres complètes..., t. 13, p. 249-250.
    4 On trouvera en illustration la reproduction d’une gravure intitulée « Insecte des cadavres sur une taupe », tirée de l’ouvrage d’Alfred Edmund Brehm (ca 1882) Merveilles de la nature : les insectes, les myriapodes, les arachnides et les crustacés ; trad. par Jules Philippe Alexandre Künckel d’Herculais, Paris, J.- B. Baillère, 2 vol. ill. (1ère éd. en anglais, 1843).
    5 DÉSERT Gabriel (1976), « Symptômes de surpeuplement », dans DUBY Georges et WALLON Armand (dir.), Histoire de la France rurale, Paris, Seuil, p. 75.
    Aguiaine, Le Subiet - N° XXX - Mois-Mois 200X    Page 17
    6 BUFFON, op.cit., p. 244.
    7 Dans l’Almanach du Poitevin 2007, p. 40.
    8 Légende de la photographie : « Chamonette » et « Birac » et leurs prises (Cl., n°190405-CP-335242).
    9 Récit noté au cours d’un repas de Saint-Sylvestre, le 31 décembre 1982 (informateur : monsieur Marcel Robert, originaire de Villaret, commune de Saint- Romain-en-Charroux, où l’élevage caprin était particulièrement développé).
    10 Cf. VALIÈRE Michel (2004), « Approche ethnographique d’une ville provinciale », dans QUELLA-VILLÉGER Alain (dir.), Poitiers : une histoire culturelle 1800-1950, Poitiers, Atlantique, p. 17-57.
    11 Chez l’auteur, Le Courtioux, Anché (Vienne), 2006.
    12 Il s’agit du frère d’Aimé Bozier, célèbre violoneux du Pays des Brandes. Edouard avait été musicien joueur de piston, puis s’était remis sur le tard au violon. Son violon d’Ingres : la poésie qu’il cultivait généreusement (il dut laisser plusieurs milliers de feuilles manuscrites dont nous ne savons rien de la localisation actuelle).
    13 RÉAL C., RULLIÈRE H., (1931), La Fourrure et la pelleterie, Paris, Bibliothèque sociale des métiers, 343 p.
    14 Sur ce sujet, on relira avec intérêt sur ce sujet ce qu’écrit André Gaillard dans Le Siècle Trioulais (1880-1980), Poitiers, Brissaud, t. 1 « La Grande misère », p. 63-64.
    15 Nous devons cette appréciation à monsieur Marcel Robert, agriculteur retraité, l’un des anciens acteurs de cette activité. Il nous dit le 24 juin 1982, jour de la Saint-Jean-Baptiste, patron des professionnels des peaux et fourrures : « Mon grand-père était marchand de chebes... et mon père marchand de pias de taupes... de pias de lapins, de sauvagines, de tout... ». C’est avec son père, Isidore Robert, alors propriétaire, collecteur et négociant de peaux à Villaret, commune de Saint-Romain-en-Charroux (Vienne) qu’il avait participé dans sa jeunesse à cette activité. Par l’acte de naissance d’Isidore ROBERT nous savons qu’il est : « né le 28 juillet 1886 de François ROBERT, cultivateur âgé de 29 ans et d’Adélaïde THIMONIER son épouse sans profession âgée de 26 ans, demeurant ensemble au village de Villaret. Marié à Saint-Romain-en-Charroux le 15 septembre 1919 avec Marie-Céline FRADET. Décédé à Saint-Romain le 8 février 1966 ».
    16 VALIÈRE Michel : notes ms., enquête du 12 janvier 2003 à La Ferrière- Airoux (Vienne).
    17 Nous tenons à remercier ici, madame Lucienne Vailler, née Robert, demeurant à Chez Bernardeau, commune de Champniers (Vienne), pour avoir porté à notre connaissance l’existence de ce document en provenance de son père, « Robert Isidore à St-Romain » comme il l’est écrit au crayon, d’une main bien assurée sur la page deux de la couverture de couleur bleue (enquête Catherine Robert, 2002- 2004). Il s’agit en fait d’un petit carnet de 20 feuillets écrits recto-verso, 11 ayant
    Page 18    Aguiaine, Le Subiet - N° XXX - Mois-Mois 200X été arrachés ou découpés, portant sur la période du 12mars 1928 au 7 mars 1931.
    18 SERRES (Olivier de), Théâtre d’agriculture et mesnage des champs par O. de Serres, seigneur de Pradel, 3e éd.revue et augmentée par l’auteur, Paris 1605, Chez Abraham Sangrain, in 4°, p. 268 (1re éd. 1600).
    19 Rien ne nous permet de distinguer s’il s’agit d’un animal d’élevage ou d’une chevrette, femelle du chevreuil, selon l’appellation courante dans le Sud- Vienne.
    20 Sans autre information plus explicite, nous pensons qu’il s’agit de la Justice de Paix de Civray
    21 Op.cit., p. 244. Bibliographie sommaire
    APCHER et MALASSAGNE (1866), La Profession du taupier, ou l’Art de prendre les taupes à l’aide de moyens sûrs et faciles, Saint-Flour, imp. De A. Passenaud, 36 p.
    BREHM Alfred Edmund (ca 1882), Merveilles de la nature : les insectes, les myriopodes, les arachnides et les crustacés, Jules Philippe Alexandre Künckel d’Herculais (trad. par), Paris, J.-B. Ballière, 2 vol., ill.
    Dictionnaire universel françois et latin... vulgairement appelé Dictionnaire de Trévoux, Nouvelle éd. corrigée, Paris, P.-F. Giffart, 1732.
    DRALET Étienne-François (1797), L’Art du taupier suivant les procédés du citoyen Aurignac, Paris, impr. De la République, an VI, 24 p.
    GEOFFROY SAINT-HILAIRE Etienne et CUVIER Georges (1820-1842), Histoire naturelle des mammifères, Paris, 4 vol., ill.
    GUERIN F.-E. (dir.), (1839), Dictionnaire pittoresque d’histoire naturelle et des phénomènes de la nature, t. 9, Paris, Imp. De Cosson.
    MARTIN Pierre (1972), « Le permis de taupissier », dans Bulletin de la SEFCO, VI, n°5, sept-oct., pp. 318-319.
    REDARÈS Jean-M.-M. (1850), Le Chasseur taupier, ou l’Art de prendre les taupes par des moyens sûrs et faciles ; précédé de leur histoire naturelle. Nouvelle édition augmentée d’un Traité sur la destruction des animaux et des insectes nuisibles au jardinage, Paris, Encyclopédies Roret, 83 p. (1re éd. Paris, Raynal, 1829).
    REULIHET (1854), Manuel du taupier parfait et universel, ou le Destructeur éternel des fléaux de l’agriculture, Toulouse, Reulihet et Sénac, 27 p.
    TOUSSENEL Alphonse (1878), Vénerie française et zoologie passionnelle, Paris, Hetzel, ill., (1re éd. 1847).
    TRASSARD Jean-Loup (2007), Conversation avec le taupier, Cognac, Le Temps qu’il fait, 160 p.

  • Une conférence de Françoise Etay sur les "Bourrées de Centre de la France", le vendredi 18 janvier à 20h.30, à Limoges

    Une conférence sur les "Bourrées du Centre de la France : y a-t-il, ou non, des spécificités limousines ?" sera donnée par Françoise Etay, vendredi 18 janvier, 2008, à 20h30 à l'Auditorium du Conservatoire (centre-ville, rue Fitz James, à côté du Grand Théâtre).
    Cette conférence s’appuiera sur la projection de nombreux films inédits de « collectages » (Berry, Morvan, Auvergne, Limousin…). On pourra donc ainsi observer les diverses formes traditionnelles que présente - ou a présenté - la bourrée selon les régions, formes souvent éloignées des représentations qu’en donnent généralement les spectacles folkloriques, et repérer des parentés ou des divergences fort peu connues, en général, à l’heure actuelle.
    Renseignements : Conservatoire à Rayonnement Régional de Limoges - 05 55 45 95 63.

    Entrée libre et gratuite

  • Un accordéon diatonique personnalisé au décor unique

    Le pilote, en visite dans la maison familiale à Lespignan (Hérault), relookée par Francis et son épouse Patricia, et avec le concours d'un architecte et de quelques bons artisans, n'a pas manqué de reluquer le "diato" sur une commode...
    Ah ! les diatos, objets de tous les désirs des années 65 et les quelques suivantes... Francis a tenu a présenter lui-même son compagnon de route musical :
    "En 1984, j'ai acheté en Poitou un 29 15 en seconde main à Monsieur A. M. à Gençay (86). Vers 1986, la première transformation à été faite par Denis LEVRAULT(?... en fait Le Vraux, cf. commentaire ci-dessous /f.Valière) à Angers qui a installé des "lames italiennes" et l'a passé de Do-Fa à Ré-Sol.
    Après une période Castagnari (de ma part), j'ai décidé enfin de m'occuper sérieusement de mon 29 15.
    Après un séjour de trois ans et de mon mariage à Madagascar, à Fianarantsoa, j'ai eu l'idée, en voyant la qualité de la marquetterie des artisans malgaches, de faire réaliser des plaques en bois, marquettées avec des motifs locaux.

    708718239e6707f9bfeebc1b7cf87787.jpg

    En 1997, Revenu, en Occitanie (Bas-Languedoc) (pays de mon père, le pilote de Belvert,...et de mes grands parents paternels...), j'ai commencé à jouer au sein du groupe COSCONILHA en 2001.
    En 2004 dans ce groupe, PIERRE GARAU, "Pierrot", qui fabrique des hautbois languedociens et qui travaille le bois a monté les plaques malgaches et fabriqué des plaques latérales pour le passages du son, refait le clavier en buis (sous les boutons, toujours, de chez Hohner), ainsi que des petits pieds en bois exotique.
    Puis en 2006, MARC SERAFINI à Toulouse, m'a réaccordé, arrangé la butée des touches, réparé un peu le soufflet par endroits, fait une plaque de passage de son à la main droite (plus de passage d'air pour donner plus de force à la main droite) et m'a vendu des bretelles...
    3368989827dfbf86ea6b679714e353e7.jpg

    Voilà donc "la Bête" pièce unique au monde....avec un joli son (en plus) toujours en Ré-Sol qui s'accorde très bien avec le jeu des "grailes" languedociens (hautbois).
    Il ne reste du 29 15 que les boutons Hohner toujours reconnaissables, le soufflet (prochaine étape de restauration sans doute), et les mécaniques (on les sait solides chez Honer), et bien sûr la forme idoine..."
    Merci de m'avoir lu...
    Francis, propriétaire et joueur de ce diato,
    4f4030d2520c688dbcd97f58f42fca92.jpg

    groupe COSCONILHA, dans l'Hérault..., en suivant ce lien :http://www.cosconilha.blogspot.com/
    Les trois premiers clichés de cette note : © Tous droits réservés, 2007; le quatrième © CosconilhaTous droits réservés.

    NOTE DE FRANCIS VALIèRE: "Cet article sur mon "Diato tunning Malgache" (comme dit Serge de Cosconilha), qui a eu la primeur de Belvert est aujourd'hui dans les kiosques (ou sur abonnement) dans la revue "Trad Mag"...il continue son voyage...
    Correction le premier "retoucheur" de mon 2915, était Denis Le Vraux (et non Levrault)...qu'il m'en excuse je n'avais jamais écrit son nom, "Trad mag" a corrigé heureusement..."













  • Graffitti de bateau dans le port "souterrain" du fort de Brouage

    bdb425793387a2ce5a0044bbb4fbd4e8.jpg
    © Cl. de Michel Valière, août 1999.
    Sur ces gravures, voir la "Postface" de Nathalie Fiquet , p. 101, dans le Catalogue de l'exposition "Navires & tableaux votifs de Charente-Maritime, Brouage, Halle aux vivres, avril à septembre 1994.

  • Pour une rencontre avec le Pays Civraisien : le milieu, son histoire, son ethnographie, son "parlanjhe"

    Daniel Bourdu, conservateur et enseignant, et avec lui une "équipe de terrain" réunie autour du Syndicat mixte du Pays civraisien, proposent à partir de regards croisés une approche de ce territoire qui invite à la découverte tant de l'endroit que de ses habitants qui l'ont façonné depuis déjà cinq millénaires.
    A découvrir des "patrimoines très variés" mis en lumière, qu'ils soient archéologiques, historiques, artistiques, linguistiques ou environnementaux.

    e99d344e22485c12fc649410c1ccb467.jpg

    Chez votre libraire, et dans les Maisons de la Presse... Pour 15 € : 150 pages sur papier couché double face, abondamment illustré de cet ouvrage édité par Geste (ISBN: 978-2-84561-365-2 / LUP 537).

    Notes documentaires, à l'attention de ceux que ce territoire passionne:
    signalons les 23 mètres linéaires aux archives départementales de la Vienne constituées du versement de Maître rené Chiche notaire à Gençay, le 28 juillet 1998, à partir des études de Romagne, Champagné-Saint-Hilaire et Sommières (AD 4 E 81). Pour plus de détails, suivez -ce lien:http://www.archives-vienne.cg86.fr/IMG/pdf/4_E_081.pdf