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  • PROGRAMME HORAIRE/ 2-5 OCTOBRE 2014 DOMAINE FORGET À SAINT-IRÉNÉE, QUÉBEC (CANADA)

     

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    En 1914, l’anthropologue Marius Barbeau (1883-1969), jusqu’alors voué à l’étude des autochtones de l’est du Canada, commence à s’intéresser aux traditions orales des populations françaises du Québec et du Canada. La région de Charlevoix constitue un des premiers lieux d’enquête sur le terrain du chercheur. Ce tournant devait s’avérer marquant pour l’institution des études en ethnologie du Canada français. Aussi, le colloque, qui se tiendra au Domaine Forget de Saint-Irénée, au cœur même de la région de Charlevoix, est-il l’occasion de souligner ce centenaire et de mesurer le chemin parcouru par ce pionnier. L’impact qu’il eut sur l’évolution de ce champ de recherche, notamment sur les régions privilégiées et sa reconnaissance en milieu universitaire, est aussi à l’ordre du jour.

     

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     LE JEUDI 2 OCTOBRE 2014

    18h00-19h00: Accueil 19h-20h: Mot de bienvenue
    Orientations du colloque (30e Société d’histoire de Charlevoix, exposition) Allocution d’ouverture Serge Gauthier Marius Barbeau. Été 1916 Vins et fromages
    LE VENDREDI 3 OCTOBRE 2014
    8h30-10h00: PREMIÈRE SÉANCE : TERRAIN ET TERRITOIRE – LE PAYS DES GOURGANES
    Serge Gauthier Charlevoix est-il un pays enchanté pour Marius Barbeau ? Christian Harvey Cartographie des terrains et méthode d’enquête de Marius Barbeau dans Charlevoix (1916-1940). Jean-Benoît Guérin-Dubé Des porteurs de tradition orale : les Morneau de Baie-des- Rochers
    10h00-10h30: Pause 10h30-12h00: DEUXIÈME SÉANCE : TERRAIN ET TERRITOIRE – BARBEAU ET L’ORALITÉ
    Aurélien Boivin Le Saguenay légendaire : un hommage aux humbles habitants Bertrand Bergeron Territoire et terrain Amelia Elena Apetrei Barbeau et les contes: une perspective littéraire Ronald Labelle «Une fois, il y avait un jeune ethnologue...»
    12h00-13h00: Dîner en commun 13h00-14h30 : TROISIÈME SÉANCE : BARBEAU ET L’ORALITÉ: LA CHANSON
    Marcel Bénéteau Marius Barbeau et la chanson traditionnelle française Louis-Martin Savard Joseph-Thomas LeBlanc et le « romancero acadien » Jean-Pierre Pichette Le Romancero du Canada : une synthèse à la croisée des chemins
    14h30-15h00 : Pause

    15h00-16h30: QUATRIÈME SÉANCE : BARBEAU, PROMOTEUR DE LA TRADITION
    Diane Joly La correspondance Édouard-ZotiqueMassicotte – Marius Barbeau : un dialogue dynamique autour du folklore Danielle Martineau La collaboration entre Adélard Lambert et Marius Barbeau Pierre Chartrand Marius Barbeau et la danse
    16h30-18h00: CINQUIÈME SÉANCE : TABLE RONDE I – NOS TRADITIONS À L’UNIVER- SITÉ
    Participants : Jean-Pierre Pichette («Nos traditions à l’Université», Université Sainte- Anne), Marcel Bénéteau (Les quarante ans du programme d’ethnologie, Université de Sudbury), Laurier Turgeon (L’enseignement de l’ethnologie à l’Université Laval de Bar- beau à aujourd’hui), Philippe Dubois (L’ethnologie à l’Université Laval : une tradition d’innovation en constante évolution), Jean-François Simon (L’ethnologie au Centre de recherche bretonne et celtique, Université de Brest)
    19h00: Barbecue aux Écuries du Domaine Forget Présentation du film: Jean Simard Marius Barbeau et le folklore canadien-français (ONF, 1959)
    LE SAMEDI 4 OCTOBRE 2014
    8h30-10h00 SIXIÈME SÉANCE : MUSÉES, MUSÉOLOGIE, ARCHIVES
    Marilie Labonté De la sauvegarde du patrimoine à la muséologie : Marius Barbeau Vanessa Ferey Les travaux de Marius Barbeau au sein du Musée de l’Homme de Paris Louise Lalonger Dévoiler la couleur : rencontre de la tradition orale et de l'analyse scientifique
    Benoît Thériault Les archives de Marius Barbeau, une richesse à découvrir ou à redé-
    couvrir
    10h00-10h30 : Pause 10h30-12h00 SEPTIÈME SÉANCE : FORMATION ET STATUT DU CHERCHEUR
    Jocelyn Gadbois Marius Barbeau chez les évolutionnistes (1907-1914) Marlène Belly Marius Barbeau, Patrice Coirault : de démarches pionnières en voies/voix de maîtres Fañch Postic et Jean-François Simon Du folklore à l’ethnologie : « Traditions populaires » et projet universitaire en Bretagne ; (Michel Valière et) Michèle Gardré-Valière : Marius Barbeau, Le Rossignol y chante, et nous, et nous...
    12h00-13h00: Dîner en commun 13h00-14h30: HUITIÈME SÉANCE : TABLE RONDE II – L’APPORT DE BARBEAU AUX ARTS RELIGIEUX ET POPULAIRES
    Participants : Jean Simard (Depuis l’île d’Orléans, Marius Barbeau découvre l’art reli- gieux du Québec), Anne-Marie Poulin (Le « boutonné » de Charlevoix : pertinence d’une découverte), Richard Dubé (Recherche ethnographique d’aujourd’hui, méthodes et défis) et Jean-François Blanchette (Marius Barbeau et l’authenticité de la tradition en art populaire)

    14h30-15h00: Pause 15h00-16h00: NEUVIÈME SÉANCE : INFLUENCES DIVERSES
    Virgil Benoit La conception du bonheur dans la diaspora québécoise Marc-André Fortin La traduction de « The Downfall of Temlaham » : retours transculturels Laurier Turgeon L’inventorisation du patrimoine immatériel au Québec de Marius Bar- beau à nos jours
    16h00-17h30: DIXIÈME SÉANCE : TABLE RONDE III – BARBEAU ET LE TERRAIN : UN EXEMPLE POUR DEMAIN ? QU’EN PENSENT LES CHERCHEURS D’AUJOURD’HUI?
    Participants : Benoît Thériault, Christian Harvey, Jocelyn Gadbois, Pascal Huot 19h00-19h30: Lancement d’ouvrages en ethnologie et sur Charlevoix 19h30- 21h30: Banquet
    Repas du terroir de Charlevoix: Au pays des gourganes Allocution de clôture Jean-Pierre Pichette Barbeau : au-delà du souvenir Animation
    Chansons de tradition orale: Danielle Martineau et Guillaume Savard
    LE DIMANCHE 5 OCTOBRE 2014
    10h00-14h00: Excursion sur le traces des enquêtes de Marius Barbeau (Repas inclus au Relais des Hautes-Gorges ) 14h00 : Retour et fin du colloque
    Du 2 au 5 octobre 2014 Domaine Forget de Charlevoix, Saint-Irénée (Québec)
    FICHE D’INSCRIPTION
    NOM:__________________________________________________________________ ADRESSE: ______________________________________________________________ VILLE:______________________________CODE POSTAL:______________________ TÉLÉPHONE: (    )______________________________________________________ COURRIEL:______________________________________________________________
    INSCRIPTION COMPLÈTE (125$)
    Toutes les séances, repas du midi (3-4 octobre) et excursion-repas (5 octobre)
    INSCRIPTION SANS EXCURSION (100$)
    DEUX MODES DE PAIEMENT:
    1) Par chèque: à l’ordre de Société d’histoire de Charlevoix 156, de l’Église La Malbaie (Québec) G5A 1R4 2) Directement en ligne: www.shistoirecharlevoix.com (onglet colloque)
    POUR PLUS D’INFORMATIONS:
    Téléphone: (418) 665-8159 Courriel: shdc@sympatico.ca Site Web: www.shistoirecharlevoix.com

  • Journée d'études en ethnomusicologie de la France: Toulouse Sept. 2014

    Centre International de

     

    Recherches Interdisciplinaires

     

    en Ethnomusicologie de la France (http://cirief.fr)

     

     

     

    CIRIEF (Centre International de Recherches en Ethnomusicologie de la France)

     

    Journée d’études 2014

     

    « Les nouveaux enjeux de l’ethnomusicologie de la France : 

     

    Adapter les objectifs, les outils et les méthodes de recherche

     

    à la mutation rapide des terrains français »

     

     

    Vendredi 26 septembre 2014

     

    Université de Toulouse Le Mirail, Maison de la Recherche, salle D 31 (entrée libre)

     

     

     

    9h : Accueil des participants.

     

    9h15 : Ouverture de la journée d’études par Luc Charles-Dominique (président du CIRIEF).

     

     

    Patrimonialisations…

     

     

    9h30 : Jean-Jacques Castéret (Institut Occitan d’Aquitaine - Ethnopôle),

     

    “Un territoire, des communautés : l’ethnomusicologue dans le concert des patrimonialisations des pratiques musicales en Sud Gascogne”

     

     

    10h : Marlène Belly (Université de Poitiers)

     

    Le chant de labour fait son bœuf !

     

     

    10h45 : Luc Charles-Dominique (Université Nice Sophia-Antipolis — IUF)

     

    “La dimension territoriale dans la patrimonialisation française actuelle des musiques traditionnelles”

     

     

    11h15 : Corinne Savy (Université Montpellier 3 Paul Valéry)

     

    “Le rôle de la France dans les stratégies de la patrimonialisation du flamenco”

     

     

    11h45-12h30 : table ronde.

     

     

    Nouveaux terrains, nouvelles pratiques, nouvelles méthodes et nouveaux outils

     

     

    14h30 : Yves Defrance (Université de Rennes 2)

     

    “Sonner au féminin, un atout pour le renouveau des musiques traditionnelles. L'exemple breton”

     

     

    15h : Guillaume Veillet (Conseil Général de Haute-Savoie)

     

    “Le témoin comme acteur du revivalisme : une expérience de "collecte" en Savoie au début du XXIe siècle”

     

     

    15h30 : François Gasnault et Marie-Barbara Le Gonidec (iiAC-LAHIC, CNRS-MCC-EHESS)

     

    “Évaluer et éditer les enquêtes ethnomusicologiques du MNATP : un retour indispensable sur une entreprise monopolistique”

     

     

    16h-16h45 : Table ronde et conclusion.

     

     

    Renseignements : Luc Charles-Dominique : luc.charles-dominique@unice.fr

     

  • Antiquaires et folkloristes : essais ethnographiques en Centre- Ouest du début du XIXe aux premières années du XXIe siècle

    Par Michel Valière.


    Fondée en 1814, la Société royale des Antiquaires de France prolonge pendant quelque temps encore les activités de l’Académie celtique défunte. Elle publie ses premiers Mémoires en 1817 mais connaît la désaffection et le désintérêt de ses acteurs, peu enclins à s’engager trop avant sur des pistes où la celtomanie régnait en maître. Elle cesse ses activités vers 1830, non sans avoir produit, pendant ce laps de temps d’existence, nombre de travaux de collecte de traditions populaires1 ou des notes sur les parlers régionaux (dialectes)2 qui lui étaient parvenus par diverses voies. Elle ouvre la route aux folkloristes et ethnographes regroupés dans des sociétés savantes qui réaliseront de longues et patientes recherches, souvent très fructueuses, avant d’être marginalisés eux-mêmes à leur tour et certainement pour longtemps.
    Une « société savante » du Centre-Ouest
    Parmi les sociétés savantes dans les régions, dont la Société des Archives historiques du Poitou, citons pour l’exemple la Société des antiquaires de l’Ouest fondée à Poitiers au cours de l’année 1834 et qui est autorisée par décision ministérielle en 1835. Elle s’est donné pour objectif « la recherche, la conservation, l’étude, la description et la publication des monuments historiques entre la Loire et la Dordogne ». Son premier président, Charles Mangon de la Lande, alors directeur de l’enregistrement et des domaines, devait entretenir entre ses membres une émulation humaniste. Lors de la réunion inaugurale du 13 août 1834, il définit en ces termes le sens des recherches à entreprendre :
    « L’archéologie a tant de branches à exploiter ; c’est elle qui va fouiller dans la poussière des peuples primitifs ; c’est à elle qu’il appartient de tracer l’histoire de leurs monuments, de leurs croyances, de leurs mœurs, d’approfondir les traditions, d’étudier avec une critique raisonnée les vieilles annales, les chroniques presqu’effacées ; de comparer entr’eux les Codes et les Lois qui se sont succédé de siècle en siècle ; par la numismatique nous retrouvons les noms, les titres des différentes magistratures, les formes judiciaires, les usages civils, religieux et militaires, les instruments domestiques et aratoires, et souvent jusqu’à la figure des plantes et d’animaux qu’on ignorait, dont on niait l’existence et qu’on a retrouvés depuis [...] C’est au fond des choses [...] qu’il faut aller fouiller et que nous devons le faire sans apparat, sans bruit et modestement, dans l’intention unique d’être utile à la Science et de faire sortir de l’oubli tant de matériaux précieux qui se rattacheront nécessairement à l’histoire d’un Pays3 [...] ».
    Chacun sait ici qu’à cette époque-là le terme d’« archéologie » portait une tout autre charge sémantique qu’aujourd’hui. Il englobait plusieurs disciplines telles que l’histoire,

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    1. À l’exemple de la contribution du Tourangeau A.-M. Guer[r]y (« Note sur les usages et les traditions du Poitou », Mémoire de la Société des Antiquaires de France, t. VIII, 1829, p. 451-464). Il fut l’un des modestes pionniers (oublié) des collectes « ethnomusicologiques » en Poitou auquel Arnold Van Gennep consacre le numéro n° 1306 de sa bibliographie avec cette mention : « excellent mémoire, expressément donné par l’auteur comme complément aux mémoires de Dupin et de La Revellière-Lépeaux ; souvent démarqué sans indicat[ion] bibliogr[aphique »]. Sur cet auteur, voir encore l’article de Michael Friendly, « Un Tourangeau trop discret : André-Michel Guerry (1802-1866), Mémoires de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Touraine, vol. XXI, 2008, p. 213-231.
    2. Voir dans le tome 3 des Mémoires de l’Académie celtique (1809), la contribution du Vendéen Louis-Marie La Révellière-Lépeaux qui, outre un important lexique, compte trois chansons dialectales, accompagnées d’une traduction.

    3. Registre Mangon de la Lande, archives départementales de la Vienne.
    68    Bulletin n°14

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    l’histoire de l’art, la préhistoire, des sciences auxiliaires comme l’épigraphie, la numismatique, la sigillographie, mais aussi le folklore et l’ethnographie, l’ethnologie, enfin l’anthropologie qui confinait à l’anatomie et par-delà, à la médecine. Il correspondait plutôt à l’actuel concept protéiforme de « patrimoine » qui a été mis en exergue à partir de 1980, notamment par le ministère
    de la Culture et de la Communication et qui fait florès aujourd’hui encore à travers tout le pays. Par la suite, il fut demandé à chaque membre titulaire, honoraire ou même correspondant, de s’engager à offrir, dans le mois de son admission, soit « quelque objet d’antiquité soit quelque livre ou quelque document manuscrit relatif à l’histoire des provinces de l’Ouest », initiant ainsi l’activité muséographique de la Société. C’est ainsi qu’en date du 19 mai 1836 a été enregistré sous le numéro 57 le premier don d’objet à caractère ethnographique, offert par M. de la Lande, à savoir une « plaque de garde- forestier4 de la 9e conservation, Poitiers, 1822 » qui figure toujours sur l’inventaire du musée de la ville de Poitiers et de la Société des antiquaires de l’Ouest.
    D’un autre point de vue, il était spécifié que chaque membre résidant devait, « sous peine d’être réputé démissionnaire », lire ou offrir, dans les trois mois de son admission, « un mémoire ou toute autre composition», ce qui instituait une dynamique à la fois intellectuelle et éditoriale qui se consolidera au fil des années.
    L’examen des publications, Bulletins et Mémoires, donne un aperçu des préoccupations d’alors. Ainsi les Bulletins des années 1856-58 intéressent-ils l’ethnographie de l’Europe. On y relève sous la plume de M. Fleury, proviseur du lycée de Douai, la contribution suivante : « Étude des diverses races qui peuplent l’Europe... Leur origine, leur caractère, leur développement ou leur décadence, les principaux traits de leur passé, les probabilités de leur avenir ». Sur les « mœurs et coutumes », on peut y noter en 1838, des notices sur les «feux de la Saint-Jean en Poitou» qui seront suivies d’articles et communications aussi bien sur les « coutumes des jours des Rois », sur les « fêtes et usages de la Pentecôte », sur les pèlerinages et les fontaines de dévotion, et autres « chroniques populaires ». Des comptes rendus et notices bibliographiques informeront les lecteurs sur l’actualité des travaux accomplis par des sociétés poursuivant des activités similaires, notamment quelques années plus tard, sur ceux publiés dans la Revue des traditions populaires.
    Des contributions concernant l’Ouest et le Centre de la France, le Pays basque et d’autres territoires depuis les rives de la mer du Nord jusqu’au Maghreb, en gros l’arc atlantique, ont trouvé place dans les travaux de cette importante société (dont l’archéologie industrielle5 ; l’ethno-histoire6 etc.). Elle poursuit ses recherches aujourd’hui, orientées davantage encore vers la préhistoire et l’histoire sous toutes leurs déclinaisons, beaucoup moins vers l’ethnographie, même si une approche anthropologique peut se percevoir à travers l’une des premières communications dans les Mémoires de 1835, répertoriée sous une rubrique de «géographie humaine». Nous la devons à Armand-Désiré de La Fontenelle de Vaudoré qui traite des « Recherches sur les peuples qui habitaient le Nord de l’ancien Poitou7 ».
    Ainsi, Louis Rédet traite de halles, de foires et marchés8 tant du point de vue de la mémoire, que de leur inauguration9, tandis qu’Alexis de Chasteigner propose son « Essai sur les lanternes des morts10 », travail qui fera autorité en la matière pendant un siècle et demi. Les Mémoires des années 1858-1859, inaugurent, sous la plume de Jules Levieil de La Marsonnière, une première étude11 sur les « Poésies nationales du Poitou », conférence brillante et mondaine sur un texte en langage poitevin, La gente Poitevin’rie. Le sociétaire y

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    4. Bulletin du 1er mai au 1er août 1836, p. 256.

    5. Par exemple Louis Redet, « De quelques établissements industriels fondés à Poitiers au XVe siècle », Mémoires de la Société des antiquaires de l’Ouest, 1842, p. 349-367.

    6. Voir les études sur le chant populaire par Geneviève Massignon, l’auteur principal des enquêtes pour l’Atlas linguistique et ethnographique du Centre-Ouest, Paris, CNRS, vol. I, 1971, vol. II, 1974, vol. III, 1983.

    7. Mémoires, 1835, p. 75-111, avec des illustrations.

    8. Mémoires, 1845, p. 61-97.

    9. Mémoires, 1853, p. 147-162.

    10. Mémoires, 1843, p. 275-304, ill.

    11. Mémoires, 1858-1859, p. 301-323.

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    développe, sur une métaphore culinaire et gustative, le thème du « goût du terroir ». Léo Desaivre, entre autres, écrit sur Mélusine (1884), Paul Rambaud s’intéresse au « rôle des femmes » dans l’assistance publique à Poitiers (1909). Enfin je voudrais terminer ce rapide tour d’horizon en citant la magistrale thèse de Nicole Pellegrin, publiée dans les Mémoires de 1979-1982 : « Les bachelleries : organisations et fêtes de la jeunesse dans le Centre-Ouest, XVe-XVIIIe siècles », thème qui trouva un écho contemporain et notamment dans le Mellois.
    Le groupe de travail réuni pour le 150e anniversaire de la Société a établi un certain nombre de rubriques dont quelques-unes seulement, une portion congrue, ressortissent aux pratiques de l’ethnologie pour classer les articles dans le Bulletin, ainsi que les Mémoires12 :
    - Liturgie - Musées, collections privées, expositions - Objets mobiliers - Philologie, étymologie, toponymie -Usages et croyances populaires13.
    Autant dire qu’aujourd’hui, la quasi-totalité des contributions traite d’histoire, d’histoire de l’art, d’archéologie et de numismatique. J’ajouterai toutefois qu’il ne tiendrait qu’aux ethnologues de faire des propositions de communication susceptibles de prendre place dans la nouvelle Revue historique du Centre-Ouest, qui a succédé au Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest et des musées de Poitiers, remis au goût du jour.
    Le régionalisme en action avec la Société du costume poitevin (1907-1958)
    À la fin du XIXe siècle, le mouvement régionaliste impulsé en France par Jean Charles- Brun, et qui avait pour ambition la volonté décentralisatrice dans le dessein d’une revitalisation de la France provinciale économique, sociale qui serait en même temps intellectuelle (culturelle)14, trouve naturellement un écho sur les terres du Centre-Ouest. Parmi les érudits et intellectuels niortais qui revendiquaient leur action comme une forme de patriotisme local, Gustave Boucher, avait quitté sa ville pour la capitale où il exerçait la fonction de bouquiniste sur un quai de la Seine. Rénovateur modéré du folklore et agent convaincu de la prise de conscience régionaliste, c’est lui qui met sur pied le Congrès de Niort de 1896.
    Pour ce faire, il avait, dès 1893, créé la Société du costume poitevin en s’appuyant notamment sur l’homme de lettres Henri Clouzot et sur le conservateur du musée Henri Gelin qui considérait que la coiffe féminine était «un signe de haute valeur ethnographique15 ». Il donne à ses activités une ouverture beaucoup plus large que ne le suggérait le titre de la société. Puis en 1895 il exposa à la Sorbonne, sous l’égide de Gaston Paris, le programme de la Société nationale d’ethnographie et d’art populaire, dont le comité comptait des noms tels que l’académicien André Theuriet, Vincent d’Indy, Paul Sébillot, Puvis de Chavannes et d’autres personnalités du monde des arts et des lettres.
    Le Congrès, qui se déroula du 22 mars au 28 juin 1896 à Niort, parrainé par autant d’intellectuels, ne manqua pas d’intéresser aussi bien le clergé (n’avait-il pas songé à restaurer tout l’art religieux !) et la bourgeoisie que les familles aristocratiques, les artisans, artistes et commerçants. Avec peu de moyens (c’est peu dire puisqu’il laisse un certain déficit), Gustave Boucher assura le montage d’une exposition et le déroulement des manifestations. Si l’on en croit Henri Clouzot, ce fut un « magnifique programme »

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    12. Voir la contribution de Marie-Paule Dupuy, Maryse Redien-Alessio, Hélène Richard, « Table des bulletins et des mémoires (1834-1984), dans Cent cinquantenaire de la Société des antiquaires de l’Ouest, Mémoires de la la Société des antiquaires de l’Ouest, t. XVII, 1983-1984, Supplément au Bulletin, 4e trim. 1983, p. 31-380.

    13. Citons pour l’exemple, dans les Mémoires de 1845, la contribution de Gérasime Lecointre-Dupont: « Mémoire sur le miracle des clefs et sur la procession du Lundi de Pâques », (p. 209-256).
    14. Jean Charles-Brun, Le Régionalisme, Paris, CTHS, 2004 (1re éd. 1911).

    15. Natacha Mémeteau, Histoire des recherches liées au folklore dans les Deux-Sèvres, de la fin du XIXe siècle aux années 1940, Poitiers, université de Poitiers (Faculté des sciences humaines, département d’histoire), 1991, p. 12.

     

    Antiquaires et folkloristes    69
    70    Bulletin n°14

     

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    exécuté par le patient et érudit folkloriste Henri Gelin16, fin connaisseur des costumes et parures et en particulier des coiffes d’entre Loire et Gironde. La carte qu’il en établit fait toujours référence dans ce domaine. La Société nationale d’ethnographie et d’art populaire en assure l’édition grâce à la relation confiante entre Gustave Boucher et le Père Bluté, alors directeur de l’imprimerie des moines bénédictins de Ligugé (Vienne), un important volume illustré de 479 pages réédité par les éditions Danièle Brissaud à Poitiers en 1977. Ce premier congrès fut suivi de deux autres, l’un en 1897, à Saint-Jean-de-Luz, au Pays basque, riche d’un volume tout aussi copieux, également imprimé à Ligugé, l’autre en 1898, à Honfleur, en Normandie, présidé par Boucher.
    On doit encore à Boucher (qui préparait son oblature à Ligugé), grâce au mécénat bénédictin, seize numéros de la revue régionaliste Le Pays Poitevin qui entraînent pour ses promoteurs une déroute financière.
    Une régionaliste, folkloriste inspirée : Francine Poitevin
    Mais d’abord, qui se cache derrière le pseudonyme de Francine Poitevin17 ? Celui-ci traduit, on le devine sans peine, le désir profond d’une femme d’affirmer une double appartenance : nationale par le prénom hypocoristique et régionale par le patronyme. Il s’agit en fait, du point de vue de l’état-civil, de Marie-Blanche Paillé, née le 10 avril 1869, à Chaunay (Vienne), un pays de « terres rouges à châtaigniers », fille de François Paillé, distributeur des postes du lieu et de Zoë Airault. Elle épouse Émile Gilot, son aîné (1861- 1923), également instituteur, décède à Poitiers le 17 août 1946 et repose au cimetière de Chilvert, à Poitiers.
    Plutôt « spécialisée » dans les cours préparatoires de l’enseignement élémentaire, sa carrière professionnelle d’institutrice la fait voyager de poste en poste du sud du département de la Vienne, au nord et nord-est18, vraisemblablement occupant des postes de remplacement, du moins au début ; et ce n’est qu’au cours de sa retraite, à partir des années 1920, qu’elle se consacre , et ce jusqu’à la fin de sa vie, à la recherche de « son passé », dans un esprit et avec le flair et la passion d’une collectionneuse.
    Pour les folkloristes et les ethnographes de la France, en tout cas au moins pour ceux du Poitou-Charentes et des Pays de la Loire, ce n’est pas tout à fait une inconnue. En effet, elle correspondait avec Georges-Henri Rivière qui la saluait du titre amical de « princesse de l’âtre », et l’un de ses ouvrages (1938) fut préfacé par Jean Charles-Brun, alors président de la Fédération régionaliste française en des termes affectueux et élogieux :
    « Il court, à travers le livre de Madame Francine Poitevin, comme un souffle de tendresse. C’est pieusement qu’elle a travaillé19 ».
    Elle est l’auteure de plusieurs plaquettes et ouvrages littéraires ou ethnographiques, certes peu répandus, mais l’un d’entre eux, Arts et traditions populaires (s.d. [ca 1932], Poitiers, Imp. de l’Union), catalogue permanent du musée régional, au musée de l’Hôtel de Ville, à Poitiers, ouvrage de mélanges inspiré autant par les ouvrages du recteur Léon Pineau, de Jérôme Bujeaud, sur la chanson que par les plasticiens (peintres et graveurs : dont A. Bessé, et le photographe et sculpteur Jules Robuchon) a longtemps servi de référence quasiment unique dans ce domaine, en prolongement de l’ouvrage auquel elle se réfère à l’évidence, La Tradition en Poitou et Charentes (1897).
    Plusieurs travaux lui ont déjà été consacrés :
    - le catalogue d’accompagnement d’une exposition réalisée conjointement par le musée Sainte-Croix (Poitiers) en 1986, par Marie-Christine Planchard, conservateur au musée et

     

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    16. Henri Clouzot, « Le grain qui n’a pas levé », Bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, t. XIII- n° 2 et 3, 2e et 3e trim. 1966, p. 186 et passim.

    17. Marie-Christine Planchard et Michel Valière, Francine Poitevin ou l’ethnographie au musée, musée de la Ville de Poitiers et de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1986.
    18. Elle enseigna à Civray (1-9-1989), Chaunay (1-1-1890), Vivonne (1- 4 -1890), Moncontour (1-11-1892), Saint- Savin (1-3-1896), Châtellerault (4 - 6 -1898 –1917).

    19. Francine Poitevin, Contes et légendes du Poitou, Niort, éd. Corymbe, 1938, p. 11.

     

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    Michel Valière, alors ethnologue régional à la direction régionale des Affaires culturelles, avec un avant-propos de Michel Rérolle, alors conservateur des musées de Poitiers ; - un article par mes soins, à l’invitation d’Anne-Marie Thiesse, dans un numéro d’Ethnologie française (« Régionalismes », XVIII, 1988, t. 3) : « Une institutrice folkloriste, Francine Poitevin » ;
    - un article « Portrait d’une femme ethnographe, Francine Poitevin », par Marie-Christine Planchard, dans La Revue du Louvre (1990, numéro sur « L’ethnographie au féminin », sous la direction de Claudette Joannis) ; - un article « Francine Poitevin : passion et convictions » par Philippe Blonde et Romain Mudrak, dans le Picton (n° 156, nov.- déc. 2002, p. 2-6). Ces deux articles, s’appuyant et reprenant parfois de très près les deux travaux précédents. Ajoutons deux articles dans un périodique local, le Bulletin de l’ASAHE de Chaunay (n° 2 juin 1990 ; n° 4 oct. 1992).
    Les reproches généralement faits aux méthodes pratiquées par les folkloristes du XIXe comme de la première moitié du XXe siècle portent essentiellement sur leur caractère passéiste, particulièrement pour Francine Poitevin, comme sur leur volonté de retrouver un état initial, un âge d’or mythique : « Il n’y a que le passé de vrai ! », m’a-t-on affirmé sans ambages. La critique met en avant une tendance affichée à la manipulation du binarisme de catégories discutables pour ne pas dire inefficaces, telle l’opposition savant/populaire, ou encore tradition/modernité.
    Les méthodes des folkloristes et des chercheurs de la fin du XIXe siècle ont été désavouées, voire dénigrées pendant tout le XXe siècle. Cependant, elles ont permis de développer la discipline ethnologique par une connaissance approfondie des anciennes provinces françaises, connaissance bien souvent controversée. L’important était d’effectuer des enquêtes intensives, de compiler le plus de témoignages possible sur un « patrimoine » que l’on estimait généralement en voie de disparition et dont la diffusion semblait laisser croire que c’était la seule méthode susceptible d’en assurer largement la survivance. Cet état d’esprit, cette certitude largement relayée par la population comme par la plupart des édiles, fut à l’origine de bien des incompréhensions avec des personnalités comme Francine Poitevin, mais aussi avec des enquêteurs du milieu associatif, autant de la SEFCO que de l’UPCP...
    Leurs travaux, bien que toujours plutôt controversés, ont été revisités et leurs résultats réutilisés et réinterprétés par des ethnologues20, des sociologues21 et plus généralement par les anthropologues du XXe siècle.
    La Société d’études folkloriques du Centre-Ouest
    Créée en novembre 1961 sous la première présidence de Raymond Vignaud, connu sous le pseudonyme de Daniel Hervé, cette « société » à structure associative, conformément à la loi du 1er juillet 1901, se donne, en dépit d’un titre-écran, une posture ethnographique qui devra sans cesse se renégocier dans une dialectique études folkloriques/promotion du ou des « patois » d’entre Loire et Gironde. En effet, parmi ses membres fondateurs, des personnalités ressortissaient plutôt au domaine de la pratique de l’étude et de la diffusion des parlers charentais, gabayes, poitevins, saintongeais, vendéens, dans un émiettement topographique répondant aux aspirations et aux représentations de chacun. Ainsi, Geneviève Massignon, du CNRS, ayant alors en charge les enquêtes pour l’Atlas linguistique et ethnographique de l’Ouest compte parmi les membres fondateurs. On lui doit la sixième livraison du tome 1 (juil.-sept. 1963) : « Une noce à Montjean (Charente) d’après la fille d’un musicien d’autrefois. »
    De nombreux passionnés et érudits rejoignent progressivement la SEFCO, nombre d’entre eux vouant un profond respect, sinon un culte à un «barde» défunt, Goulebenèze, alias Évariste Poitevin, qui a publié dans des feuilles locales et autres

     

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    20. C’est le cas de Catherine Robert reconsidérant à la faveur de son diplôme à l’EHESS (1985) les résultats des compilations (des années 1930-40) de prières du savant médecin neuro-psychologue Henri Ellenberger dans l’est du département de la Vienne, en Haut-Poitou, lui-même auteur d’une Histoire de la découverte de l’inconscient, conduite avec une méthodologie d’inspiration ethnologique.
    21. Je pense ici aux travaux sur le mariage et la famille de Martine Segalen et de Michèle Salitot en Poitou protestant.
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    72    Bulletin n°14

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    périodiques dont le Subiet, journal patoisant fondé en 1901 par Daviaud, imprimeur de Matha (Charente-Maritime), qui cesse de paraître en 1959. Le Bulletin de la Société d’études folkloriques du Centre-Ouest vient alors raviver le souvenir du Subiet pour en prolonger la forme d’esprit et la fonction sociale, à savoir créer de l’écrit dialectal, dans l’un des parlers du « groupe poitevin-santongeais22 » en Centre- Ouest et dans un humour revendiqué parfois comme identitaire (essentiellement « saintongeais »).    Ainsi,    après    trois    années    d’articles    sur    des    thèmes    d’inspiration ethnographique, le Bulletin opère une première mutation en consacrant son numéro d’avril-juin 1965 à la publication de « pièces patoises ». À partir de cette césure, le Bulletin accole à son titre initial la mention : « et sa publication patoise le Subiet ».
    Il faut attendre le numéro de septembre-octobre 1995 pour que la Société introduise dans son intitulé la mention «ethnologie» en lieu et place «d’études», non sans avoir préalablement attribué à la revue le titre Aguiaine dès 1976. Dans la pratique, une controverse quasi permanente oppose les tenants de l’ethnographie (qui organisent un modeste colloque biennal depuis 1987) à ceux qu’intéressent seulement le supplément « patoisant ». Cette opposition se concrétise dans les librairies d’occasion où l’on ne trouve généralement que le bulletin lui-même, l’encart dialectal ayant été mis de côté. On se débarrasse de « l’ethno », mais l’on conserve pieusement les textes patois de création récente ou les morceaux d’anthologie réédités.
    Le premier président, conscient du changement d’époque, et avec un goût affirmé de la collection, souhaitait moderniser les pratiques de collecte de terrain et de communication des résultats. Ainsi, sensible à ce que désormais, avec l’UNESCO, nous appelons le patrimoine immatériel, il m’adressa une lettre datée du quatorze octobre 1967 en ces termes :
    « [...] Je vous soumets une idée qui m’était venue, celle de constituer une association d’amateurs d’enregistrements de documents folkloriques de nos régions du Centre-Ouest : chansons, noëls, musique de danses, pièces patoises, pour lesquels seraient faits des enregistrements limités au nombre des adhérents à la formule, qui paieraient les disques en souscription avant leur sortie » 23.
    Il ne met pas en œuvre cette idée, que développera, en revanche, à partir de 1968 une association de jeunesse et d’éducation populaire : l’UPCP, dont plusieurs des acteurs étaient déjà membres assidus de la SEFCO.
    L’UPCP, Union Poitou-Charentes et Vendée pour la culture populaire
    C’est dans la mouvance des années 1968 que s’est développée en Poitou-Charentes et Vendée une Union d’associations préexistantes fondatrices et en premier lieu de celles des Pibolous, et de La Marchoise, regroupant des passionnés et amateurs de musiques de transmission orale, chants, danses, mais aussi de langue régionale, à l’époque nommée « patois » ( poitevin, charentais, saintongeais), traité aujourd’hui comme « langues de France » 24 : le poitevin, le saintongeais, voire l’occitan (limousin-confolentais).
    Ces associations ont, dans un premier temps, organisé leurs actions sous un même « labarum » :    recherche,    diffusion,    expression.    Ainsi,    par    le    truchement    de regroupements, week-ends, stages, certains acteurs se sont initiés à la collecte ethnographique, d’autres à la pédagogie de la danse populaire, parfois de la chanson25, ou de « la » langue. Tous, en général se sont sentis concernés par les émotions liées à

     

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    22. Sur cette notion, Jacques Duguet, « Parlers et littérature patoisante », Charente–Maritime, Paris, Bonneton, 2001, p. 164.

    23. Documentation personnelle.

    24. Voir les travaux et publications de Liliane Jagueneau, Jean-Jacques Chevrier, Pierre Gauthier, Michel Gautier, Jean-Léo Léonard, Jean-Loïc Le Quellec, Éric Nowak, André Pacher, Vianney Pivetea, mais aussi, avec une approche un peu différente, James Angibaud., Ulysse Dubois, Jacques Duguet, Jean-François Migaud, Michel Renaud, pour ne citer que quelques noms d’ardents défenseurs associatifs, à des degrés divers.
    25. Citons par exemple le travail fait avec des collégiens (1976 à 1985) et qui a donné lieu à un article de Michèle Gardré-Valière, « Les sept cahiers aux 266 chansons d’une paysanne poitevine », Aguiaine, n° 240, janv-fév. 2004, p. 3-36.

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    l’expression : chorégraphie, musique orale, arts de la parole, scénographie, régie-son ou lumière. Au fil des ans, plusieurs structures se sont dotées d’un équipement (fermes culturelles des Gens de Cherves, ou de Culture populaire et Loisirs à La Cabasse de Vitré ; Centre culturel La Marchoise à Gençay...), et l’UPCP d’un espace administratif collectif, nécessaire à la mise en cohérence de l’ensemble : d’abord à Pamproux, puis sur l’aire autoroutière des Ruralies, aujourd’hui enfin à la Maison des cultures de pays-Mésun André Pacher26, dans le quartier médiéval de La Vau Saint-Jacques à Parthenay. Ce faisant, des spécialisations au sein de l’union se sont fait jour, comme par exemple Métive qui s’est orientée, sous l’impulsion de Jany Rouger, alors président, vers la diffusion culturelle et le spectacle vivant, ou encore le CERDO, Centre d’études et de recherche sur la documentation orale, longtemps animé par Jean-Louis Neveu.
    Une mention particulière doit être faite à la création d’un secteur édition, lancé initialement dans un esprit coopératif, qui se poursuit avec une logique d’entreprise sous forme d’une société anonyme « à directoire et conseil de surveillance » : Geste édition, qui s’est dernièrement dotée en outre d’un Cercle des auteurs. Cette maison d’édition, dirigée par Olivier Barreau, occupe la première place dans la région avec la publication d’une centaine de titres par an : récits de vie, travaux d’histoire, monographies patrimoniales, carnets de voyages. Elle exprime un humanisme fondé sur l’étude des pratiques populaires, les arts et les sciences du langage. Elle développe, parallèlement à son activité éditoriale, un service de diffusion ouvert actuellement à une centaine d’autres éditeurs régionaux. Enfin, associée avec un libraire rochelais, Geste édition cogère une librairie classique à Niort.
    En une quarantaine d’années, des loisirs d’éducation populaire en milieu rural, en direction de la jeunesse, ont donné naissance à tout un secteur professionnel en région : animation culturelle, recherche et gestion d’archives orales, musiques traditionnelles et arts de la parole (formation, enseignement, spectacles vivants), édition (disques, livres) en partenariat avec certaines collectivités (associations, autres éditeurs, laboratoires universitaires, communes, départements, Région, État).

     

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    26. André Pacher (1932-1998), co-fondateur de l’UPCP en fut aussi le premier président de 1968 à 1979. Après son décès, la Maison des Cultures de pays a pris son nom.


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    74    Bulletin n°14
    Bibliographie
    Aguiaine : revue de la société d’ethnologie et de folklore du Centre-Ouest (1962).
    Bulletin de l’association régionaliste poitevine.
    CHARLES-BRUN Jean, Le Régionalisme, Paris, CTHS, 2004 (1re éd. 1911).
    CLOUZOT Henri, « Le grain qui n’a pas levé », Bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, t. XIII- n° 2 et 3, 2e et 3e trim. 1966.
    COLLECTIF, Érudits et savants, numéro thématique de la Revue historique du Centre Ouest, t. VII, 1er semestre 2008, Poitiers, Société des antiquaires de l’Ouest, 2008.
    COLLECTIF, La Recherche sur les ethnotextes : réflexions pour un programme, Actes de la table ronde du CNRS, La Baume-les-Aix, 13 et 14 oct. 1980, Paris, CNRS, 1984.
    DAVAINE Christian, « Le Centre culturel de la Marchoise », Tradition et innovation culturelle dans le milieu rural, Paris, Centre national d’art et de culture Georges Pompidou, 1982, p. 42-46.
    DONZAUD Henri, « Ethnologie et culture vivante en milieu rural », Les Cahiers du Centre culturel La Marchoise, n° 8, janv. 1983, p. 1-64.
    DUFLOS-PRIOT Marie-Thérèse, Un siècle de groupes folkloriques en France, Paris, L’Harmattan, 1995.
    DUGUET Jacques, « Parlers et littérature patoisante », Charente–Maritime, Paris, Bonneton, 2001, p. 163-176.
    ELLENBERGER Henri, Histoire de la découverte de l’inconscient (traduit de l’anglais), Paris, Fayard, 1995 (1re éd. en anglais, 1970 ; 1re éd. française, 1974).
    ELLENBERGER Henri, « Le Monde fantastique dans le folklore de la Vienne », Nouvelle revue des traditions populaires, t. I, n° 5, nov.-déc. 1949, p. 406-435 ; t. II, n°1, janv.-fév. 1950, p. 3-26.
    ELLENBERGER Henri, « Relevé des pèlerinages du département de la Vienne », Nouvelle revue des traditions populaires, t. II, n° 4, sept.-oct. 1950, p. 309-330 ; t. II, nov.-déc. 1950, p. 387-415.
    GESTE édition, Catalogue général : les livres de notre région, La Crèche, 2009.
    GUER(R)Y André-Michel, « Sur les usages et les traditions du Poitou », Mémoires et dissertations sur les antiquités nationales et étrangères, publiées par la Société royale des antiquaires de France, Paris, Selligue, T. VIII, 1829, p. 451-464, suivies de deux planches de notations musicales (18-19).
    La Boulite poitevine-saintongeaise (1982-1986). LA    RÉVELLIÈRE-LÉPEAUX    Louis-Marie,    « Notice    du    patois    vendéen »,    Mémoires    de
    l’Académie celtique, t. 3,1809, pp. 227-290 et 370-398.
    Mélusine, recueil de mythologie, littérature populaire, traditions et usages (1877 - 1912).
    MÉMETEAU Natacha, Histoire des recherches liées au folklore dans les Deux-Sèvres, de la fin du XVIIIe siècle aux années 1940, Poitiers, université de Poitiers (Faculté des sciences humaines, département d’histoire), 1991 (mémoire de maîtrise, multicopié et inédit).
    PACHER André, « Conditions et moyens du développement culturel en milieu rural : l’exemple du Poitou-Charentes », Études rurales, n° 86, avr.-juin, 1982, pp. 43-45.
    PLANCHARD Marie-Christine et VALIÈRE Michel, Francine Poitevin ou l’ethnographie au musée, musée de la Ville de Poitiers et de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1986.
    POITEVIN Francine, Contes et légendes du Poitou, Niort, éd. Corymbe, 1938. REDET Louis, « De quelques établissements industriels fondés à Poitiers au XVe siècle »,
    Mémoires de la Société des antiquaires de l’Ouest, 1842, p. 349-367. Revue des traditions populaires du Poitou, n° 1, juin, 1896 (un seul numéro, publié à Niort,
    par la Société du costume poitevin). Revue historique du Centre-Ouest. [Succède au Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest
    et des musées de Poitiers]. ROBERT Catherine, La Prière hétérodoxe en Poitou : étude ethnologique, Paris, École des
    Hautes Études en Sciences Sociales, 1985.
    Tradition en Poitou et Charentes : art populaire, ethnographie, folklore, hagiographie, histoire (La), Congrès de Niort 1896, Société d’ethnographie nationale et d’art populaire, Paris, lib. de la Tradition nationale, 1897.
    VALIERE Michel, Ethnographie de la France : histoire et enjeux contemporains des approches du patrimoine ethnologique, Paris, Colin, 2002.
    VALIÈRE Michel, Le Conte populaire : approche socio-anthropologique, Paris, Colin, 2006.
    VALIERE Michel, « Une institutrice folkloriste : Francine Poitevin », Ethnologie française, n° 3, juil.-sept. 1988, pp. 267-275.