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Ethnologie - Page 2

  • Un républicain promoteur des traditions populaires : Paul SÉBILLOT (1843-1918)

    Viennent de paraître les  actes du colloque de Fougères, 9-11 octobre 2008, consacré au prestigieux folkloriste Paul Sébillot   (sous la direction de Fañch POSTIC).

     

    Originaire de Matignon (22), Paul Sébillot (1843-1918) abandonne la perspective d’une carrière juridique, pour s’engager dans la peinture. Critique d’art et peintre paysagiste, il expose dans différents salons, mais vers 1880, il décide de se consacrer à la collecte de la littérature orale de la Haute-Bretagne ; auteur d’une moisson d’une abondance et d’une qualité rares, il devient non seulement l’un des folkloristes français les plus en vue, mais joue au plan national et international un rôle de premier ordre pour l’étude et la promotion des traditions populaires : il élabore des outils (bibliographiques, questionnaires, guides d’enquêtes…), publie des synthèses, lance en 1881 « Les littératures populaires de toutes les nations », l’une des grandes collections d’ouvrages de littérature orale, organise les premiers congrès internationaux de folklore. Il est en outre à l’origine, en 1886, de la création de la Société des Traditions populaires et de la Revue du même nom qu’il anime pendant plus de trente ans.

    Le présent ouvrage, publié par le Centre de Recherche Bretonne et Celtique (UBO – Brest) en collaboration avec le Laboratoire d’Anthropologie et d’Histoire de l’Institution de la Culture (LAHIC) – (Paris) et l’association La Granjagoul – Maison du Patrimoine Oral en Haute-Bretagne – (Parcé, 35), est l’occasion d’évoquer les multiples facettes de ce républicain convaincu, et d’aborder le contexte intellectuel et politique dans lequel se situe son œuvre ainsi que les nombreux réseaux régionaux, nationaux, voire internationaux dans lesquels elle s’intègre. Cette publication vient combler une lacune et réparer une injustice, car, curieusement, peu de travaux ont été consacrés au travailleur infatigable que fut Paul Sébillot.

     

    Fañch POSTIC – Paul Sébillot, biographie lacunaire d’une personnalité aux multiples facettes

     

    LE RÉPUBLICAIN

    Laurent LE GALL – La République en filigrane. Idéologie républicaine et folklorisme chez Paul Sébillot

    David HOPKIN – Paul Sébillot et les légendes locales : des sources pour une histoire « démocratique » ?

     

     

    L’HOMME DE RÉSEAUX

    Claudie VOISENAT – Un laboratoire du folklore matérialiste : Paul Sébillot à la Société d’anthropologie de Paris (1878-1918)

    Claudine GAUTHIER – Paul Sébillot et les philologues : de l’usage de la philologie en folklore

    Jean BALCOU – Sébillot, Renan et les dîners celtiques

    Guy BASSET – Du folklore partagé : les relations Paul Sébillot – René Basset et l’aventure de la Revue des Traditions populaires

     

    LE BRETON

    Jérôme CUCARULL – La représentation de la Bretagne chez Sébillot : un insaisissable portrait

    Joëlle EDON-LE GOFF – La Bretagne enchantée (1899) : un exemple de poésie mythographique

    Denise DELOUCHE – Paul Sébillot, peintre et témoin de la peinture des années 1860 à 1880

    Fañch BROUDIC – La limite Sébillot : un arrêt sur image

     

    LE FOLKLORISTE ET SON TERRAIN BRETON

    Fañch POSTIC – Paul Sébillot : le folkloriste et son terrain breton

    Daniel GIRAUDON – Paul Sébillot, un face-à-face avec les folkloristes de Basse-Bretagne

     

    EN GUISE DE CONCLUSION

    Jean-Marie PRIVAT – Les fées sont têtues

     

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    Renseignements pratiques :

    Centre de Recherche Bretonne et Celtique – UBO, Brest

    Laboratoire d’Anthropologie et d’Histoire de l’Institution de la Culture – Paris

    Association La Granjagoul, Maison du Patrimoine Oral en Haute-Bretagne - Parcé

     

    Prix de vente des actes : 20 €  (franco de port) – 16x24 – 275 p.  ISBN 978-2-901737-86-5

     

    payable par chèque à l’ordre de M. l’Agent comptable de l’Université de Bretagne Occidentale, à retourner au :

     

    Centre de Recherche Bretonne et Celtique – Faculté des Lettres Victor-Segalen

    CS 93837 – 29238 BREST Cedex 3 –  02.98.01.63.31 – Fax  02.98.01.63.93 – crbc@univ-brest.fr

  • Un titre qui en dit long ! (Aux éditions du CTHS)

    Le Feu aux poudres 
    Une ethnologie de la «modernisation» du service public

    Ghislaine Gallenga

    Cet ouvrage rend compte des conséquences de la « modernisation » des entreprises de service public. L’auteure a suivi ce processus au sein de la Régie des transports de Marseille (RTM) pendant une décennie en occupant différents postes de travail. Elle déroule le fil rouge de cette « modernisation » au sein de laquelle prennent sens plusieurs temps forts : histoire de l’entreprise, conflit social (grève de 1995), changement technologique (billetterie électronique), sentiment d’insécurité. À l’instar de ce qui est à l’œuvre dans tous les services publics – hôpitaux, universités, La Poste, ou EDF pour ne citer que quelques entreprises emblématiques –, la RTM est représentative de cette « modernisation » du service public. Étudier les conséquences de son évolution permet de décrypter et de mieux appréhender les changements actuels qui caractérisent le concept de « service public à la française ». Cette analyse monographique des processus situe donc dans le concret et le quotidien des thèmes politico-économiques d’une actualité brûlante. 


    Collection : Le regard de l’ethnologue n° 25
    304 p., 16 x 24 cm, ill., br.
    ISBN : 978-2-7355-0729-0 / Code Sodis : F30782.8
    2011 - prix 28 €

    http://cths.fr/ed/edition.php?id=5439


  • Vous auriez souhaité ...un renseignement sur un article ou un ouvrage cité en bio-bibliographie :


    Contact par mel :


    michelvaliere@orange.fr


    Par poste :


    Association ARPE, 22 avenue d'Oradour-sur-Glane, 87200 Saint-Junien.

  • Ethnologues, anthropologues, ethnolinguistes, ethnohistoriens, adressez vos manuscrits au CTHS

    Appel à manuscrits - CTHS

     

    Ethnologues, anthropologues, ethnolinguistes, ethnohistoriens, adressez vos manuscrits directement au CTHS

     

    Les publications de la section « Anthropologie sociale, ethnologie et langues régionales » du CTHS s'inscrivent dans plusieurs collections, en particulier :

    - « Le regard de l'ethnologue », qui accueille les manuscrits originaux, mais aussi les thèses remaniées ;

    - « Orientations et méthodes », collection destinée aux étudiants de 2e et 3e cycles, qui regroupe manuels, ouvrages de méthodologie ou ouvrages pour les classes préparatoires aux concours des grandes écoles ;

    - « Format », collection de poche qui publie à des prix abordables les classiques, ouvrages étrangers, mais aussi des textes inédits.

    - Le catalogue de nos collections est consultable sur le site du CTHS : www.cths.fr

    o La section propose prioritairement pour publication les manuscrits concernant le domaine français, y compris les Départements et Territoires d'Outre-Mer, l'ensemble du domaine européen ou les comparaisons entre la France et d'autres pays européens. Sont donc exclus les manuscrits traitant exclusivement d'un ou de pays étrangers, fussent-ils européens. La section ne publie ni les actes de colloques (sauf quand ceux-ci sont organisés par le CTHS), ni les thèses de doctorat non remaniées selon des normes éditoriales raisonnables. Elle refuse en outre d'examiner tout texte déjà accessible sur Internet.

    o Les critères d'évaluation des manuscrits sont, outre l'intérêt scientifique, la conformité à la politique éditoriale de la section et du comité de publication du CTHS, l'estimation des ventes en librairie. L'existence de financements extérieurs est appréciée.

    o Les manuscrits sont fournis en deux exemplaires sur papier et un exemplaire numérique (CD-Rom, DVD, etc.) sous leur forme considérée comme définitive par leurs auteurs. Les manuscrits « provisoires » ou incomplets ne seront pas pris en compte.

    o La section nomme alors parmi ses membres deux rapporteurs qui se prononcent par écrit sur la pertinence d'une publication et indiquent la collection la plus appropriée. La section désigne également parmi ses membres titulaires un responsable du suivi du manuscrit, chargé de transmettre à l'auteur les demandes éventuelles de modifications de son texte qui sera ensuite, avec ceux que proposent les autres sections, soumis à la commission générale de publication du CTHS.

    Manuscrits à adresser au CTHS : 110, rue de Grenelle 75357 Paris cedex 07

  • Le Blog de Terrain est en ligne

    Chers toutes et tous,
    J'ai le plaisir de vous annoncer un nouveau venu : le blog de Terrain !
    Son but est de mettre les articles publiés dans /Terrain /et les livres
    de la collection "Ethnologie de la France" en lien avec l'actualité...
    A regarder sans délai. C'est bref !
    http://revueterrainblog.com/

    -- 
    Christine Langlois
    Rédactrice-en-chef de la revue Terrain
    Département du pilotage de la recherche et de la politique scientifique
    6 rue des Pyramides
    75001 Paris

    tèl : 01 40 15 85 27
    fax : 01 40 15 87 33
    site : http://terrain.revues.org

  • Femmes et agriculture

     

    Femmes et agriculture

     

    Women and Agriculture

     

    Résumé

     

    À l’occasion de la Journée mondiale de la femme rurale, ce colloque a pour ambition de rendre visibles la place et le rôle des femmes en milieu rural et plus particulièrement dans le milieu agricole (viticulture, élevage, conchyliculture, arboriculture, etc.).

     

    Annonce

     

    À l’occasion de la Journée mondiale de la femme rurale, ce colloque a pour ambition de rendre visibles la place et le rôle des femmes en milieu rural et plus particulièrement dans le milieu agricole (viticulture, élevage, conchyliculture, arboriculture, etc.).

    Historiquement, nous savons que le rapport entre les femmes et l’agriculture prend sa source au cœur du foyer familial où, pendant des siècles, elles ont accumulé des compétences d’organisation, d’accueil, de gestion et de services. Aujourd’hui, ces dernières sortent progressivement de leur « clandestinité », grâce à une lente évolution dans la reconnaissance sociale de leurs compétences.

    Véritables actrices de l’évolution du secteur agraire, elles ont acquis une légitimité qui a su affirmer leur participation  historique. En effet, un peu partout en France, les femmes jouent un rôle majeur dans le développement des territoires ruraux. Sur le terrain, certaines d’entre elles démontrent la force du mouvement qui est en marche. Ainsi, nous pouvons observer, sur le terrain, une forte féminisation des activités, une participation plus grande dans la vie politique agricole, une évolution dans la diversification, etc.…

    Désormais, il semble bien que les femmes soient plus aptes à être reconnues et elles revendiquent de plus en plus une place qu’elles sont en train de construire.

    Malgré tout, les inégalités sont là : différence de salaire, contrats et retraites précaires, etc. qui restent le produit des évaluations subjectives de sexe.

    Ce colloque invite ainsi les intervenant(e)s à s’appuyer sur des concepts théoriques et/ou à s’inspirer de cas concrets pour aborder les problématiques liées au sujet. Nous voulons effectivement permettre autant aux universitaires qu’aux femmes appartenant au milieu agricole de s'exprimer, de poser des questions et d'avoir des réponses. Certaines femmes agricultrices ou exploitantes vont ainsi pouvoir raconter leur quotidien, leur expérience.

    En se situant dans une perspective pluri- et transdisciplinaire, les communications
    peuvent utiliser les approches des différentes sciences sociales comme l’anthropologie, la sociologie, l’ethnologie, l’économie ou encore l’histoire.

    À envoyer avant le 25 juin 2010

    Les propositions de communications devront inclure le titre de l’intervention, un résumé de 500 mots maximum ainsi que les coordonnées et l’affiliation institutionnelle de l’auteur.

    Evènement organisé par : La municipalité de Sète.

    Contacts :

    Pierre Sécolier
    Docteur en sociologie, chargé de mission par la mairie de Sète.
    E-mail:  secolier@ville-sete.fr
    Téléphone : 04.99.04.74.57
    ou
    Pierrette Roucoulet
    Elue déléguée à la condition féminine, à la jeunesse, aux activités périscolaires, aux relations avec les armées.
    E-mail: roucoulet@ville-sete.fr 
    Téléphone (Secrétariat des élus) : 04.99.04.70.20

    Comité scientifique :

    • Gilles FÉRREOL, Professeur à l’Université de Besançon.
    • Laurent-Sébastien FOURNIER, Maître de conférences à l’Université de Nantes.
    • Bernard JOLIBERT, Professeur à l’Université de la Réunion.
    • Guy JUCQUOIS, Professeur émérite à l’Université de Louvain (Belgique).
    • Antigone MOUCHTOURIS, Professeur à l’Université de Nançy.
    • Jean-Claude RAMANDIMBIARISON, Professeur à l’Université d’Antanarivo (Madagascar).
    • Pierre SÉCOLIER, Docteur à l’Université de Perpignan.
    • Michel VALIÈRE, Professeur à l’Université de Poitiers.
    • Françoise BIRKUI, Idem, Question de Genre.
    Colloque « Femmes et agriculture »
    Sète – 15 et 16 octobre 2010

     

     


     

    Fichiers attachés

     

     

    Lieu

     

    • Sète (34200)

     

    Date limite

     

    • vendredi 25 juin 2010

     

    Contact

     

    • Pierre Sécolier
      courriel : secolier (at) ville-sete [point] fr

     

  • L'engagement ethnographique, aux éditions de l'EHESS


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    aux Éditions de l'EHESS

    L'engagement ethnographiquesous la direction de Daniel Cefaï
    avec Paul Costey, Édouard Gardella, Carole Gayet-Viaud, Philippe Gonzalez, Erwan Le Méner & Cédric Terzi
    Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. L'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation. Les contributeurs nous font part de leurs réflexions sur le travail de terrain, sur le projet et les modes d'engagement de l'ethnographe.

    Parution : mars  2010 Coll. "En temps & lieux"; 16ISBN978-2-7132-2225-2640p.43 €

    Commander ce livre en ligne : lcdpu
    En librairie : diffusion/distribution Le Cid
    Aux Editions de l'EHESS : editions-vente@ehess.fr

    Autour de l'ouvrage
    Table ronde "Chercheurs, une passion ! "
    Vendredi 26 mars 18h-19h
    Salon du livre de Paris, Bar des sciences
    Avec Carole Gayet-Viaud & Cédric Terzi


    Sommaire

    Daniel Cefai - Introduction
    L'engagement ethnographique 
    Première partie
    Observer, décrire, comprendre

    Chapitre premier - Bien décrire pour mieux expliquer
    Jack Katz - Du comment au pourquoi. Descriptions lumineuses et inférences causales en ethnographie
    Chapitre 2 - (D)écrire : catégorisation, prise de notes et écriture
    Robert M. Emerson, Rachel I. Fretz, Linda L. Shaw - Prendre des notes de terrain. Rendre compte des significations des membres. 
    Chapitre 3 - L'art de la respécification ethnométhodologique
    D. Lawrence Wieder - Dire le code du détenu. Enquêter sur l'organisation normative d'une institution carcérale 
    Deuxième partie
    Espaces et temps de l'enquête
    Chapitre 4 - Circonscrire le site d'enquête : un nœud de réseaux et de processus

    Andreas Glaeser - Une ontologie pour l'analyse ethnographique des processus sociaux. Élargir l'étude de cas élargie
    Chapitre 5 - Globaliser, revisiter, théoriser : ethnographie, macrosociologie et histoire
    Michael Burawoy - Revisiter les terrains. Esquisse d'une ethnographie réflexive 
    Chapitre 6 - De la poétique de l'ethnographie à une anthropologie globale
    George E. Marcus ] L'ethnographie du/ dans le système-monde. Ethnographie multi-située et processus de globalisation 
    Troisième partie
    Éthiques et politiques du terrain
    Chapitre 7 - La critique du concept de culture. Ethnographies féministes et subalternes

    Lila Abu Lughod - Écrire contre la culture. Réflexions à partir d'une anthropologie de l'entre-deux
    Chapitre 8 - Un pragmatisme ethnographique. L'enquête coopérative et impliquée
    Kim Hopper - De l'enquête à l'engagement. Les limites du témoignage sur les sans-abri
    Chapitre 9 - Codifier l'engagement ethnographique ?
    Association Américaine de Sociologie - Code d'éthique. Principes et procédures 
    Daniel Cefai - POSTFACE : l'expérience ethnographique, l'enquête et ses publics

     

     

  • L’identité en question - Regards d’ethnologues : table ronde organisée par les Éditions du CTHS

    vendredi 13 novembre à 19h,

    Musée du Quai Branly,

    Salon Jacques Kerchache

    Avec Agnès Fine, historienne et ethnologue, directrice d'études à l'EHESS (LISST-Centre d'Anthropologie Sociale de Toulouse), qui a dirigé la publication de Etats civils en questions - Papiers, identités, sentiment de soiClaudine Vassas, directrice de recherche au CNRS (LISST-Centre d'Anthropologie Sociale de Toulouse) ; Tiphaine Barthélémy, professeur à l'Université de Limoges, chercheur rattaché au laboratoire d'ethnologie et de sociologie comparative (MAE-Paris X) ; Francis Dupuy, anthropologue, enseignant à l’université de Poitiers, qui est l’un des auteurs de Histoires, identités et logiques ethniques. Amérindiens, Créoles et Noirs Marrons en Guyane

  • Le passage des études de folklore à l'ethnologie en France s'est fait dans une période troublée...

     

    Du folklore à l'ethnologie
    Sous la direction de de Jacqueline ChristopheDenis-Michel BoëllRégis Meyran ; Editions de la MSH
    Le passage des études de folklore à l'ethnologie en France s'est fait dans la période troublée qui va du Front populaire à la Libération. Le folklore scientifique se construit de manière ambivalente, dans le cadre d'une politique culturelle qui fait la part belle aux traditions régionales : à la fois ouverte sur la modernité, et fascinée par un passé volontiers idéalisé. Avec l'avènement du régime de Vichy, le folklore devient l'instrument de la politique culturelle du maréchal Pétain et de sa Révolution nationale. Mais, en même temps, de vastes enquêtes scientifiques, extensives et collectives voient le jour.
    Cet ouvrage, qui fait suite à un colloque international tenu en 2003 au musée national des Arts et Traditions populaires


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    (MNATP), apporte une réponse collective à des questions restées longtemps floues, voire taboues : comment apprécier les activités du MNATP, créé en 1937, et celles de son directeur, Georges Henri Rivière, sous le régime de Vichy ? Quelles continuités, quelles ruptures apparaissent entre la période du Front populaire et Vichy ? Jusqu'où les folkloristes se sont-ils compromis ? Une nouvelle discipline était-elle déjà en germe ou le folklorisme sombrait-il totalement dans l'exaltation passéiste du monde paysan ? Ce regard en arrière s'avère nécessaire à l'heure où l'ethnologie s'affranchit des barrières nationales - et alors qu'un nouveau musée, le musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM), vient remplacer le MNATP.

     

  • Il pleut, il pleut bergère...

     

    Vient de paraître, aux Presses universitaires de France : Ethnologie française, N° 4, Octobre 2009 : Du climat et des hommes
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  • Nouveaux contextes, nouveaux objets, nouvelles approches en ethnologie...

     

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    Fruit du colloque organisé par la section d'Anthropologie sociale, ethnologie et langues régionales, du CTHS (Comité des travaux historiques et scientifiques) à Grenoble, au printemps 2006, cet ouvrage " à plusieurs voix"présente onze communications qui témoignent de nouveaux champs d'étude comme de nouvelles problématiques, bref, de "nouvelles voies"...

    Parmi les auteurs : Agnès Jeanjean, Claudine Vassas, Catherine Neveu, Francis Conte, Georges Ravis-Giordani, Francis Conte, Sergio Dalla Bernardina, Tiphaine Barthlémy, Marie Barbara Le Gonidec, Aïda Kanafani-Zahar.

     

    ISBN : 978-2-7355-0686-6

    Prix : 28 €

    Dans votre librairie classique, ou directement au CTHS (voir ce site : http://cths.fr/) ; ou directement au service "éditions" :  http://cths.fr/ed/selec.php?sc=ed

  • Dommages culturels collatéraux : la fin programmée de l'ethnologie au Ministère de la Culture

    En novembre dernier, Nicolas Sarkozy faisait force démonstration pour célébrer le centenaire de Claude Lévi-Strauss dont l’œuvre immense a contribué à ériger l’ethnologie comme discipline de recherche scientifique de premier plan reconnue par la communauté internationale. Par là, elle a grandement concouru au développement d'une politique du patrimoine ethnologique en France. Pourtant, force est de constater que, depuis une dizaine d’années, la politique du Ministère de la culture en matière d’ethnologie ne cesse de péricliter. 

    Dans le cadre de la RGPP, non seulement la mission Ethnologie, pourtant déjà réduite à la portion congrue, mais aussi toute référence à cette matière disparaît de l’organigramme de la future Direction générale des patrimoines de France. Ce qui, aux yeux de nombreux chercheurs, comme aux nôtres ainsi qu'aux yeux d'acteurs culturels et territoriaux, confirme la volonté du Ministère de marginaliser cette mission, comme il a tenté de le faire dans le domaine de la langue française. En DRAC, si rien n'est fait, les conseillers à l'ethnologie disparaîtront d'ici peu....

    Découvrir la suite ... ... en lien PDF (cliquez ci-après) la réaction de l'intersyndicale du Ministère de la Culture à l'adresse de madame la Ministre de la Culture :Ethno:M.de la Culture ethno.pdf

  • Un ouvrage en hommage à +l'ethnologue Annie-Hélène Dufour

    De la nature sauvage à la domestication de l'espace : Enquêtes ethnologiques en Provence et ailleurs.
    Hommage à Annie-Hélène Dufour

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    Cet ouvrage rassemble une dizaine de contributions inspirées par les recherches de l'ethnologue Annie-Hélène Dufour. Inscrites pour la plupart dans l'espace provençal, ces enquêtes concernent les pratiques collectives de sociabilité autour de la chasse, du cabanon du littoral, de la pêche. Elles s'intéressent aussi à l'espace sauvage et à sa "domestication", à travers la maîtrise de l'eau et la plantation de l'arbre ou encore à l'apparition du "cimetière-jardin".

    Les auteurs
    Christian Bromberger est professeur d'ethnologie à l'université de Provence, directeur de l'Institut français de recherche en Iran (IFRI) et ancien directeur et membre de l'Institut d'ethnologie méditerranéenne et comparative (IDEMEC/MMSH). Marie-Hélène Guyonnet, ethnologue, est membre associé de l'Institut d'ethnologie méditerranéenne et comparative (IDEMEC-MMSH). Ses travaux portent sur la question des rapports à la nature sauvage et sur la production des mémoires et patrimoines identitaires.

     

    Ed. : Presses Universitaires de Provence

     

  • Le numéro 6 de RABASKA, revue d'ethnologie de l'Amérique française est paru.

    Parution de Rabaska (vol. 6, 2008, 283 pages), revue d’ethnologie de l’Amérique française (avec comité scientifique international). 

    C’est encore une fois avec un très grand plaisir que j'ai pris connaissance de ce nouveau Rabaska (vol. 6, 2008), au caractère hautement collectif, riche de plus de soixante contributions présentées sous les rubriques principales : Étude, Terrains, Portrait, Place publique, Comptes rendus, Annuel (mémores et thèses).

    Les amateurs d'Art brut, trouveront le compte rendu de l'ouvrage de Valérie Rousseau:Vestiges de l'indiscipline: environnements d'art et anarchitectures, publié par le Musée canadien des civilisations.

    Rappelons que Rabaska est publié sous la direction de Jean-Pierre Pichette :
    Chaire de recherche du Canada en oralité des francophonies minoritaires d’Amérique (COFRAM)
    Centre acadien, Université Sainte-Anne
    Pointe-de-l’Église, Nouvelle-Écosse (Canada) B0W 1M0
    Toile : www.usainteanne.ca/cofram

     

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    P.S (NDLR): Rabaska a maintenant intégré le portail Érudit, ce qui signifie que tous ses volumes à venir seront disponibles en ligne. Présentement, le volume 5 est accessible aux abonnés depuis la fin d’octobre et ce volume 6 le sera au cours de l’année. La Société québécoise d’ethnologie songe aussi à rendre disponible les volumes antérieurs (1-4) de la même façon.

  • De l'écriture en ethnographie :

    Ethnographes et voyageurs : les défis de l'écriture

    sous la direction de Tiphaine Barthélémy (Univ. Paris VIII-Saint-Denis) et Maria Couroucli (CNRS).

    Paris : Les Editions du CTHS ; Coll. « Le regard de l'ethnologue » numéro : 17.

    "« Je hais les voyages et les explorateurs. » Courte et sans appel, la célèbre première phrase de Tristes tropiques a servi de manifeste à des générations d’anthropologues qui ont opposé l’objectivité de l’écriture ethnographique et la rigueur des méthodes sur lesquelles elle reposait à la subjectivité des relations de voyages, tôt rangées au rang de divertissement futile.

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    Ethnographie et voyage, pourtant, n’ont-ils pas toujours eu partie liée ? Peut-on encore opposer une appréhension scientifique de l’altérité à une appréhension poétique, intuitive et vagabonde qui traduirait surtout l’état d’esprit de l’observateur ? Les transformations qui ont travaillé en profondeur le champ des sciences sociales comme celui de la littérature ont, au cours de ces dernières années, radicalement remis en cause le bien fondé de telles distinctions. L’objectivité de l’ethnographe a souvent été dénoncée comme illusoire tandis qu’étaient réhabilités, à travers l’émergence de nouveaux genres littéraires, des types d’écriture qui, plus vibrants, plus engagés, plus personnels, étaient perçus comme mieux à même de traduire le sensible, de rendre compte de l’intraduisible. N’y a-t-il pas dès lors, entre l’écriture de l’ethnographie et celle du voyage bien des similitudes avouées ou inavouées ?

    Autant de questions que contribuent à éclairer les articles réunis dans le présent volume. Émanant d’historiens, d’ethnographes, de sociologues ou de spécialistes de littérature, elles témoignent de la diversité des expériences de l’altérité tout autant que des jeux de miroirs dans lesquels arts et sciences ont pu se réfléchir et se nourrir mutuellement."

    Chez votre libraire classique : 35 €

    ISBN : 978-2-70355-0655-2    SODIS = F30697.7

  • Cyril Isnart et les saints légionnaires alpins...

    "Saints légionnaires des Alpes du Sud : Ethnologie d'une sainteté locale", Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 2008, 208 p., par Cyril ISNART (http://www.mmsh.univ-aix.fr/idemec/Membres/ISNART.htm )

    "Il existe dans l'espace alpin des saints militaires singuliers qui auraient appartenu aux légions de l'Empire romain et auraient été martyrisés pour leur foi chrétienne au IIIe siècle. La légende de la Légion Thébéenne en est le récit le plus connu. Pour réprimer un soulèvement gaulois en Bourgogne, l'empereur Maximien lève une légion à Thèbes en Haute-Egypte. Stationnés en Suisse, les légionnaires sont décimés par la garde impériale car ils refusent de se plier au rite païen de l'Empire.

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    ("Procession du pèlerinage de saint Besse, Val Soana, Italie", 10 août 2003. © Photo Cyril Isnart).

    Cependant quelques-uns s'échappent du massacre et évangélisent les Alpes et l'Europe, avant d'être rattrapés par l'armée régulière sur les lieux de leur oeuvre. Cette légende a permis l'invention de nombreux saints locaux dans les Alpes du sud et une intense instrumentalisation politique." "La sainteté légionnaire se présente ainsi comme une forme particulière de sainteté, qui conduit à s'interroger sur les usages passés et présents de ce modèle ainsi que sur les procédures narratives, iconographiques et rituelles de construction de la sainteté locale. En s’appuyant sur l'étude pionnière de Robert Hertz sur l'un d'entre eux, ce texte explore, dans le cadre d'une enquête extensive et comparative, la prolifération des saints légionnaires dans les Alpes du sud. Il constitue ainsi une contribution à une anthropologie du christianisme sensible à la dimension locale de ces êtres surnaturels, qui n'échappent pas à l'histoire des hommes qui les fabriquent."

    Livre broché : Paris, Éditions de la Maison des sciences de l'homme ; ISBN-10 : 2735111792 ; ISBN-13 : 978-2-7351-1179-4 ; Illustrations, noir et blanc, couleur ; Cartes. Prix : 24,00 €, chez votre libraire classique.
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  • La revue Terrain a 25 ans et publie son Numéro 50

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    (Diable en majesté, fresque, atelier Georges Drobot '1987-2001', église orthodoxe, Cargèse.)

    "De la grande panique sataniste qui a touché les USA et la Grande-Bretagne dans les années 1990 à l’omniprésence du Diable dans le discours des très dynamiques églises évangéliques, en passant par le regain des exorcismes effectués par les prêtres catholiques, la figure du Diable est toujours bien présente aujourd’hui en Europe. Même si la publicité use et abuse d’une image d’un Diable plus comique que dangereux, dans d’autres contextes ses représentations jouent toujours un rôle maléfique."
    Dans toutes les bonnes librairies classiques.
    Site de la revue Terrain : http://terrain.revues.org:80/index.html

  • Rabaska l'organe de la Société québécoise d'ethnologie

    Publiée par la Société québécoise d'ethnologie (SQE) http://www.sqe.qc.ca/adhesion/index.htm la revue Rabaska s'intéresse au domaine des traditions françaises en Amérique du Nord et est ouverte à l'examen de ses divers régionalismes et aux chercheurs des multiples spécialités qui les étudient.e14fc7ec94a23398cd230dabc56754db.gif
    Le « Rabaska » est le grand canot d'écorce algonquien, ou canot de maître, qui permit la pénétration de l'Amérique par les explorateurs français et canadiens aux XVIIe et XVIIIe siècles puis par les voyageurs jusqu'à la fin du XIXe siècle. Il évoque l'implantation de la civilisation française partout en Amérique du Nord, son adaptation au continent nouveau et son développement au contact des cultures autochtones et des immigrants qui s'agrégèrent à elle dans les siècles suivants.

    Rabaska vient occuper un créneau curieusement resté libre dans l’ensemble des préoccupations universitaires : le simple fait de sa parution le désigne ainsi comme seule revue ethnologique entièrement et exclusivement dévolue à l’étude du patrimoine des Français d’Amérique. Rabaska publie dans chacun de ses numéros six rubriques :Articles ;Terrains ; Portrait ; Place publique (Points de vue, Table ronde) ; Comptes rendus et Annuel (Mémoires et thèses, Musées et expositions, Rapports des institutions, Prix, honneurs et distinctions).

    Pour soumettre une proposition de collaboration ou un texte, on peut écrire à jeansimard@globetrotter.net

  • Un métier un peu délaissé: le taupier et le marchand de peaux de taupes


    Un « marchand de peaux de taupes » en Civraisien d’après son brouillard1
    par

    Catherine Robert et Michel Valière

    *


    « On raconte que, sous le règne de Louis XV, quelques femmes de bon ton remplaçaient leurs sourcils par de petites bandelettes de peau de taupe » [Guérin, Dictionnaire : 1839, p. 266]. En effet, « le pelage doux et fin » de ce petit animal fut employé comme fourrure ; « rarement » précise l’auteur du dictionnaire cité. Néanmoins, la fourrure, pratiquement abandonnée dans l’habillement au moment de la Révolution de 1789, verra son retour et l’adoption de vêtements en peaux au poil extérieur se généraliser à la fin de la Première Guerre mondiale, mode qui stimulera le marché2 . Parmi celles-ci, les peaux de taupe, dont Buffon rapporte3 que, selon un mémoire de Monsieur de La Faille, imprimé en 1769, il existe en Europe cinq variétés :
    - celle de nos jardins, dont le poil est fin et d’un très-beau noir ; - la taupe blanche ; - la taupe fauve ; - la taupe jaune verdâtre ou couleur de citron ;
    - la taupe tachetée ou variée...
    Activité très particulière, celle des taupiers qui mettaient à mal les taupes4 , était, selon l’historien Gabriel Désert, fort lucrative. Ceux de la région Falaise-Argentan, généralement des ouvriers agricoles, partaient pour une migration « pouvant durer jusqu’à dix mois »5 . Ainsi, vers 1840- 1845, un taupier de Normandie, par exemple, pouvait rapporter une somme de l’ordre de quatre-cents à six-cents francs. On ne s’en étonnera pas compte tenu de ce que le poil de ces petits animaux était particulièrement recherché, comme l’écrit Buffon6    « doux comme la soie » et que la taupe est réputée pour avoir « le cuir ferme ».
    Mais d’abord quel est le mode de capture de cet animal que l’on dit aveugle mais qui cependant « sans yeux » est sensible à la lumière ? Le taupier qui connaît les mœurs de sa victime sait qu’elle creuse des galeries très profondes et qu’elle remonte quasiment à la surface, à quelques centimètres sous terre pour se nourrir de vers blancs, ou de turcs, c’est- à-dire de larves de hanneton. Le taupier, qui préalablement s’est frictionné les mains de la peau d’une taupe morte pour s’imprégner de l’odeur et tenter de passer inaperçu, installe son piège armé dans une galerie avec pour appât quelque lombric bien gras et bien long, puis il recouvre son leurre d’une pelletée de terre pour obscurcir à nouveau la galerie. Avec un peu de chance pour lui, une gourmande se fera littéralement pincer et y laissera sa peau qui finira sur un pan de manteau de quelque élégante de la ville. Ce métier aux résultats plutôt aléatoires a cependant nourri quelques familles, d’autant que certains faisaient le commerce des peaux par courtage.
    Mais le taupier savait aussi se rendre utile dans d’autres circonstances. En effet, pendant de longues années et jusqu’au XIXe siècle, le battage du blé s’effectuait soit à la gaule, soit au fiâ (fléau). Cette opération, si elle ne s’effectuait pas dans une grange, se déroulait sur une aire à battre. Celle-ci était parfois un communau, plus souvent, la cour même d’une ferme d’une certaine importance. La cour étant sèche, puisqu’on est en
    « L’art du taupier a fait de grands progrès » que l’on doit à un cultivateur de Seine-et-Oise, si l’on en croit l’écrivain et journaliste Alphonse Toussenel, socialiste utopique et disciple de Fourier :
    « C’est Henry Lecourt qui a mesuré la rapidité avec laquelle la taupe se meut dans ses galeries souterraines. Il planta dans toute la longueur d’une galerie habitée une certaine quantité de fétus de paille, ornées de banderoles flottantes, et boucha hermétiquement l’orifice du passage, à l’aide du pavillon d’un cornet à piston. Puis quand il vit à l’agitation de la taupinière que l’ennemi était proche, il tira de l’instrument une note épouvantable qui produisit une telle impression de terreur sur l’animal, qu’on aperçut soudain tous les petits drapeaux se renverser sur toute la ligne, comme un bataillon de dominos mal assis. Il fut constaté par cette expérience curieuse, répétée plusieurs fois, que la vitesse maxima de la taupe dans sa galerie égalait celle du cheval au grand trot » (1878 : p. 254-255).
    En plein été, on la prépare soigneusement en la balayant, puis on tâche de la rendre bien plane. Une technique consistait en certains endroits du Centre-Ouest de compenser les inégalités de terrain en répandant de la bouse de bovins que l’on laissait bien ensuite sécher. Un inconvénient : parfois des taupes venaient butter et donc avaient creusé des galeries sous l’aire. Un taupier venait alors soit les piéger, soit les éloigner en coulant dans les entrées de galeries du purin, par exemple, ou encore des poils de chien qui étaient réputés efficaces pour cela7 .
    Vu la persistance des taupes dans la campagne et les dégâts et inconvénients    qu’elles occasionnent, on peut encore rencontrer de ces piégeurs, comme en témoigne le petit article « Usson- du-Poitou - Rencontre insolite du piégeur Jean-Claude Hébras : une taupe couleur ‘ caniche’ », du 19 avril 2005, accompagné d’une photographie8 , paru dans l’édition de Centre-Presse ‘Sud’ et que nous reproduisons ci- après :
    « Tous les jours, tôt le matin, le piégeur ussonnais..., sur sa mobylette, parcourt la campagne avec sur son porte-bagages, ses cages à ragondins et ses taupières.
    Il capture chaque jour deux ou trois ragondins et autant de taupes qui de nos jours sont en recrudescence.
    Du côté du château de la Paillerie, quelle ne fut pas sa surprise quand il a ressorti son piège de terre : une magnifique taupe couleur abricot « couleur caniche » dit albinose, une couleur très rare. »
    Pourtant, dans les traditions populaires locales, parfois les taupes ont pu apparaître comme bénéfiques. Par exemple, un de nos proches, par ailleurs excellent informateur9 , nous racontait que « pour qu’une chèvre soit bonne laitière toute l’année, le matin de la Saint Jhean (24 juin), avant le soleil levé, fallait traire la cheube sur une taupinière et que personne la vèye (= voie) ». Mais, sarcastique, il racontait aussi à l’appui :
    « Un jour, la vieille Lisa avait été faire ça sur le communau de Chez Fana. Puis, le vieux B. a passé...
    - Allons-nous en, mon pauvre vieux, ol est tout raté ! »
    Et d’ajouter encore dans notre direction, in peto :
    « Al aurait mieux fait de li donner à manger ! ».
    Ajoutons encore qu’il arrive parfois que les jardins d’agrément des cités pavillonnaires en bordure de la campagne se trouvent envahis de ces petits animaux, dont les multiples buttes rendent les pelouses peu gracieuses aux yeux de leurs propriétaires. S’engage alors une stratégie d’éviction qui parfois relève de la cocasserie, les petits animaux, capturés vivant, étant alors généreusement envoyés par-dessus haies ou murettes dans l’enclos du voisin... où l’histoire, comme de bien entendu, se renouvellera, ad libitum.
    Un marché hors du commun
    Les foires aux sauvagines qui se tenaient rue Carnot à Poitiers10 ensauvageaient, littéralement, cette artère de l’un des quartiers les plus commerçants de la cité. Ainsi, par trois fois au cours de l’année civile, dès l’aube, le 5 janvier, veille de l’Épiphanie, le jour de la Mi-Carême ou encore le 18 octobre. Des vendeurs venus de tout le département et au-delà, s’installaient tout le long des trottoirs, en face et à côté de l’actuel parking du même nom dont on sait qu’ il fut tour à tour halle aux grains, cercle des officiers, enfin Régina, une salle de cinéma. La durée des échanges était d’assez courte durée et dépendait de la quantité et de la nature des apports. Si la foire du 5 janvier permettait d’écouler les stocks réalisés en automne, les peaux de printemps ou d’été, en principe moins prisées, s’enlevaient toutes le 18 octobre.
    En revanche, la foire de la Mi-Carême était de loin la plus importante et la plus intéressante pour les vendeurs qui amenaient là leur récolte de peaux de bêtes « au poil bien monté », engrangées pendant l’hiver, et qui se payaient plus cher. Ainsi, dans son ouvrage11    Le Temps des souvenirs, de 1900 à 1950, Michel Millet rapporte (p. 103) à propos de cette foire ses impressions de 1946 à laquelle il s’était rendu non par le train depuis la gare d’Anché-Voulon, comme à l’accoutumée, mais par la route, dans la camionnette d’un voisin :
    « Les amateurs de piégeage y trouvaient bien leur compte. Certaines peaux valaient de l’or. Ainsi une loutre ou une fouine étaient estimées de 5000 à 10 000 francs de l’époque, alors qu’un renard n’en valait que 2000, perdant chaque année de la valeur. Un blaireau rapportait 1200 francs. Les peaux de taupes s’achetaient bien aussi et constituaient une somme non négligeable pour un habile piégeur ».
    Des monceaux de peaux de « bêtes puantes » étaient ainsi exposés
    Page 8    Aguiaine, Le Subiet - N° XXX - Mois-Mois 200X
    pour la vente. Les dépouilles étaient amenées sur le site, surtout par des paysans ainsi que par des chasseurs et des gardes-chasse, par des braconniers « professionnels » et autres piégeurs de campagne : taupiers ou taupassiers qui exerçaient leur activité parfois quasiment à plein temps. L’un de nos informateurs (rencontré le 21 décembre 1983 à Poitiers), Edouard Bozier né en 1896, originaire de Saint-Laurent- de-Jourdes (Vienne) se définissait lui-même comme trappeur de taupes12 .
    En haut : taupe vivante - En bas : taupe écorchée
    Il faut se représenter, pour l’occasion, l’épopée de l’un d’entre eux, rapportée par un de ses fils, Marcel Robert, aujourd’hui agriculteur retraité. Ce taupier, vivant dans un village du Civraisien, après avoir vidé ses greniers des peaux séchées, s’est mis en route avec ses paquets, a attendu un autocar à l’un des arrêts, La Gardigon, situé au carrefour d’une route et d’un chemin, entre Sommières-du-Clain et Château-Garnier, a pu emplir la soute à bagages et chargé l’impériale. À l’occasion de cette foire, parfois, un second autocar s’avérait nécessaire pour transporter jusqu’à Poitiers les nombreux vendeurs de ces contrées-là qui accompagnaient leur volumineuse marchandise.
    Isidore Robert, taupier
    On peut imaginer également des récupérateurs, venus de Montbernage ou d’ailleurs, se répandant également à travers les rues qui résonnent encore de l’appel modulé, confondu, parfois, à celui d’une mareyeuse, d’un raccommodeur de vaisselle ou de quelque vitrier ambulant :
    « Marchand de peaux de lapin ! Peaux... peaux de lapin, peaux ».
    Accumulées l’année durant, à côté de la ferraille, du papier et du carton, des peaux de félins domestiques, des peaux de lapin tendues sur leur fourchine d’ormiâ étaient achetées aux volaillers qui les collectaient sur les champs de foire ou dans les fermes en complément non négligeable de leurs transactions spécifiques.
    Les fourrures ayant été généralement triées par espèce, on pouvait distinguer, sur les trottoirs de la rue Carnot, des lots de belettes, de blaireaux, de fouines, des « fouines martrées », des « furets putoisés » mais aussi des loutres, des martres, des putois, des renards et renardeaux, des taupes présentées clouées sur une planchette, des lapins et ... des chats, soi-disant écrasés. Plus vraisemblablement, ils auront été capturés au collet dans les jardins potagers en bordure des maisons, sous le prétexte fort contestable des dégâts occasionnés par ces animaux de compagnie dont il est certes difficile de contrôler les vagabondages nocturnes. La cruauté humaine n’a pas de limites...
    Cette foire régionale de quelques heures matinales dans le froid hivernal attirait un type de courtiers et négociants français et étrangers : le pelletier13 , premier maillon du circuit économique de la fourrure. Revêtus d’amples manteaux de fourrure - souvent de la fouine ! - ces commerciaux se disputaient les lots d’apports de quantité et de qualité différentes. Ils recherchaient, à l’intention des fourreurs, des paquets de peaux, si possible homogènes, tant du point de vue de la couleur que de la taille ou de la qualité du poil.
    Le taupier était payé à la peau. Dépouillé avec art et science, l’animal capturépeutfournirvingtcentimètrescarrésdetaupeàmanteau14 Si la belette « avait un prix », la « reine des prix » était la fouine ou la martre ! Le blaireau, lui, avait une qualité : « l’était jamais cher, jamais bon marché ! » Quant aux peaux de chats, elles étaient recherchées par une bonne pratique dont la devise était : La Providence des rhumatisants, acheteur spécialisé à un « prix moyen ». Une bonne vented’unlotdequelquespeauxparticulièrementrecherchées15 pouvait atteindre le prix d’une paire de bœufs de réforme. Les pelletiers les payaient littéralement rubis sur l’ongle dans l’un des cafés de l’endroit, exhibant un portefeuille de cuir, bourré au maximum de belles coupures. Les vendeurs, reconnaissables à l’odeur spécifique de leurs propres apports, appréciaient particulièrement cette vente qui ne leur avait demandé qu’un peu de flair, de la patience et de l’adresse.
    Une approche du champ sémantique de taupe...
    L’animal :
    La première occurrence du terme taupe (s. f) se situe vers 1250, dans le Bestiaire d’Amour de Richard de Fournival. Il a pour étymon, le latin classique TALPA.
    Parmi les formes dialectales en Centre-Ouest : tâpe (s. f.) (SEFCO, 1994) ; taupa (s. f.) (Gonfroy, 1975) ; taupat (s. m.) (Jonain, 1869 ; Musset, 1943).
    Pour une vision plus large du nom de l’animal, on se reportera au volume II de l’Atlas linguistique et ethnographique du Centre-Ouest, Paris, CNRS, 1974, en particulier à la carte C. 393 « La taupe fait du dégât ».
    L’abri de l’animal :
    Il se laisse reconnaître par un petit monticule de terre arrondi sommant un ensemble de galeries et de chambres d’une conception soignée et parfois astucieusement installées. Le terme qui prévaut est taupinière (s. f.), apparu au XIVe siècle. Mais aussi taupière (s. f.), dans le dictionnaire de Furetière (1694) ; taupinée (s. f.), dans le Littré (1872-1876) ; et du point de vue dialectal dans la région : tabourée (s. f), taumuche (s. f.), taupasse (s.f.), d’après l’abbé Lalanne ( 1867) ; taupada (s. f.) pour l’est et le sud-est du département de la Charente (Gonfroy, 1975). Les mentions marginales de la carte C. 392 (consacrée prioritairement au « loir ») dans l’ALO-II éclaireront encore la variation géographique et linguistique de ce concept.
    Le chasseur de taupes :
    La mention la plus ancienne – sauf erreur – est glosée sous taulpetier (s. m.) dans le dictionnaire de Randle Cotgrave (1611). Chez Furetière, on trouve taupier (s. m.) ; taupassier (s. m.), dans le Glossaire poitevin de l’abbé Rousseau, curé de Verruyes, Deux-Sèvres (1869) ; et la SEFCO (1994) propose un paradigme de plusieurs substantifs masculins : taupâ, taupassâ, taupissier/ taupissié, taupou.
    Le piège à taupes : Citons le plus ancien : la taupière (Dictionnaire de Pierre Richelet,
    1680), auquel s’ajoutent :
    taupou (s. m.) dans le Glossaire de la SEFCO, taupièira (s.f.) en Charente d’Oc, et quelques autres, dont taupier (s. m.) figurant en marge de la carte 393 dans l’ALO-II, où il voisine avec pince.
    L’éviction des taupes d’un terrain : Un seul verbe est signalé par la SEFCO : détauper.
    Il y aurait encore à élargir ce champ en prenant en compte la lexicalisation de « taupe » par la dérivation (ex. : taupin, signifiant noir comme une taupe), ou la composition en lexies simples ou complexes (s’ataupiner, pour se cacher, se blottir dans un trou ; atauper, pour butter, chausser une culture).
    (Fiche établie par Michèle Gardré-Valière, Gençay, jour de la Saint- Jean d’été, 2007)
    Aujourd’hui, ces « trappeurs » poitevins sont nostalgiques d’une époque pratiquement révolue. Il faut en rechercher les causes dans la généralisation des produits de synthèse, mais aussi des nouvelles sensibilités à la protection de la nature, du « syndrome Brigitte Bardot » comme, d’ailleurs, du développement de la production d’animaux par élevage. Ces hommes de la nature, piègeurs à la bélétière, aiment évoquer leur veille, grelottants de fréd, sur leurs « lots de piâs », parfois des tonnes de peaux entassées et très recherchées par les marchands pour lesquels les foires de Poitiers représentaient, avec celles de Châlons- sur-Marne, les plus importantes en ce domaine : un marché à l’échelle européenne16 .
    Le modeste brouillard d’un taupassier
    Si le métier de taupier est souvent relégué, au plan du discours, parmi les activités pittoresques ou anecdotiques dont est friand le milieu des amateurs nostalgiques de « choses du passé » étiquetées parfois comme folkloriques et qui est pourtant prompt à se mobiliser contre les cousins canadiens trappeurs de bébés phoques, lorsque la neige maculée de sang fait irruption par la boulite télévisuelle, au beau milieu d’un repas dominical, le petit « brouillard » que nous avons pu consulter permet cependant de donner un éclairage particulier sur ce négoce plutôt rare et surtout fort méconnu.
    En mains, pour consultation, les 20 feuillets restants d’un carnet de petit format, dernière trace écrite de l’activité de l’un de ces piégeurs et collecteurs de peaux du Civraisien, dans la Vienne17 , nous pouvons en tirer plusieurs renseignements utile à la description ethnographique de ce métier. Précisons que si l’orthographe est assez fluctuante, la main est assurée, les comptes exécutés avec justesse et maîtrise, même si toutes les lignes, toutes opérations à pleines pages ne sont pas motivées avec certitude. On retiendra également que les dates sont transcrites « à l’ancienne » : 7bre pour « septembre », d’autant que les comptes sont arrêtés au 29, jour de la Saint-Michel et donc de la paye des journées et gages, 9bre pour « novembre » notamment avec la Saint-Martin où s’engagent des journaliers pour la saison froide, enfin Xbre pour « décembre ».
    Dans le cas qui nous intéresse ici, le taupier, qui exerçait aussi le commerce des peaux de sauvagines, note dans son carnet aide-mémoire un certain nombre d’éléments qui permettent de nous représenter son activité : nature des animaux commercialisés, leur prix, mais aussi la sociabilité de ce commerçant très actif au sein du monde rural, ses rapports commerciaux avec artisans et courtiers, fournisseurs de céréales et autres graines (blé et paille, avoine noire, jarousse), de noix qu’il recevait de La Nouaille en Dordogne pour les commercialiser avec ses clients pour en faire de l’huile de noix pressée. Commerce également autour du matériel et de l’outillage agricole, soit qu’il fasse réparer le sien, « châtrer les roues », soit qu’il en fournisse en provenance de l’artisan ou d’une industrie. Il faisait du commerce avec Poitiers, Neuville, Sillars, Joué- les-Tours, Bordeaux, etc., et se faisait livrer en produits à domicile. Sont consignés des noms et adresses de partenaires, d’un garagiste de Ruffec, mais aussi les horaires du train de Bordeaux qu’en toute logique il devait prendre à la gare la plus proche, Saint-Saviol sur la ligne Paris-Bordeaux.
    Ainsi peut-on suivre à la page 8 de son petit carnet tout un jeu d’échanges puisqu’il a fourni, par exemple, 18 sacs de blé à D., dont il avait déjà reçu 8 sacs d’engrais et qu’il lui reste à recevoir encore cinq cents livres de son et de recoupe, ainsi qu’une somme de deux cent vingt francs pour tout solde. On est loin, on l’aura compris, du modèle de taupier qui « louait ses services dans les fermes et travaillait entre le ciel et la terre souvent boueuse à délivrer des taupes le terrain agricole » tel que l’a décrit Jean-Loup Trassard [Conversation : 2007] qui a, lui, longuement interrogé celui qu’il connaissait depuis l’enfance, et qu’il présente comme « solitaire, tant démuni, est plus misérable sans doute qu’un domestique agricole mais plus libre ». Il s’agit ici certes d’un preneur de taupes, très connu, mais aussi et surtout d’un commerçant à temps plein, inscrit au registre du commerce, qui a élevé sa nombreuse famille et contribué à leur installation dans la vie à la suite du partage, post mortem, en 1966, de terrains, de bâtiments, de bois et d’arbres fruitiers (noyers, châtaigniers, poiriers), de vignes et de vergers.
    Et les taupes, alors ? Comme ce « meschant bestail... qui hait l’eau », pour reprendre l’expression d’Olivier de Serres18 , se capture surtout à la fin de l’hiver et au début du printemps, on peut apprécier, en se référant
    Aguiaine, Le Subiet - N° XXX - Mois-Mois 200X    Page 15
    à ce carnet, sinon sa propre dextérité de piégeur, en tout cas son efficacité commerciale. En effet, entre le 12 mars 1928 et le 14 avril de la même année, alors âgé de quarante-quatre ans, il a rassemblé mille trois cent cinquante-cinq taupes et trente-six belettes. On devine qu’il aura écoulé les peaux de cette grande collecte de printemps à Poitiers pour la foire de la Mi-Carême.
    De même il dresse le 17 décembre 1929, à la fin de sa campagne d’automne, le modeste bilan suivant, destiné à la foire dite de l’Epiphanie dans les premiers jours de janvier : vingt-sept livres [de peaux] de lapins ; deux-cents taupes ; 4 renards ; 5 fouines ; 14 putois ; 9 rats ; 16 écureuils ; 1 blaireau : 9 belettes ; 1 [h]erminette. Aussi, le 26 mars 1930, il fait ses comptes : vingt-quatre belettes, vingt-cinq écureuils, vingt-cinq garennes, 6 rats, soixante-cinq lapins, soit 17 livres (elles étaient achetées/vendues, au poids, et non à l’unité), 6 lièvres, six-cents taupes, blanches, quatre- cents taupes tachées, 17 putois, 2 fouines, 2 renards, 2 hermines, 1 blaireau, 1 chèvre19 , 1 loutre.
    On rencontre dans ce cahier le compte correspondant à l’apport d’un particulier chez ce commerçant « de gros » : un demi renard ( c’est-à- dire) un renardeau, payé 25 francs et 2 renards (adultes) payés 100 francs les deux; 3 putois (dont 1 « mauvais »), payés 60 francs l’unité, tandis qu’un quatrième est réglé à 70 francs ; 1 écureuil payé 1 franc, trois fouines à 260 francs chacune ; enfin 1 belette à 2 francs. Soit un total de 1158 francs. Quant au prix moyen d’une taupe, il doit se situer autour de 0 franc 75 centimes.
    On peut imaginer que dans une telle « maison » les peaux demandent beaucoup de place. En effet, devait-il dissimuler sous les meubles, surtout les peaux de valeur pour en éviter le vol. Les greniers étaient remplis, au rythme des foires spécialisées, de peaux de taupes tendues sur leur planchette. Parfois les plaisanteries fusaient à l’encontre du taupier. « Ils vous feront manger de la taupe » dira-t-on avec ironie et malice à quelqu’un invité à manger dans cette maison dont la prospérité s’est bâtie sur la « culture » de la sauvagine.
    Pour ce qui est du réseau de sociabilité, plusieurs patronymes familiers aujourd’hui encore sur ce même territoire jalonnent le carnet : des fournisseurs, des clients, quelque journalier à gage, un garagiste et un sabotier, mais aussi meunier et boulanger au travers d’un litige à propos d’une fourniture de « blé charançonné soi-disant », « affaire » étalée sur deuxannéessusceptibledesedénouerdevantunejuridiction20 en1931, puisqu’il semble, comme il l’a consigné au folio 16, avoir reçu l’« autorisation de faire siter X. par le guge (= juge) ».
    Mais les patronymes sont souvent mis en corrélation avec certains toponymes habités ou non, tels Le Sillot, La Fosse Gervais, Les Vioches, La Prade, Les Grisons... On devine derrière ces pages particulièrement rayées, surchargées, caviardées, un cheminement de stratégie de gestion et d’acquisition de biens, de petites pièces de terre, en vue notamment de l’accroissement du foncier, en raison de la présence de quelques croquis, certes sommaires, mais cotés avec précision, et accompagnés de noms d’exploitants du voisinage immédiat des parcelles citées et représentées. Toute sa vie, il aura cherché « à acheter des bouts de terre », des portions de bois, qu’il a ensuite regroupées. Si le remembrement des années 1990 a quelque peu modifié cette microtoponymie, certains noms sont cependant restés dans les mémoires. Ils s’appliquent généralement aujourd’hui à de plus grandes superficies conformément à une agriculture transformée où l’on ne s’arrête plus à la présence, pourtant gênante dans les jardins familiaux, de ce petit mammifère insectivore, quasiment aveugle, dont Buffon dit encore21 qu’il est : « de tous les animaux le plus avantageusement doué, le mieux pourvu d’organes et par conséquent de sensations qui y sont relatives. »
    Notes
    1 Brouillard : livre de commerce où l’on note les opérations au fur et à mesure. Ici, il s’agit d’un simple petit carnet de poche.
    2 Sur ce sujet, cf. « Le fourreur », Artisans de l’élégance, Catalogue de l’exposition au Musée national des arts et traditions populaires, Paris, Réunion des Musées nationaux, 1993, p. 114-129.
    3 BUFFON Georges-Louis LECLERC, comte de, (1828-1829), Œuvres complètes..., t. 13, p. 249-250.
    4 On trouvera en illustration la reproduction d’une gravure intitulée « Insecte des cadavres sur une taupe », tirée de l’ouvrage d’Alfred Edmund Brehm (ca 1882) Merveilles de la nature : les insectes, les myriapodes, les arachnides et les crustacés ; trad. par Jules Philippe Alexandre Künckel d’Herculais, Paris, J.- B. Baillère, 2 vol. ill. (1ère éd. en anglais, 1843).
    5 DÉSERT Gabriel (1976), « Symptômes de surpeuplement », dans DUBY Georges et WALLON Armand (dir.), Histoire de la France rurale, Paris, Seuil, p. 75.
    Aguiaine, Le Subiet - N° XXX - Mois-Mois 200X    Page 17
    6 BUFFON, op.cit., p. 244.
    7 Dans l’Almanach du Poitevin 2007, p. 40.
    8 Légende de la photographie : « Chamonette » et « Birac » et leurs prises (Cl., n°190405-CP-335242).
    9 Récit noté au cours d’un repas de Saint-Sylvestre, le 31 décembre 1982 (informateur : monsieur Marcel Robert, originaire de Villaret, commune de Saint- Romain-en-Charroux, où l’élevage caprin était particulièrement développé).
    10 Cf. VALIÈRE Michel (2004), « Approche ethnographique d’une ville provinciale », dans QUELLA-VILLÉGER Alain (dir.), Poitiers : une histoire culturelle 1800-1950, Poitiers, Atlantique, p. 17-57.
    11 Chez l’auteur, Le Courtioux, Anché (Vienne), 2006.
    12 Il s’agit du frère d’Aimé Bozier, célèbre violoneux du Pays des Brandes. Edouard avait été musicien joueur de piston, puis s’était remis sur le tard au violon. Son violon d’Ingres : la poésie qu’il cultivait généreusement (il dut laisser plusieurs milliers de feuilles manuscrites dont nous ne savons rien de la localisation actuelle).
    13 RÉAL C., RULLIÈRE H., (1931), La Fourrure et la pelleterie, Paris, Bibliothèque sociale des métiers, 343 p.
    14 Sur ce sujet, on relira avec intérêt sur ce sujet ce qu’écrit André Gaillard dans Le Siècle Trioulais (1880-1980), Poitiers, Brissaud, t. 1 « La Grande misère », p. 63-64.
    15 Nous devons cette appréciation à monsieur Marcel Robert, agriculteur retraité, l’un des anciens acteurs de cette activité. Il nous dit le 24 juin 1982, jour de la Saint-Jean-Baptiste, patron des professionnels des peaux et fourrures : « Mon grand-père était marchand de chebes... et mon père marchand de pias de taupes... de pias de lapins, de sauvagines, de tout... ». C’est avec son père, Isidore Robert, alors propriétaire, collecteur et négociant de peaux à Villaret, commune de Saint-Romain-en-Charroux (Vienne) qu’il avait participé dans sa jeunesse à cette activité. Par l’acte de naissance d’Isidore ROBERT nous savons qu’il est : « né le 28 juillet 1886 de François ROBERT, cultivateur âgé de 29 ans et d’Adélaïde THIMONIER son épouse sans profession âgée de 26 ans, demeurant ensemble au village de Villaret. Marié à Saint-Romain-en-Charroux le 15 septembre 1919 avec Marie-Céline FRADET. Décédé à Saint-Romain le 8 février 1966 ».
    16 VALIÈRE Michel : notes ms., enquête du 12 janvier 2003 à La Ferrière- Airoux (Vienne).
    17 Nous tenons à remercier ici, madame Lucienne Vailler, née Robert, demeurant à Chez Bernardeau, commune de Champniers (Vienne), pour avoir porté à notre connaissance l’existence de ce document en provenance de son père, « Robert Isidore à St-Romain » comme il l’est écrit au crayon, d’une main bien assurée sur la page deux de la couverture de couleur bleue (enquête Catherine Robert, 2002- 2004). Il s’agit en fait d’un petit carnet de 20 feuillets écrits recto-verso, 11 ayant
    Page 18    Aguiaine, Le Subiet - N° XXX - Mois-Mois 200X été arrachés ou découpés, portant sur la période du 12mars 1928 au 7 mars 1931.
    18 SERRES (Olivier de), Théâtre d’agriculture et mesnage des champs par O. de Serres, seigneur de Pradel, 3e éd.revue et augmentée par l’auteur, Paris 1605, Chez Abraham Sangrain, in 4°, p. 268 (1re éd. 1600).
    19 Rien ne nous permet de distinguer s’il s’agit d’un animal d’élevage ou d’une chevrette, femelle du chevreuil, selon l’appellation courante dans le Sud- Vienne.
    20 Sans autre information plus explicite, nous pensons qu’il s’agit de la Justice de Paix de Civray
    21 Op.cit., p. 244. Bibliographie sommaire
    APCHER et MALASSAGNE (1866), La Profession du taupier, ou l’Art de prendre les taupes à l’aide de moyens sûrs et faciles, Saint-Flour, imp. De A. Passenaud, 36 p.
    BREHM Alfred Edmund (ca 1882), Merveilles de la nature : les insectes, les myriopodes, les arachnides et les crustacés, Jules Philippe Alexandre Künckel d’Herculais (trad. par), Paris, J.-B. Ballière, 2 vol., ill.
    Dictionnaire universel françois et latin... vulgairement appelé Dictionnaire de Trévoux, Nouvelle éd. corrigée, Paris, P.-F. Giffart, 1732.
    DRALET Étienne-François (1797), L’Art du taupier suivant les procédés du citoyen Aurignac, Paris, impr. De la République, an VI, 24 p.
    GEOFFROY SAINT-HILAIRE Etienne et CUVIER Georges (1820-1842), Histoire naturelle des mammifères, Paris, 4 vol., ill.
    GUERIN F.-E. (dir.), (1839), Dictionnaire pittoresque d’histoire naturelle et des phénomènes de la nature, t. 9, Paris, Imp. De Cosson.
    MARTIN Pierre (1972), « Le permis de taupissier », dans Bulletin de la SEFCO, VI, n°5, sept-oct., pp. 318-319.
    REDARÈS Jean-M.-M. (1850), Le Chasseur taupier, ou l’Art de prendre les taupes par des moyens sûrs et faciles ; précédé de leur histoire naturelle. Nouvelle édition augmentée d’un Traité sur la destruction des animaux et des insectes nuisibles au jardinage, Paris, Encyclopédies Roret, 83 p. (1re éd. Paris, Raynal, 1829).
    REULIHET (1854), Manuel du taupier parfait et universel, ou le Destructeur éternel des fléaux de l’agriculture, Toulouse, Reulihet et Sénac, 27 p.
    TOUSSENEL Alphonse (1878), Vénerie française et zoologie passionnelle, Paris, Hetzel, ill., (1re éd. 1847).
    TRASSARD Jean-Loup (2007), Conversation avec le taupier, Cognac, Le Temps qu’il fait, 160 p.

  • Recommandé : Stage de terrain en " Ethnographie de la France" (10-15 mars 2008)

    Sept stages de terrain se sont déjà déroulés en Poitou-Charentes, en 1999, 2000, 2001, 2003, 2004 et 2005, 2007 – en 2006, le stage n’a pu se réliser. Les trois premiers ont eu lieu dans la vallée de la Vienne (canton de L’Isle-Jourdain). Les trois derniers se sont déroulés dans le Nord-Charente, et plus précisément dans la région du Ruffécois (Charente). Ces divers moments ont consisté à familiariser les stagiaires avec l’enquête ethnographique et avec les réalités du terrain lui-même.

    Le terrain ruffécois a été abordé à travers la problématique générale des « territoires en mutation », conjuguée avec un thème d’entrée, celui du conflit (en tant que composante des formes de sociabilité et facteur de compréhension identitaire). En 2005, un nouveau thème a été initié, avec pour intitulé « les formes (anciennes et nouvelles) et les acteurs de la domination ».

    La démarche avait consisté à garder le terrain tout en changeant de thème. En 2008, elle se poursuivra dans un esprit semblable. Le "terrain" se situera à l’est de la région déjà arpentée, dans les alentours de Salles-de-Villefagnan (Charente), en bordure de la RN 10. Il permettra de traiter le thème dans une perspective comparative.

    Comme les précédents, ce stage de terrain visera à placer les stagiaires en situation d’enquête et à dispenser une formation par la pratique. L’encadrement sera assuré par une équipe d’enseignants et de chercheurs en sciences sociales : Annie Guédez, Pascal Bouchery et Francis Dupuy, avec le concours de Michel Valière.

    Le stage se déroulera du lundi 10 mars au samedi 15 mars 2008, à partir du gîte du Petit Fayolle (propriété du club Marpen), sur la commune de Lonnes (16), qui sera le lieu de résidence et de travail.

    La coordination technique est assurée par Jean-Michel Bourgeois et Amélie Boucly (club Marpen, Le Bourg, 16 140Tusson, Charente, tél. Tél. 05.45.31.71.55). Ce sont eux qui reçoivent les inscriptions, avant le 15 Février 2008.
    Pour le formulaire et les conditions d'inscription, cliquez sur ce lien :
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  • Pyrénéens, habitat et végétal,

    Il est admis que l’architecture d’une région, de ses monuments au petit bâti en passant par les habitations, les granges ou tout autre type de construction, exprime l’identité de cette région et en révèle la richesse culturelle. En revanche, ce qui relève de l’organisation du végétal par rapport à toutes ces structures bâties reste très peu questionné. C’est ce que se propose de faire ce numéro de la revue les feuilles du pin à crochets. Que pousse-t-il aux alentours des cabanes d’altitude et des granges foraines, comment s’organise le jardin, quel rôle endosse la haie, comment conçoit-on le fleurissement communal… ? Autant de questions qui concernent aussi bien l’espace public que privé, les espèces sauvages que les horticoles, les potagères que les ornementales.

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    Pour les aborder, Raphaële Garreta, ethnologue, propose un voyage à travers les usages et les pratiques liés aux plantes, les faits anciens et les nouvelles données qui façonnent les façons de vivre dans une vallée haute pyrénéenne. Suivant un itinéraire qui mène des estives jusqu’au fond de vallée, nous découvrons la vallée d’Aure à travers les représentations que ses habitants, , se font de leur environnement végétal, comment ils l’organisent et à quelles fins. Nous abordons alors une série de catégories transversales et d’oppositions (le propre/le désordre, ouvert/fermé, embellir) qui prennent des nuances selon qu’on est du pays, nouvel arrivant, résident secondaire ou même touriste.
    La vallée d’Aure, et plus particulièrement le village d’Ancizan, sont au cœur de ce parcours. Ils le ponctuent de motifs qui leur sont propres et qui constituent la singularité de ces lieux, leur « couleur locale ». D’autres aspects relèvent d’une vision plus globalement pyrénéenne ou même montagnarde, où il s’agit de s’adapter à la pente et aux conditions climatiques particulières de ces altitudes. Enfin, il est des tendances qui, dépassant largement les particularismes locaux, s’appliquent à l’ensemble du territoire français.
    Les dessins et planches d’herbier de Marcel Saule et les photographies de Didier Sorbé accompagnent avec talent ce texte sur les perceptions de cet environnement singulier.
    L'auteur, Raphaële Garreta est Chargée de mission à l’ethnologie au Conservatoire botanique national de Midi-Pyrénées. Elle est membre associé du LISST-Centre d’Anthropologie Sociale où elle participe aux recherches sur les rapports entre l’Homme et la nature.
    Ce n°8 de la revue "Les Feuilles du Pin à crochets" est un volume broché, format 25x21 cm, de 96 pages dont 24 en quadrichromie, sur papier artic volume 115g, couverture à rabat en quadrichromie sur sensation tradition 270g, illustrations, dessins et photographie en noir et blanc et couleur.
    Les Editions du Pin à crochets : 57 rue Carnot, 64000 Pau. Tel : 05 59 02 29 62

    Bonne lecture, bonne découverte !

  • L'école mise en perspective... regards croisés.

    Parler d'école de nos jours, c'est prêter le flanc à des réactions immédiates. Partisans des savoirs ou de la pédagogie, de l'école sanctuaire ou de l'école ouverte, de l'autorité supérieure incontestable ou de l'autorité légitime conquise par le dialogue... les débats se cristallisent sur des oppositions franches. Dans les vitrines les plus exposées - tribunes politiques, médias -, il faut choisir son camp, tant l'école fait objet de passions et d'enjeux. C'est au-delà de ces discours que ce numéro invite à " découvrir " l'école. Dans un esprit de réflexion, d'abord.

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    Numéro d'octobre 2007

    Des contributions sur les politiques d'encadrement dans des collèges de banlieue, sur les " jeux dangereux " entre adolescents, sur les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles, ou encore sur la formation des enseignants, analysent un ensemble d'expériences à évaluer pour des perspectives à défricher. Dans un esprit de comparaison ensuite : en se tournant vers la Turquie, l'Angleterre ou l'Afrique francophone. les lecteurs vont découvrir comment d'autres sociétés s'interrogent sur leur pratique et leur savoir. Enfin, à travers l'étude des rites et des rituels - toujours à l'œuvre en ce domaine -, ce numéro montre combien l'approche anthropologique de l'école se révèle fructueuse, soulignant ainsi, aux côtés d'approches plus classiques, la valeur d'un nouveau regard.

  • Nouveau "Terrain"

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  • PIECES A CONFESSION : Ethnologie des objets d'affection dans l'espace domestique contemporain

    SOUTENANCE DE THESE DE L'EHESS
    Véronique DASSIE a soutenu brillamment sa thèse pour l'obtention du Doctorat de l'Ecole des Hautes études en sciences sociales, le Vendredi 15 juin 2007 à Paris, de 9h à 13 h., devant un jury composé de :
    Georges AUGUSTINS, Professeur de l’Université Paris X, Nanterre
    Isabelle BIANQUIS, Professeur de l’Université François Rabelais, Tours
    Giordana CHARUTY, Directrice d’Études à l’EPHE
    Daniel FABRE, Directeur d’Études à l’EHESS, directeur de la thèse
    Agnès FINE, Directrice d’Études à l’EHESS
    Martine SEGALEN, Professeur de l’Université Paris X, Nanterre.

    Futiles et ordinaires, les objets souvenir du quotidien semblent n’avoir guère d’intérêt. Aller à leur
    rencontre conduit pourtant l’ethnologue au coeur d’une intimité qui s’avère être la mise en forme d’une
    économie domestique invisible mais à la symbolique méticuleusement orchestrée.
    La méthode ethnographique utilisée dans cette thèse entraîne le chercheur dans une posture d’écoutant.
    Il reçoit les confidences de ses contemporains, des histoires d’affection et de « désaffection ». La mémoire et
    les sentiments projetés dans les objets se révèlent avec plus de force encore lorsqu’il s’agit de transmettre ce matrimoine. Les objets d’affection peuvent alors devenir anonymes, et basculer dans le domaine du patrimoine ou n’être plus que déchets.

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    Ces « pièces à confession » se déclinent selon des tonalités sentimentales diverses mais, de la passion à
    l’indifférence, elles nous permettent d’accéder au répertoire culturel à partir duquel chacun donne
    consistance à son autoportrait en accord avec la modernité qui lui sert de cadre.

    [Véronique Dassié a fait son diplôme et son DEA à Toulouse; elle a participé en qualité d'ethnologue à une exposition sur le même thème au Musée de la Chemiserie à Argenton-Sur-Creuse (Indre).]

  • Le métier d'ethnologue : mythes et réalité

    Le Mercredi 24 janvier 2007 à 20h30, à l'Espace Mendès France, Rue Jean-Jaurès à Poitiers:
    Rencontre avec Grégoire Schlemmer, chercheur à l'Institut de Recherche et de Développement à Paris

    Le décalage entre la place non négligeable que l'ethnologie occupe dans le champ intellectuel français (avec des figures marquantes telles que Lévi-Strauss, Mauss, Leiris, Malaurie, etc.) et sa très faible représentation institutionnelle est caractéristique du décalage existant entre la vision que l'on peut se faire de cette discipline (l'ethnologue comme explorateur, spécialiste des "primitifs" et de leurs coutumes exotiques) et ce qu'elle est vraiment. Cette intervention a pour objectif de présenter ce qu'est la réalité du métier d'ethnologue, en se proposant d'aborder tant son histoire, la formation qu'il requiert, ses objectifs que le quotidien de l'ethnologue, aujourd'hui en France.