mercredi, 04 février 2009

La Paimpolaise, encore et toujours pour Gaël!

Bonjour, 

Je suis toujours à la recherche de chansons "sur l'air de : La Paimpolaise" (environ 215  versions pour l'instant sans compter un manuscript inédit d'Eric Satie.)
Y a-t-il moyen de faire circuler ma recherche aux autre cherchous ? 
D'avance merci 
Gael ROLLAND 
Manoir du Mont Serin 
35320 Pancé
06.81.96.14.89

Ecrit par : Rolland Gael | mercredi, 04 février 2009

Bien sûr Gaël ! Belvert remettra en première ligne votre demande... et les curieux et collectionneurs vont vous en signaler quelqu'une de sortie de derrière les fagots. En effet ce timbre et ce thème ont généré beaucoup de créations locales, et pas des moindres.

 

jeudi, 06 novembre 2008

La Nuit du chant traditionnel avec la Loure, les 29 et 30 nov. 2008 à Torchamp (61)


" Quoi de plus naturel que de chanter ? Et pourtant… Alors qu'anciennement le chant était le compagnon obligé de tous les moments de la vie, il est souvent relégué aujourd'hui au rang de loisirs, avec des moments précis dans sa pratique, ou – pire - il ne prend plus la forme que du disque ou du fichier MP3 que l'on écoute sans soi-même s'y risquer…

Depuis 10 ans, l'association La Loure s'évertue à redonner une véritable place au chant dans la vie quotidienne. D'une part parce que les répertoires traditionnels qu'elle a recueillis en Normandie le méritent absolument et, d'autre part, pour le plaisir si simple et en même temps si nécessaire de donner de la voix !

Cette première édition de la Nuit du chant traditionnel veut permettre la rencontre de chanteurs de différents horizons. Qu'importe que l'on soit débutant ou plus aguerri, il y aura de la place pour tout le monde. Même pour ceux qui viennent seulement écouter… car il serait étonnant qu'ils restent longtemps sans pousser la chansonnette ! Pour pimenter cette nuit au long cours, certains horaires seront consacrés à des thématiques précises… Entre chansons à répondre, à écouter, à danser ou à marcher, les répertoires traditionnels - sans exclusive régionale - seront à la fête !

Avec au programme : bal à la voix, randonnée chantée, nuit chantée...
Le programme peut être téléchargé sur le site de La Loure; cliquez à loisir : http://laloure.org/article.php3?id_article=85

L'entrée est libre, n'hésitez pas à pousser la porte !"

Association La Loure
Musiques et Traditions Orales de Normandie
2, rue St-Martin
14500 Saint-Martin-de-Tallevende
Tél. : 02 31 68 73 49
laloure@wanadoo.fr - Site : laloure.orgl'association La Loure organise la 1ère édition de La Nuit du chant traditionnel les 29 et 30 novembre 2008 à Torchamp, près de Domfront (61). 

jeudi, 07 août 2008

"Chansons de pays" (mais pas n'importe lesquelles, choisies à point !!!) par les Moénes de Chantemerle

Chers Amis de passage, je me permets de vous signaler à nouveau cette note, puisque la production de cet anti-fromage continue de plus belle et comme s'ouvre le Festival (annuel et aoûtien) des Jeux de Gençay dans la Vienne en Haut-Poitou du Poitou-Charentes, seule et unique région de France à porter un tel patronyme, vous pourrez vous approvisionner en icelui, soit au Centre culturel de la Ville, soit dans l' épicerie d'Elsa (comme autrefois) ou celle de Douce (seulement si vous êtes papyrophage ou lecteur impénitent).


Eh bien, Amis visiteurs, certains parmi vous sont des collectionneurs de disques collectors... Celui-ci fera date, soyez-en assurés.
Une bande de moénes ou du moins qui se font passer pour (afin d'accréditer le vieil adage, celui de l'habit du moine...) ont commis - c'est le terme bien pesé qui convient ici - un cd, présenté dans un emballage inspiré par un village normand au nom bien connu (parfois aux odeurs, plus ou moins faites), riche de 16 chansons à faire tourner de l'œil les bigottes et autres rapiettes et grenouilles, à rendre aphones les muets, à rendre sourds les malentendants. Mélomanes, calotins, prudes, s'abstenir. Oreilles absolues: s'abstenir absolument !!!!
Pour tous les autres cette anti-merveille de chansons populaires ànepasmettredanstouteslesoreillessurtoutsiellessontmusicalesouchastes, cet anti-choeur d'anti-moines peut être acquis pour la somme d'une quinzaine d'euros, à la louche (à ce prix-là, je pense que le transport doit être inclus) peut être commandé au "Foyer rural du Dognon-Chantemerle", 86160 Gençay.

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Cette anti-pub, n'est pas une pub, mais un message de prévention pour ceux qu'intéresse la rareté du genre.
Un livret de 4 minuscules pages donne à connaître des noms pas inconnus chez Belvert'sgarden, mais la co-pilote autant que le pilote déclarent solennellement que s'ils ont fourni de la matière première collectée, ils ne sont pour rien dans cette anti-honorable anti-production...
Si un Ami de passage se risque à cette anti-acquisition, nous lui ouvrirons grandes nos colonnes pour une anti-critique.Messieurs A.Cariâtre, Amoutarde et consort sont invités à ne pas anti-critiquer à l'avance.

- Tiens, Monsieur Alfred Cariâtre, vous croisiez par ici, ce lendemain de Premier de l'an ? Bonne année, d'abord et bon voisinage... de blog s'entend...
- Hein? Quoi? Vous m'avez appelé?
Votre cd de faux moines de Chantemerle, c'est des chansons paillardes, grivoises, anticléricales chantées faux, c'est ça? Bonne année, où je vous souhaite de parvenir à être légèrement plus explicite dans vos notes...
Je souhaite aussi qu'en 2007 on puisse glisser les commentaires sous les notes qu'ils commentent...
- C'est fou ce que vous comprenez vite cher A.Cariâtre, Il n'y a pas besoin de vous mettre les points sur les 'i' d'anti... (= identité... des faux moines qui n'ont rien à voir avec de faux monnayeurs ! Salut André. Parce que ces faux moénes, on les connaît, on les aime, c'est de vrais potes, c'est des voisins; on s'échange les merles gras, les mésanges charbonnières... mais les poules de Franck, ah, là, on se les garde...). Allez monsieur Cariâtre, maintenant que vous savez tout, que vous êtes au parfum, économisez votre bile; vous savez, avec notre grand âge on a besoin de tout, même du fiel (mais votre message était tout sauf fielleux, enfin, celui-ci Vous voyez qu'on vous aime toujours un peu...)Bonne journée, bonne année.

mardi, 05 août 2008

Index (provisoire) de chansons de tradition orale recueillies par Michèle Gardré-Valière et Michel Valière

Index (tout-à-fait provisoire) des incipits de chansons de tradition orale du Fonds Michèle Gardré-Valière et M.V., recueillis en Poitou et Centre-Ouest, à partir de 1964 (mis à jour le 5 août 2008) :

À Chez-Blanc petit village

À dix-huit ans, la petite Joséphine

À dix-huit ans, j’avais six amoureux

Ah ! Ah ! Ah ! dit la chandelle

Ah ! De bonjour gentille bergère

Ah ! J’ai fait mon Tour de France et m’y voilà de retour

Ah ! Ma douce amie, que cette fleur qui est sur ton front

Ah ! Mon beau château

Ah ! Que les femmes al y sont sottes

Ah ! Qu’elle est gentille ma fille

Ah ! Qu’elles sont bêtes les femmes

Ah ! Qui la dansera le mieux, la guimbarde

Ah ! Qu’il est malade ce bras

Ah ! Si tu veux belle Isabeau je ferai ta fortune

Ah !  Tout un jour je m’y promène           

Ah ! Tu l’emmènes, tu l’emmènes, ma mignonne

À l’âge de quinze ans, Rosette se marie

À la malaco, l’on chasse

À la manico on y danse on y danse

À l’âne, à l’âne

Allant à la fontaine pour cueillir du cresson

Allez, allez Joli Vermé

Allons la belle voilà que c’est nuit

Allons ensemble les camarades là

Allons mon ami Thomas, tu t’approches de la rabistoquette

À l’ombrage sous l’ormeau

Amène-la donc ta penaillon

Amène-lou donc ton penaillon

À Paris chez ma tante un oranger l’y a

À Paris, mesdames, devinez ce qu’il y a

À Paris sur le youp youp nipe nipe

À quinze ans j’étais gentille

Arrêtez arrêtez cocher

Arrousons-nous la dalle, la dalle

À Saint-Romain, c’est un petit bourg

Au bal de Chez Tapon, mon chausson a pas de bavette

Au bout de la septième, l’amant est revenu

Au jardin de mon père, il y a des orangers            

Au jardin de mon père, ô joli cœur de rose

Au régiment, on a de l’agrément

Beau rossignol de France

Belle, avant de t’y quitter, veux-tu m’y faire la promesse

Belle batelière Élisabeau

Belle fillette y gardant son troupeau

Belle si j’étais dans ton vert pré

Belle si i étions dans ton vert pré

Bigorneau, bigorneau

Biquette veut pas sortir des choux

Boés, boés, boés en donc de thio petit vin

Bonhomme en s’y rendant de la foére

Bonjour bonne maman je suis dans la tristesse

Bonjour cabaretière

Bonjour mademoiselle

Bonjour ma bonne mère, je suis dans la tristesse

Bonjour madame la Marceline

Bonjour, mademoiselle, comment vous portez-vous

Bonjour ma petite bergère, aimable Jeanneton

Bonjour monsieur le curé, ma bourgeoise m’a-t-envoyé

Bonjour petite bergère à quoi y pensez-vous

Bonjour petite bergère au clair de ce beau jour

Bonjour petite bergère

Bonjour petite bergère            (là-haut sur ces roches)

Bonne maman je suis fort ennuyée

Bonser, petit bonhomme, la la

Bonsoir messieurs, mesdames, comment va la santé

Bourguignon, que tu danses bien

Buvons en de cet enfant qu’on a trouvé dans les vignes

Buvons, trinquons, divertissons-nous

Buvons un coup laissons point de terre

Ce sont trois voltigeurs qui s’en vont en Égypte

C’est la fille à Jean Brisquet

C’est la fille de la meunière qui se balade avec Thomas

C’est là-haut sous l’ormeau

C’est la manico qu’on y danse

C’est la petite Germaine, mariée dès onze ans

C’est la petite Germaine, s’y marie dès douze ans

C’est le boutineau qui se danse qui se danse

C’est le curé de Nantes

C’est le dimanche dans la matinée

C’est une belle aux yeux bleus

C’était le curé de Saint-Denis

C’était la fille d’un geôlier

C’était la fille d’un perruquier

C’était le duc de Bourbon

C’était pour la veille de la Saint-Jean

C’était pour un premier mai

C’était pour un premier de mai

C’était trois jeunes garçons qui s’en vont en Afrique

C’était un capitaine le soir de ses noces

C’était une bergère, rouli, roulons, roulette

C’était une jeune fille qui n’avait pas quinze ans

C’était une fille aux grands yeux bleus

C’était une fille, une jolie fille

C’était une fille muette

C’était une jeune fille qui voulait s’y marier                        (la fille du père millionnaire)

C’était une pauvre vieille qui menait son âne aux champs

C’était une petite lingère

C’était un moine, prieur du couvent

C’était un moine qui s’appelait Simon

C’était un petit moéne, qui d’amour vivait

C’était un vieux paysan, revenant de l’ouvrage

Cette nuit j’ai fait un rêve

Chez nous dans le temps

Chez nous i avions daus bœufs

Chez nous avions une âne toujours

Chez nous j’avions un jau

Chez nous, nous étions trois filles

Connaissez-vous Gabériole

Connaissez-vous la triste histoire de celui qu’on nomme Beau-blond

Dans ce petit bois, ah ! devinez ce qu’il y a

Dans ce petit bois charmant

Dansez donc les filles, dansez donc les gars

Dans le jardin de ma tante, il y a un cerisier

Dans le pays de la Gâtine

Dans un bocage

Dans un chemin l’y passe trois gentils capitaines

Dans une maison, il y a trois filles

De bon matin, le grand Pierre se lève

De bon matin je me suis levé

Dedans notre village, il y a-t-un avocat

Dedans la Tour de Londres, là-haut, là-haut

Dedans la ville de Lyon, il y a une geôlière

Dedans Paris la grande ville

Dedans Paris l’y a-t-une danse

Dedans Paris l’y a une gentille brunette

Dedans Paris l’y a une jeune couturière

De me marier-t-o y a quinze ans

Derrière chez mon père                                    (le pommier doux)

Derrière chez nous, il y a des choux

Derrière chez nous, savez-vous ce qu’il y a

Derrière chez nous y a-t-un étang            (elle ne sera pas fille longtemps)

Derrière chez nous y a-t-un étang             (et la deridondaine)

Derrière chez nous y a-t-un étang            (la voilà la table des bons enfants)

Derrière chez nous y a-t-un étang              (le foin coupé, il faut le faner)

Derrière chez nous y a-t-un étang            (ô ma gentillette)

Derrière chez nous y a-t-un étang             (tambour battant)

Derrière chez nous y a-t-un petit bois            (qui nous amène des noix)

Des artichauts des choux pommés, dans le jardin de la jardinière

Des boudins des boudins de ma grand-mère

Deux gros nigauds de notre village

Dis-moi beau grenadier

Dimanche au soir à ma porte

Ding dong carillon qui qu’est  mort

Dira-t-elle oui sans rire ?

Dites donc vous autres les filles à présent

Dodo berline, sainte Catherine

Dodo petite, sainte Marguerite

D’où venez-vous tout crotté monsieur le curé

D’où viens-tu mon gentil bossu

Écoutons l’aventure, c’est d’un jeune guerrier

Eh, vins donc là camarade bergère           

Élise, Élise était sous ses ormeaux

Elle a dit oui sans rire

En m’y rendant de la foère

En m’y rendant de métives

En m’y rendant des noces, buvons nous allons

En m’y rendant des noces de mon neveu

En passant devant sa porte, trois petits coups frappa

En passant devant un pré, les grillons chantaient

En revenant de Saint-Denis-t-en France

En revenant des noces, buvons nous allons

En revenant des noces, buvons nous y en allons

Et à Paris, y a-t-une vieille

Et en revenant de Saint-Gilles

Et toi, ma brunette, veux-tu te marier

Et vous l’avez ben tous connus

Eugénie, les larmes aux yeux

Faut pas de bourse à ces jeunes gens

Fillettes de quinze ans faites donc pas tant les fières

Fume ta pipe Napoléon

Hélas mon père m’a mariade

Hélas mon père m’y marie

Henriette était fille d’un baron de renom

Holà ! ma petite mère

I la mangerons la soupe la soupe

Il avait courte taille, on l’avait marié

Il est mort le père aux louis d’or

Il était une petite bergère qui les gardait ses blancs moutons

Ils étaient trois conscrits qui s’en vont à la guerre

Il y a un petit bois

Il y a-t-un bon prêtre dans notre village

I vas vous chantar une chanson qu’ol est ren que daus menteries

J’ai bien servi pendant sept ans la France

J’ai cueilli une belle rose

J’ai de la richesse et de beaux châteaux

J’ai demandé à ma femme, j’ai demandé son avis

J’ai demandé-z-à ma mère, la mariée quand je la serai

J’ai fait l’amour à une brune

J’ai fait une maîtresse trois jours y a pas longtemps

J’ai fait une maîtresse y a pas longtemps

J’aime la galette

J’ai plumé la tête de mon alouette

J’ai quinze ans et je suis sage

J’ai un amant, deux j’en voudrais

J’ai vingt-cinq ans, ah ! je suis sage

J’ai vu le loup, le renard, le lièvre

J’avais deux camarades

J’avais rêvé de vivre sans ménage

J’avais une maîtresse aux Trois Piliers

Je me lève de bon matin quand le soleil se couche

Je m’en fus cueillir des noix

Je me suis engagé pour l’amour d’une blonde

Je me suis-t-engagé dans le régiment de France

Je mets ma charrette sur mon dos

Je ne veux plus garder les vaches

J’enlève de ma pochette

Je passai derrière le bois, le coucou chantait

Je sais bien une chanson de pur mensonge

Je suis lasse d’être fille

Je suis venu ce soir du fond de mon bocage

Je suis venu pour vous tromper

Jeune militaire revenant de guerre

Je viens t’y dire adieu, ma charmante Marie-Louise

Je viens t’y voir ma bergère du champ

La bèla Janèton

La boulangère a des écus

La fiancée nous l’emmenons            (petit papillon volant)

La fille d’un geôlier

Là-haut, là-haut, sur la montagne, il y a trois petits moutons blancs

Là-haut parmi ces champs

Là-haut, sur ces chaumettes

Là-haut sur la montagne, trois petits oiseaux chantaient

La lessive est roulée

L’alouette sur la branche

La Magali voulait bien dormir

La mariée qui perd son chignon

La mariée s’en va devant

La mariée s’en va devant            (la foére qui la galope)

La mariée s’en va vite vite la mariée s’en va l’a ripé

La mère Fanchette arrive avec son caillon

La mère Gauduchon s’en va-t-au bois

La mère Julie veut s’y marier

La monterons-nous la côte la côte

La quarante est là qui ne tremble guère

L’autre jour en se promenant

L’autre jour je m’y promène

L’autre jour, un jour de foire

La vieille a mis son bea caillon

Le bonhomme en s’y rendant du bois                       

Le coucou s’en va nous ne le verrons guère

Le curé ne veut pas que thiés gars bigheant

Le fendeur dans les bois, dans sa loge jolie

Le jour qu’i étais la mariée

L’entends-tu, mignonne

L’entends-tu mon goret, ma bernée bouille

Le numéro un est arrivé, sur la marine faudra aller

Le père Mathurin n’a plus de chapeau

Le premier est un pêcheur

Le roi a une fille à marier

Le roi avait un fils

Les filles de Saint-Maurice s’en vont à la ballade

Les voici les voilà les culottes rouges

Le vieux bigeait la vieille, la vieille bigeait le vieux

Ma bonne amie, je t’y fais mes adieux

Mademoiselle, vos yeux sont languissants

Ma douce amie que cette fleur qu’est sur ton front

Ma femme al est malade, en grand danger d’y mourir

Ma femme m’y dit de bercer le pouperon

Ma fille pour ton mariage

Ma journée est finie

Ma maman ne veut pas payer

Maman je voudrais maman je voudrais

Ma mignonne est au village, au village tout là-bas

Ma poulette a trois poulets

Maréchal de France revenant de guerre cherchant ses amours

Margoton prend son panier  la voilà partie-z-aux mèles

Marie dans le mariage

Marie-Jeanne s’en va-t-au moulin

Marie-Madeleine a les pieds petitons

Marie, ma petite Marie

Mariez-moi ma mère dès l’âge de quinze ans

Marion tu perds ton chignon

Martin va-t-au bois

Mathurine en jupon court s’en va à la messe

Ma tunique a un bouton, marchons

M’en vais-t-à la foire de Parthenay

Mes amis faites attention que je vous dise une chanson

Mes chers amis, je vais vous chanter

Mes petits gorets dansiant

Messieurs, j’ai fait connaissance

Mettez le foin au râtelier, voilà les oueilles qu’arrivent

Mon Jean, Petit-Jean s’en va-t-aux vignes                       

Mon mari était malade

Mon père avait cinq cents moutons

Mon père avait un carré de pois

Mon père avait une âne

Mon père galopait

Mon père le m’y marie dès l’âge de quinze ans

Mon père m’a donné des rubans, des rubines

Mon père m’a donné-t-en maridatge

Mon père m’a mariée à quinze ans et demie

Mon père m’envoyait au marché

Mon père m’y marie en croyant d’y bien faire

Mon père s’en va-t-au marché, ma mère s’en va-t-aux noces

Mon père voudrait m’y marier

Morbleu de ventrebleu, dis-moi donc, belle Madelon

M’y promenant sur la Charente  faisant mon tour faisant ma ronde

M’y rendant de la foére

Napoléon disait à Joséphine

Ne l’ai-je pas bien passé mon temps

N’entends-tu la biche dedans les bois

Nous avions une chèvre qu’était intelligente

Nous étions trois filles, bonnes à marier

Nous sommes venus ce soir

Nous sommes venus vous voir

Oh ! J’ai-t-un petit oiseau Isabeau

Oh ! Le joli petit métier

Oh ! Que je l’aime, oh ! Que je l’aime la fille de l’Auvergnat

Oh ! Sur le pont de Nantes la veille de la Saint-Jean

Ol était la mère ageasse

Ol était une chèvre qui va jamais aux champs

Ol était une petite vache noire

Ol était un garçon que l’appeliant Simon

Ol était un petit bonhomme            (le cuilleri)

Ol était un petit moine qui d’amour vivait

O m’est venu commandement

On y danse la lourde

Où allez-vous si pressé, curé,curé

Où est la marguerite

Où vas-tu belle boiteuse

O vinguit un ordre chez nous

Papa, maman, mariez-moi

Par derrière chez mon père, y a-t-un petit bois charmant

Pas de lièvre, pas de lapin

Père père regardez si vous m’aimez

Perrine était chambrère

Pète donc vieille tant que tu voudras

Petit capitaine revenant de guerre en cherchant ses amours

Petit-Jean, Petit-Jean s’en va-t-aux vignes

Petit tambour se revenant de guerre

Piquons, belle Madeleine

Pour bien la dançar

Pour danser le rat

Prends tes bots guenipe

Prête-moi ton couteau

Quand j’atais chez mon père

Quand j’étais apprenti pastouriau chez mon père

Quand j’étais chez mon père, fillette à marier

Quand j’étais chez mon père, fillette à marier dondaine

Quand j’étais chez mon père, garçon à marier, voyez

Quand j’étais chez mon père, lon et la, tra la la, fillette à marier

Quand j’étais chez mon père, mon père Landerniau

Quand j’étais chez mon père, oueille la coue nègre, fillette à marier

Quand j’étais chez mon père, petite à la maison

Quand j’étais chez mon père, petit gars pastouriau

Quand la bergère s’en va-t-aux champs, toujours filant

Quand la bergère s’y en va-t-aux champs filant sa quenouillette

Quand la Marion s’en va au molin                        (filar sa colha de bren)

Quand le curé s’en va pour cueillir la noisette

Quand les garçons partiront, toutes les filles pleureront

Quand le valet s’en va-t-aux vignes

Quand Marianne va-t-au moulin

Quand Margoton s’en va-t-au bois

Quand Margoton s’en va-t-aux mèles, son panier sous son bras

Quand mon père s’en va-t-au marché

Quand un beau jour je m’y promène (turlututu)

Quand un jour je m’y promène tout le long de ces vallons

Quitte ton troupeau bergère

Qui veut savoir une chanson            (c’est d’une fille et d’un garçon)

Récitons l’aventure, c’est d’un jeune écolier

Réveillez-vous la belle, je viens vous avertir

Rossignolet du bois joli

Rossignolet du bois, rossignolet sauvage

Rossignolet sauvage, rossignolet des bois

Sainte Marguerite, endormez-moi cette enfant

Sargallon s’en va-t-à la messe

Saute, saute, les poils de mes chausses

Sautez donc, vous n’y sautez guère

Sautez mesdemoiselles

S’en allant à la fontaine pour cueillir du cresson

Si j’avais une femme

Si je suis fillette sans amant

Si je viens t’y voir ma charmante maîtresse

Si tu cheus dans thio creus, malireu

Si tu savais mignonne

Sous ces trois rosiers blancs

Sur la rivière de Bordeaux

Sur le pont du Nord, joli cœur de rose

Sur mon chemin, j’ai rencontré les filles du coupeur de paille

T’as bu bonhomme

T’aras de l’aglland

Tins-te ben i allons galoper

Tombis, m’y cassis la jambe

Ton beau temps, ma jeune fille

Ton devanteau ma chambrière

Ton petit cotillon Lisette (ou Marjolaine)

Ton petit chien bergère

Tout le long de la mer, lon, la

Tout près d’un cerisier, y avait une jolie fille

Tout un jour s’y promène tout le long de ces vallons

Trempez la soupe, trempez la donc

Trois beaux navires sont arrivés

Trois fois passera la dernière la dernière

Trois jeunes tambours revenant de la guerre

Trois matelots, leur pipe allumée

Tu l’apporteras le petit pot, le petit pot

Tu m’as fait venir ici mei

Tu n’auras pas ma queue de mouton, ma tante rose

Une coquette de Paris

Un beau jour je me promène tout le long de ces vallons

Un biau jour de fête

Un dimanche après les vêpres

Un jour ma tant plantit un pépin dans son jardin

Un jour un jour m’y promenant

Un jour une bergère appelée Isabeau

Un oiseau sur la branche faisait cui cui

Veux-tu veux-tu ma mignonne

Viens, viens, viens, malheureuse viens

Vins donc fainéant

Vire tes oueilles, berghère

Vive les conscrits de Saint-Gaudent

Voici la Saint-Jean la grande journée

Voici le mois d’avril rendu

Voilà Christophe parti au marché

Voilà la poule, avec ses quatre poulets

Voilà un an et demi qu’on a marié la petite Marie

Vous n’irez plus au bal madame la mariée

Y a trois hussards allaient en promenade

Y a-t-une jeune mariée qui regrette bien ses amours

Y a-t-un nic dans thio prunier

Y a-t-un rat dans le grenier

 

(Pour tout renseignement éventuel, nous contacter)

jeudi, 18 octobre 2007

Des chants de forgerons et de leurs marteaux...

L'ethnologue Noëlle Gérôme (CNRS), qui a consacré la majorité de ses travaux à l'histoire ouvrière et surtout aux productions symboliques des ouvriers de l'industrie, vient de nous faire connaître le cd : "Les Chansons de forgerons", produit par le séminaire R.P.I.O., la DRAC de l'Île de France, la RATP et le Comité d'établissement de la SNECMA-Gennevilliers. Les réalisateurs du disque sont: Emmanuel Wade, Isabelle Durand, Olivier Lacoste et Noëlle Gérôme qui en a effectué la recherche documentaire at la présentation.

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lundi, 24 septembre 2007

Boby Lapointe au menu culturel de...

ÉDITION - Sortie de spectacle en DVD

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Robert Leclou (alias Édouard Audouin) et Elvis Cruciforme (Vincent Dacquet) sortent un DVD de leur spectacle, "Le Papa des poissons", enregistré en public, à la Blaiserie à Poitiers, le 3 novembre dernier2006.
Ces amoureux de Boby Lapointe ont mobilisé une dizaine de personnes pour réaliser une captation de qualité. Au menu : le spectacle d’une heure et demi, la sélection des chansons uniquement, ainsi qu’un clip résumant le show.
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©Marion Valière Loudiyi ; Centre-Presse.
On y retrouve, histoire de rire un bon coup, le duo de comédien-musicien dans la version concert-conférence sur le chanteur de Pézenas (Hérault), qui avait d’autres cordes à son arc (mathématicien, inventeur…). « Une mine pour la créativité », selon les artistes, tout aussi blagueurs et talentueux que l’original, qui poursuit l'évolution de ce spectacle, notamment en ajoutant des vidéos de personnages extérieurs (scientifique, sportif…) : « Tant que Boby ne sera pas respecté au niveau de Molière à Pézenas, on continuera ! » Très bien accueilli dans la famille du chanteur, le duo militant regrette qu’en effet, la bourgade du sud de la France ne jure que par l’homme de théâtre qui y a vécu un an, et non par le chanteur, qui en est pourtant originaire. « De toute manière, même de son vivant, la salle qu'il remplissait le moins était celle de son village. » Nul n’est prophète en son pays, on le sait bien. Enfin, Robert et Elvis le sont à Poitiers comme ailleurs. Prochaines dates autour de Nantes, Caen, Grenoble et Toulouse. (D'après Marion Valière Loudiyi, dans Centre-Presse, éd. Vienne, le 24 sept. 2007, p.22).
Le Papa des poissons : DVD public, 20 €. Vendu à la Fnac, Leclerc, Gibert musique, Monde des disques, Cluricaume Café et sur http://www.lepapadespoissons.com
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©Marion Valière Loudiyi ; Centre-Presse.
Envoi du Pilote:
"Alors les Piscénois (ça ce sont les résidents de Pézenas) vous n'aimez pas plus que nous Poquelin-Molière, pas plus, soyez en assurés, mais vous aimez bien moins que nous Boby, à ce que la rumeur a porté jusqu'à nous ! Allez ça ne peut pas durer. Aqu'os pot pas demorar aital; cal faire quicom per Boby Lapointe (lo Bobi Lapuncha !). Faites quelque chose de grand, pour la mémoire de B.L... de grand, de beau pour ce génial poète, déconstructeur du langage convenu, et qui, en conséquence, nous apprend tant sur la langue de Molière...
Ainsi, Pézenas aura encore une raison supplémentaire de fierté pour sa richesse culturelle, avec son poulain, son jeu de balle au tambourin, Molière Poquelin et enfin de quoi faire bonne mesure et juste l'appoint avec Boby... Lapointe. (M.V.)
Allez Pézenas, allez Pézenas, allez...
NDLR: Les Amis du Jardin de Belvert auront à cœur, je l'espère, chacun à leur manière de booster Pézenas à prendre en charge la mémoire de Boby Lapointe.
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dimanche, 01 juillet 2007

Les sept cahiers aux deux cent soixante-six chansons d’une paysanne poitevine, par Michèle Gardré-Valière

Au cours des neuf années (1976-1985) où j’eus l’occasion de consacrer l’essentiel de mon emploi du temps à l’éducation musicale, en qualité de professeur, je pus élargir à l’ensemble des élèves relevant du collège de Gençay notre enquête ethnographique initiée vers le milieu des années 1960 sur ce même territoire.

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© Photo Michel Valière. J’invitai alors les élèves non seulement à recevoir mes enseignements, mais encore à devenir les acteurs de leur propre formation en participant à l’observation des pratiques musicales, chantées ou dansées dans leur propre environnement familial.
Ainsi se développa une rencontre intergénérationnelle qui permit à de jeunes adolescents de découvrir que quelque grand-père avait joué du violon dans sa jeunesse, que quelque mère ou aïeule ne manquait pas de talent pour la chanson et se souvenait du mode d’acquisition d’un répertoire. Ainsi, certains collégiens furent-ils directement mis en contact avec une musique et des chants qu’ils n’étaient pas accoutumés à entendre. À peine les avaient-ils appris de leurs proches qu’ils les apprenaient eux-mêmes à leurs camarades de classe. Je me retrouvais en quelque sorte, parfois, dans un rôle de catalyseur, de « facilitateur » d’une transmission « horizontale » au sein du groupe d’élèves, plutôt que dans celle d’une pédagogue classique, détentrice d’un savoir à léguer « verticalement ».
S’il arrivait des produits oraux, m’étaient aussi apportés des textes ressortissant au domaine de l’écriture : cahiers de chansons d’origines diverses. L’antique régiment, aujourd’hui réduit à sa plus simple expression, celle d’une journée citoyenne fournissait un cadre à la circulation de chansons de toute nature, qu’elles soient militaristes ou non, ainsi que de textes tels que modernes « fatrasies » et autres monologues troupiers.
C’est donc dans ce contexte que deux sœurs me firent connaître un jour l’existence d’une grand-tante auprès de laquelle elles avaient appris chacune une chanson, de celles-la même qui m’attiraient en raison de leur forme, leur thématique, leur mélodie. Elles venaient de m’apporter une « randonnée », chanson énumérative à reprise récapitulative : Derrière chez nous il y a des choux, et une « chanson enchaînée avec refrain » sur le thème de l’occasion manquée : Nous étions trois filles bonnes à marier. Mais, ce qui devait encore plus retenir mon attention et exciter ma curiosité, c’était d’apprendre de ces jeunes élèves que leur parente détenait plusieurs cahiers de chansons. En fait, au moins cinq à leurs dires. Je décidai, alors, d’aller voir et les cahiers et la grand-tante aux chansons. Avec Michel, nous entreprîmes ainsi, accompagnés des deux petites-nièces, une « expédition » qui devait nous conduire dans la Vallée de la Vonne, en Vienne.

Une rencontre

C’est dans une ferme de la commune de Vivonne que le 20 septembre 1977, nous avons fait connaissance de madame Juliette Charenton . Née le 11 juillet 1899, dans une proche commune voisine, elle avait cessé ses activités agricoles depuis plusieurs années et s’était retirée chez l’un de ses enfants. Nous apprîmes d’elle, qui se plaisait à dire qu’elle avait un pied dans l’autre siècle, qu’elle avait dans sa prime jeunesse gardé les oies, avant d’aller plus tard aux champs aux vaches. Nous étions devant une femme au caractère apparemment optimiste et qui riait facilement. Pourtant jamais elle n’évoqua le souvenir de la danse et déclarait n’avoir jamais dansé au cours des veillées d’hiver. Elle paraissait se souvenir davantage, non sans humour, des jeux de veillée. Et d’évoquer devant nous le jeu du tourne-fesses (sic) où, en s’embrassant ou en se refusant en tournant le dos, chacun devait retrouver son âme sœur. Mais de danses, point ! Le contexte de la Première Guerre mondiale (elle avait quinze ans à la déclaration de guerre) suffit à expliquer cela.
Peu encline à s’attarder sur les malheurs propres à cette période historique, elle ne compte pas, dans son « répertoire » chanté, de complaintes – toujours tristes et dolentes. Sans doute, une sélection opportune de sa mémoire dont nous avons pu remarquer la précision. En effet, outre les chansons qui lui reviennent spontanément et facilement en tête et dont elle dit parfois qu’elle les connaît depuis l’âge de cinq ou six ans, pour les avoir apprises surtout de sa mère, et indirectement de son arrière grand-père maternel, elle rappelle volontiers les situations d’apprentissage et de transfert des unes et des autres. Nous la voyons ainsi, poussant ses oies dans un chemin herbeux pour aller rejoindre au champ le jeune berger qui lui apprendra Le Roi avait un fils, la reine avait une fille. Nous l’imaginons encore aux champs aux vaches, lorsqu’elle raconte comment l’une ou l’autre de ses camarades de travail lui enseignait des chansons de pastoures, telles que Là-haut là-haut sur la montagne, ou encore Mon âne, mon âne avait mal à sa tête. Mais, cela ne l’empêchait nullement de chanter toutes sortes de chansons, surtout lorsqu’elle était seule, nous confia-t-elle. Et pour ce qui est des chansons qu’elle qualifiait elle-même de « lestes », telles Mon père avait un carré de pois, ou encore Bonhomme, en s’y rendant de la foère, l’a trouvé son lit tout foulé, elle se défendit de les avoir chantées « en compagnie ».
À notre curiosité de savoir qui lui avait appris Allant à la fontaine, mon pied coulit au fond, elle déclara à l’adresse des jeunes nièces présentes à l’entretien :

« C’était une petite jeune fille qu’était venue en vacances chez sa grand-mère ; a venait aux champs avec nous. On allait dans les prés bas ; et pis alors, y avait beaucoup de bergers qui y allaient et on allait se retrouver là. C’était ça, la vie ! »

Cette participation à la vie, elle l’affirme encore lorsqu’elle se souvient d’avoir appris de son aïeule Dans le pays de la Gâtine, o y a de bons gars, le mariant les filles quoique a n’o velant pas, chanson d’initiation et d’avertissement. La grand-mère la lui chanta alors que, sage et dévouée, Juliette la coiffait.

Une dialectique oral-écrit

Dans les années 1940-1950, encore, tenir son cahier de chansons allait de soi, à la campagne, et allait, naturellement, de pair avec le développement de l’enseignement religieux ou laïque devenu obligatoire. Le goût pour de « belles chansons, sans sous-entendus, sans « bêtises » surajoutées, sans barbarismes linguistiques, la préférence pour des versions canoniques révélaient une désaffection pour les chansons « sauvages et libres ». L’accès à l’écrit se généralisant, il devenait porteur de nouvelles valeurs, tout comme le solfège, expression écrite de la musique, avec un respect accru pour les auteurs, pour les œuvres elles-mêmes. La chanson écrite devait ainsi supplanter la production orale, devenant ainsi, par la fixation graphique « la » référence unique et obligée.
C’est contre cette « fixité » des chansons, contre ce cadre rigide qui les corsetait que je me suis littéralement « insurgée » dès que j’eus pris conscience de la variabilité des textes et des mélodies que me révélaient ma pratique du terrain et ma fréquentation assidue des chanteurs et autres ménétriers, des violoneux en particulier. Fixées, ces chansons trop souvent répétées, serinées à l’identique, ou quasiment, engendraient la monotonie, généraient ennui et bâillements, pour accéder finalement au statut de véritables scies, celles-là même qui se chantaient à tue-tête, dans les voyages scolaires de fin d’année, les feux de camp des mouvements de jeunesse des années 1940 et qui devenaient constitutives d’un néo-folklore national que les rencontres internationales (jamborees, échanges sportifs ou linguistiques) sacralisaient parfois, avec pour tops modèles, la si gentille Alouette que l’on plumait jusqu’au bout de la queue, la larmoyante Claire fontaine avec son rossignol haut perché et les malheurs du pauvre amant démembré de notre incontournable servante Perrine.
Cette véritable entreprise de réification de la chanson « populaire », calquée sur le postulat de la fixité des espèces avec leurs barrières, rejetait tout autre forme et déniait ainsi l’idée même de variabilité. Disons, pour faire plus simple que j’ai opté personnellement pour la fantaisie et que j’ai fui, autant que faire se peut, la répétition de clichés, tant en matière de choix littéraires que de textes de chansons.
Je n’eus aucune difficulté à faire comprendre mon point de vue à mes collégiens qui eurent à cœur d’apporter leur contribution à la collation de nouvelles chansons qu’ils n’avaient jamais entendues et qui, en outre, leur plaisaient. Il m’a été donné de constater que, bien souvent, les items choisis par eux n’étaient pas sans rapport avec leurs propres goûts, leur propre représentation de la vie et répondaient aux légitimes interrogations dont les adolescents ont le seul secret. Aussi me suis-je abstenue de les stimuler à rédiger un cahier de chansons, comme à ne pas chercher à s’en procurer à l’extérieur. Je me méfiais des cahiers et leur reprochais leur mutisme mélodique, même si, à l’occasion, y figuraient des mentions telles que : sur un air nouveau, ou sur l’air de La Paimpolaise, du Curé de Pomponne, ou même des Trois orfèvres. Moi-même, d’ailleurs, n’en avais-je jamais réalisé un seul ! Je les préférais, et moi comme eux, avec des airs plein la tête, et les mains libres au milieu de ce temple de la profusion de l’écrit qu’était notre établissement scolaire. Mais ceci ne devait durer qu’un temps.
En effet, à partir de 1977, je crus enfin venu le moment opportun de confier à l’écrit d’un médiocre cahier les multiples airs que j’avais en tête, ainsi que les différents apports des élèves. Je « protégeais » ainsi des versions de chansons aux variations parfois infimes, si infimes, justement, que la mémoire avait du mal à les retenir. Les nuances de certaines différences me permettaient d’établir et d’exposer la pertinence de la variabilité, qui n’était pas seulement due à l’usure des textes par la répétition et le psittacisme, ni à la déformation par la mémoire et l’oubli, bien que tout cela puisse intervenir dans certains cas.

Un travail de mémoire

C’est avec ce nouvel esprit que je « découvris » les cahiers de Madame Juliette Charenton, à son domicile. Nous y sommes revenus par trois fois et, en 1978, lors de notre dernière rencontre, nous avons feuilleté ensemble les quatre cent soixante-treize pages des sept cahiers qu’elle avait alors fini de rédiger.
Outre les deux cent soixante-six chansons transcrites avec une belle écriture régulière, elle signala quelques mélodies supplémentaires, mais dont les paroles restaient fragmentaires. Parmi celles-ci, je citerai Dedans la ville de Lyon, Dedans l’enfar qui bortoune, chanson « patoise » apprise dans le Subiet, auxquelles il conviendrait d’adjoindre quelques refrains à danser : Ils sont dans les vignes les moineaux, Sautez donc, vous n’y sautez guère (La Gâtinelle). Pour plus de clarté, il convient d’établir, d’une part, le travail fait autour de l’étonnant ouvrage de Madame Charenton, en 1977-1978, d’autre part, celui qui a abouti à notre réflexion d’aujourd’hui.
Comme c’était le cas de figure le plus fréquent à ce moment-là, il s’agissait pour nous de remettre en circulation quelques-unes de ces chansons auprès d’une population étrangère à ces thèmes. J’en prélevai alors douze selon des critères (humour, rythme) propres à intéresser des adolescents en classe ou en atelier d’élèves volontaires, parmi lesquelles :

- L’autre jour, un jour de foire (La mère Grégoire) ;
- Le bonhomme en s’y rendant du bois (L’âne mangé par le loup) ;
- Dans le pays de la Gâtine.

Outre ces chansons-là, d’autres m’intéressaient par leur « rareté », voire leur « étrangeté. Ainsi, je retins :

- Une coquette de Paris monte à son appartement (Le miroir d’argent) ;
- Le roi avait un fils, la reine avait une fille (thème de l’épine qui envahit la ville) ;
- Ol était un petit bounhomme qui mariait son feuilleri (Le cuilleri) ;
- La fiancée du pays de la Gâtine.
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J’en avais aussi retenu quelques-unes, beaucoup plus courantes, au titre d’exemple de la variabilité, parmi lesquelles, l’une des nombreuses versions du retour du soldat, après sept ans , une autre des Métamorphoses, comme celle, énumérative, du « petit bois ».
Le caractère vraiment exceptionnel de l’entreprise scripturale de madame Charenton ne m’avait pas échappé, d’autant qu’elle fit preuve de beaucoup de disponibilité et manifestait ostensiblement son souhait de léguer « un petit peu » de son savoir. C’est dans ce dessein que j’avais organisé, à l’intérieur même de ma salle de classe réservée à la musique, une petite exposition consacrée à ces cahiers, lesquels nous avaient été prêtés pour quelques jours, ainsi qu’aux différentes trouvailles de mes élèves.
La mise sous vitrine des différents items avait pour fonction de les « mettre en valeur » . Cette muséologie provisoire et assez improvisée était une sorte de mise en scène de souvenirs familiaux que j’entendais souligner autant pour les élèves que pour les adultes « visiteurs », et dont je pensais que les éléments exposés pouvaient concourir à leur construction identitaire collective, familiale d’abord, sociale ensuite. Ce fut également l’occasion de dresser l’inventaire des chansons, les répertoriant toutes, selon l’ordre où notre scribe et chanteuse les avait, elle-même, recopiées. Mais, pour notre opération de communication, j’avais sélectionné, suivant en cela les enseignements de Patrice Coirault, plutôt des chansons folkloriques ou parafolkloriques.

Des cahiers de chansons

Écrits d’une belle main, régulière et pratiquement sans fautes, les sept cahiers de Juliette Charenton sont de modestes pièces au format écolier auxquels elle a rajouté la pagination. Un premier cahier, rédigé à la plume, offre une palette variée d’encres : noire, bleue, verte, et violette, en revanche, elle semble avoir opté définitivement pour le crayon à bille de couleur bleue et, exceptionnellement, noire pour tous les autres.
Le « cahier vert » aux encres multicolores auquel elle ne cessait de nous renvoyer, compte tenu de ce qu’elle avait certainement compris de notre entreprise, est consacré à ce qu’elle appelle tout simplement « les vieilles chansons ». Il est le seul à présenter quelques ratures et surcharges : vers omis, tel autre jugé fautif et remplacé, couplets oubliés et portés en notes marginales, etc. Ces diverses maladresses sont le reflet de défaillances passagères et des efforts de mémoire pour restituer l’oral, ce qu’elle glose à sa manière :

« Quand je suis seule, ça me revient à la tête... Je tâche de rechercher car il y en a que je me rappelais plus bien. »

Ajoutons à cela, une division arithmétique de 10 par 12, œuvre de quelque petit-fils, tout comme deux lignes d’écriture syllabiques (la, la, la... va, va, va), et une chansonnette, Le Bonhomme Noël, dont elle a initié le titre et les deux premiers couplets et qu’a terminé une main enfantine.
Madame Charenton, en outre, fait référence à un deuxième cahier, à la couverture illustrée d’un motocycliste. Celui-ci contient, au milieu de quelques chansons d’un tout autre registre comme La Tourterelle, Aïda, L’Étoile du berger, une dizaine de textes dont elle a pu situer la provenance dans sa lignée familiale ascendante.
Un troisième cahier fera aussi l’objet de notre attention. C’est le seul auquel elle a attribué un titre : Rondes et comptines. « Sur les verts, sur les bleus, sur les oranges » en est le premier texte, court comme il se doit, inaugurant les vingt-deux pages de l’ensemble, à l’évidence, destiné à un très jeune public, à l’exception de deux autres items « Mon père voudrait m’y marier », sur les inconvénients du mariage, et « Mon père m’y marie à l’âge de quinze ans... avec un homme de quatre-vingt-dix ans », plainte d’une mariée contre son gré.
Si Juliette Charenton semble avoir concentré une grande partie de son répertoire oral, soit soixante-douze textes dans ces trois petits cahiers, en revanche elle a consacré les quatre derniers, d’une centaine de pages chacun :

- aux airs issus du répertoire lyrique, à l’exemple de Carmen (L’amour est un oiseau rebelle ) ;
- aux chansons enseignées dans le programme de l’école : l’Alouette (Allons prenez votre faucille) ;
- aux chansons réalistes du type L’Hirondelle du faubourg ( À l’hôpital, c’est l’heure de la visite) ;
- aux chansons revanchardes, telle Le Rossignol et l’Allemand (Au bord d’un champ de la frontière) ;
- aux romances de son époque comme Les Papillons (On s’est rencontré, le cœur plein de fièvre) ;
- aux véritables tubes qui transcendent les générations et parmi lesquels on reconnaît La Chanson des blés d’or, La Madelon, La Paimpolaise, Le Temps des cerises, et jusqu’à L’Eau vive d’un Guy Béart, sans parler de la théorie des scies, constitutives d’un folklore musical national et international : Au clair de la lune, Le Petit navire, Malbrought s’en va-t-en guerre, Quand Biron voulut danser, etc.

On l’aura bien compris, Juliette Charenton accomplit un réel travail de mémoire qui l’amène à une riche compilation qui pourrait paraître, certes, à première vue hétéroclite, mais qui rend compte plutôt de goûts éclectiques et de la conscience qu’elle manifeste par ce truchement de la nécessaire sauvegarde d’un patrimoine populaire chanté .
Face à cette panoplie de textes, somme toute importante, arrêtons-nous un instant sur les chansons revanchardes dont Juliette Charenton ne nous dira rien et qu’elle ne nous chantera pas. Certaines, dont Le Clairon, qui figure dans le quatrième cahier, sont l’œuvre de Déroulède et d’autres, vraisemblablement, des « frères siamois du caf ’conc’ », comme on les surnommait alors, Gaston Villemer et Lucien Delormel. Arthur Ranc , lucide, préfacier de leur Chansons d’Alsace-Lorraine , avait assuré, lui (page IV), que ces chansons « iraient loin ». Il ne s’était guère trompé.
Dans un tout autre registre, elle sera plus prolixe sur le répertoire lyrique représenté dans ses cahiers par plusieurs airs dont Mignon sur la rive étrangère qu’elle nous a chanté. Si elle connaît l’argument de Mignon pour l’avoir lu dans un livre de prix, elle reconnaît aussi que ce qui figure dans son cahier est tout autre chose que Connais-tu le pays où fleurit l’oranger. On se souvient que ce lied, Kennst du das Land, wo die Zitronen blühn que Goethe fait chanter à la blonde Mignon, dans son roman Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister a inspiré nombre de musiciens dont Franz Liszt ainsi qu’Ambroise Thomas qui l’a introduit dans son opéra Mignon créé à Paris, en 1866. Quant à Mignon sur la rive étrangère, il s’agit d’un morceau de salon pour piano et chant, intitulée Les Regrets de Mignon, mélodie de Frédéric Boissière et paroles de Villemer-Delormel (cité ci-dessus). Cette connaissance de d’art lyrique, elle la devait, en toute vraisemblance, à l’un de ses oncles qui, célibataire, participait aux activités de la Société musicale de Lusignan à laquelle il consacrait beaucoup de son temps en qualité de violoniste et de joueur de « baryton », et qui lui avait appris, dit-elle, « beaucoup de chansons ».
Un autre curiosité de ces cahiers est la présence accentuée de pierroteries selon l’expression empruntée à Georges Millandy , parolier mais qui se désignait lui-même comme chansonnier aphone, puisqu’il ne chantait pas les textes qu’il écrivait, si ce n’est qu’épisodiquement. En effet, les chansons de Pierrot connurent une vogue à la fin du XIXe siècle dans les cafés-concerts, et madame Charenton en a retenu trois : Pierrot voyageur (Un jour notre ami Pierrot) : Les Plaintes de Pierrot (Bonne vieille lune) ; Pierrot chante et meurt ( Pauvre Pierrot par sa belle éconduit). Anonymées, certaines chansons ressortissent à un répertoire d’origine scolaire. Ainsi, nous chantera-t-elle L’Alouette, ou encore La Moisson. Celle-ci figure avec la mention « sur une mélodie populaire bretonne » page 27 dans l’ouvrage de BOUCHOR Maurice et TIERSOT Julien (1932), Cinquante chants populaires pour les écoles..., Paris, Hachette. Quant à la première, déjà citée plus haut, on la trouve dans le fameux « Claude Augé », à la page 122 (cf. note 5).

Entre restitution et re-création

Cependant, quand bien même nous aurions identifié chacune de ces chansons avec le récit de leur émergence par leur auteur lui-même ou la date de leur création sur les scènes parisiennes, nous n’aurions rien dit sur les représentations qu’en avait Juliette Charenton. Les voies / voix qui les ont menées de Paris jusqu’à Lusignan par l’intermédiaire des petits formats ou des ouvrages de musique plus importants ne sont pas celles qu’a connues Juliette. Les chansons de diffusion nationale étaient passées par des voix connues, apprises oralement de l’oncle musicien, de l’institutrice aussi bien que de la famille ou des voisines.
Toutefois, la lecture des cahiers et de l’écoute des entretiens, donne à voir qu’elle a entrepris ce travail de copie et de reconstitution dès sa jeunesse en empruntant soit au cahier d’une autre fille, soit au Subiet soit à un périodique auquel elle était abonnée. Lorsque, bien plus tard, dans les années 1970 l’idée lui vient de recopier ses vieux cahiers, mais aussi d’y ajouter les « vieilles chansons » qu’elle a entendues au début du XXe siècle, elle n’a de cesse de trouver la version complète :

« J’étais bien obligée de refaire quelques paroles que je me rappelais pas.»

Cet acharnement à reconstruire s’applique aussi à la mélodie, à l’exemple de celle de la chanson des Sabiots qu’elle a apprise dans une revue et pour laquelle elle disposait de la notation musicale. En dépit de sa méconnaissance de la musique, elle est parvenue à mettre un air sur les paroles, en suivant la partition :

« On suit la musique un peu, on arrive quand même à trouver un air ! »

On aura compris que cette attitude « re-créatrice » est l’un des moteurs de la variation dans les chansons populaires.
Par ailleurs, elle fait usage du mot même de variante qu’elle utilise une fois pour distinguer l’une des chansons de deux autres du même thème ; la variation ne portant dans ce cas-là que sur la différence des refrains. Par deux fois au cours de notre enquête, elle reviendra, de façon allusive, à propos de En m’y rendant des noces, sur la question de la variation :

« C’étaient des Auvergnats qui habitaient à côté de chez nous, et eux ils la chantaient comme cela. »

Et, elle, de chanter le refrain, à la mode des Auvergnats.
Dans le même ordre d’idée, lorsqu’elle nous chantera La Chèvre, à la façon de sa mère, elle ajoutera en commentaire et avec une modalité dialectale, entraînée en cela par le caractère de la chanson :

« I l’ai entendu chanter, mais, après, c’était arrangé ! »

Comprenons par là, que si elle a connu une version locale exprimée en vernaculaire, elle a, par la suite, entendu cette même chanson littérarisée en français courant. Mais, l’intuition de cette « informatrice » au sens ethnographique avisé, ne s’arrête pas aux limites du texte et porte également sur la dénomination des chansons. En effet, comme j’étais familière des catalogues spécialisés tels ceux de Coirault et de Laforte , mon attention avait été attirée par certains titres parfois surprenants relevés dans ses cahiers. Aussi, ai-je souhaité m’entretenir à ce sujet avec Juliette Charenton. On sait bien, par expérience du terrain, que, le plus souvent, les interprètes ne donnent pas de titre à leurs chansons. Elle, elle avait résolu le problème à sa façon, ce qu’elle exprima fort bien en nous confessant :

« J’étais bien obligée d’inventer des titres quand il n’y en avait pas. »

Ainsi, peut-on établir une première typologie de ses « inventions » à partir des relevés des cahiers, qui témoignent d’une certaine créativité poétique. On pourrait tenter d’esquisser une hiérarchisation selon une gradation à partir de l’absence de titre (une seule chanson, dont l’incipit est : Belle avant de t’y quitter) qui pourrait représenter le degré zéro, jusqu’au plus complexe, en quelque sorte, consistant en un titre de pure invention à partir d’une interprétation sémantique du texte, à l’exemple de Après la lune de miel dont l’incipit est : Bonjour bonne maman, je suis dans la tristesse. Les autres titres, se répartissant entre ces deux pôles, en fonction de leur degré d’élaboration :

- simple anthroponyme (Perrine),
- segment d’incipit de chanson (Mon père avait),
- incipit de refrain (T’endormir ma bergère).

Il en est qui reflètent l’idée générale du texte (Au diable le vieux ; Les Amants trompeurs). Il est également bon de remarquer que Juliette Charenton a retrouvé des titres qui correspondent à ceux retenus par folkloristes ou ethnomusicologues : (La Chanson de la mariée ; Le Retour du soldat ; Les Métamorphoses). Cette intuition va de pair avec le fait qu’elle a souvent regroupé dans ses cahiers des chansons sur le même thème, ou sur des thèmes approchants.
Des deux-cent-soixante-six chansons, nous n’en avons enregistré finalement qu’une cinquantaine environ, celles-la même que, gestionnaire de sa propre mémoire, elle nous a dit tenir de sa famille élargie aux voisins et autres petits bergers. À travers ces productions symboliques d’une culture rurale de la vallée de la Vonne, c’est toute une représentation de la vie quotidienne, affective et sentimentale qui nous est offerte.



Dans le pays de la Gâtine o y a de bons gars
Le mariant les filles quoique a n’o velant pas

Quand je remue tout remue
Quand je roule tout va

Le mariant les filles quoique a n’o velant pas
L’autre jour l’en avant fiancé une quoique a n’y était pas

Quand je remue tout remue
Quand je roule tout va

L’autre jour l’en avant fiancé une quoique a n’y était pas
Mais quand a fut rendue a déchire le contrat

Quand je remue tout remue
Quand je roule tout va

Mais quant a fut rendue a déchire le contrat
D’être la mariée dit-elle, i n’o veu ja

Quand je remue tout remue
Quand je roule tout va

D’être la mariée dit-elle, i n’o veu ja
Il faut plier la taille et loger les soldats.

Quand je remue tout remue
Quand je roule tout va


NOTES

Nous disposons de plusieurs phonogrammes (Fonds Valière) réalisés au cours des enquêtes du 20 septembre 1977, d’août 1978, et du 7 octobre 1978.
Cf. mon article « Permanence de la chanson populaire de tradition orale », in Aguiaine, n° 228, janv.-fév. 2002, t.XXXIV, pp.7-23.
Sur la muséologie des « traditions populaires », cf. GORGUS Nina (2003), Le Magicien des vitrines : le muséologue Georges-Henri Rivière, Paris, Maison des sciences de l’Homme, 415 p. ( 1re éd. en allemand, 1999).
Je remercie ici, Mademoiselle Marie-Christine Planchard, alors conservatrice au Musée Sainte-Croix de Poitiers pour son concours efficace.
Cette chanson figure d’ailleurs dans le célèbre ouvrage pédagogique, maintes fois réédité : AUGÉ Claude (1891), Le Livre de musique, Paris, Hollier-Larousse, p. 122.
Sur le travail de mémoire, cf. JEUDY Pierre-Henry (1986), Mémoires du social, Paris, PUF.
Poitiers, sa ville natale, a dédié à cet homme politique (1831-1908) la rue qui conduit de la Poste centrale à la DDE et jusqu’à l’avenue de Verdun.
VILLEMER-DELORMEL (1885), Les Chansons d’Alsace-Lorraine, Paris, Bathlot, Marpon et Flammarion.
MILLANDY Georges (1939), Au service de la chanson, Paris, Éd. littéraires de France.
COIRAULT Patrice (1963), Formation de nos chansons folkloriques, Paris, Scarabée, vol. 4, p. 510. Du même auteur, cf. aussi le Répertoire des chansons françaises de tradition orale, révisé et complété par Georges Delarue, Yvette Fédéroff et Simone Wallon. Deux tomes sont déjà publiés par la Bibliothèque Nationale de France, le premier sur « la poésie et l’amour », en 1996, le second en 2000 sur « la vie sociale et militaire », enfin signalons la parution imminente du troisième.
« Au Québec, Conrad Laforte publia en 1958 une première édition d’un Catalogue qu’il devait ensuite augmenter, refondre et rééditer en 1977 aux Presses de l’université Laval, sous le titre : Le Catalogue de la chanson folklorique française. Pour cette entreprise littéralement titanesque et de portée internationale, exigeante de patience, de persévérance et de précision, il dut examiner plus de quatre-vingt mille variantes de chansons folkloriques françaises d’Europe et d’Amérique. Cette œuvre, comme celle de Coirault facilite l’identification de tout texte de chanson nouvellement recueillie et tend à favoriser le développement des études comparées du répertoire oral » (VALIÈRE Michel (2002), Ethnographie de la France..., Paris, Colin, p. 112).
Madame Charenton a bien écrit "plier la taille et loger les soldats" dans son cahier. Patrice Coirault, dans son Répertoire, vol. II, p. 268, dans la rubrique 60, sous le numéro 6007 : « La belle qui déchire le contrat » signale deux autres versions retrouvées par ses soins en Poitou (les seules d’ailleurs du Répertoire) et, dans l’une des deux,on trouve : payer la taille et nourrir les soldats, ce qui entraîne un sens différent, bien entendu.
Cette nouvelle version, la troisième pour le Poitou, en l’absence de toute autre en France, sauf erreur, confère à cette chanson une identité poitevine, et même « gâtinaise ». Ce fait est suffisamment rare pour être signalé.


Michèle Gardré-Valière: Texte paru dans AGUIAINE, n° 240, janv.-fév. 2004, p. 23-36; communication lors du 9ème Colloque d'ethnologie et de dialectologie, les 18-19 àct. 2003, à Saintes (Charente-Maritime).

vendredi, 01 décembre 2006

La poule noire pond dans l’armoire ; la poule blanche pond sur la planche

Dans un vieux bourg des Brandes poitevines, j'ai noté naguère (1965) sur un petit bout de papier les deux vers donnés en titre à cette note... Il s'agit de vers extraits, je suppose d'une berceuse que Patrice Coirault, lui, a choisi de classer dans "divers", sous le numéro 75004, La Petite poule grise, dans son Répertoire (T.II, p. 418) et elle figure également dans le Catalogue de Conrad Laforte (IV, Ma-42 La poulette grise), au Québec.
Je n'ai noté que ces bribes, et je sais que ce texte était bien connu dans l'Ouest mais aussi dans le Centre et dans l'Est de la France.... puisqu'il figure avec de nombreuses variantes dans les compilations des deux siècles derniers.
Ceux que la poésie enfantine ne rebute pas, pourront à loisir apporter leur propre version (pas celle des recueils, la
chanteroleuse des boijas de Belvert s'en charge)... Et si vous ne connaissez pas de version personnelle, eh bien inventez-en une, pour votre plaisir, pour le nôtre.