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ETHNOLINGUISTIQUE

  • Notre blog "Cultures et territoires" est ouvert sur le monde, naturellement... Quelques mots "tirés de nos cartons et vieux papiers" sur les Acadiens, chers aux Français de l'Ouest, et à tous ceux qui ont histoire et identité chevillées au corps.

    Mobilisations identitaires d’Acadiens

    *

    par Michel VALIERE

    « Une inconsolable plainte tient lieu de l’origine » écrit Paul Chamberland le poète rebelle, combattant et universitaire québécois. L’évocation des bûchers de Montségur pour les  militants occitans, la déportation et les camps d’extermination pour les Juifs d’Europe, le Grand Dérangement pour les Acadiens font partie de ces événements historiques d’une « mémoire longue » chère à Françoise Zonabend, qui se sont gravés à jamais dans la mémoire collective. Faire écho à l’un de ces événements-matrices (le mot est de l’historien Emmanuel Leroy-Ladurie) suffit à réveiller, stimuler, parfois exacerber un sentiment d’appartenance à un groupe qualifié de minoritaire, c’est-à-dire d’une façon ou d’une autre dominé par un ou des groupes tiers. Rappelons qu’il n’y a pas, sauf erreur, de définition en droit international du concept de « minorité » ; il est de la responsabilité de chaque État de reconnaître ou non telle minorité, cette reconnaissance se faisant selon des critères culturels, « ethniques » ou religieux,  et parfois sur des langues dites minoritaires. Les gouvernements, en effet, redoutent l’activisme de groupes humains susceptibles de remettre en cause les frontières dans une perspective irrédentiste. L’usage d’une langue spécifique (le basque, le catalan, l’occitan dans l’un de ses dialectes, le yiddish, le « français » acadien...), n’étant que l’un des critères parmi d’autres de la perception d’une différence communautaire, peut devenir insupportable aux yeux d’un  groupe dominant.

      Dans cette communication, je me propose, en m’appuyant sur ma propre expérience de relations suivies avec nombre d’Acadiens (et de Québécois) depuis 1972, ainsi que sur des « documents patrimoniaux1 »,  de présenter l’émergence itérative d’une conscience identitaire chez les Acadiens, notamment parmi la jeunesse, en butte à un pouvoir régional tenu depuis plus de deux siècles par des notables anglophones et pour la plupart francophobes. Ceux-ci représentent la puissance politique et économique ainsi que la domination sociolinguistique par déni du français (langue historique des Acadiens) et son rejet au rang de patois désuet, le « french patois » (sic),  en regard de l’anglais international, vecteur de « pensée unique » (Hagège, 2012). Cette situation, autant injuste que révoltante, exacerbe en conséquence le sentiment d’acadiennité et, par delà, exalte des sentiments nostalgiques d’une histoire confisquée. Toutefois, le biculturalisme, devant s’appliquer depuis 1993 à tout le Canada, s’impose désormais, bon gré mal gré, au Nouveau-Brunswick. La situation y semble aujourd’hui un peu mieux équilibrée et permet au « miracle acadien » (Martin, 1936, p. 45), déjà extraordinaire et émouvant par son attachement à sa religion et à la France, d’envisager une communauté de destin avec d’autres.

    A. Une terre disputée

    Rappelons que les Acadiens descendent de laborieux migrants provenant essentiellement de la France de l’Ouest à partir de 1604 et qui se sont installés  et ont essaimé dans les régions maritimes qui ont pour noms aujourd’hui Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Ecosse, Île-du-Prince-Édouard. Ils ont été et demeurent des victimes de l’histoire du Nouveau Monde, et surtout des conflits qui ont déchiré les colonies françaises et les colonies anglaises qui convoitaient les mêmes terres déjà mises en valeur par les paysans et artisans émigrés de France. Les Anglais demandant que les Français prêtent serment à la couronne d’Angleterre, les Acadiens refusèrent car ils voulaient rester neutres. En 1755, le gouverneur anglais craignant une résistance  décida de saisir leurs fermes et de déporter 12 000 personnes vers le sud du Nouveau Monde et même en Europe...

      Voici pour mémoire un extrait d’une lettre du gouverneur Lawrence au colonel Monkton en date du 9 août 1755, publiée dans The New-York Gazette, le 26 août 1755, puis dans The Pennsylvania Gazette, le 4 septembre de la même année (ibid., p. 284) : « Nous formons actuellement le noble et grand projet de chasser de cette province les Français-neutres qui ont toujours été nos ennemis secrets et qui ont encouragé nos sauvages à nous couper la gorge. Si nous pouvons réussir à les expulser, cet exploit sera le plus grand qu’aient accompli les Anglais en Amérique, car au dire de tous, dans la partie de la province que ces Français habitent se trouvent les meilleures terres du monde. Nous pourrions ensuite mettre à leurs places de bons fermiers anglais... »

       Ces fameuses terres, en effet, sont au cœur des hypothèses en cours concernant le nom d’Acadie. L’une d’elles pose que la beauté de l'endroit aurait incité l’explorateur à se croire dans l’Arcadie paradisiaque de l'ancienne Grèce.Une autre prétend que le nom « Acadia » ou « Arcadia » proviendrait de paroles des Amérindiens que Giovanni da Verrazzano rencontra lors de son voyage. En effet, ceux-ci répétaient le mot « Quoddy » ou « Cadie » pour désigner le lieu qui les entourait. Enfin, une troisième interprétation, extension de la précédente, voudrait que « La Cadie » soit une adaptation française d’un mot indien emprunté aux Micmacs pour désigner une terre fertile. Ce nom figure dans l’incipit d’une chanson recueillie en 1916 et rapportée dans l’un de ses ouvrages par le folkloriste Marius Barbeau (Barbeau, 1962, pp. 227-228) : « Dans La Cadie luy a / quatre-vingt-dix Cayennes/ Un soir se promenant/avecque leur chandelle/Dans leur chemin rencontr’ le roi de l’Angleterre [...] Le roi prit son épée/La belle sa quenouillette/D’un coup de quenouillette jeta le roi par terre [...] »

      Objet de convoitise des Anglais, l’Acadie pourtant ne s’est pas faite toute seule. Ses terres fertiles ne l’ont été que grâce à l’opiniâtreté et au savoir-faire des nouveaux arrivants qui les ont vaillamment disputées aux eaux salées par l’endiguement des marais et la construction d’aboiteaux, lesquels représentent l’une des marques identitaires des premiers Français gagnant des terres arables aux dépens de la mer, évoqués dans l’histoire orale (Cormier, 1978, p. 11). Mais c’est aussi un « peuple », selon l’affirmation péremptoire de l’ethnographe et romancière Antonine Maillet : « Les Acadiens sont un peuple, et un peuple est plus fort qu'un Pays. Un Pays est une institution, mais un peuple est plus fort qu'une institution, car il a une âme, il a des rêves, il est vivant. » Cette position de la folkloriste est quasiment reprise en boucle à travers les médias, comme définitoire de l’Acadie contemporaine. Je me permets d’ajouter que ce « peuple » en 1881 s’est choisi pour emblèmes : la journée mariale du 15 août pour fête nationale ; le cantique catholique Ave Maris Stella pour « chant national » ; enfin le drapeau tricolore (français) agrémenté d’une étoile d’or piquée dans le bleu « représentant la renaissance et la vitalité du peuple acadien » dans la paix. Paix qu’expriment un siècle plus tard ces quelques vers de la chanson d’Édith Butler et Lise Aubut2 : « J'ai jeté dans la rivière/les fusils de la guerre/car l'amour est bien plus fort /que les canons de la mort / Moi qui suis d'un pays/ qui fut brimé qui fut trahi/moi qui suis d'un pays/qui ne connaît pas l'oubli/À vivre notre histoire /de tourments et de peines/à vivre notre histoire/ qui ne connaît pas la haine/Malgré le vent qui mord/ et les chiens affamés/ malgré le vent qui mord /et les loups de tous côtés.»

    B. Un peuple, une langue et des rêves 

    Force est de reconnaître que plus de deux cent cinquante ans après les événements particulièrement violents de la Grande Déportation, les ressortissants d’une culture réputée ancestrale et francophone, qui avait su nouer des relations pacifiques avec les premières nations sur place, sont encore bien vivants et se pensent fondés à se présenter sous la forme pronominale de « nous », les Acadiens. Aujourd'hui, plus de deux millions de personnes se réclamant d’une origine acadienne occupent la terre d'Amérique, dont près d’un million sont implantés au Québec.

      Mais cette situation multiséculaire actualise aussi une situation d’anomie, de « désorganisation sociale » et parfois de démoralisation des individus, contraignant ceux-ci à une existence parfois perçue comme privée de signification puisque ne pouvant se reconnaître dans un État-nation autre que le géant canadien. En effet, aucun territoire stricto sensu ne peut être revendiqué actuellement comme représentant l’Acadie. L’Acadie, « ils l’ont dans leur tête » me rétorquera, questionné à ce sujet, l’un des maîtres qui contribuent avec quelques autres à configurer la culture acadienne par l’examen minitieux des faits ethnographiques et notamment de la littérature orale (Labelle, 2008). Tous les facteurs historiques évoqués sont naturellement peu propices à la reconstruction identitaire du « groupe initial », à sa créativité comme à toute perspective de développement cohérent sur un territoire mal défini, aux frontières impalpables et au sein duquel chacun au fond ne peut que se sentir étranger, disons dans une Tour de Babel langagière. Y règne quasiment sans partage l’anglais aux côtés du français, du chiac anglais  ou chiac français, selon le point de vue, et parfois même du joual québécois. Et ce d’autant plus que des descendants des colons venus de France n’ont plus qu’un lointain souvenir de la langue et se présentent désormais dans des termes tels que « I am Acadian » ; ou comme ce témoin déclinant son identité sous forme d’un chiasme : « Je suis français acadien ; canadien français ! » Parfois encore, c’est « Je suis québécois acadien, ou acadien du Québec ! » Dans ces conditions, la notion de « minorité » apparaît peu appropriée dans certains des contextes sociaux et culturels où se trouvent engagés des Acadiens  fiers de l’être, à l’image d’une admiratrice laissant pour tout commentaire à la suite d’une vidéo (consultée en ligne) du Cadien de Louisiane, le très célèbre chanteur Zachary Richard : « Fière d’y être acadien ? Well moé oui ! »

      La question linguistique, qui a toujours été centrale pour les Acadiens de tous les horizons, suscite chez eux des débats passionnés aux accents parfois très émouvants. En effet, l’Acadie qui tente de maintenir le français, en milieu dominant anglophone, fait généralement l’admiration reconnaissante de Français de France pour une telle fidélité au pays du départ depuis l’Ancien Régime. Toutefois, on peut assister en même temps à la surrection, voire au développement du chiac. Celui-ci, parfois désigné comme « notre dialecte »,est aujourd’hui revendiqué avec force par certains jeunes Acadiens comme étant leur parler propre, dans une société contemporaine où l’anglais occupe une place prépondérante et jouit en outre d’un statut international, comme langue de l’économie, du commerce et de la science. À ce sujet, déjà en 1968, le prestigieux cinéaste québécois Michel Brault avait réalisé le film Éloge du chiac3qui avait eu un impact considérable dans les milieux acadiens. Quarante années plus tard, la cinéaste Marie Cadieux a retrouvé les collégiens qui avaient pris part au film et les a réunis à nouveau, sur le même sujet, faisant ressortir des regrets chez certains de ne pas avoir su s’impliquer davantage dans l’apprentissage et le maintien de la langue commune, le français et son dialecte local, le chiac pourtant connue dans leur famille, mais pas toujours pratiquée. La cinéaste confiera au journaliste du Nouvelliste, François Houde4 : « À tous les jours, à Moncton, où j'habite, c'est un acte presque politique que de parler français et c'est loin d'être terminé. Pour moi, il n'y a pas de mesures à prendre pour protéger le chiac. C'est une langue parlée et une langue qui va toujours se parler. Ce qui compte, c'est que chacun puisse s'exprimer à sa façon. »

      Depuis deux ou trois décennies, cette double ou même triple aptitude langagière est désormais utilisée sans complexe et même avec jubilation, non seulement comme instrument quotidien de communication, mais aussi dans leurs créations par des artistes et des groupes en tant que composante de la culture collective acadienne contemporaine. Je ne veux retenir pour l’exemple que les ensembles 1755, Radio Radio ou les Méchants maquereaux qui tous écrivent et chantent avec bonheur en chiac, et se font connaître au monde par les réseaux sociaux dont les jeunes sont adeptes et friands. Ils apportent ainsi au monde leur pierre à la « diversité », dans la lutte contre l’esthétique et la pensée uniques (Hagège, 2012).

    C. La tentation diasporéique

    Mais pourquoi après avoir fondé la première colonie en Amérique du Nord, « ce peuple » doit-il encore lutter pour dire à la face du monde qu'il existe toujours et qu’il faut encore compter avec lui ? Des chercheurs, ethnographes et anthropologues, gens de lettres, s’appliquent depuis près d’un siècle à recueillir des empreintes, les traces des traditions, des histoires familiales, comme pour légitimer l’existence d’un grand Tout détruit, puzzle susceptible d’une relecture post-moderne pour un devenir en puissance. Parmi eux, citons feues Lauraine Léger et Catherine Jolicœur, Charlotte Cormier, Barry Ancelet, Ronald Labelle, Jean-Pierre Pichette, le Père Chiasson, le folkloriste et historien de l’Île-du-Prince-Édouard, Georges Arsenault, lequel vient de faire paraître en janvier 2011 aux éditions La Grande Marée un nouveau livre sur les traditions acadiennes, intitulé La Chandeleur en Acadie5 qui fait suite à deux volumes sur les thèmes de Noël (2005) et de la Mi-Carême (2007).

     De son côté, intrigué, le cinéaste québécois André Gladu6 est parti à la rencontre d’une grande foule d’Acadiens pour chercher à comprendre l'esprit qui anime ce « peuple » et à retracer son histoire singulière au cœur du continent américain. Aussi présente-t-il dans son film Tintamarre, la piste Acadie en Amérique7, de fascinants personnages, pour qui la défense de la culture acadienne demeure la préoccupation et l'œuvre de toute une vie. En effet, le 15 août des Acadiens est marqué par le Tintamarre, fête identitaire, et dont le bruit est devenu le cri de tout un peuple « pour ne pas se faire oublier » tant est grande chez un certain nombre de personnes la tentation d’uneassimilation, considérée comme une posture fataliste pour ceux qui craignent de ne pas pouvoir accéder à un emploi doté d’une certaine valeur sociale. Ainsi, des gens poussés par les contraintes économiques, la peur de l’avenir, alors même qu’ils ne souhaitent pas oublier, encore moins nier leurs origines, subissent littéralement un double bind. Celui-ci, générateur d’angoisse et donc de souffrances se transmet au fil des générations à travers les différents espaces où survivent comme « minorité » les descendants des exilés acadiens. Aussi semblent-ils, pour nombre d’entre eux, enclins à la tentation diasporéique.

      Mais est-il légitime de parler de « minorité acadienne » plutôt que de « diaspora », au sens que ce terme8 a pris dans la langue française sous la plume d’Ernest Renan dans son Histoire du peuple d’Israël (Paris, Calmann-Lévy, 1892, t. 4, p. 215) ? En effet, l'Acadie, revendiquée comme nation d’attachement de cœur et d’une histoire partagée, actuellement mal définie dans des frontières étatiques reconnues, est représentée par des communautés généralement francophones, éparses dans l’espace politique du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle Écosse, de la Louisiane, mais pas seulement. En fait, l’Acadie se présente aussi  comme un ensemble de petites communautés ayant essaimé en raison des vicissitudes et de la violence de l’Histoire. Ces deux critères à eux seuls légitiment que soit appliquée aux Acadiens le terme de diaspora. En effet, un passé dramatique, une crise économique,  une famine, un exode, une « épuration ethnique », une guerre de conquête interethnique, politique ou religieuse, peuvent aboutir à la dispersion de populations et c’est la totalité des membres dispersés qui crée par cette migration, indépendamment des générations concernées, une nouvelle communauté transnationale plus ou moins homogène, susceptible d’exprimer un sentiment d’appartenance affirmé (Valière, 2003). L’Histoire en a voulu ainsi pour l’Acadie qui est donc, depuis bientôt trois siècles, confrontée à la question de sa reconnaissance tant au niveau national qu’international.

     Et c’est à ce niveau que le travail de mémoire se poursuit en investissant autant les lieux du drame que ceux des territoires de refuge et de réinstallation, parfois par le truchement d’événements culturels relevant de la living story, l’histoire vivante, en reconstituant pour mieux la faire appréhender la violence de la déportation de familles françaises pourtant neutres et pacifiques. Aussi, une série de monuments ont été érigés au Canada atlantique (provinces maritimes), au Québec, aux États-Unis, en France, en Angleterre et aux Antilles. À lui seul, le Canada comptera dix monuments, le dernier en date étant, sauf erreur, celui implanté en 2011 par la Ville de Bécancour au Québec dont on sait que, dans le dessein de commémorer le 250e anniversaire de la Déportation, elle a provisionné 35 000 $ pour faire l'acquisition de ce monument « d'une quinzaine de pieds fait de marbre et de bronze ».

     Loin d’oublier leur propre culture et à la recherche d’une cohésion forgée dans l’épreuve, les diverses communautés acadiennes aux États-Unis (Louisiane, Maine), au Canada (« minorité » au sein de la « minorité québécoise », par exemple) ou en France, cultivent une mémoire collective, en créant des cercles de sociabilité pour supporter la solitude de l’éloignement, restructurer leur groupe, conforter les identités. Sans la mise en place de réseaux d’échange et de solidarité, ces populations perdraient, par la pression du contexte, comme par les inter-mariages, identité et compétences linguistiques avec des risques de pertes et d’hybridations ; il en est souvent ainsi pour les langues « diasporisées ». Certes, toutes les migrations internationales ne sont pas vouées à produire des ensembles durables constitutifs de diasporas. Mais il apparaît que les cultures en sont venues à se différencier en raison des nouveaux contextes et à poursuivre leur dynamique propre. L’opposition lexicale cajun/cadien venant sceller définitivement cette distinction, la musique cajun ne se laissant pas confondre avec la chanson acadienne emportée dans l’élan de la chanson québécoise avec ses grands noms.

      En France, et singulièrement dans la région Poitou-Charentes, où l’on est très sensible à la culture populaire des Acadiens, si l’on signale des lieux de départ vers le Nouveau-Monde, comme dans le Loudunais, avec le petit musée de La Chaussée (dans la Vienne), c’est surtout le retour des Acadiens en Poitou, dans le Châtelleraudais, qui fait l’objet d’une attention particulière. Ainsi le musée acadien d’Archigny a investi l’une des fermes où s’était installée une famille de retour. L’État, de son côté, a inscrit, au titre de la loi de 1913 sur les Monuments historiques, deux « maisons acadiennes » parmi la trentaine encore existantes sur la Ligne Acadienne, portion de la Route départementale 9 entre La Puye et Archigny. Le Conseil général de la Vienne ainsi que le Conseil régional de Poitou-Charentes développent et soutiennent des actions en faveur des associations et des autres structures qui font le lien avec des institutions et groupements acadiens, dans l’espoir d’échanges culturels9 et économiques, espoir condensé dans le titre donné à un DESS soutenu à la Faculté de sciences économiques de Poitiers « Nos cousins d’Amérique : une chance pour le Poitou-Charentes Charentes»(Bouly, 1992).

      Mais, outre les diverses actions de commémoration de par le monde, des rassemblements sont organisés en vue de la structuration du peuple acadien, de l’analyse de cette société morcelée, de la dynamique de sa culture, de l’affirmation de son identité et de sa langue avec ses variantes. Les soutiens ne manquent pas, à l’exemple de celui de l’État du Maine qui s’est engagé à verser un million de dollars pour l’organisation10 du Congrès mondial acadien de 2014. L’événement, très attendu, devrait attirer plus de 50 000 visiteurs en Acadie des terres et forêts, soit le nord du Maine, le nord-ouest du Nouveau-Brunswick et le comté de Témiscouata, au Québec. Par ailleurs, les organisateurs espèrent toujours recevoir un financement fédéral de Washington.

    Conclusion

    Quelle place pour l’Acadie et les Acadiens, disons pour l’Idée acadienne,  dans le concert des nations et de la francophonie en particulier ? On imagine bien la difficulté d’apporter une réponse définitive à cette question légitime. En effet, l’Acadie, extraterritoriale, doit, d'une part, trouver les moyens de préserver et développer une identité propre sans le secours, qui la rendrait dépendante, d'un État exclusif et dans les conditions difficiles que l’on devine par la forte pression de cultures autres, concurrentielles, disposant de moyens beaucoup plus imposants que les siens et jouissant d’un prestige mondial certes contestable ; d'autre part, elle doit aussi composer avec des cultures et des communautés nationales, voire internationales, parfois démographiquement plus imposantes, dont elle espère reconnaissance et légitimation. Enfin, comment l'Acadie, fille métisse de l’Europe et du Nouveau Monde, sous sa forme de diaspora transcontinentale, peut-elle aussi contribuer à l’établissement et au partage de valeurs universelles cohérentes avec son histoire propre.

     


    1 Cette notion figure explicitement dans la Loi sur le patrimoine culturel au Québec (adoptée le 19 octobre 2010) pour désigner, selon le cas, un support sur lequel est portée une information intelligible sous forme de mots, de sons ou d’images, délimitée et structurée de façon tangible ou logique, ou cette information elle-même, qui présente un intérêt pour sa valeur artistique, emblématique, ethnologique, historique, scientifique ou technologique.

    2 Cette chanson, interprétée en 1978 par Édith Butler sur le disque L'Espoir (collection SPPS ; n° PS-19904), m’a été communiquée par l’ethnomusicologue Charlotte Cormier, la même année. Qu’elle en soit ici remerciée !

    3 Le chiac, ou langue chiaque,  se définit comme la langue parlée dans la région de Shédiac et de Moncton, au Nouveau-Brunswick, distincte du français acadien. On le dit fait à partir de la syntaxe du français et  du point de vue lexical avec des « mots vieillots ou archaïques » et des « intrusions d’anglicismes. »

    4 http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/arts-spectacles/201001/27/01-943441-on-ne-rigole-pas-avec-la-langue.php

    5 La Chandeleur, célébrée le 2 février en l’honneur des relevailles de la Vierge Marie, était une journée importante du calendrier religieux et social en Acadie. Dans certaines régions, elle était même l’une des plus grandes fêtes de l’année.

    7Réalisé en 2004, ce long métrage (79 min 42 s) est entièrement consacré à la vitalité de la culture acadienne.

    8 Forgé à partir de diaspeirein, « disperser, disséminer», ce terme figurait dans les Septante, pour désigner la situation de communautés juives implantées en Égypte, au IVe siècle av. J.-C., et soumises à une acculturation. Les Juifs adoptèrent alors la koiné (langue banalisée), qui allait supplanter l’araméen et l’hébreu. Pendant longtemps, la diasporahébraïque (avec « D » majuscule) a été considérée comme l’archétype de phénomène migratoire à grande échelle.

    9 Il en est ainsi du festival Les Cousins d’Amérique (Québec ; Acadie, Louisiane) organisé pour la quatrième fois en 2011 par l’association Laeta, dans les communes du Loudunais. Il réunit conteurs et musiciens et programme des concerts, spectacles, projections de films, etc.

    10 En quatre versements égaux, pendant quatre ans, au comité organisateur dudit Congrès.

    RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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    Les Temps Modernes (1973), n° 324-325-326 : « Minorités nationales en France ».

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  • France Culture : émission spéciale langue occitane à Béziers, écouter ici.

    France Culture : émission spéciale langue occitane à Béziers

    Pour sa 8ème étape sur la route des villes en campagne, France Culture avait choisi Béziers vendredi 28 février  2014 pour une émission « Sur la route » entièrement consacrée à la langue occitane. Invités de l’émission, Benjamin Assié et Philippe Hammel (CIRDOC), le groupe Mauresca ainsi que le chanteur Joanda ont livré leur vision de la culture occitane. Une belle émission à écouter ou réécouter en cliquant ici :

    http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4806080

    Bonne écoute !

  • Vous suivez ce blog; peut-être aussi l'actualité ethnologique. Alors vous aimerez le catalogue des publications du CTHS...

    Amis lecteurs et visiteurs, ouvrez sans crainte ce lien que l'ami Daniel Schweitz a zeu la bonne idée de communiquer pour l'ethnoblogue. Les collègues et amis du CTHS (commission 7, anthropologie... et langues régionales) apprécieront votre visite et votre intérêt.

    http://cths.fr/_files/ed/pdf/cat14_ethno.pdf

     

    Bonne lecture; bonne découverte !

  • L'Atlas linguistique des Petites Antilles Volume II est paru, au CTHS.

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    Comme pour toutes les langues vivantes, deux discours s'opposent. En effet, soit on insiste davantage sur l'intercompréhension évidente en considérant que l'on est en présence d'une seule et même langue, soit on accentue les inévitables différences (les variations géographiques du langage!) pour parler de dialectes voire de langues distinctes (l'impérieux besoin de distinction !). La meilleure façon de se mettre d'accord était d'affronter sur place les réalités ; C'est donc ce qui a motivé le projet des deux savants linguistes, éditeurs scientifiques : Jean Le Dû et Guylaine Brun-Trigaud.

    A partir d'un questionnaire de 467 mots et phrases sur diverses thématiques (météo, nature, vie sociale...) des enquêtes sur le terrain ont été réalisés par des étudiants de créole de l'Université des Antilles et de la Guyane, sous la direction de Robert Damoiseau. Ainsi les observations ont porté sur un ensemble d'îles des Petites Antilles ; Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Guadeloupe, marie-Galante, La Désirade, Les Saintes, La Dominique, La Martinique,Sainte-Lucie, Trinidad. Ajoutons à cela une enquête-témoin effectuée sur le continent américain à OIapoque, paroisse créolophone du Brésil, située à la frontière de la Guyane.

    Ce nouvel ouvrage, deuxième et dernier volume, s'adresse aussi bien aux spécialistes qu'à un plus large public qui, bien que ne connaissant pas forcément le terrain considéré et n'étant pas familier de la géolinguistique, pourra, à l'aide de précieux commentaires accompagnant chaque carte, appréhender la richesse des données recueillies et ainsi restituées à tous.

    Editeur CTHS  (  selec.php?sc=ed  )

    ISBN : 978-2-7355-0809-9

    Date de Parution , ce jour, 16/12/2013

    Prix : 45 €    404 pages . Format: 24 X 32 cm; illustré et broché.... ventes@cths.fr

    Distribué par la SODIS; F30880.9

    Chez votre libraire classique que nous vous recommandons.

    (Nous nous permettons de rappeler que le volume I est toujours disponible au CTHS ou /et chez les libraires classiques.)

     

  • Septembre 2013 : Le Dossier n° 5 du CHERCHEUR d'OR, à Saint-Junien en Limousin est paru...

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    "... Mis en forme, éclairés par de judicieuses notes et largement illustrés, les Mémoires de Marguerite plongent le lecteur dans le quotidien de la vie à Saint-Junien au début du XXe siècle. Témoignage d’autant plus précieux qu’il est celui d’une femme, d’une femme née dans le milieu des ouvriers les plus modestes, qu’il émane donc de celles et ceux qui ont rarement pris la parole, et moins encore la plume. C’est en outre un témoignage d’une grande sincérité : sincérité de la  langue, celle parlée par les Saint-Juniauds dans la première moitié du XXe siècle, avec ses formules héritées du « patois » et ses tonalités chantantes, au point qu’en lisant Marguerite Delabracherie, on croit l’entendre. Sincérité aussi des sentiments chez cette femme au caractère bien trempé : nul apitoiement, par exemple, dans le récit d’une vie commencée sous le signe de la misère et du malheur.

     

    Mais le plus attachant est sans doute la simple et légitime fierté qu’éprouve Marguerite à raconter sa vie à son petit-fils... "(Extrait de l'avant-propos de présentation par le président de l'association Les Vieilles Pierres, Frank Bernard.

     
    Mémoires de Marguerite, ouvrière saint-juniaude, 1889-1989 / [Marguerite Delabracherie] ; établissement du texte par Bernard Besson ; avec le concours de Jean-René Pascaud et Michel Valière pour les notes, les commentaires, la bibliographie et l'illustration ; [avant-propos de Frank Bernard; texte de Michèle Gardré-Valière].
    Editeur : Saint-Junien : Société des vieilles pierres, 2013. Collection : Les Dossiers du Chercheur d'or ; 5.
    Notes; Bibliogr. p.67-68.

    On peut se  procurer ce Dossier n° 5  à La Maison de La Presse, Rue Lucien Dumas à Saint-Junien (70 pages ; 12 €), ou auprès de la Société des Vieilles Pierres en Ville.

    On peut aussi le lire ou le consulter aux Archives municipales,

    ainsi qu'à la Médiathèque municipale : 843.03  LIM.

  • Sur quelques noms de coiffes anciennes du Centre-Ouest

    Cœurs, caillons ou pantines

    Approche ethnolinguistique des coiffes féminines dans le Centre-Ouest de la France

    Lors de notre toute première enquête ethnographique dans un petit village du Haut-Poitou, au cours de l’automne 1965, nous avons pu entendre Marguerite, une dame d’un âge, à l'époque, fort avancé – nous sembla-t-il alors ! – chanter une ronde dansée qui lui paraissait si niaise qu’elle n’entrevoyait surtout pas l’intérêt de la recueillir ou de la reconstituer, encore moins de l'enregistrer ! Elle commençait ainsi :

    La mère Fanchette qu’arrive,

    La mère Fanchette qu’arrive,

    Avec son caillon

    Lirelirelirelon

    Avec son caillon,

    Lirelon…

    Entrons-y dans la danse… Etc…

    Pourtant c’est ainsi que nous découvrîmes pour la première fois ce petit mot de caillon, que nous avons (ultérieurement et sous d’autres plumes) trouvé noté cayon, pour désigner un couvre-chef rural féminin, dit aussi coiffe ou coefi  dau Poetou. Notre quête de la culture orale sur ce territoire allait se prolonger par une curiosité illimitée sur la culture matérielle, mais aussi et surtout sur l’immatérielle, ce premier petit texte actualisant ces deux volets : chanson, danse, ronde, jeu d’enfant, mais aussi costume et coiffe en particulier. Autant dire que ce banal « appeau » allait nous prendre au piège pour une vie entière. Mais, parlons plutôt « chiffons », disons coiffes !

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    Portrait de femme coiffée d’un caillon sur fond matelassé du Gencéen. © Tous droits réservés.

    Tout le Grand Ouest, du Pays de Caux à l’Aquitaine, a su développer du XIXe siècle jusqu’aux premières décennies du XXe une lingerie spécifique en matière de création et d’entretien de coiffes féminines, prisées dans les milieux ruraux. Les cartophiles, comme les familiers des festivals de folklore savent reconnaître, distinguer et nommer une belle et riche cauchoise normande d’une pimpante sablaise vendéenne, ou d’une austère et monumentale bigouden, souvent considérée comme emblématique de la Bretagne elle-même. Quant à la mothaise qui n’a rien à envier aux hennins des dames de jadis, elle le dispute en élégance  à ses voisines, la malvina de Ménigoute (Deux-Sèvres)  et les pantines de Neuville et Mirebeau (Vienne). Ce patrimoine vestimentaire d’essence féminine est aujourd’hui sous la sauvegarde de Musées de France dont le MUCEM à Paris et ceux de Niort, Châtellerault, Poitiers, Saintes, Thouars. Des musées locaux, associatifs, publics ou privés, grâce à la passion de collectionneurs, présentent régulièrement leurs « trésors » ou lors de manifestations spécifiques qui connaissent de belles affluences. Il en va ainsi à Airvault, Souvigné, Javarzay, Ménigoute, Mauléon, Parthenay, ou encore à Champniers (Musée du Vieux Cormenier à Chez Bernardeau), Cherves, Chauvigny, Loudun, Montmorillon… Ajoutons que plusieurs sites sur la toile présentent des photographies de collections ainsi que des données historiques, descriptives et techniques en matière de restauration des coiffes anciennes.

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    Costume féminin mothais. © Cl. Meyer,tous droits réservés. Paris, 1893. Collection particulière.

    La région du Poitou, des départements de Charente et Charente-Maritime, ainsi que les confins du Berry et du Limousin à l’est, les rives sud de la Loire et nord de la Garonne disposent d’une carte (rééditée en 1923) des aires ethnographiques concernant les coiffes paysannes. Elle fut  dressée et exposée à l’occasion du Congrès de Niort[1] en 1896. Son auteur, Henri Gelin (1849-1923), éminent folkloriste, justifiait son choix méthodologique avec des arguments relevant du postulat de l’École diffusionniste[2] que remettra en vigueur Arnold Van Gennep sous le concept de zone folklorique. Ce premier pas d’ethnocartographie poitevine permet aujourd’hui d’avoir un aperçu synoptique du phénomène du port de coiffes, parfois particulièrement élégantes, entre Basse Loire et Gironde, même s’il nous paraît aujourd’hui un peu risqué de voir, à travers ces aires culturelles dénommées à partir d’un modèle de coiffe, des territoires cohérents et homogènes. En effet, Henri Gelin posait que :

    « La coiffe est un signe d’une haute valeur ethnographique ; car les paysannes qui portent le même costume parlent également les mêmes variétés de patois, avec des intonations et des désinences semblables, se divertissent aux mêmes danses, répètent les mêmes contes aux veillées, modulent sur les mêmes airs les mêmes chansons, et gardent avec une religieuse ténacité des superstitions analogues. »

    Chacun sait bien aujourd’hui que la réalité est beaucoup plus complexe, que la mobilité féminine ne se limitait pas à de telles aires et que les goûts ne se laissaient pas enfermer dans une seule et même routine familiale. Les emprunts à d’autres types de coiffes étaient fréquents et plusieurs témoins nous ont rapporté qu’elles refusaient de porter la coiffe « de leur coin », comprenons celle de leur lignée, leur préférant celles de communes avoisinantes qu’elles trouvaient sans doute plus seyantes, et aussi quelquefois moins encombrantes, empruntant sans état d’âme à la lignée de leur futur époux ou de celle de quelque parent plus ou moins éloigné. D’autre part, le coût prohibitif de certains assemblages ont fait abandonner tel type de coiffe. Ainsi la vaste câline du Thouarsais qui nécessitait beaucoup de matières premières a  peu à peu été délaissée de son aire coutumière laquelle, à la fin du XIXe siècle, s’étendait de  Thénezay à Montreuil-Bellay et de Loudun aux environs de Bressuire.

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    Mariage mothais au début du XXe siècle. © Droits réservés.

     En fait l’œuvre de Gelin nous a permis d’établir un lien entre les périodes qui ne nous étaient pas tout à fait directement accessibles. En effet, si nous avons rencontré en Civraisien, Gâtine et Montmorillonnais nombre de lingères (Mesdames Dechâtre, Durepaire, Fredonnet, Rogeon, pour ne citer que les premières d’entre elles, vers 1965), aucune n’aurait su à elle seule rendre compte de la diversité de la production historique régionale, et surtout des nuances techniques non négligeables au sein d’une même aire. Si nombre d’entre elles ont sombré dans l’anonymat, quelques-unes ont laissé leurs traces dans la mémoire collective. En effet certaines lingères innovatrices, véritables stylistes, dirait-on aujourd’hui, ne nous ont été révélées, en raison de la qualité de leurs œuvres, que par la littérature historique et ethnographique, appuyée sur une renommée légendaire. Il en est ainsi de Malvina Girard en Gâtine ou de Sylvie Boisnègre[3] en Pays civraisien. Nous n’oublions pas toutes celles que l’on nous a citées ou dont nous avons croisé le chemin, à Couhé-Vérac, à la Chaume de Saint-Romain-en-Charroux (Vienne), dans le Châtelleraudais, dans le Pays mothais, dans le Loudunais, à Angles-sur-l’Anglin, etc…

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    Cayon du Civraisien inspiré, semble-t-il par la lingère Sylvie Boisnègre.© Cl. Michel Valière, 1969.

    S’agissant de cette pièce caractéristique et aussi fondamentale du costume féminin, et par là, devenue par la suite emblématique d’un territoire, Gelin en a proposé une définition « technologique », très concrète que d’ailleurs chaque lingère est amenée à prendre en compte, tant au niveau de la confection que d’une éventuelle remise en état (blanchiment, amidonnage, repassage, gaufrage, remontage…) :

    « La coiffe-type du Poitou est le béguin, c’est-à-dire une coiffure formée de l’assemblage de parties distinctes ornées et repassées séparément, qui s’arrangent ensuite et se reploient sur un bonnet formé d’un carton ou d’une étoffe matelassée et piquée, tantôt formant casque, tantôt ayant le fond seulement muni d’un écusson de carton ou d’une armature de fil de fer. »

     

    Le folkloriste, fidèle en cela à sa posture diffusionniste, oppose d’ailleurs point par point ce « type » au barbichet limousin (et du Berry), aux « foulards flottants ou noués » aquitains, aux capotes de l’Auvergne et du Bourbonnais, aux « bonnets transparents » des rives de la Loire, enfin aux coiffes ailées de la Bretagne.

    Précisons que le carton généralement bouilli, en provenance de cartonneries vosgiennes, adopté parce que plat et léger et ne se déformant pas  trop au cours du montage, véritable « château à bâtir », a remplacé pour certaines coiffes (dites « anciennes ») les fonds matelassés et piqués, plus lourds, souvent fabriqués à partir de tissus de réemploi (chemises usagées, tabliers, toiles de draps, toiles écrues de lin, de coton ou de chanvre). Quant aux rubans, plus ou moins longs, moirés ou non, brodés ou non, ce sont les soieries lyonnaises qui ont fourni les plus beaux éléments, notamment pour les coiffes de mariage, dont il nous a été plusieurs fois révélé que leur prix, au début du XXe siècle, était tout à fait comparable à  celui d’une paire de bœufs de labour. Aussi ne faut-il pas s’étonner de témoignages stipulant l’attachement à leur coiffe de certaines personnes âgées qui souhaitaient même se faire inhumer avec.

                Dès les premiers deuils survenus dans les familles, on otait les dentelles et les rubans festifs. Le même support de carton était alors habillé plus sobrement d’un tissu blanc plissé à l’ongle. Ce travail très délicat et long à accomplir était fort redouté des lingères.

     

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    Une première lecture de la carte laisse apparaître des zones culturelles  à partir d’appellations de coiffes : cabanière ; mothaise ; marmottes… Gelin dénombre ainsi vingt modèles principaux dont les dénominations ne sont pas rigoureusement coextensives à l’espace délimité par chacun d’entre eux. Toutefois, le dénombrement des termes qui désignent les coiffes en Poitou-Charentes est bien supérieur à la quantité d’aires retenues par cet auteur. Il ne faut pas s’en étonner, tant la polysémie des mots pour désigner les coiffes est importante. Parfois, c’est une partie de la coiffe ici qui sert de nom ailleurs. Tout cela est loin d’être rare en sémantique. D’un autre point de vue, parfois c’est la représentation iconique qui sert même à la dénomination, à l’exemple du cœur, pour désigner une coiffe de Lezay (Deux-Sèvres).

    Au cours de nos observations de terrain dans les années 1965-1985, nous avons noté environ 350 termes, tant dans la littérature ethnographique, muséographique ou folklorique. D’évidence, ce vocabulaire est tout sauf homogène. Il se dégage de l’ensemble une forte présence de termes toponymiques qui invitent à conforter l’idée que la coiffe est bien un marqueur significatif des identités locales (identités internes). D’un autre point de vue (ethnologique), la mention toponymique concourt à dégager des identités externes, dans le dessein de souligner des caractéristiques de groupes humains, dans un souci de distinction, au sens bourdieusien. Parfois des appellations de coiffes se présentent tant à l’oral qu’à l’écrit porteuses d’une mention technique, esthétique et un jugement de valeur. Comment s’organise donc le vocabulaire concernant les noms de coiffes dans le Centre-Ouest ?

     

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                         Tulle brodé pour fond de coiffe.Cl. Michel Valière, ca 1975.

    L’examen méthodique du corpus que nous avons constitué[4] du point de vue ethno-lexicographique permet de dresser la première typologie suivante : lexies simples ; lexies composées ; lexies complexes fîgées ; lexies variables.

     Rappelons d’abord que la lexie simple est l’unité fonctionnelle significative du discours. Sans prétendre à l’exhaustivité, voici quelques échantillons de noms de coiffes que l’on devine plutôt empruntés aux parlers vernaculaires : bagnolet, ballet, ballon ; benaise ; béguin(e) ; bichet ; bichou ; bigote ; bourgnon ; bourrelet ; bridaïe ; câline ; caloron ; cape ;  carrasse ; cayon ; champanais ; cornette ; cuculle ; dormette ; folle ; goubine ; lingette ; marmotte ; mimi ; pantine ; ramponneau ; toquet ; etc… Pour ce qui est des lexies composées, on relève par exemple : grand-ballet ; demi-deuil ; grand -deuil ; Sainte-Hermine.

    Les lexies complexes figéessont de loin les plus nombreuses et relèvent du « métalangage » des ethnographes, muséographes, collectionneurs et folkloristes qui se sont confrontés pour leurs travaux de conservation et de publication à la délicate tâche de la dénomination de tout ou partie des parures féminines. À titre d’illustration et s’agissant des seules coiffes, retenons : bonnet à pompon ; bonnet à ailes de pigeon ; bonnet rond de la Forêt-sur-Sèvre ; bonnet rond de La Ronde ; cagnon de Ceaux-en-Loudun ; caillon de Moncontour ; calotte de Limalonges ; cayon mothais ; coueffi reviré ; malvina de Reffannes ; piote bridée ; etc…

    Enfin, nous avons rassemblé quelques lexies variablesdont on comprend qu’elles sont bâties moins sur des formes autochtones qu’élaborées à des fins didactiques et heuristiques plutôt par des chercheurs et autres exégètes des productions des groupes humains. On trouve ainsi des : coiffes cassées de Chanteloup ; fond de Grisette de Coulonges-sur-l’Autize ; colinette des jours ; colinette des dimanches ; coiffes en tête de faucon ; coiffe de lingère dite « La Folle » Fontenay-le-Comte ; coiffe de deuil de tous les jours dite « La Vieille » Fontenay-le-Comte ; coiffe de pêcheuse dite « Ballon Île-de-Ré » ; coiffe de mariage cabanière Fontenay-le-Comte ; cabanière coiffe de demi-deuil Fontenay-le-Comte ; etc…

     Cette distribution lexicale, certes aléatoire dans les choix d’exemples, donne une idée de la difficulté à cerner un système de dénominations a priori non raisonné ni par les lingères, ni par leurs clientèle qui usent d’appellations vernaculaires sous-tendues par des traditions artisanales, locales et/ou familiales. En revanche et dans l’espoir de dresser des typologies régionales, les folkloristes et ethnographes ont préféré s’appuyer sur la toponymie puis la cartographie, tout en essayant de conserver ce qui peut l’être du « patrimoine linguistique ».

     

    Il nous appartient maintenant de nous essayer à la construction du champ lexical notionnel de la coiffe ou de ce qu l’on veut bien reconnaître comme telle, en quelque sorte nous nous proposons d’organiser le vocabulaire de la coiffe pour l’espace territorial que nous considérons. Il n’est pas pour autant dans notre projet de « résumer le sens d’un mot », ou d’établir ce qu’il connote. Il n’entre pas davantage dans nos préoccupations le traitement diachronique, voire panchronique à partir de quelques étymons hypothétiques, pour la plupart inconnus de nous. Nous allons, au contraire, en nous appuyant sur la redondance d’appellations, ouvrir des champs isotopiques à partir de l’itération d’une même unité lexicale (isotopie de base), que nous considérons comme un terme générateur de noms de coiffes. Dans l’ensemble de notre corpus régional, nous avons dégagé vingt-sept isotopies de base. En les considérant dans un ordre d’importance relative décroissant, on trouve en premier lieu, qui s’en étonnerait ? le terme coiffe et ses expansions :

    - coiffe : coiffe à cornes ; coiffe à grand cul ; haute coiffe de Saint-Varent ; coiffe de Moncoutant, etc…

    Et ainsi de suite, sur le modèle précédent :

    - cayon/caillon : cayon de Vouneuil ; cayon de Saint-Jean-de-Sauves ; caillon rond ; caillon frisé, etc…

    - bonnet : bonnet matelassé ; bonnet monté ; bonnet à peteuil ; petit bonnet de Vasles ; bonnet carré de deuil, etc…

    - capot : capot reviré ; capot à canon ; capot chenu ; capot des mariés ; capot de Marans, etc…

    - câline : câlinette ; câline d’Airvault ; câline de Thouars, etc…

    - bigot(t)e : bigotte de Thouars.

    - corne : cornette ; cornette à bourgnon ; corne de Sainte-Hermine etc…

    - coiffi : coiffi reviri ; coiffi de Nanteuil-en-Vallée, etc…

    - grisette : grisette à pans volants ; grisette de Niort, etc…

    Sur ce modèle isotopie de base suivi d’une expansion, on trouve : ballet ; ballon ; cabanière ; malvina ; mothaise ; maraîchine ; charentaise ; gâtinelle ; hennin (sic ) ; pantine ; piot(t)e ; rampon(n)eau ; saintongeoise ; cayenne ; cayonnaise ; cane ; toquet ; sabot.

    L’examen de ce relevé montre que l’on aurait pu aussi caractériser les appellations à partir d’une base toponymique avec ses expansions comme l’a fait Henri Gelin pour sa cartographie. Nous aurions pu également dégager une base anthroponymique : malvina ; mimi ; garibaldi (sic ). Ou encore une base sociologique : paysanne ; grisette ; cabanière ; saunière. Enfin, proposons, parce qu’autant les lingères elles-mêmes que les observateurs et analystes s’y réfèrent parfois, une base formelle ou technique : béguin à prinques[5] ; bourgnon ; bourrelet ; bridée ; cassée, calotte ; cayon fil de fer ; cœur ; deux rangs ; trois rangs ; passe-carrée ; raclette ; pain de sucre ; pelle de four ; sabot : coiffe en bec d’oiseau etc…

                Noms vernaculaires, déclinaisons diverses à paramètres multiples, tout porte à faire de la distinction à tout prix d’une lingère à une autre, d’une commune à une autre, d’un territoire à un autre. Différences techniques, différences formelles, différences sociologiques également. Tout se passe comme si la synergie entre costumes, coiffes et langage produisait de la différence et des micro-identités territoriales, comme le laisse entendre ce joke poitevin :  « T’es bé coefée, té. T’es de Bllanzay[6] ? »

     

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                                   Cl. 1972. © Droits réservés.

    Bonnet à brides ; costume de travail estival (reconstitution).

    Bibliographie sommaire

    BOURDIEU Pierre, La Distinction. Critique sociale du jugement. Paris, Éd. Minuit, 1979.

    BOURDU Daniel, VALIÈRE Michel et al., Poupées d’en France : Coefis dau Poetou, Moncoutant, Kancel, 1999.

    BRANCQ Caroline (sous la dir. de), Les Costumes régionaux d’autrefois, Paris, Archives & Culture, 2003. (Les auteurs du présent article ont rédigé les chapitres concernant Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vienne).

    CATALOGUE, Exposition rétrospective de costumes et souvenirs du Poitou.Organisée à Poitiers, salle des fêtes de l’Hôtel de Ville du 7 au 20 mars 1934.

    Encyclopédies régionales, éditées par Christine Bonneton à Paris : Aunis-Saintonge (1987) ; Charente (1992) ; Charente-Maritime (2001), Poitou :Deux-Sèvres, Vienne (1983).

    FERRÉOL Gilles et JUCQUOIS Guy ( sous la dir. de), Dictionnaire de l’altérité et des relations interculturelles, Paris, Armand Colin, 2003.

    LALANNE Charles-Claude, Glossaire du patois poitevin, Marseille, Laffitte reprints, 1976 (1re éd., 1867, dans les Mémoires de la société des Antiquaires de l’ouest, t. 32, 1re série).

    NIORT, MUSÉES de POITOU-CHARENTES, Costumes, coiffes et parures traditionnelles en Poitou-Charentes, Niort, C.A.E.P, 1980.

    PIOT Michel, LAVAULT Katy, Coiffes et bonnets en Charentes, Poitou, Vendée, Poitiers, Brissaud, 1989.

    PLANCHARD Marie-Christine, VALIÈRE Michel, Francine Poitevin ou l’ethnographie au musée : de la passion à la science, Poitiers,  Musée de la ville de Poitiers, 1986.

    VALIÈRE Michel, Ethnographie de la France : histoire et enjeux contemporains des approches du patrimoine ethnologique, Paris, Colin, 2002.


    VALIÈRE Michel, " Folklore", dans  Pierre-André Taguieff (sous la direction de) Dictionnaire historique et critique du racisme, Paris, Presses universitaires de France, 2013 pp. 686-688.


    WEBLIOGRAPHIE

    http://www.alienor.org/articles/pantine/article.htm

    http://www.coiffesdenormandie.com/preambule.php

    http://www.parole-et-patrimoine.org/coiffes/la-collection.html

    Michèle Gardré-Valière et Michel Valière (2013)


    Tous droits réservés ©



    [1] Ce congrès fut le premier organisé en province par la Société d’ethnographie nationale et d’Art populaire.

    [2] Michel Valière, « Aire culturelle », dans  Gilles Ferréol et Guy Jucquois, Dictionnaire de l’altérité et des relations interculturelles, Paris, Armand Colin, 2003, pp. 1-2.

    [3] Sur cette lingère de Saint-Macoux, en Pays civraisien, voir l’article d’Augustin Bobe, « Blouses et coiffes : leur ancienneté », Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 3ème trim. 1941, pp.715-717.

    [4] La quasi totalité de notre documentation spécifique sur les coiffes, costumes et parures (ouvrages ; cartes postales ; dessins ; photographies ; fichier) a été versée au Musée de la Ville de Châtellerault (Vienne).

    [5] « Prinques » : les trois angles du béguin : le premier, au sommet du front, et les deux autres situés au niveau des tempes.

    [6] « Tu es bien coiffée, toi. Es-tu de Blanzay ? » Blanzay, commune située à huit kilomètres de Civray.

  • Un patient et précieux travail de recension du lexique de l'ancien mode de vie rural en Confolentais (Charente)

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    Important ouvrage de 324 pages, réalisé par Pierre Boulanger. On peut se le procurer directement auprès de lui: 25€ + port (environ 6 €), à l' adresse :

    Pierre BOULANGER, 16500 MANOT.


    L'ethnohistorien Pierre Boulanger, confolentais, par un relevé aussi exhaustif que possible de termes et expressions se rapportant à l'ancien mode de vie rural offre ainsi un véritable tableau de la vie quotidienne d'antan, avec des listes de termes se référant à l'outillage, aux activités agricoles, à la vie sauvage, à l'habitation comme à l'artisanat, dans une perspective encyclopédique...

    Merci Pierre Boulanger de ce tableau construit à partir de fonds notariés, d'archives de justices seigneuriales, de fonds ecclésiastiques... Oui, merci et Bravo !


  • Vous vouliez en savoir plus long sur le Jeu de balle au Tambourin, Lo Tambornet !

    Grâce au CIRDOC de Béziers, le Pilote de Belvert vous invite à suivre ce lien et à vous initier au jeu de balle au tambourin  qui excite la curiosité des touristes en Languedoc et Provence :

    http://occitanica.eu/omeka/items/show/698

     

    Bonne découverte !... et profitez-en pour découvrir les riches fonds (écrits, et audio-visuels) de la Médiathèque occitane

  • L'Ami Alexandre tient à faire connaître aux visiteurs de Belvert cet ouvrage ethnolinguistique sur le patrimoine oral du Médoc....

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    Voilà un ouvrage que tous les Médoquins apprécieront. Ceux de souche puisqu'il consigne un patrimoine d'oc transmis dans les générations successives au sein des familles; mais sera également apprécié des Médoquins d'adoption qui trouveront là une matière linguistique de première main, patiemment recueillie par Patrick Lavaud, relativement facile d'accès pour une première découverte linguistique de l'Occitan. Une préfèce de Louis Bergès, directeur des Archives départementales de la Gironde vient sommer cet impressionnant ouvrage.

    Ajoutons pour les fines bouches et les experts, que trois CD insérés aux pages 2 et 3 des couvertures donnent la matière vivante de cette œuvre sur la littérature orale qui selon le vœu humaniste de l'auteur s'ouvre du local à l'universel, "à l'opposé de tout repli identitaire".

    L'ouvrage est particulièrement bien soigné, au format d'un album, accompagné de quelques illustrations "d'époque". Cette publication par la collectivité territoriale (Archives départementales/ Conseil général de Gironde) est une très heureuse initiative qu'il y a lieu de saluer et d'encourager. Nul doute que les bibliothèques souhaiteront disposer de ce bel ouvrage dans leurs fonds occitans.

    Pour les plus accros :

    ISBN : 978-2-86033-074-9

    Prètz=Prix : 20 € (+ port)

    Aux Archives départementales de la Gironde: 72-78 cours Balguerie-Stuttenberg, 33000 BORDEAUX

  • OUF ! Soixante-dix ans après, la première enquête ethnomusicologique programmée par le Musée national des arts et traditions populaires enfin en ouvrage, mais aussi en ligne: consulter ici !!!

     

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    Cl. J. Auboyer ; mairie de Plogastel-Saint-Germain, le 7 août 1939.© MUCEM.

     

    Par la grâce de Marie-Barbara Le Gonidec du MUCEM, de l'association DASTUM en Bretagne et du CTHS (Comité des travaux historiques et scientifiques) à Paris, et avec le concours d' Yves de France, Christophe Fouin, Gilles Goyat, Silvia Pérez-Vitoria, Michel Valière, voici enfin livrés au public les résultats de la première enquête ethnomusicologique programmée par le Musée national des ATP, malheureusement interrompue par l'entrée en guerre de la France en 1939. Longtemps dispersés, les différents éléments ont pu être rassemblés et préparés pour l'édition scientifique.

    Cet ouvrage, préfacé par Charles Quimbert (directeur de Dastum) et Luc-Charles Dominique (professeur d'ethnomusicologie à l'Université de Nice), comporte la présentation méthodologique ainsi que le compte rendu intégral de la mission. Grâce au DVD-rom inclus  on peut apprécier les résultats d'ensemble : 200 chants traduits et transcrits musicalement et phonétiquement ; 18 airs d'accordéon ; 11 airs de biniou-bombarde ; 437 photographies noir et blanc ; 23 minutes de film muet...

    Le confort musical n'est certes pas au rendez-vous, vu qu'il s'agit de brut d'enregistrements sur disques 78 tours déjà anciens. Mais ces documents fragiles figurent parmi les plus anciens en matière de musique et danse en Basse-Bretagne; c'est à ce titre-là qu'ils doivent être reçus, écoutés et considérés.

    Dans toutes les librairies classiques ou directement auprès de DASTUM ou du CTHS.

    Un beau cadeau de Noël très spécialisé, mais unique en son genre !

    ISBN :978-2-7355-0704-7

    SODIS :F30755.4

    Prix : 39   €


    La Mission de folklore musical en Basse-Bretagne de 1939 du MNATP en ligne maintenant !

    Suite à sa publication sous forme d'un livre-DVD (CTHS- Dastum, 2009), voici le site de la mission : 


    http://bassebretagne-mnatp1939.com/ 

    Effectuée du 15 juillet au 27 août 1939 par le Musée National des Arts et Traditions Populaires de Paris, cette mission est conduite par la musicologue Claudie Marcel-Dubois (1913-1989) et le linguiste l'abbé François Falc'hun (1909-1991), assistés de Jeannine Auboyer (1912-1990). 
    Les enquêteurs ont enregistré 7 heures de musique, pris 437 photographies noir et blanc, tourné 25 minutes de film muet et produit de nombreux documents écrits (correspondance, questionnaires d'enquêtes, carnets de terrain, notations musicales et transcriptions linguistiques, rapports, conférences...). 

    La totalité des archives de la mission, produites entre 1939 et 1972, est désormais accessible sur ce site. 
    Quatre possibilités sont offertes pour y accéder : 

    - Un moteur de recherche permet de faire une recherche libre. 

    - Consulter le fonds : amène à l'inventaire des fonds, classé chronologiquement et thématiquement. 

    - Faire une recherche : trouvez un document précis en remplissant un formulaire de recherche simple ou en combinant plusieurs critères. 

    - Visite guidée : repartiez sur le terrain avec les enquêteurs, et allez à la rencontre des informateurs qui ont chanté, joué et dansé pour eux en cet été 1939. 

    Bonne visite ! 

    Marie-Barbara Le Gonidec 
    Responsable du département de la musique et de la phonothèque 
    Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée 
    (ancien Musée National des Arts et Traditions Populaires) 
    6, avenue du Mahatma Gandhi 
    75116 Paris, France 
    tél. 33 (0)1 44 17 60 92 
    fax 33 (0)1 44 17 60 60 
    marie-barbara.le-gonidec@culture.gouv.fr

    www.mucem.org 
    www.cornemuses.culture.fr 
    http://bassebretagne-mnatp1939.com

  • PORTES OUVERTES du CIRDOC pendant la durée du Village Occitan de la Féria de Béziers

    Du 11 au 15 août 2011 sans discontinuer, et de 13h à 20h chaque jour,


    Venez découvrir le patrimoine occitan au CIRDÒC en profitant des collections et de

    la fraîcheur douce dans le bâtiment...

    Vous serez accueillis avec plaisir par l'équipe du CIRDOC avec au programme :

    De 13h à 18h: Ouverture des salles de lecture, consultations et emprunts ou

    restitution de documents, conseils...

    Entre 17h et 20h : Visites commentées de l'exposition "Jòga !".

    Cette exposition originale et exceptionnelle, conçue par le CIRDOC en

    partenariat avec des spécialistes du théâtre d'òc contemporain, y est installée

    jusqu'au 23 Décembre 2011.

    "Revivez 42 ans (1968-2010) de création d'un théâtre populaire contemporaine

    en Occitanie et découvrez l'aspect original et bien vivant de la création occitane

    actuelle,expression artistique à la fois militante et populaire, qui perdure

    au sein de nombreuses compagnies professionnelles et amateurs d'aujourd'hui".


    Ne manquez pas cette agréable occasion d'aller à la rencontre, gratuitement,

    de 1000 ans de culture occitane ! À deux pas en sortant du CIRDÒC, 

    le village occitan vous tendra les bras et ensoleillera votre soirée avec de la

    musique, de la danse, du chant et de la gastronomie "à la mode d'ici".


    Pour plus de renseignements n'hésitez pas à contacter :

    04 67 11 85 10 ou secretariat@cirdoc.fr

    (version occitane ci-après)

     

    De l'11 al 15 d'agost, de longa, de 1 ora de la tantossada a 8 oras del ser,

    cada jorn (dimenge e feriat tanben),


    Lo patrimòni occitan vos espèra per vos far regalar l'esperit, dins la doça frescor

    del bastiment del CIRDÒC, al calme, legiretz, escotaretz de musica o agacharetz de vidèos...

    Amai los pichons i pòdon venir!

    La còla del CIRDÒC, mobilizada per l'eveniment, vos aculhirà amb plaser amb per programa

    Entre 13h e 18h: salas de lectura dobèrtas, conselhs, consultacion de libres, manlèus,

    retorns de documents manlevats etc.

    Entre 17h e 20h: vesitas comentadas de la mòstra "Jòga!" (a respècte de la demanda).

    Aquela mòstra es tant originala coma excepcionala, que Lo CIRDÒC la concebèt amb

    l'ajuda d'especialistas del teatre d'òc contemporanèu. Demorarà en plaça fins

    al 23 de Decembre de 2011.

    "I vos assabentaretz de 42 ans (1968-2010) de creacion teatrala d'òc, e i tastaretz

    de l'originalitat dels creators del teatre occitan d'a l'ora d'ara, expression artistica

    a l'encòp militanta e populara, inventiva e que se perlonga bravament uèi, demercé

    lo trabalh de companhiás professionalas e d'amators tanben".


    Aquela escasença bèla e agradiva de venir prene lo fresc en tot tastar, a res non còst,

    de la riquesa de mila ans de cultura occitana, la manquetz pas! Amai al sortir d'aquí,

    a quatre passes, lo vilatge occitan vos aculhirà per una brava serada de musica, de dança,

     

     

     

    de cançons amb de bonas taulas "a l'occitana".


    Per ne saber mai sonatz al 04 67 11 85 10 o mandatz un messatget a 'secretariat@cirdoc.fr'


     

     

     

  • Comunicat – Communiqué : « Anem Òc! Per la lenga occitana! », à TOULOUSE, le 31 mars 2012 !


       2012 serà un moment important de la vida politica. L’eleccion a la presidéncia de la Republica es tojorn un moment fòrt de mobilizacion e d'atencion dei responsables politics a çò que se ditz dins la societat.

       Lo movement occitan deu mai que jamai se i faire ausir publicament e i portar lo messatge qu’es lo sieu despuei Carcassona 2005 : « Anem Òc ! Per la lenga occitana ! ».

     

       Lo 31 de març de 2012, de desenaus de miliers de personas se recamparàn a Tolosa per la lenga occitana, cridats per unei grandeis organizacions culturalas  mentre que d’autrei lengas de França (Bascos, Bretons, Catalans…) manifestaràn tanben lo meteis jorn dins sa region, ambé de revendicacions comunas.

     

    …De milierats de personas vendràn de totei lei regions occitanas, de Provença, dau Lengadòc, d’Auvernha, de Lemosin, ò de Gasconha ò encara de la Vau d’Aran (territòri de l’Estat espanhòu que l’occitan i es lenga oficiala), e dei Valadas occitanas d’Italia per exigir qu’une lèi done enfin de garantidas e de drechs vertadiers ai lengas regionalas.

     

       Toteis aquelei que vendràn a Tolosa an en comun la volontat de veire se metre en plaça una politica linguistica publica coerenta e volontarista per lo desvolopament de l’occitan (ò lenga d’òc) sus l’ensems dei regions occitanas.

     

       Aqueste recampament, après aquelei de 2005, 2007 e 2009, deu mostrar que l’occitanisme, lei manifestants, an la capacitat de s’apropriar una granda vila, que son totjorn motivats e de mai en mai per transmetre son messatge.

    Messatge ja fruchós puei que d’unei responsables politics l’an entendut. De regions començan de metre en plaça una politica de desvolopament de l’occitan.

     

    Mais aquò basta pas !

     

      Totei lei regions, totei lei despartaments ambé lei comunautats de comunas e lei comunas qu’an l’occitan en partatge, se devon mobilizar. L’occitan e sa cultura son lo ben comun de toteis aquelei que rèstan en país d’òc, que l’i siegan nascuts ò pas, que parlan la lenga ò pas.

     

       L’Estat tarda de prendre consciéncia dau problèma de la diversitat culturala.

    La reconoissença simbolica dei lengas regionalas dins l’article 75-1 de la Constitucion auriá poscut faire creire que s’engatjava dins la bòna via, que donava, dau mens dins lo principi, de garantidas de drech per aquestei lengas.

    Au contrari, lo Conseu Constitucionau, vèn i a gaire (decision dau 20 de mai de 2011 - n°2011-130QPC) de demostrar qu’èra ren qu’una engana… que : « cet article [75-1] n’institue pas un droit ou une liberté que la Constitution garantit. »

    L’Estat reconois adonc tojorn ges de drech e libertat per lei lengas regionalas e toteis aquelei que lei parlan.

     

       Per ansin ven mai qu’urgent qu’une lèi done a la lenga occitana un quadre legau que ne’n permete la transmission e lo desvolopament dins l’educacion, la cultura, lei medias, e la vida publica, sus l’ensems de l’espaci occitan.

     

       Es per aquò qu’avèm causit de manifestar lo 31 de mars de 2012, tot bèu just quauquei setmanas avans l’eleccion presidenciala e leis eleccions legislativas. Leis elegits a venir devon prendre d’engatjaments.

     

       Avèm de revendicacions simplas e claras qu’an ren d’estranh quand se vei çò que se passa autra part en Euròpa e quand se saup l’importància qu’a per lo monde de nòstrei regions son identitat culturala e linguistica.

     

       Se desiram interpelar la populacion e leis elegits, precisam pasmens qu’aquò se fa fòra tota preocupacion partisana. Nòstre movement es independent.

     

     

    Ambé vòstre sosten e la participacion de totei, farem de la Manifestacion de 2012, un eveniment de granda portada per l’avenidor de la lenga occitana (ò lenga d’òc) e deis autrei lengas dichas regionalas.

     

     

     

     

    Coordinacion « Per la lenga Occitana ! »:

     

    ● Institut d'Estudis Occitans, organisme culturau reconoissut d'utilitat publica,

    ● Confederacion Calandretas, escòlas occitanas associativas laïcas,

    ● Òc-Bi, associacion de parents d'escolans per l'ensenhament bilingüe public,

    en partenariat ambé Convergéncia Occitana.


     ******........******.........******.........*****........******........******........******.........*****

     

       2012 sera un moment important de la vie politique. L’élection à la présidence de la République est toujours un moment fort de mobilisation et d'attention des responsables politiques à ce qui se dit dans la société.

     

       Le mouvement occitan doit plus que jamais s’y faire entendre publiquement et y porter le message qui est le sien depuis Carcassonne 2005 : « Anem Òc ! per la lenga occitana ! ».

     

       Le 31 mars 2012, des dizaines de milliers de personnes se rassembleront à Toulouse en faveur de la langue occitane à l’appel de plusieurs grandes organisations culturelles tandis que d’autres langues de France (Basques, Bretons, Catalans…), manifesteront également ce même jour dans leur région, avec des revendications communes.

     

    …Des milliers de personnes viendront de toutes les régions occitanes, de Provence, du Languedoc, d’Auvergne, du Limousin, ou de Gascogne ou encore du Val d’Aran (territoire de l’Etat espagnol où l’occitan est langue officielle), et des Vallées occitanes d’Italie (Province du Piémont) pour exiger qu’une loi donne enfin des garanties  et de véritables droits aux langues régionales.

     

       Tous ceux qui viendront à Toulouse ont en commun la volonté de voir se mettre en place une politique linguistique publique cohérente et volontariste pour le développement de l’occitan (ou langue d’oc) sur l’ensemble des régions occitanes.

     

       Ce rassemblement, après ceux qui eurent lieu en 2005, 2007 et 2009, doit montrer que l’occitanisme, les manifestants, ont la capacité de s’approprier une grande ville, que la motivation est toujours présente et même croissante pour transmettre son message.

    Message qui a déjà porté quelques fruits. En effet, un certain nombre de responsables politiques l’ont entendu. Certaines régions commencent à mettre en place une politique de développement en faveur de l’occitan.

     

    Mais cela ne suffit pas !

     

    Toutes les régions, tous les départements ainsi que les communautés de communes et les communes, qui ont l’occitan en partage, doivent se mobiliser. L’occitan et sa culture sont le bien commun de tous ceux qui vivent en pays d’oc, qu’ils y soient nés ou pas, qu'ils parlent la langue ou pas.

     

    L’État tarde à prendre conscience du problème de la diversité culturelle.

    La reconnaissance symbolique des langues régionales dans l’article 75-1 de la Constitution aurait pu faire croire qu’il s’engageait sur la bonne voie, qu’il  introduisait, du moins dans le principe, des garanties de droit pour ces langues.

    Or, le Conseil Constitutionnel, tout récemment (décision du 20 mai 2021 - n°2011-130QPC) vient au contraire de préciser que ce n’était qu’un leurre… que « cet article [75-1] n’institue pas un droit ou une liberté que la Constitution garantit. »

    L’État ne reconnait donc toujours aucun droit et liberté pour les langues régionales et ceux et celles qui les parlent.

     

       Il devient donc urgent qu’une loi donne à la langue occitane un cadre légal qui en permette la transmission et le développement dans l’éducation, la culture, les médias, et la vie publique, sur l’ensemble de l’espace occitan.

     

       C’est pour cela que nous avons choisi de manifester le 31 mars 2012, à quelques semaines de l’élection présidentielle et des élections législatives. Les futurs élus doivent prendre des engagements.

     

       Nous avons une série de revendications simples et claires qui n’ont rien d’étrange quand on regarde ce qui se passe ailleurs en Europe et lorsque l’on connaît l’importance qu’attache la population de nos régions à son identité culturelle et linguistique.

       Si nous souhaitons interpeller la population et les élus, nous précisons très clairement que cela se fait en dehors de toute préoccupation partisane. Notre mouvement est indépendant.

     

    Avec le soutien et la participation de tous, nous pouvons faire de la Manifestation de 2012, un événement de grande portée pour l’avenir de la langue occitane (ou langue d’oc) et des autres langues dites régionales.

     

     

     

     

    Coordinacion « Per la lenga Occitana ! »:

    Institut d'Estudis Occitans, organisme culturel reconnu d'utilité publique

    Calandreta, écoles occitanes associatives laïques

    Òc-Bi, association de parents d'élèves pour l'enseignement bilingue public

    en partenariat avec Convergéncia Occitana.

     

     

  • L'occitan à la portée de chacun à Aurillac

    L’Institut d’Etudes Occitanes du Cantal, dans le cadre de son Réseau d’Enseignement Territorial, propose un atelier d’occitan « portes ouvertes »

    Jeudi 30 Juin
    19h00
    Dans les locaux de l'IEO
    32 cité Clair-Vivre
    ORLHAC/AURILLAC

    Cet atelier est ouvert à ceux qui ont la curiosité de la langue, à ceux qui parlent déjà "patois" en famille, à tous ceux qui ont envie d’apprendre ou d’approfondir leurs connaissances de l’Occitan.

    Cette soirée permettra de rencontrer les intervenants, Bernard GIACOMO et Fabienne BESSEYROT,

    ainsi que les personnes qui suivent le cours depuis le début de l’année.

    Une rencontre pour découvrir ou redécouvrir la langue et la culture occitanes.

     

    Chacun peut apporter de quoi manger ou boire afin de partager un buffet qui clôturera l'année.
     
    Allez-y nombreux, cet atelier et gratuit et s'adresse à tout un chacun, quelle que soit votre origine sociale, culturelle, géographique etc...
  • Vous auriez souhaité ...un renseignement sur un article ou un ouvrage cité en bio-bibliographie :


    Contact par mel :


    michelvaliere@orange.fr


    Par poste :


    Association ARPE, 22 avenue d'Oradour-sur-Glane, 87200 Saint-Junien.

  • Les Éditions du CTHS ont le plaisir de vous annoncer la re-impression de l’ouvrage intitulé " Lectures de l'atlas linguistique de la France..."

     

    Lectures de l'atlas linguistique de la France de Gilliéron et Edmont
    Du temps dans l'espace  
     
    par Guylaine Brun-Trigaud, Yves Le Berre et Jean Le Dû 
    L’Atlas linguistique de la France, paru entre 1902 et 1910, comporte 1 421 cartes complètes (et 499 cartes partielles) de grand format établies par le linguiste Jules Gilliéron à partir des enquêtes dialectologiques réalisées par Edmond Edmont dans 639 communes de la France romane « et de ses colonies linguistiques limitrophes » (en Belgique, Suisse, Italie) au cours des dernières années du XIXe siècle. Une carte d’atlas, sur laquelle les mots sont notés en alphabet phonétique, peut rebuter le non-spécialiste. Il s’agit pourtant d’un monument irremplaçable, rare témoignage d’une civilisation rurale millénaire, de type oral, qui achève de s’éteindre aujourd’hui. Cet ouvrage se propose d’aider le lecteur à y trouver son chemin, en présentant 500 cartes en couleurs qui révèlent, sous l’apparent foisonnement des formes, des zones cohérentes aux plans tant lexical, morphologique et phonétique.
    363 p., 15 x 22 cm, il couleur
    ISBN 978-2-7355-0592-0 / SODIS F30617.9  Chez votre libraire classique.
    2010 - prix 40€
    http://cths.fr/ed/edition.php?id=3882

     

  • Déguster un petit bijut de Sète, ça vous dirait ?

    "Sur la plage abandonnée / Coquillage et crustacés...; ce distique de La Madrague me revient en boucle ces jours-ci. Très people, Belvert, cet été !
    Comme par enchantement, Sèverin, qui ne manque jamais d'à propos, sur le chemin du retour vers son Vendômois d'adoption, est passé en coup de mistral du côté de Belvert, et a laissé dans le bas du frigo, une poche en plastique avec cinq ou six "bijuts", auquel il n'a pas voulu faire du mal en les goûtant...
    Là, avec cette petite attention, il tenait sans doute à se faire bien voir d'un paternel ronchon et grincheux de se sentir, en plein été, aussi loin de l'iode de la Mare Nostrum. Mais avec les bijuts, le beau fixe s'installe dans le corps et dans l'âme !
    En fait, c'est une vieille histoire paternelle et sétoise. Le "bijut" on le sait est un délice "sétori"... que ma pyrénéenne de mère ne voulut jamais goûter, si ce n'est pour un simple essai peu réussi...
    Vous voulez goûter ? Encore faut-il en trouver à l'étal de l'écailler ! Soit. Supposons le problème résolu.
    Mais bon, passons, revenons à nos "bijuts". Et d'abord, s'agissant du goût, je vous le dis tout de go: le goût est fortement iodé... Très.

    J'en connais qui vont se ruer sur leur dico de prédilection et qui en seront pour leur temps, disant "encore un truc de patois... d'oc". Oui, c'est sûr, mais les autochtones ont leurs habitudes alimentaires et linguistiques, et les sétoris ne font pas exception. Aussi, faute de dictionnaire de sétori, je propose une première approche piscénoise, vu la proximité de Pézénas avec l'étang de Thau. Emile Mâzuc, dans sa "Grammaire languedocienne: dialecte de Pézénas" (éd. Toulouse, 1899; rééd. Genève, Slatkine, 1970) propose pour définition, en toute simplicité, p. 247: Bichut : sorte de coquillage comestible pour les personnes que sa forme et sa couleur ne dégoûtent point" (sic !)
    Vous voilà prévenus... Le plus récent ouvrage (2000) "Le Parler palavasien (La Lenga dau Grau de Palavas): Eléments de grammaire et de lexicographie" ( éd. par "Lus dezenau") prend une posture plus neutre avec, page 135 "bijûs": Violet ou patate de mer. Nous voilà donc mieux renseigné sur sa forme "patate de mer" (d'autres écriront "truffe" au lieu de "patate"), et sur sa couleur qui est aussi l'un de ses noms en français, comme on peut le lire dans le T.L.F. : VIOLET " Variété de mollusque gastéropode comestible" avec à l'appui cette citation d'un poète : "J'ai signalé mon goût pour les fruits de mer. (...) le « violet » (...) ressemble extérieurement à une truffe, mais son intérieur, d'un rouge sanguinolent, exhale l'âcre arome de toutes les rosées de Neptune (JAMMES, Mém., 1923, p. 36).
    Eh bien voilà, on peut passer à la dégustation...
    Les occitanistes voudront connaître les autres appellations (citées par Mistral, par exemple, dans Lou Trésor... page 1116) : Vichet, bichet, Bichut, Bijut, précisant en outre qu'il a "sept saveurs et sept couleurs".
    Laissez-vous donc tenter par ce petit animal, le "bijut", plus connu sous le nom scientifique d'"ASCIDIE SOLITAIRE" sur lequel se penchent tant de chercheurs, vu sa place originale parmi Les Chordés... Suivez ce lien : <a href="http://lesgourmandisesdephilippe.zumablog.com/index.php?sujet_id=7528">http://lesgourmandisesdephilippe.zumablog.com/index.php?sujet_id=7528</a> , et encore

    http://209.85.135.104/search?q=cache:jMDcIgWfq5UJ:www.mer-littoral.org/32/ascidiacea-1.php+%22ascidie%22+solitaire&hl=fr&ct=clnk&cd=4&gl=fr , ou encore celui-ci : http://209.85.129.104/search?q=cache:8hlxnsNLdlgJ:www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/genetique-1/d/decryptage-du-genome-de-lascidie-solitaire_1509/+ascidie+solitaire&hl=fr&ct=clnk&cd=1&gl=fr, et plus généralement, celui-ci : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ascidiacea

    P.S. Si un visiteur a la possibilité de nous adresser une photo personnelle et libre de droits d 'une photo de "bijut" et une autre de bijut ouvert, nous en serions reconnaissants. Merci d'avance. M.V.

    Cette note déjà publiée le 9 août 2008 vient de recevoir ce jour, 6 janvier 2010 une réponse positive et sympathique de Jean-Paul D., en provenance des Martigues dans les Bouches-du-Rhône :

    Eh bien merci, Jean-Paul. pour ces deux photos qui viennent si justement compléter notre note. Soyez-en vivement remercié !

    Salutations et compliments à vous.

     

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  • Une traduction de Michel Gautier: Les Saisons saintongeaises de Pierre Jônain

     

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    Geste édition, vient de publier cet ouvrage (ISBN978-2-84561-608-0) au  prix de 13 €.

    Au fil des saisons, Pierre Jônain fait revivre les travaux et les fêtes, avec poésie mais aussi avec précision. Il dresse un tableau animé de la vie rurale au début du 20° siècle...

    Michel Gautier, par sa traduction experte mise en regard du texte original, nous offre l'œuvre du "Virgile santongeais" à (re)-découvrir.

     

  • Une soirée de langue régionale en Saintonge

    Matinée Paul Monteau

    Le folklore, la langue et la poésie seront à l’honneur, samedi 21 novembre 2009 à 14 h 30, à l’Auditorium de la Brée-les-Bains, dans l’île d’Oléron, pour une matinée Paul Monteau, avec la participation des patoisants et de la SEFCO (Société d’Ethnologie et de Folklore du Centre-Ouest).

    La SEFCO est avant tout une société d’études, société savante qui s'est donné pour mission de recueillir, conserver et défendre le patrimoine culturel, artistique, ethnologique, linguistique, des anciennes provinces de Poitou, Aunis, Saintonge et Angoumois.

    Préserver et mettre en valeur la culture saintongeaise, resserrer les liens entre les praticiens de la langue régionale, voilà le but de ces matinées.

    Tout comme Odette Comandon et Goulebenéze qui ont une matinée, la SEFCO a voulu mettre en valeur ce personnage haut en couleurs, Paul Monteau, qui a pansé les maux des gens sur le continent et dans l’île. Après une présentation de la vie et de l’œuvre de ce Charentais les "patoisants" qui charment les ondes des radios locales comme Marlène Valet, Andrée Millot, Roger Bithonneau, Finosia apporteront leur concours linguistique tout comme ceux du continent à l'exemple de La P’tite Châtenette, La Mère Élodie, Simone Gervreau, Rosalie qui animent bien des soirées mais aussi les colonnes d’Aguiaine-Le Subiet, le Jhavasson, Papy Marcel, le Beurdassou…

    Pour tout renseignement et pour tout abonnement, s’adresser à SEFCO, maison de Jeannette, 51, rue de la Garousserie, Les Granges – 17400 Saint-Jean-d’Angély.

    Tél./Fax 05 46 32 03 20

    Site www.sefco-subiet.eu/

    Courriel sefco17@wanadoo.fr

    Blog http://sefco.unblog.fr/

  • Travaux et publications de Liliane Jagueneau en rapport avec des corpus oraux...

    Comme suite à plusieurs sollicitations de chercheurs en littérature orale et notamment sur ce qui concerne la transcription des textes et le traitement de l'oral, voici, en lien une liste de travaux de notre collègue Liliane Jagueneau de l'Université de Poitiers. Suivre ce lien:bibliolittorale.doc

  • Un nouveau (GRAND) pas en faveur des "langues de France": L'Assemblée inscrit (enfin) la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution.

    Selon l'agence France Presse à Paris, L'Assemblée nationale a voté jeudi (à la quasi-unanimité) un amendement au projet de loi sur la réforme des institutions visant à inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution.
    "Les langues régionales appartiennent au patrimoine" de la Nation, prévoit cet amendement présenté par le président de la commission des Lois, et qui complètera l'article 1 de la Constitution. Cette disposition était demandée depuis très longtemps par de nombreux parlementaires de toutes tendances politiques.
    L'ensemble des groupes avaient déposé des amendements similaires. Ils avaient tous été rejetés par la commission des Lois la semaine dernière.
    La garde des Sceaux s'est dite "favorable" à cette inscription des langues régionales dans la Constitution. M. Bayrou a exprimé "la satisfaction" de celui qui "mène le combat pour les langues régionales depuis longtemps": "C'est un pas en avant important", a-t-il déclaré.
    Jean-Jacques Urvoas a estimé que "cela va dans le bons sens pour l'épanouissement des langues régionales". "Enfin les langues régionales vont être reconnues !", s'est exclamé le député Philipe Folliot tandis que Marc Le Fur, l'un des députés les plus en pointe dans la défense des langues régionales, s'est réjoui de "quelque chose de positif".
    Pour Patrick Braouezec, "l'unité n'est pas l'uniformité".
    Mettant en exergue la convergence de vues des députés de tous bords dans cette discussion, Arnaud Montebourg a plaidé pour que la discussion sur l'ensemble du texte se déroule dans le même esprit : "C'est ici que cela doit se décider, entre nous. Nous souhaitons travailler ainsi jusqu'au bout, dans cette optique".

    Une si belle "quasi-unanimité" ne peut que réchauffer le cœur de tous les militants, anonymes ou de premier rang, qui depuis longtemps œuvrent à cette reconnaissance de langues et cultures "autres", et je soulignerai parmi elles l'Occitan dont on sait que la riche littérature a nourri le patrimoine littéraire de l'Europe avec les premiers troubadors et le premier Prix Nobel attribué à un écrivain français (en 1904) pour son œuvre en langue provençale (= occitane): Frédéric Mistral.
    J'imagine aussi la joie des gens du Poitou-Charentes, du Limousin, de Bretagne romane et celtique, ou des Catalans du Nord... et celle de tous les représentants de ces 75 langues régionales, ou de l'immigration.
    Mais ceci n'est qu'une étape...

  • Quand la co-pilote de Belvert marque sa différence ...

    Ce jour-là, la co-pilote Michèle Gardré-Valière se mit à parler d'un tout petit village de Saintonge à tous ceux qui attendaient qu'on les entretienne de l'Aunis ( Île de Ré, La Rochelle, etc...)...

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    Pour accéder au texte de la conférence de M.G.-V., suivez ce lien :
    Approche ethnolinguistique d’un toponyme saintongeais.doc

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    Pour tous renseignements sur l'Association d'Histoire et de géographie en pays aunisien, achats au numéro ou abonnements : AHGPA, c/o Monsieur Hervé Lamoureux, 4 Allée du Jaud, 17540 BOUHET.

  • "Patois du Poitou et de la Charente"

    En parcourant le site personnel du Linguiste Claude Hagège, Professeur au Collège de France (1982)http://claude.hagege.free.fr/html/biographie/cv-claude_hagege.htm, nous pouvons relever, parmi les nombreux terrains parcourus pour la connaissance des langues du monde, cette ligne ;"année 1972 : patois du Poitou et de la Charente", qui prend place au côté de la langue mbum du Cameroun, du Chinois, des langues mundang, tuburi et guiziga du Cameroun, encore, du Guarani, du kaqehitel du Guatemala, du russe etc... On sait que cet éminent professeur, qui n'est pas inconnu des Poitevins, puisqu'il professa quelques années à Poitiers, connaît plusieurs dizaines de langues et qu'il est considéré comme l'un des plus grands linguistes du monde. Eh bien, on voit aussi que ce professeur traite avec le même sérieux - et parce qu'il s'agit de choses profondément humaines - les langues d'immenses territoires, celles de groupes ethniques plus restreints et jusqu'aux langues et parlers de territoires de proximité comme l'occitano-pyrénéen de la vallée de Barèges, ou le "patois du Poitou et de la Charente".
    Les visiteurs de Belvert en provenance du Centre-Ouest apprécieront à sa juste valeur l'intérêt de ce chercheur (médaille d'or du CNRS) porté aux parlers (et donc à la culture) de ces territoires, parlers et cultures souvent délaissés et moqués par leurs tenants mêmes.

    Respect, Professeur Claude Hagège, et merci de vos enseignements si précieux!

  • Ouvrage recommandé aux praticiens de l'occitan dans ses variantes régionales.

    La section drômoise de l’Institut d’Estudis Occitans et les Éditions littéraires et linguistiques de l’université de Grenoble (ELLUG) ont le plaisir d’annoncer la parution prochaine du DICTIONNAIRE des DIALECTES DAUPHINOIS, anciens et modernes par l'abbé Louis MOUTIER :
    Édition, introduction, bibliographie et notes de Jean-Claude RIXTE ; saisie informatique et cartographie de Jean-Alexandre CLUZE ; (Essai de transcription en graphie classique en annexe).
    Préface de Jean-Claude BOUVIER, Professeur émérite de langue et culture d’oc de l’Université de Provence.
    Éditeurs : IEO-Drôme et ELLUG, 2007
    Cet ouvrage est actuellement en souscription jusqu’au 15 décembre 2007 au prix de 28 euros. (Le prix public sera de 35 euros).
    L’ouvrage contient :
    - Carte linguistique du Dauphiné d’après Louis Moutier (verso de la 1ère de couverture et recto du 1er feuillet, en couleur) ;
    Préface et Introduction (28 pages), dont :
    - Tableau des signes et abréviations conventionnels
    - Tableau des signes phonétiques utilisés
    - Tableau des localisations données par Louis Moutier
    Le Dictionnaire de Louis Moutier (702 pages)
    Annexe contenant la transcription en graphie classique (2 pages d’introduction dont tableau des graphèmes + 142 pages)
    Bibliographie (15 pages), dont :
    I. Sources utilisées par Louis Moutier
    II. Ouvrages et articles utilisés pour l’édition du dictionnaire de Louis Moutier (sources secondaires).
    Format : 17 x 24 cm. 902 pages.
    Carte intérieure en quadrichromie.
    Couverture quadrichromie recto/verso ; reliure carton.
    ISBN : 2-9513518-6-0

  • Galinètas, marivoles et autres bêtes à Bon Dieu

    On nous sollicite souvent sur les "formes brèves' et autres comptines. Concernant les coccinelles, en voici trois exemples, les deux premières en Haut-Poitou, la troisième en Bas-Languedoc:

    "Mon petit prompron rouge
    De quel côé me marierai-z-i ?
    pron pron pron maroton,
    De quel côté me marierai-z i ?

    Marivole, vole, vole,
    Prends ton manteau
    Et va à l'école
    A-vec ta mè-re !

    Galinette monte au Ciel
    Si tu ne montes pas,
    Je te coupe une aile...

    etc... Merci de rajouter en commentaire vos connaissances en la matière.
    Pour approfondir la question de ces petites formes en direction du petit animal si sypathique ( à condition qu'il ne vienne en grappe avec ses congénères sur vos jambes, voici deux références bibliographiques fondamentales :
    1°) RAVIER Xavier, "Définition des ethnotextes: quelques considérations sur les formes minimales de l'ethnotexte", in : La recherche sur les ethnotextes: réflexions pour un programme: actes de la table ronde du CNRS... les 13 et 14 octobre 1980, Paris, Éd. CNRS, 1984, pp. 35-49.

    Signalons, à l'appui, l'"Atlas linguistique et ethnographique de l'Ouest" par Geneviève Massignon & Brigitte Horiot, éd. du CNRS, qui consacre une annexe "formulettes relatives à la coccinnelle" en complément de la carte 445, dans son volume II (1974).

    2°) Je vous signale aussi la réf. suivante:

    AEBI Dora, Der Marienkäfer; seine französische namen und seine Bedeutung im Volksglauben und Kinderspruch, Thèse de Zurich. Aarau, Sauerländer, 1932, x-127 p.

    De cette thèse, Arnold Van Gennep écrit dans sa bibliographie (N° 3109): excellente étude comparative, classement rationnel et interprétation magico-religieuse de la formule de la Coccinelle; nombreux documents inédits

  • Je deviens vieux en apprenant toujours...

    Je ne sais plus si c'est Plutarque ou Solon qui racontait cela, mais depuis bien longtemps j'avais fait mienne cette maxime. Ainsi, pas "plus tard que" (calembour presque involontaire), cette après-midi même, c'est de "stolon" (et pas Solon, bien sûr) dont il s'est agi.

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Bon, tout ça est un peu tiré par les cheveux, mais de cheveux il est presque question. En effet, alors qu'avec Ma-dame-de-Belvert nous en étions à musarder, lézarder, et papoter pour savoir lequel des deux travailleurs du chapeau allait bien pouvoir accomplir le rituel bi-quotidien du passage par les eaux lustrales de la vaisselle* du jour, Madame-ma-Voisine, vous vous souvenez du jardinier habile qui arrive à produire des chails avec son jeune pommier ? eh bien l'épouse dudit monsieur, vient au sens propre... ramener sa fraise ! ou plutôt apporter deux pieds de fraisiers. Le sang de l'ethnographe - qui n'est déjà plus en herbe - se mit à carburer lorsque notre aimable visiteuse se lança dans des explications plutôt, botaniquement parlant, précises, et que vint à lui échapper le petit mot de "stolon" ???? Non pas Stallone, jeunes lecteurs, ni "Solon", héllénistes érudits, mais "stolon".
Franchement là, le trou ? Oui, le trou ! Je sais que certains vont ricaner, rignocher, brocarder. Non, ça ne pouvait pas être du "patois" fut-il "vendéen" de la Vendée, ni "poitevin" privé de son trait d'union avec son frère "saintongeais", encore moins du (néo)- "saintongeais" tel qu'il est défini dans L'Hebdo de Charente-Maritime du 29 mars 2007:" un parler oral avec comme base la langue française (...) composéd'un socle de mots typiquement saintongeais enrichi de mots en français écorché"... Là, j'éprouve un certain malaise, puisque pendant 40 ans et plus, je me suis évertué à expliquer aux "autochtones" qu'ils avaient à faire à une langue, aussi digne que les parlers d'oc et non à un français "escharogné"... Malaise dans la civilisation, expliquait Sigmund de Vienne !
Le premier "dico" sous la main me lâche :STOLON, "Ramification rampante de la base de la tige d'une plante. En s'enracinant, un stolon peut donner une nouvelle plante."
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Ouf pas écorché ! mais bien français à base latine, stolo, stolonis: littéralement "rejeton".
La honte donc au pilote de Belvert, qui s'est toutefois bien assuré avant de rédiger cette note de contrition et de cendres sur la tête, que dans le jardin de Belvert s'il y traînait bien quelques cheveux, "daus stolons, o y en avait jhamais eu ! O y a pas de Thieu cheu nousautres".
Vous voyez mes bons amis, j'avais une excuse, tout de même!
Et un grand merci à vous, Madame-ma-Voisine, car ce soir, avec ma "patronne", eh bien "i me coucherai moins sot qu'i en ai l'air".
NDLR:
*-"Vaisselle": vieille coutume ancestrale que conservent avec soin certaines personnes (généralement au féminin), mais qui, lorsque personne est au masculin, s'accomplit plutôt au moyen d'une machine alternative (pas rotative: ça casserait tout !) Ce sont donc les hommes qui font perdre les traditions en inventant des trucs pas possibles pour y échapper etc... Vous connaissez la suite de ce discours. Inutile donc d'empoisonner la toile avec mes histoires à dormir debout de bouchons et chiffons à vaisselle... Et je dispense vraiment tous les visiteurs, qu'ils soient aimables, grognons, grincheux, acariâtres, atrabilaires, de venir ajouter leur encre à cette note dérisoire, risible et rasoir.