24.12.2007

"Patois du Poitou et de la Charente"

En parcourant le site personnel du Linguiste Claude Hagège, Professeur au Collège de France (1982)http://claude.hagege.free.fr/html/biographie/cv-claude_ha..., nous pouvons relever, parmi les nombreux terrains parcourus pour la connaissance des langues du monde, cette ligne ;"année 1972 : patois du Poitou et de la Charente", qui prend place au côté de la langue mbum du Cameroun, du Chinois, des langues mundang, tuburi et guiziga du Cameroun, encore, du Guarani, du kaqehitel du Guatemala, du russe etc... On sait que cet éminent professeur, qui n'est pas inconnu des Poitevins, puisqu'il professa quelques années à Poitiers, connaît plusieurs dizaines de langues et qu'il est considéré comme l'un des plus grands linguistes du monde. Eh bien, on voit aussi que ce professeur traite avec le même sérieux - et parce qu'il s'agit de choses profondément humaines - les langues d'immenses territoires, celles de groupes ethniques plus restreints et jusqu'aux langues et parlers de territoires de proximité comme l'occitano-pyrénéen de la vallée de Barèges, ou le "patois du Poitou et de la Charente".
Les visiteurs de Belvert en provenance du Centre-Ouest apprécieront à sa juste valeur l'intérêt de ce chercheur (médaille d'or du CNRS) porté aux parlers (et donc à la culture) de ces territoires, parlers et cultures souvent délaissés et moqués par leurs tenants mêmes.

Respect, Professeur Claude Hagège, et merci de vos enseignements si précieux!

15.10.2007

Ouvrage recommandé aux praticiens de l'occitan dans ses variantes régionales.

La section drômoise de l’Institut d’Estudis Occitans et les Éditions littéraires et linguistiques de l’université de Grenoble (ELLUG) ont le plaisir d’annoncer la parution prochaine du DICTIONNAIRE des DIALECTES DAUPHINOIS, anciens et modernes par l'abbé Louis MOUTIER :
Édition, introduction, bibliographie et notes de Jean-Claude RIXTE ; saisie informatique et cartographie de Jean-Alexandre CLUZE ; (Essai de transcription en graphie classique en annexe).
Préface de Jean-Claude BOUVIER, Professeur émérite de langue et culture d’oc de l’Université de Provence.
Éditeurs : IEO-Drôme et ELLUG, 2007
Cet ouvrage est actuellement en souscription jusqu’au 15 décembre 2007 au prix de 28 euros. (Le prix public sera de 35 euros).
L’ouvrage contient :
- Carte linguistique du Dauphiné d’après Louis Moutier (verso de la 1ère de couverture et recto du 1er feuillet, en couleur) ;
Préface et Introduction (28 pages), dont :
- Tableau des signes et abréviations conventionnels
- Tableau des signes phonétiques utilisés
- Tableau des localisations données par Louis Moutier
Le Dictionnaire de Louis Moutier (702 pages)
Annexe contenant la transcription en graphie classique (2 pages d’introduction dont tableau des graphèmes + 142 pages)
Bibliographie (15 pages), dont :
I. Sources utilisées par Louis Moutier
II. Ouvrages et articles utilisés pour l’édition du dictionnaire de Louis Moutier (sources secondaires).
Format : 17 x 24 cm. 902 pages.
Carte intérieure en quadrichromie.
Couverture quadrichromie recto/verso ; reliure carton.
ISBN : 2-9513518-6-0

23.08.2007

Galinètas, marivoles et autres bêtes à Bon Dieu

On nous sollicite souvent sur les "formes brèves' et autres comptines. Concernant les coccinelles, en voici trois exemples, les deux premières en Haut-Poitou, la troisième en Bas-Languedoc:

"Mon petit prompron rouge
De quel côé me marierai-z-i ?
pron pron pron maroton,
De quel côté me marierai-z i ?

Marivole, vole, vole,
Prends ton manteau
Et va à l'école
A-vec ta mè-re !

Galinette monte au Ciel
Si tu ne montes pas,
Je te coupe une aile...

etc... Merci de rajouter en commentaire vos connaissances en la matière.
Pour approfondir la question de ces petites formes en direction du petit animal si sypathique ( à condition qu'il ne vienne en grappe avec ses congénères sur vos jambes, voici deux références bibliographiques fondamentales :
1°) RAVIER Xavier, "Définition des ethnotextes: quelques considérations sur les formes minimales de l'ethnotexte", in : La recherche sur les ethnotextes: réflexions pour un programme: actes de la table ronde du CNRS... les 13 et 14 octobre 1980, Paris, Éd. CNRS, 1984, pp. 35-49.

Signalons, à l'appui, l'"Atlas linguistique et ethnographique de l'Ouest" par Geneviève Massignon & Brigitte Horiot, éd. du CNRS, qui consacre une annexe "formulettes relatives à la coccinnelle" en complément de la carte 445, dans son volume II (1974).

2°) Je vous signale aussi la réf. suivante:

AEBI Dora, Der Marienkäfer; seine französische namen und seine Bedeutung im Volksglauben und Kinderspruch, Thèse de Zurich. Aarau, Sauerländer, 1932, x-127 p.

De cette thèse, Arnold Van Gennep écrit dans sa bibliographie (N° 3109): excellente étude comparative, classement rationnel et interprétation magico-religieuse de la formule de la Coccinelle; nombreux documents inédits

02.04.2007

Je deviens vieux en apprenant toujours...

Je ne sais plus si c'est Plutarque ou Solon qui racontait cela, mais depuis bien longtemps j'avais fait mienne cette maxime. Ainsi, pas "plus tard que" (calembour presque involontaire), cette après-midi même, c'est de "stolon" (et pas Solon, bien sûr) dont il s'est agi.

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Bon, tout ça est un peu tiré par les cheveux, mais de cheveux il est presque question. En effet, alors qu'avec Ma-dame-de-Belvert nous en étions à musarder, lézarder, et papoter pour savoir lequel des deux travailleurs du chapeau allait bien pouvoir accomplir le rituel bi-quotidien du passage par les eaux lustrales de la vaisselle* du jour, Madame-ma-Voisine, vous vous souvenez du jardinier habile qui arrive à produire des chails avec son jeune pommier ? eh bien l'épouse dudit monsieur, vient au sens propre... ramener sa fraise ! ou plutôt apporter deux pieds de fraisiers. Le sang de l'ethnographe - qui n'est déjà plus en herbe - se mit à carburer lorsque notre aimable visiteuse se lança dans des explications plutôt, botaniquement parlant, précises, et que vint à lui échapper le petit mot de "stolon" ???? Non pas Stallone, jeunes lecteurs, ni "Solon", héllénistes érudits, mais "stolon".
Franchement là, le trou ? Oui, le trou ! Je sais que certains vont ricaner, rignocher, brocarder. Non, ça ne pouvait pas être du "patois" fut-il "vendéen" de la Vendée, ni "poitevin" privé de son trait d'union avec son frère "saintongeais", encore moins du (néo)- "saintongeais" tel qu'il est défini dans L'Hebdo de Charente-Maritime du 29 mars 2007:" un parler oral avec comme base la langue française (...) composéd'un socle de mots typiquement saintongeais enrichi de mots en français écorché"... Là, j'éprouve un certain malaise, puisque pendant 40 ans et plus, je me suis évertué à expliquer aux "autochtones" qu'ils avaient à faire à une langue, aussi digne que les parlers d'oc et non à un français "escharogné"... Malaise dans la civilisation, expliquait Sigmund de Vienne !
Le premier "dico" sous la main me lâche :STOLON, "Ramification rampante de la base de la tige d'une plante. En s'enracinant, un stolon peut donner une nouvelle plante."
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Ouf pas écorché ! mais bien français à base latine, stolo, stolonis: littéralement "rejeton".
La honte donc au pilote de Belvert, qui s'est toutefois bien assuré avant de rédiger cette note de contrition et de cendres sur la tête, que dans le jardin de Belvert s'il y traînait bien quelques cheveux, "daus stolons, o y en avait jhamais eu ! O y a pas de Thieu cheu nousautres".
Vous voyez mes bons amis, j'avais une excuse, tout de même!
Et un grand merci à vous, Madame-ma-Voisine, car ce soir, avec ma "patronne", eh bien "i me coucherai moins sot qu'i en ai l'air".
NDLR:
*-"Vaisselle": vieille coutume ancestrale que conservent avec soin certaines personnes (généralement au féminin), mais qui, lorsque personne est au masculin, s'accomplit plutôt au moyen d'une machine alternative (pas rotative: ça casserait tout !) Ce sont donc les hommes qui font perdre les traditions en inventant des trucs pas possibles pour y échapper etc... Vous connaissez la suite de ce discours. Inutile donc d'empoisonner la toile avec mes histoires à dormir debout de bouchons et chiffons à vaisselle... Et je dispense vraiment tous les visiteurs, qu'ils soient aimables, grognons, grincheux, acariâtres, atrabilaires, de venir ajouter leur encre à cette note dérisoire, risible et rasoir.

Des "patois" aux langues régionales, afin qu'elles survivent...

Nos amis de l'Université de Picardie dont Jean-Michel ELOY professeur de linguistique à l'Université de Picardie
LESCLaP (Laboratoire d'Etudes Sociolinguistiques sur le Contact des Langues et la Politique linguistique) - CEP (Centre d'Etudes Picardes) http://www.u-picardie.fr/LESCLaP , nous ont transmis cette information qui intéressera quelques uns de nos visiteurs... Il s'agit de la publication d'un ouvrage de langue anglaise:

Anne JUDGE "Linguistic Policies and the Survival or Regional Languages in France and Britain" Coll. Palgrave Studies in Minority Languages and Communities, Palgrave Macmillan (http://www.palgrave.com/ ), 2007, 265 p.

Cet ouvrage (en anglais) traite de ce que les langues régionales de France ont en commun avec le gallois, le gaélique écossais, l'irlandais et le cornique. Il pose également le problème de savoir si le cornique existe encore ainsi que celui du statut du scots et de l'importance politique actuelle de l'ulster scots. L'ouvrage examine tout d'abord comment, l'émergence de l'anglais en Grande-Bretagne et du français en France on provoqué le recul des
langues régionales. Chaque langue est examinée dans le contexte des politiques linguistiques adoptées par la Grande-Bretagne et la France, à la fois historiquement et du point de vue des efforts actuels faits pour la sauver. Une approche comparative met en relief des similarités inattendues entre les politiques adoptées dans ces deux pays, en dépit d'un discours qui peut différer de manière considérable. Ceci devrait faire réfléchir ceux qui sont impliqués dans leur réhabilitation ou qui travaillent dans un contexte en rapport avec les langues régionales, que ce soit dans le domaine de l'éducation, de la culture, du tourisme, de l'administration ou de la politique). Comprendre la nature des problèmes impliqués est également essentiel pour comprendre les revendications linguistiques auxquelles doivent faire face aujourd'hui les gouvernants de ces deux pays, en particulier dans le contexte de la décentralisation en France et de la devolution en Grande-Bretagne.

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03.12.2006

Hier, la "fressine".... aujourd'hui, 100 000 préservatifs pour les lycées de Poitou-Charentes

C'est annoncé dans la lettre du Conseil régional de Poitou-Charentes début décembre
Le C.R. Offre 100 000 préservatifs gratuits aux Lycées de la Région, dans le cadre de la lutte contre le Sida...
après les 13500 paires de charentaises offertes aux internes des lycées de la Région. Ils sont chouette chouchoutés les lycéens de la génération S.


"La fressine, le préservatif et l’ethnologue"

Le Marquis de Sade recommandait à toute jolie fille de « ne s’occuper que de f... et jamais d’engendrer. » Soit ! En écho, un vieux paysan poitevin invitait, lui, à « mettre la fressine » pour les mêmes raisons. Bien connu dans les Deux-Sèvres, comme dans la Vienne, ce terme de fressine désigne un petit fagot de sarments ou de bruyère, parfois un bouchon de paille que l’on place au fond d’une cuve à vendange ou d’un tonneau pour arrêter les pépins de raisin et, de la sorte, empêcher l’obstruction de la bonde ou du robinet.
L’objet de cette communication portera donc sur un « anti-pépins », en quelque sorte, un petit objet désormais familier des grands adolescents et des jeunes adultes notamment (mais pas seulement), le préservatif .

Un détour historique

Si l’histoire nous entraîne et nous perd dans les lointains de la mémoire collective, l’usage du préservatif est tout à fait actuel, d’une criante nécessité tant en Europe que dans les pays en voie de développement, en Afrique surtout pour se prémunir de MST, « maladies sexuellement transmissibles ».
Plusieurs ouvrages faciles d’accès vulgarisent les connaissances à ce sujet. Citons, par exemple, celui de Vincent Vidal, La Petite histoire du préservatif, aux éditions Syros (1993) ; ou encore le livre du docteur Éric Chevallier, préfacé par Smaïn et publié par Castermann en 1993, intitulé Le Préservatif, trois mille ans d’amour protégé. Il n’est pas interdit non plus de s’attarder sur la collection de mille sept cent soixante-treize objets, constitutifs du Musée du préservatif créé à l’initiative de l’honorable cité de Condom, commune du Gers, département dont on se souvient qu’en ces lieux où « le bonheur est dans le pré » on y détient aussi le record national de la longévité de la vie humaine.
Nul n’est censé ignorer, en principe, la double fonction dévolue au préservatif dont il est bon de rappeler qu’il s’agit en fait d’un étui pénien très souple qui enveloppe l’essentiel du pénis, dans un but de protection. En premier lieu, c’est un moyen de sauvegarde de soi et des autres à l’encontre des MST ; en second lieu, il fait figure de contraceptif masculin parmi les plus sûrs. C’est essentiellement pour ce dernier rôle qu’il a été, recherché et employé au fil des siècles. Mais à ces fonctions principales on peut adjoindre des fonctions dérivées, détournées : c’est un jouet en tant que tel, jouet pour des jeux subtils. C’est également aujourd’hui un objet de collection (publique ou privée), un objet de décoration, voire d’art contemporain.
Comme anticonceptionnel, son usage est attesté depuis la plus haute antiquité, sinon avec certitude, en tout cas subodoré. On a bien voulu le reconnaître sur une peinture préhistorique en Dordogne (moins dix à quinze mille ans avant notre ère), en Égypte, dans l’ancienne Chine, en Grèce, dans la Rome antique, en Afrique, en Indonésie... en Europe. Si son aire d’extension semble fort large, sa profondeur historique ne l’est pas moins. Pour ce qui est de la protection sanitaire, si l’on en croit les travaux du genevois Théodore Tronchin, il est recommandé, dès le XVIIe siècle, pour échapper aux « inoculations » de la petite vérole, importée de Turquie à Londres en 1721, puis à Paris en 1755.

Quelques données linguistiques

Arrêtons-nous quelques instants sur le lexique qui offre plusieurs termes pour désigner ce petit objet, appellations simples, mais parfois plus complexes. Ainsi, pouvons-nous lire, sous la plume de Sade, dans La Philosophie dans le boudoir, à propos de l’initiation d’Eugénie de Mistival devant être livrée à Dolmancé :

« Quelques femmes s’introduisent des éponges dans l’intérieur du vagin […], d’autres obligent leurs fouteurs de se servir d’un petit sac de peau de Venise, vulgairement nommé condom, dans lequel la semence coule sans risquer d’atteindre le but... »

On a beaucoup rêvé et glosé sur l’existence hypothétique du sieur Condom, docteur pour les uns, colonel pour d’autres – et pourquoi pas les deux à la fois ? – dont la réalité ne nous est rapportée que par une tradition orale diffuse. Le dictionnaire Le Grand Robert évite, lui, de situer la première occurrence à 1795, date de la première publication de La Philosophie dans le boudoir. En revanche, il propose pour étymon le mot anglais condum (1706) qu’il déclare d’origine inconnue ajoutant, pour rompre avec une légende tenace : « On n’a retrouvé aucun médecin ou inventeur portant ce nom. »
En 1833, Julia de Fontenelle et F. Malepeyre, à la page 341de leur Manuel du tanneur corroyeur, de l’hongroyeur et du boyaudier, justifient à leur manière l’accès à une célébrité dans l’anonymat du condom :

« Ces petits sacs dont l’idée est due à un anglais nommé Condom, sont également connus sous le nom de baudruche, rubans, redingotes anglaises, cartes de sûreté, parachutes, etc. Cette invention qui date du milieu du XVIIIe siècle, et dont le but aussi louable qu’utile, était de soustraire à un mal contagieux dont les prêtresses de Vénus ne sont pas seules infectées, assuma sur le nom de l’auteur tant de ridicule et une telle réprobation qu’il se vit contraint d’en changer. L’on a peine à concevoir que les Anglais, si avancés dans la civilisation, aient pu payer un bienfait par ces outrages. »

Étonnamment, le très savant TLF, Trésor de la langue française, dictionnaire édité par le CNRS, n’a même pas réservé d’entrée à condom, alors que la très populaire capote figure en bonne place. On y apprend que son émergence historique remonte à 1688, mais seulement à 1887 dans le syntagme figé argotique, capote anglaise, emprunté au Journal des frères Goncourt, lesquels disent regretter que Victor Hugo, un géant de la littérature, quittant son exil îlien de Guernesey ait oublié des capotes anglaises d’un format gigantesque (p.711)
Si French letter (littéralement « lettre française ») a la faveur des Anglais, il faut reconnaître que l’imagination ne manque pas pour « baptiser » et définir le préservatif. Il est souvent représenté par un terme désignant un élément vestimentaire , botte , capote, chapeau, chapeau de brousse pour nombre d’Africains, chaussette, redingote, mais aussi petit linge comme le désigne en 1665 l’auteur de L’École des filles, Jean Millet. Comme celui-ci, de nombreux auteurs l’ont célébré, et pas des moindres : Madame de Sévigné, Casanova, Sade, Flaubert, Maupassant, Proust et, de nos jours, Patrick Modiano, l’anglais David Lodge, le japonais Yukio Mishima , pour n’en citer que quelques-uns.
Il peut être, également, désigné par la matière :

« Eh, t’as des caoutchoucs ? »

C’est en ces termes mêmes qu’une jeune fille apostrophe l’une de ses amies dans le téléfilm de Serge Meynard, L’Inconnue du val perdu (1999). En revanche, dans L’ École de la chair, Mishima, lui, évite de le nommer et préfère n’utiliser que ça puis ce, à moins que ces pronoms démonstratifs neutres n’aient été impatronisés par ses traducteurs du japonais Brigitte et Yves-Marie Allioux :

"Tiens, voilà, prends ça ! " dit Taéko à Senkitchi qui " alla ramasser ce " qu’elle avait sorti de son sac à main...

Actuellement , il est de meilleur ton de les nommer selon une marque, comme The select (1959), ou plus près de nous : Coral, Durex, Fiesta, Manix, Profilex, tous extra-fins et contrôlés électroniquement.

De leur fabrication

Pour ce qui est de la production des préservatifs, il y en eut en « écailles de tortue », au Japon, d’autres carrément taillés dans le bambou, tandis que d’anciens Chinois utilisaient du papier de soie huilée. Si certains s’essayaient avec des « feuilles de figuier », il apparaît cependant que depuis l’Antiquité gréco-romaine, ce sont les viscères animaux (boyaux de moutons, vessies de porcs) qui étaient plutôt recherchées. Ainsi, en 1833, Fontenelle et Malapeyre nous en offrent-ils une description tout à fait remarquable dont voici un court extrait :

« Ces petits sacs se préparent avec le coecum du mouton. Pour cela on fait tremper les baudruches pendant trois ou quatre heures dans l’eau ; on fait choix des plus faibles que l’on met dans une terrine et les plus fortes dans l’autre. Les premières (les plus faibles) sont replacées et retournées dans une eau alcaline qu’on change chaque douze heures. Au moyen d’une lame de couteau ronde qu’on passe sur sa surface, on enlève et les matières fécales et la membrane muqueuse, sans toucher aux membranes musculeuse et péritonéale. On procède ensuite au souffrage, on lave à l’eau de savon, en ayant soin de les bien frotter chaque fois qu’on change les lavages. Après ces opérations, on souffle la baudruche au moyen d’un roseau ; après avoir noué le bout qui est ouvert, étant gonflé d’air, on les fait sécher. Quand elles sont blanches et sèches, on les coupe près du nœud en leur laissant une longueur de sept à neuf pouces et les ouvrières les bordent avec un ruban rouge ou bleu. Maintenant elles y
pratiquent une coulisse dans laquelle elles passent un petit ruban de fil. Ce moyen est le meilleur parce qu’il sert à fixer le sac solidement […] »

De nos jours, la fabrication à base de latex est devenue industrielle et il s’en produit plusieurs dizaines de millions par an, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, en Grande-Bretagne, au Japon ou aux USA. En France, un label en définit depuis 1985 les caractéristiques et un arrêté du vingt-trois décembre 1987 les impose à toutes les marques importées, ce que les associations de consommateurs ne manquent pas de vérifier. Et laissons les « folles rumeurs » qui se jouent sur l’air de la calomnie qui rapportent que l’on recommande l’envoi en Afrique ou au Maghreb de certains types de préservatifs selon les uns « plus résistants », selon les autres « moins sûrs », en fonction des représentations de la sexualité des hommes des pays du Sud que se font les rapporteurs en question.

Techniques d’acquisition

Après la production, quelles sont les techniques de distribution ? S’agissant d’un produit de santé, on en trouve en pharmacie par boîtes de douze, de vingt-quatre, de quarante-huit, dans des formats, des parfums et des couleurs différents. Si l’on voulait donner sens aux couleurs, il en existe de verts pour les « écolos », de roses pour les tendres et les sensuels, de transparentes pour les méfiants. Mais ces produits peuvent aussi s’acquérir dans les gondoles des supermarchés ou par correspondance, sous paquet discret, sans marque extérieure, mais qui, en cas d’absence pourrait être confié à un voisin... qui reçoit les mêmes de son côté.
Lors de la conscription obligatoire, les derniers jeunes appelés du contingent qui étaient tenus à dix mois de service national recevaient dix préservatifs réglementaires. Pour les adolescents « branchés », des paquets en kit sont parfois offerts par des radios particulièrement interactives dont ils fréquentent les émissions. Quant aux distributeurs sous forme de boîtes à sous avec tiroir-caisse, ils sont souvent en panne, ou carrément vides parce que non approvisionnés avec une périodicité suffisante. Mais, où en trouve-t-on ? En premier lieu, à proximité de la croix verte, enseigne des pharmaciens, accessibles à chacun avec plus ou moins de discrétion. Il en existe parfois au coin d’un mur de stade de sport, près des salles polyvalentes, dans les lavabos ou même les cabines de W.C dans certains restaurants ou débits de boissons. En général, en des endroits que l’on pourrait nommer des non-lieux (le terme est de l’anthropologue Marc Augé), des lieux où l’on passe rapidement, sans trop y séjourner ou s’arrêter, où se révèle la solitude. Dans un grand lycée moderne de la ville de Poitiers, un appareil a été installé dans un coin de mur, derrière la cafétaria, dans un recoin, « non-nommé » par les élèves eux-mêmes .
On ne peut qu’être frappé par le nombre de ces distributeurs « inoffensifs » mais utiles, personne n’en doute, qui sont vides, en dépit des divers signes apposés : cœurs écarlates, bouches aux lèvres pulpeuses, autocollants avec mentions de certification du type : « les femmes les aiment ». Non seulement ils sont assez souvent non-approvisionnés, mais ils sont hors d’état de fonctionner car ils ont été coincés, détériorés par des mains anonymes, à l’aide de morceaux d’allumettes et surtout de chewing-gum. Certains ont même été incendiés, à Melle, par exemple. Impossible, évidemment de savoir qui s’en prend ainsi à ces bornes distributrices de produits sanitaires, qui a lancé et entretient cette « guerre des latex » ?
La demande juvénile d’un accès facile et si possible à faible coût (ce qui n’est pas toujours le cas) est généralement co-occurente de l’apprentissage de la sexualité en couple.

Des phases d’apprentissage

L’apprentissage commence par une initiation à l’acte de dénomination. En effet savoir dénommer facilite l’acquisition. Comment aller acheter, comment demander des « capotes » à la dame ou la demoiselle de la pharmacie du quartier sans rougir ? Cette formalité, il y a encore quelques années, entrait dans certains rituels de bizutage, aujourd’hui interdit par une loi de juin 1998.
Vient ensuite l’indispensable manipulation. Détourné par les plus jeunes, parfois très jeunes ! le préservatif est traité comme un véritable jouet. Gonflé avec la bouche, voilà un ballon de baudruche d’une nouvelle allure d’autant qu’il peut revêtir les formes les plus incongrues. On s’amuse comme avec un ballon, au pied ou à la main ; on le lance à la figure des jeunes filles ; il sert de cible pour des jets de cailloux, des lancers de fléchettes ou même au tir à la carabine à balles de plomb.
Plus « classiquement », des gestes simples et répétés, rapidement acquis, seul ou avec quelque partenaire, permettront un usage sûr et bien moins angoissant que ne pouvaient l’être les ersatz anticonceptionnels des anciennes générations. Celles-ci, selon les lieux, s’en remettaient à l’efficacité douteuse du sel, du savon sec, de l’alun, du bicarbonate de soude, de l’acide citrique, de l’aspirine, de la quinine, de l’aloès, des excréments de poule incinérés et dont on enfumait l’utérus, sans parler du genêt, des coquilles d’œuf, du safran, de l’armoise et j’en passe.
Passée la phase d’expérimentation, il n’y a plus qu’à utiliser, parfois à entretenir ces petits trésors avant de les réutiliser. Ainsi, les plus démunis, les lavent-ils et les mettent-ils à sécher sur une serviette ou même sur un fil à linge avant de les talquer pour les réenrouler. Cette pratique, on le sait, n’est pas du tout conseillée par le corps médical, mais semble s’imposer parfois, compte tenu de la précarité de bien des jeunes. Quoi qu’il en soit, cette attitude paraît préférable à leurs yeux qu’un non-usage qui est alors une conduite à risque, véritable défi mortel pratiqué en toute « inconscience » par certains pour les raisons les plus diverses dont « l’exploration des extrêmes ».
Il n’est pas d’âge pour s’en servir si l’on en croit la doléance de la propriétaire d’une maison avec jardin d’agrément, voisine d’un lieu de plaisir en Poitou, très fréquenté par le « troisième âge » certains après-midi de la semaine. En effet, il y a tellement de préservatifs abandonnés après chaque « thé dansant » qu’elle ne peut plus passer sa tondeuse à gazon. Rien de comparable,vraisemblablement , avec ce que l’on a pu constater à Paris, au Bois de Boulogne, dans les années 1990 où, chaque matin, les services de nettoyage devaient, en évacuer un ou plusieurs mètres cubes. Ce n’est, au fond, qu’une question d’échelle entre Paris et la province...

Et pour conclure

Depuis les années 1980 où l’on a compris que le préservatif était l’une des meilleures précautions de prévention de maladies terrifiantes, la présence du préservatif s’est banalisée. On en parle en famille, à l’heure des repas, par le truchement des campagnes prophylactiques ; on le trouve sur les emplacements d’affichages publicitaires. Des humoristes narrent des histoires drolatiques qui se véhiculent par les canaux habituels urbains, notamment : bouche à oreille des rumeurs, zincs des bistrots. Les récits se substituent à ceux des années cinquante ou soixante qui mettaient au cœur des facéties les enfants nés « d’Ogino », à ceux des années soixante-dix qui relataient des naissances de bébés tenant dans leurs menottes des pilules, daus pinules ! alors que, aujourd’hui, des bambins évoquant le secret de leur nom s’appellent entre eux « Capote percée ». Les années, les techniques passent, les structures narratives perdurent et s’adaptent au changement.
Des créateurs dont de très nombreux caricaturistes, tel Pétillon, dessinateur au Canard enchaîné, en ont fait l’un des thèmes de leur production, et jusqu’aux artistes contemporains qui n’hésitent pas à le manipuler et le détourner. Un exemple lumineux (dans tous les sens du terme) nous a été donné par Angie Anakis avec son œuvre intitulée La Vie (1992), composition de préservatifs, d’eau, de cordes, de crochets, ensemble de cinquante-deux pièces et d’une hauteur d’un peu plus de deux mètres, qui a été exposée de décembre 1995 à mars 1996 au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.
Le Poète, n’avait-il pas invité à apprendre à retirer les fleurs du mal ?


Michel VALIÈRE

(À partir du texte publié dans AGUIAINE, n° 236, mai-juin, 2003, p. 15-22.

NOTES

Par exemple, le cinéaste Nikita Mikhalov dans son inoubliable film Urga (1991) met en scène un berger dans les steppes de Mongolie qui, pressé par le législateur-régulateur va à la ville acheter le préservatif qui lui a été prescrit, à la grande tristesse du couple qui n’aime pas faire l’amour avec des bottes...
Page 60, éd. Gallimard ( collection Du monde entier), 1993, 235p.

Autorisation du ministère de l’Éducation nationale, pour les lycées, en date du 26 juin 1992.

A contrario, en dépit de la présence de plus de dix mille jeunes étudiants et d’un millier d’enseignants ou vacataires à l’Université catholique de l’Ouest à Angers, renseignements pris et sauf erreur, aucun distributeur n’a été installé (à la date de la rédaction de ce texte, en 2001). En revanche, il est possible de s’approvisionner au café le plus proche.

01.09.2006

Brigitte Horiot (Université de Lyon 3), " Le roitelet: dénomination et folklore dans le Centre-Ouest de la France"

Notre collègue et amie, Brigitte Horiot, vient de consacrer un article à la dénomination, multiple et variée de roitelet, "un oiseau qui a particulièrement retenu l'imagination de l'homme, suscitant contes et légendes".
Cette communication prend place (pages 217 à 224) dans un ouvrage plus large "Les Oiseaux, de la réalité à l'imaginaire", actes du colloque international des 1er, 2 et 3 juin 2005 (textes réunis par Claude Lachet et Guy Lavorel), publiés par à Lyon, par le C.E.D.I.C., Centre Jean Prévost (prix 20 € TTC; ISBN (10) 2-911981-16-2; ISBN (13) 978-2-911981-16-6).
Les vingt-neuf approches variées (artistiques, historiques, littéraires, linguistiques et juridiques) réunies dans cet ouvrage s'organisent selon quatre rubriques majeures: "De l'Antiquité au Moyen-âge; Des oiseaux d'ici et d'ailleurs; Des oiseaux et des hommes; Oiseaux mythiques et symboliques". Elles soulignent le "flamboyantg plurisymbolisme de l'oiseau" dont il est dit qu'il est "proche du ciel, intermédiaire entre les hommes et les dieux".
Cet ouvrage est en quelque sorte un "volucraire" des temps modernes !

09.08.2006

Entre culture orale et culture écrite: Approche lexicographique du monde agricole des Deux-Sèvres

Pour qui s’intéresse au langage comme à l’ethnographie du monde agricole, le recours aux séries archivistiques classiques (notariales, judiciaires...) est toujours d’une grande utilité, notamment pour ancrer historiquement les termes et locutions utilisés, et avec eux, parfois, les techniques elles-mêmes. On y trouve en effet des descriptions, parfois très fines, d’ensembles thématiques sur l’outillage et le matériel agricole, des actes de cheptel (mort ou vif), des inventaires après décès, certains contrats de mariage, des annonces de ventes sur saisie mobilière ou immobilière, des baux de colonage, des baux de métayage, des baux de ferme.
Ainsi, à titre d’exemple, Raymond Rousseau, dans « Les derniers moulins à vent du canton de Frontenay-Rohan-Rohan » (Revue de la Société d’Études folkloriques du Centre-Ouest, t. XII, n° 6, nov.déc. 1978, pp.453-459), rapporte un extrait d’une minute de Jean Vallet, notaire à Frontenay, en date du 29 septembre 1850 (c’est-à-dire exactement le jour de la Saint-Michel, jour clé de l’année agricole), où la veuve F.B. afferme les moulins qui lui appartenaient au sieur J.F., meunier, demeurant au moulin de Chasserat, pour une période de sept années. S’il y est stipulé les droits et devoirs du fermier en matière sociale, le bail précise aussi l’obligation qui lui est faite quant à l’entretien technique de la machinerie. Il y est clairement mentionné que le sieur J.F. aura pour tâche de fournir à ses frais, « les toiles et allochons, les fuseaux et marteaux à piges », de payer « le rabouillage et aciérage des pointes des moulins », tandis que la propriétaire fournira tous les ans au preneur « deux paquets de virants »... autant de mots et locutions que l’on devine spécifiques de la « molinologie » et non du vocabulaire de base d’un locuteur francophone / poitevinophone.
L’intérêt linguistique de ce type de source documentaire réside bien évidemment en ce que chacun des termes précis (vernaculaire, technique ou non) figure dans des syntagmes en contexte et permet alors de mieux en cerner l’usage, le / les sens, la vivacité. L’auteur de l’article glose allochon, dont le sens échappe au profane, comme « dent des engrenages, généralement en bois de cormier ». Cependant à y regarder de plus près, selon le Trésor de la Langue française, (Paris, CNRS, 1973, vol. 2, p. 585) la graphie proposée par le rédacteur du bail est en compétition avec : alluchon / alichon / alochon. Le TLF propose en outre un sens supplémentaire : « petite planche de bois sur laquelle tombe l’eau qui fait tourner la roue du moulin ». Ce mot y est ensuite daté au XIIIe siècle, sous la forme halichon, mais la polymorphie graphique est mal élucidée. Ce lexème figure aussi sous la graphie alochon dans le « Vocabulaire poitevin » de Mauduyt sous la graphie alochon, comme d’ailleurs dans celui de la SEFCO (cf. infra), ainsi que dans le glossaire des parlers d’Aunis et de Saintonge de Musset (1929) qui en donne une définition technique relativement élaborée. Il a donc été, à un moment donné, pour certains auteurs, considéré comme un terme propre à la région, c’est-à-dire ressortissant au parler « poitevin », tandis que d’autres (Favre, Lalanne, Pivetea, Rousseau) ne lui ont pas réservé d’entrée, soit par méconnaissance, soit par choix délibéré, le considérant alors comme non poitevin. Ce terme, comme de très nombreux autres, qui en appelle à la « conscience linguistique des sujets parlants ou écrivants» illustre la situation parfois embarrassante où se trouvent locuteurs autochtones et observateurs devant les parlers d’oïl (français, poitevin-saintongeais, gallo, normand, etc...), comme nous l’avons déjà exposé dans la communication « Se je parle ung peu poictevin... ou le parlange os écoles », in Cahiers de littérature orale (n° 21, 1987, pp. 131-150).

Des dictionnaires analogiques pour le « langage des paysans »

Des « lexicographes », dans l’esprit des folkloristes du XIXe siècle, tels Léopold Favre, l’Abbé Rousseau, curé de Verruyes, se sont attachés à compiler la documentation existante pour décrire les parlers du Poitou, et celui des Deux-Sèvres en particulier, comme l’avait fait, longtemps avant eux, en 1803 L.-M. La Revellière-Lépeaux, pour le Bas-Poitou. En effet, celui-ci déplorait la « progression rapide à effacer les traits qui distinguent les individus et les peuples sous le rapport du langage, ainsi que sous tous les autres rapports ». Même alarmisme encore en 1814, chez le Baron Dupin, préfet des Deux-Sèvres au commencement du premier Empire, inspiré en cela par l’Académie celtique, qui notait que « le patois » avait subi des « altération sensibles », ajoutant à sa remarque que c’est « dans les villages protestants, entre Saint-Maixent et Melle, que le dialecte du Haut-Poitou s’est le mieux conservé ». Mais, selon Maurice Piron (dans Histoires des littératures I, sous la direction de Raymond Queneau, 1977 p. 1480, 1re éd. 1955), « c’est à partir du moment où Charles Nodier écrit ses jolies phrases sur le patois qu’un peu partout en province, se fondent des sociétés savantes qui se préoccupent de lui faire un sort au rayon des antiquités nationales », que se généralisera l’intérêt pour l’étude des différents « patois », dialectes et langues de France, c’est-à-dire, si l’on en croit le critique, 1834-1835, date où Nodier rendit public Comment les patois furent détruits en France, brochure extraite des Dissertations philologiques et bibliographiques.
À partir de là, la production lexicographique, sous forme de « glossaires », « lexiques », « vocabulaires» ou autres dictionnaires va se développer. L’hypothèse qui préside chaque fois à leur mise en œuvre est implicite ; c’est celle affichée d’emblée dès la première phrase de son ouvrage par Favre : « Le patois est la langue rustique.» Aussi les rédacteurs des différents dictionnaires, tous, sauf erreur, analogiques, se sont-ils orientés vers le milieu rural, et leurs écrits sont certainement ceux qui restituent le mieux, quoique à des degrés divers, le langage du monde agricole, « le langage des paysans de nos jours » (Lalanne, 1864, p. XI), et en particulier ce qui concerne : la maison et ses dépendances ; les animaux domestiques et les techniques pastorales ; l’outillage agricole et ses usages ; mais aussi, l’eau, et les paysages, plus largement la faune et la flore, la sociabilité, les fêtes, la vie quotidienne. Nous en retiendrons ici quelques-uns, relativement accessibles dans les bibliothèques publiques, aux Archives départementales pour certains, ou parfois encore en librairie, ou chez les bouquinistes.

Nous citerons en premier lieu celui, récent, du linguiste Pierre Rézeau : Le « Vocabulaire poitevin » (1808-1825) de Lubin Mauduyt : édition critique d’après Poitiers, Bibl. mun., ms. 837 (Tübingen, Max Niemeyer Verlag (1994). Notons que cet ouvrage particulièrement fouillé expose par le menu la situation des études sur « le patois poitevin au XIXe siècle » : vivacité linguistique ; statut ; artisans des études. Sur le plan du vocabulaire qui est orienté plutôt vers la nature, la faune et la flore, s’il concerne plutôt l’arrondissement de Civray, il touche également les zones limitrophes. D’autre part, Mauduyt a compilé parfois les ouvrages d’autres glossaires, dont celui de l’abbé Rousseau, curé de Verruyes (cf. infra).
Mentionnons ensuite l’entreprise de la SEFCO, important travail auquel ont été associés plusieurs membres adhérents et, parfois, certains de leurs amis, qui comporte un très grand nombre de termes concernant l’agriculture : Dubois Ulysse, Duguet Jacques, Migaud Jean-François, Renaud Michel, Glosssaire des parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois, Saint-Jean-d’Angély, SEFCO, vol. 1 (1992), vol. 2 ( 1993), vol. 3 (1994), vol. 4 (1999). Un cinquième volume (2004 est consacré au Lexique français / poitevin-saintongeais, œuvre d’Ulysse Dubois, James Angibaud et Michel Renaud.

L’ouvrage de Charles-Claude Lalanne (Abbé) « Glossaire du patois poitevin », in Mémoires de la société des Antiquaires de l’Ouest (n° 32, 1867), réédité à Marseille par Jeanne Laffitte (1976), a été longtemps considéré comme le plus intéressant sur le Poitou et donc sur les Deux-Sèvres, maintes fois mentionnées, notamment grâce aux aides qui lui ont été apportées par le curé de Sainte-Blandine (pour les arrondissements de Niort et de Melle), par un facteur à la gare de Ménars, (pour les arrondissements de Bressuire et de Parthenay), par le curé-doyen d’Airvault (pour les cantons d’Airvault, de Châtillon et de Thènezay). Appel a également été fait aux « villageois » dont il a recueilli « de la bouche » même la plupart des phrases citées. Il note scrupuleusement les lieux de provenance des termes consignés. Voici quelques extraits de notices dont on appréciera la pertinence et l’acuité de la chose nommée :

- ABUREINGNE, s.f., boussée (sic) de blé qui croît sur l’emplacement du petit monceau de fumier déposé dans le champ : « ta, ié core tous les abureingnes don man s’llan ; » ta, j’ai encore tous les abureingnes dans mon sillon. Deux-Sèvres, canton de Celles.

Deux remarques s’imposent : d’abord, l’auteur définit le lexème choisi avec un autre terme dialectal, boussée, « touffe de rejets », ensuite, il note en italique, dans la traduction de sa citation, le terme même qu’il veut définir. Ce dernier point souligne le parti pris de l’abbé qui ne voulait pas de mots trop proches de la langue nationale, de façon à mettre en exergue le caractère fortement « poitevin » de son glossaire à l’exemple de :

- DÉCROLLAI, v. a., écrouler ; se dit surtout de la terre formant les talus des fossés, et de celle qui se trouve sur la pente des sillons, laquelle, par l’effet de la pluie, ou des gelées, tombe dans les raies ou comble les fossés. Canton de Bressuire.
- DIGOLAESSE (l. decollare), s. f., « la Saint-Jo Digolaesse », la décollation de saint Jean-Baptiste. le jour de cette fête. « La digolaesse », foire à Mougon, arrondissement de Melle, le 29 août, jour de cette fête..

Ajoutons à cela qu’un exemplaire, annoté de la main de l’auteur, est conservé aux AD de la Vienne (ms. SAO 263), et que les nouveaux apports concernent entre autres les Deux-Sèvres.

Le livre d’André Prosper Pelmont, Glossaire du Patois d'Hérisson, (Mougon, Geste éditions, 1994) est d’une tout autre nature. Rédigé de 1929 à 1972, il aura attendu vingt-deux ans dans les cartons, avant d’être édité, grâce à une subvention significative du Conseil général. Décision facilitée d’autant qu’une « mobilisation » de bonnes volontés s’était manifesté et que Pougne-Hérisson venait d’être mis en relief par le talent d’un prestigieux conteur, Yannick Jaulin. Le Glossaire, dont chaque entrée est présentée sous sa forme phonétique (avec le système utilisé pour l’Atlas linguistique de la France), traite ici encore de la société rurale de la Gâtine poitevine où l’auteur nous entraîne pas à pas. Il constitue un document linguistique d’une grande rigueur qui se double d’une description ethnographique particulièrement fine. Ainsi, toute l’activité d’un groupe humain, ses sentiments, ses attitudes devant la vie y sont analysés à travers le langage de ce petit bourg de quelques centaines d’âmes, littéralement mot à mot. Où l’on croyait sourire de l’expression du plus modeste des « patois », s’ouvre le champ d’une profonde humanité. Qu’on en juge à ces quelques exemples, extraits de notices :

- « burgódwèir : s. f., dans une haie, un endroit renforcé au moyen de pieux et de barres horizontales solidement attachées, par où les bêtes (bestiaux) peuvent se voir de part et d’autre et s’habituer sans se faire mal […]. »
- « hómuri : adj., comble, se dit d’une mesure que l’on remplit plus haut que le bord ; quand on achète du grain, si le vendeur ne rase pas la mesure on dit que [l ó mé hómuri ] ; on rase « les doubles-décalitres de froment » [traduit par nous], mais pas ceux de pommes ou de pommes de terre. »
- « ràpàyè, v., ramasser ce qui peut rester après récolte faite (ordinairement permis) ; se dit surtout pour les fruits qui restent sous les arbres après la cueillette, et spécialement pour les châtaignes.

On trouvera enfin, ici même, au terme de ce paragraphe, quelques autres références de dictionnaires utiles pour la connaissance du milieu rural des Deux-Sèvres :

- Beauchet-Filleau (Henri) (1970), Essai sur le patois poitevin ou petit glossaire de quelques-uns des mots utilisés dans le canton de Chef-boutonne et les communes voisines, Genève : Slatkine, (1re éd., à Niort et Melle 1864).
- Favre Léopold (2002), Glossaire du Poitou, de la Saintonge et de l’Aunis, Bouhet, La Découvrance éditions (fac-similé de l’édition de Niort, Robin et Favre, 1867).
- Gachignard Pierre (1983), Dictionnaire du patois du Marais poitevin, Marseille, Jeanne Laffitte.
- Lévrier Gabriel (1867), Dictionnaire étymologique du patois poitevin, Niort, Ch.Mercier.
- Pivetea Vianney et ali. (1996), Dictionnaire poitevin-saintongeais... Mougon, Geste Editions. Cet ouvrage est le premier du genre à utiliser la graphie « normalisée » mise au point et recommandée par l’atelier parlanjhe de l’UPCP. Il se présente sous deux versions : poitevin-saintongeais / français (pp. 21- 285) et français / poitevin-saintongeais (pp. 289-489).
- Pougnard Gaston (1952), Le parler « franco-provençal » d’Aiript, commune de Romans, canton de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), Chez l’auteur, Insp. d’Acad., La Rochelle.
- Rézeau Pierre (1984) Dictionnaire des Régionalismes de l'Ouest, entre Loire et Gironde, Les Sables-d'Olonne, Le Cercle d'Or.
- Rousseau abbé, (1869), Glossaire poitevin , Niort, Clouzot (2e éd.).
- Traver Émilien, (1944), Le Patois poitevin, Chef-Boutonne.
On pourrait ajouter encore le manuscrit 151 A, conservé à la bibliothèque municipale de Niort, qui contient un Glossaire de 114 folios, de la main d’Armand-Désiré de la Fontenelle de Vaudoré, publié pour la première fois en 2003 par Pierre Rézeau, à la suite du Premier dictionnaire du patois de la Vendée : recherches philologiques sur le patois de la Vendée, par Charles Mourain de Sourdeval, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques.

Une littérature régionaliste et agreste

S’il est un vocabulaire qui disparaît, c’est bien celui de l’agriculture, notamment en raison des profonds changements qu’elle a connus depuis un siècle environ, mais incomparablement, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, comme en fait la remarque Robert Beau dans son récit Une anaïe à la ferme ; la Grousse ouvrajhe : une année à la ferme ; les gros travaux (Saint-Jean-d’Angély, SEFCO, 1994), dans son parler local de Tillou, qui correspond d’ailleurs au point 77 de l’ALO (cf. infra). Nous ne traduirons pas cette citation, laissant ainsi au lecteur le choix ou non de s’essayer à la lecture de l’une des graphies du poitevin (et du saintongeais) en vigueur, et dans le cas présent, à celle de la SEFCO (Société d’études ethnologiques et folkloriques du Centre-Ouest), choisie par l’auteur et que nous respecterons intégralement :

« On pourrait pas crère que dans une vie o sèye douné de veure ariva tant de nouvèles afères et en disparètre autant, sinon mé. Sans parla daus bouleversements qu’ol a aghu dans l’industrie et aillou, rin que dans noute petite vie toute simplle de pésan d’un vilajhe dau Pouétou, ou de n’importe voure, pasqu’i sonjhe bé qu’ol est peurtout parèil (p.7).»

Ce court texte, certes à l’allure de topoï, rappelle justement combien ont été frappés les esprits par la rapidité et le nombre de changements qui se sont opérés. Aussi verra-t-on toute une efflorescence d’entreprises de retour sur la mémoire des villages, la multiplication d’écrits, de récits de vie ou d’expérience qui prennent pour cadre le milieu rural, et jusqu’aux meilleurs écrivains, tels Métivier Adolphe, avec Les Poetevins de d'àutrefés (Geste Éditions, 1997, reprenant la 1re éd. 1894), Michelle Clément-Ménard, Marguerite Gurgand, André Gaillard, auteur du Siècle trioulais (1880-1980) , Ernest Pérochon, plus près de nous, Suzanne Bontems et ses écoissins, le poète et conteur Ulysse Dubois, à qui l’on doit À l'inbre dou tilell (Mougon, Geste Paysanne, 1983) et Le Livre d’imajhes (Geste éditions, 2001).
Nombre d’auteurs, et particulièrement ceux qui, sous des pseudonymes, écrivaient dans l’ancien Subiet, évitent de dater leurs remarques et observations, rejetant dans un passé a-chronique ce qu’ils évoquent ou décrivent. Ils manifestent plutôt un goût prononcé, en bonne ou mauvaise part d’ailleurs, pour le « pittoresque » de la vie rurale d’avant 1914 qui s’est prolongée, concurremment à l’introduction plus ou moins progressive de la mécanisation, entre les deux guerres mondiales pour s’accélérer et s’emballer vers 1960.

Les Atlas linguistiques et ethnographiques régionaux : l’ALO

La collection des Atlas linguistiques, qui permet de mettre en évidence la « fluidité des faits linguistiques », représente un véritable conservatoire des parlers du territoire, pour l’essentiel en matière de phonétisme et surtout de lexicographie. Elle est l’outil de référence pour les études d’ethnolinguistique et de dialectométrie (mesure mathématique des variations du langage dans l’espace). Cette œuvre scientifique, qui s’inscrit dans une longue « tradition » philologique et linguistique, fait de ses auteurs des spécialistes de l’enquête comme des productions de littératures orales.
Faisant suite à la réalisation des trente-cinq fascicules de l’Atlas linguistique de la France, de 1902 à 1910 par Edmont et Gilliéron, l’entreprise initiée par le CNRS au milieu du XXe siècle a doté chaque « région » de son Atlas linguistique et ethnographique régional de la France, publié en un ou plusieurs volumes. C’est Albert Dauzat qui poussa divers centres universitaires à mettre en chantier les atlas linguistiques par région. Ainsi débuta en 1950 l’atlas du Lyonnais, suivi en 1954 par celui de Gascogne. 1957 vit le lancement de l’atlas du sud du Massif Central. Celui de la Champagne et de la Brie commença en 1966, celui de l’Alsace en 1969, tandis que 1971 voyait éclore ceux du Jura et des Alpes du Nord, celui du Centre et celui de l’Ouest qui allaient être suivis de celui de la Franche-Comté, de la Normandie, du Languedoc oriental… Plusieurs volumes achevés ou en voie d’achèvement restent en suspens, ce qui est fort dommageable pour la cohérence de cette œuvre de cartographie tout à fait remarquable qui s’inscrit dans le droit fil historique de l’enquête du conventionnel Grégoire (1794).
Plus que tout autre institution, celle des Atlas donne une représentation graphique, unique et exceptionnelle, d’une réalité dialectale dans sa variation géographique sur l’ensemble du territoire. Le système qui a été utilisé est l’alphabet dialectal français créé par l’abbé Jean-Pierre Rousselot, phonéticien expérimental et pionnier, fondateur en 1893 de la Société des parlers de France. Une partie ethnographique et photographique vient compléter la documentation linguistique.

Pour l’Ouest, c’est à Geneviève Massignon et à sa continuatrice, Brigitte Horiot, aujourd’hui, professeur à l’Université de Lyon III, que l’on doit l’Atlas linguistique et ethnographique de l'Ouest (Poitou ; Aunis ; Saintonge ; Angoumois), Paris : CNRS, vol.1, 1971 ; vol. 2, 1974 ; vol.3 1983. Une description ethnographique et linguistique y est conduite avec rigueur sur cinq départements (Poitou-Charentes et Vendée), ainsi que sur quelques communes frontalières, de la Dordogne (1), Gironde (2), Haute-Vienne (1), Indre-et-Loire (5), Loire-Atlantique (4), Maine-et-Loire (2). Ainsi, moins qu’une accumulation de termes et de locutions, il s’agit d’une présentation idéologique et cartographiée de concepts. En l’occurrence, il s’agissait d’observer la variation géographique du langage sur le territoire retenu mis en réseau avec une maille « pertinente » construite à partir de 140 points d’enquêtes. La mort prématurée de l’enquêteur Geneviève Massignon (9 juin 1966) obligera à n’en prendre en compte que 124, distants grosso modo d’une quinzaine de kilomètres, qui avaient été choisis parmi les communes rurales, étant entendu que devaient se trouver là des familles multigénérationnelles, bien ancrées depuis plusieurs siècles, si possible, en tout cas représentatives, sociologiquement et linguistiquement parlant.
Pour les Deux-Sèvres, ont été retenus : 21 lieux, soit 17 %, proportion relativement conforme à l’ensemble. Ainsi, ont été étudiés en profondeur, du Nord au Sud du département, les communes suivantes :

Argenton-l’Église (point 10) ; Étusson (11) ; Rorthais (26) ; Saint-Paul-en-Gâtinois (27) ; Courlay (28) ; Boismé (29) ; Gourgé (30) ; Saint-Jouin-de-Marnes (31) ; Sainte-Soline (47) ; Saint-Martin-du-Fouilloux (49) ; Exoudun (50) ; Vitré (51) ; Saint-Georges-de-Noismé (52) ; Saint-Pardoux (53) ; Cherveux (54) ; Ardin (55) ; Brûlain (75) ; Saint-Romain-lès-Melle (76) ; Tillou (77) ; Aubigné (78) ; Mairé-Lévescault (81). Il conviendrait d’ajouter la commune «pèleboise » de Sepvret, mais le carnet d’enquête étant très incomplet, ce point n’a pas été retenu, compte tenu de la proximité dialectologique avec le point 51 (Vitré).
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L’enquête a été conduite à partir de 3500 questions. Mais la restitution cartographique compte seulement 856 cartes présentées dans trois grands volumes (33x50). En effet, n’ont été retenues, par principe, que les questions auxquelles ont été données les réponses les plus diversifiées, les autres étant représentées sous forme de mentions marginales.
Pour ce qui est du volume I de l’ALO, il compte 297 cartes, le volume II, 315 cartes et le vol. III, 244 cartes, l’ensemble étant divisé en XIV rubriques :

I- I- Le foin (cartes 1 à 42) ; II- Le blé et les autres céréales (43-97) ; III- Le joug et l’attelage (98-121) ; IV- Charrettes et véhicules (122-140) ; V- Charrues et labours (141-172) ; VI- La vigne et le vin (173-224) ; VII- Le bois (225-252) ;VIII- Plantes et arbres cultivés (253-297).
II- VIII- Plantes et arbres cultivés (suite : 298-326) ; IX- Plantes et arbres sauvages (327-388) ; X- Les animaux sauvages (389-470) ; XI- Les animaux domestiques (à l’exception
III- XI- Les animaux domestiques (suite : 613-659) ; XII- Les abeilles (659-667) ; XIII- La maison (668-752) ; XIV- Outillage et travaux domestiques (753-856).

Adaptés aux contextes socio-économiques dans leur environnement, les Atlas linguistiques et ethnographiques constituent, en conséquence, un excellent outil à la disposition des publics avertis ; ils permettent d’accompagner autant les travaux à caractère ethnomuséographique, notamment en ce qui concerne les usages en milieu rural, que les activités de recherche et d’enseignement d’ethnolinguistique et de dialectologie du domaine français.

Contribuion de Michèle Gardré-Valière et Michel Valière

(Ce texte figure dans l'ouvrage collectif: "La soiciété agricole des Deux-Sèvres du 19° et 20° siècles", La Crèche, Geste éditions, 2006).

08.08.2006

Quelques dénominations des vents: merci de votre aimable contribution

Voici le début d'une longue série que chaque visiteur aura le souci d'enrichir dans un commentaire... et dans sa langue, ou dans une langue qu'il affectionne entre toutes, parmi les 5/6000 langues et dialectes connus dans le monde.

VENTS DU LANGUEDOC (Sète; Les Cabanes de Fleury, Aude)

Autan

Cers

Lo grèc... "lo grèc, la pluèja al bec!" (proverbe cabanaïre)

La Largada... qui souffle d'Espagne, et vient du large, aux Cabanes de Fleury(Aude).

Lavech... "lo lavech, le vent du large, la largada". Trois termes pour un même vent pour les Cabanaïres
Mistral
Narbonnais /Narbonés qui vient du Nord, aux Cabanes.: "Narbonés, tarral es !", dit le proverbe
Tarral /Terral...
Tramontane


VENTS DU POITOU...

Vent de bise :
Vent de nautun : Vent du nord
Vent de galerne, (la galarne) : Vent du nord-ouest

Et des coups de vents:

sorcière (en Saintonge)
ébisaille (Montmorillonnais)
éteurbeuil (Pays civraisien)