05.05.2008

Chantez et jouez avec les Normands de La Loure...

"La Loure" organise les 17 et 18 mai à Saint-Martin-de-Tallevende (près de Vire - 14) trois stages autour des répertoires traditionnels de Normandie :

1 - Stage de chant (organisé avec le soutien de Musique en Normandie) :

- Charles Quimbert (travail autour des techniques vocales propres au chant traditionnel) et Christiane Godet qui transmettra son répertoire familial du Pays d'Ouche.

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© Tous droits réservés- La Loure

2 - Stage d'accordéon diatonique :

- Laurent Barray : musicien Marée de Paradis, Pas de Trois..., il est aussi le co-auteur du recueil de tablature édité par La Loure et Trad'Magazine.
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© Tous droits réservés- La Loure


3 - Stage de violon traditionnel :

- Etienne Lagrange : musicien dans différents groupes (Le Diable dans la Fourche, Green Grass Boys...), il est aussi collecteur et animateur au sein de La Loure...
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Il reste des places pour les différents stages. Vous pouvez retrouver tous les détails pratiques sur le lien suivant : http://laloure.org/article.php3?id_article=70

Pour tout renseignement complémentaire, s'adresser directement aux spécialistes réunis par La Loure :

Association La Loure
Musiques et Traditions Orales de Normandie
2, rue St-Martin
14500 Saint-Martin-de-Tallevende
Tél. : 02 31 68 73 49
laloure@wanadoo.fr

07.01.2008

Un accordéon diatonique personnalisé au décor unique

Le pilote, en visite dans la maison familiale à Lespignan (Hérault), relookée par Francis et son épouse Patricia, et avec le concours d'un architecte et de quelques bons artisans, n'a pas manqué de reluquer le "diato" sur une commode...
Ah ! les diatos, objets de tous les désirs des années 65 et les quelques suivantes... Francis a tenu a présenter lui-même son compagnon de route musical :
"En 1984, j'ai acheté en Poitou un 29 15 en seconde main à Monsieur A. M. à Gençay (86). Vers 1986, la première transformation à été faite par Denis LEVRAULT(?... en fait Le Vraux, cf. commentaire ci-dessous /f.Valière) à Angers qui a installé des "lames italiennes" et l'a passé de Do-Fa à Ré-Sol.
Après une période Castagnari (de ma part), j'ai décidé enfin de m'occuper sérieusement de mon 29 15.
Après un séjour de trois ans et de mon mariage à Madagascar, à Fianarantsoa, j'ai eu l'idée, en voyant la qualité de la marquetterie des artisans malgaches, de faire réaliser des plaques en bois, marquettées avec des motifs locaux.

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En 1997, Revenu, en Occitanie (Bas-Languedoc) (pays de mon père, le pilote de Belvert,...et de mes grands parents paternels...), j'ai commencé à jouer au sein du groupe COSCONILHA en 2001.
En 2004 dans ce groupe, PIERRE GARAU, "Pierrot", qui fabrique des hautbois languedociens et qui travaille le bois a monté les plaques malgaches et fabriqué des plaques latérales pour le passages du son, refait le clavier en buis (sous les boutons, toujours, de chez Hohner), ainsi que des petits pieds en bois exotique.
Puis en 2006, MARC SERAFINI à Toulouse, m'a réaccordé, arrangé la butée des touches, réparé un peu le soufflet par endroits, fait une plaque de passage de son à la main droite (plus de passage d'air pour donner plus de force à la main droite) et m'a vendu des bretelles...
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Voilà donc "la Bête" pièce unique au monde....avec un joli son (en plus) toujours en Ré-Sol qui s'accorde très bien avec le jeu des "grailes" languedociens (hautbois).
Il ne reste du 29 15 que les boutons Hohner toujours reconnaissables, le soufflet (prochaine étape de restauration sans doute), et les mécaniques (on les sait solides chez Honer), et bien sûr la forme idoine..."
Merci de m'avoir lu...
Francis, propriétaire et joueur de ce diato,
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groupe COSCONILHA, dans l'Hérault..., en suivant ce lien :http://www.cosconilha.blogspot.com/
Les trois premiers clichés de cette note : © Tous droits réservés, 2007; le quatrième © CosconilhaTous droits réservés.

NOTE DE FRANCIS VALIèRE: "Cet article sur mon "Diato tunning Malgache" (comme dit Serge de Cosconilha), qui a eu la primeur de Belvert est aujourd'hui dans les kiosques (ou sur abonnement) dans la revue "Trad Mag"...il continue son voyage...
Correction le premier "retoucheur" de mon 2915, était Denis Le Vraux (et non Levrault)...qu'il m'en excuse je n'avais jamais écrit son nom, "Trad mag" a corrigé heureusement..."













02.10.2007

De la Musique du Col de Tende, à la frontière italienne...

Une publication de l'ADEM O6... à partir de l'enquête de Bernard Lortat-Jacob, ethnomusicologue (Musée de l'Homme, Pais), en 1967-1968 devrait retenir l'attention des ethnologues autant que des musicologues.
Evidemment le sujet ethnomusicologique est très localisé, mais c'est aussi un moment de l'histoire de l'ethnologie de la France qui y est raconté (1967-1968, les Atp et la "révolution"...) 8ad7e9094c18e9badcc54396368e4e66.jpg "Musique du col de Tende. Les archives de Bernard Lortat-Jacob 1967-1968" est le nouveau livre-disque édité par l'ADEM 06 (Délégation départementale à la musique et à la danse des Alpes-Maritimes). Cet ouvrage publie pour la première fois des enregistrements resté à ce jour inédits et illustrant la tradition vocale très particulière et polyphonique de cet endroit de la vallée de la Roya, territoire singulier car transfrontalier et à la croisée des langues et dialectes. Cette publication a été réalisée par Cyril Isnart et Jean-François Trubert, respectivement docteurs en ethnologie et en musicologie. Le disque est accompagné d’un livre de 108 pages constitué d’un entretien avec Bernard Lortat-Jacob, puis d’une présentation de ce corpus de chants, et de leur transcription avec analyse musicologique. Cette dernière partie, véritable chansonnier, est illustrée de nombreuses transcriptions musicales accompagnées des paroles des chants. Ce livre-disque a été réalisé grâce au partenariat du Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM, ex-Musée des Arts et Traditions Populaires), de la Maison des Sciences de l’Homme de l’Université de Nice-Sophia-Antipolis. Il a bénéficié du soutien financier du Conseil Général des Alpes-Maritimes.
A commander à l'Adem06 : adem06@adem06.com (04 93 72 47 60). 15€ + port.

11.07.2007

PAGES archivistiques, sorties de nos cartons, en construction...

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12.03.2007

Ethnomusicologie... Un site à découvrir

Pour les "fondamentaux" en ethnomusicologie, vous rapprocher de ce site de professionnels de la recherche :
http://ethnomusicologie.free.fr/
Le site n'est pas mis à jour très régulièrement, mais il y a du renouveau dans l'air !

20.01.2007

Apprentissage du violon traditionnel en Poitou

Vient de paraître: un film documentaire (DVD de 20 minutes):

Ménétriers du Poitou :
apprentissages

de

Marion Valière-Loudiyi

Les ménétriers du Saint-Maixentais comme ceux du Civraisien ont développé depuis le milieu du XIXe et pendant près d'un siècle, une technique d'apprentissage du violon à partir de tablatures dites "musique chiffrée". Ethnographes et folkloristes ont pu recueillir sur ces territoires ruraux des témoignages vivants ainsi que des feuillets et cahiers manuscrits spécifiques, conservés le plus souvent par des particuliers.
En outre, pédagogues et musiciens ont expérimenté et diffusé ce mode d'apprentissage "sur le terrain" du Poitou-Charentes, depuis 1965 et aujourd'hui encore.
Ce film est une contribution à la connaissance et à la mise en valeur de ce patrimoine fragile, avec le concours de témoins directs, chercheurs et musiciens.

Conseillers ethnographiques : Michèle Gardré-Valière, chercheur en ethnomusicologie (ARPE), et Michel Valière, ethnologue.
Musiciens : le duo c.poitou.ça de Stéphane Guionnet et Sébastien Moteau, accompagné de Philippe Compagnon et Dominique Simonnet.
Musiciens en apprentissage : les élèves du cours de violon des Virouneux d'o bourg de Buxerolles (86).


Renseignement: contactez-nous.

10.04.2006

Chansons de mensonges

Ref
Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Amusons nous
Cela ne durera pas toujours


1- Je mets ma charrette sur mon dos
Mes deux bœufs dans ma poche (bis)
Je m’en fus labourer comme ça
Où n’y avait point de terre (bis)

2- Je m’en fus labourer comme ça
Où n’y avait point de terre (bis)
Dans mon chemin j’ai rencontré
Un prunier plein de pouères (bis)

3- Dans mon chemin j’ai rencontré
Un prunier plein de pouères (bis)
Je me suis mis à le secouer
O n’en jaillit des mèles (bis)

4- Je me suis mis à le secouer
O n’en jaillit des mèles (bis)
Une vieille bonne femme court après moi
Vous abattez mes figues (bis)

5- Une vieille bonne femme court après moi
Vous abattez mes figues (bis)
Elle lancit son chien après moi
Sa poule va me mordre (bis)

6- Elle lancit son chien après moi
Sa poule va me mordre (bis)
Elle me mordit au talon
O saignit à la gorge (bis)

7- Elle me mordit au talon
O saignit à la gorge (bis)
Je m’en fus chez mon médecin
Qu’est grand sauteur de cordes (bis)


Nous devons cette chanson à notre rencontre, à Nalliers, avec les deux filles de l’horticulteur, qui déclarèrent tout de go qu’il s’agissait d’une « chanson idiote » et qui cependant… nous la chantèrent.
Ce genre qui porte volontiers de nos jours l’appellation « chanson de menteries » s’est pratiqué très tôt. Au XIIe et XIIIe siècle, la « fatrasie » utilisait les mêmes ressorts :

« Un chastiau qui vole
D’une poire molle
Recousait un four… »

Ou bien :

« Je vis toute mer
Sur terre s’assembler
Pour faire un tournoi… »

(Couplets extraits de « La Lyrique médiévale » de Pierre Bec, 1972).

Au XVIe et XVIIe les mêmes élucubrations modulées prirent le nom de « coq-à-l’âne ». On dit que Clément Marot lui-même serait à l’origine de cette nouvelle appellation qui a fait florès puisque les recueils de chansons de cette époque en proposèrent à leurs lecteurs (et éventuels chanteurs). En voici un extrait, tiré du « Recueil des plus beaux airs accompagnés de chansons à danser, ballets, chansons folâtres et bacchanales, autrement dits vaudevires, non encore imprimés. Aux quelles chansons l’on a mis la musique de leur chant, afin que chacun les puisse chanter et danser, le tout, à une seule voix. » ( Recueil imprimé à Caen en 1615).

« Je viens apporter des nouvelles
Qui sont tout autant bonnes que belles,
Mais je suis sujet à mentir :
J’ai vu un limaçon en guerre,
Qui jetait un lion par terre
Et dessous lui l’assujettir.

Ref Qui vient de loin sans flatterie,
Il n’épargne pas la menterie.

J’ai vu l’Angleterre en Espagne
Et l’Italie en Allemagne,
Et les Alpes de beurre frais.
J’ai vu deux bœufs et leurs charrues
Dedans le ventre d’une grue
Vendre du charbon de rabais

Ref.

[…] »

Il s’ensuit quatre autres couplets du même tonneau. Il est aisé de reconnaître une parenté entre le « fatrasie », le « coq-à-l’âne » et « les menteries » du vingtième siècle. Cependant nous mettrons à part les « amphigouris » du XVIIIe siècle tels qu’ils sont présentés dans « l’Anthologie des chansons françaises en quatre volumes » publié en 1765. L’auteur (anonyme) de cette compilation impressionnante n’en propose que deux à ces lecteurs dont nous donnerons ici à notre tour un court extrait (amphigouri en o) :

« Ino met le domino de Dom Bruno
Et par un quiproquo dans Jéricho
Fait revenir I.O. D’un livre in-FOLLO
Qui fait à CLIO-DODO… ect… »

Il assortit en outre ces deux échantillons d’un commentaire :

« Pour n’omettre aucun genre de chanson, voici quelques amphigouris. On sait que l’amphigouri consiste à ne mettre ni liaison ni sens dans des vers comme rassemblés au hasard, mais beaucoup de folies et qu’il y faut surtout des rimes pleines et singulières. C’est un mauvais genre de l’aveu de ceux-mêmes qui s’en sont amusés. »

Pour revenir à notre vingtième siècle, on sait que le répertoire enfantin répercute un certain nombre d’oeuvrettes dans le même style qui font la joie des tout-petits. Il y a bien sûr la « souris verte » qui devient « un escargot tout chaud », mais aussi « Tous les légumes du clair de lune étaient en train de s’amuser, ils s’amusaient-é-comme ils pouvaient-é-et les passants les regardaient ». « L’araignée qui se tricotait des bottes ». La liste en est longue. En outre des versions plus « canoniques » de menteries ont circulé dans nos « anciennes » colonies de vacances et circulent sans aucun doute encore :

Je me lève de bon matin (bis)
Quand le soleil se couche
Coco l’haricot la la
Je me lève de bon matin
Quand le soleil se couche
Je rencontre un cerisier (bis)
Qu’était couvert de prunes…

S’ensuivent quinze couplets. On peut supposer que les enfants, dans ce cadre-là, n’ont pas manqué de se sentir aptes à improviser quelques couplets supplémentaires plus ou moins respectueux qui ont fait la joie de leurs camarades le temps d’une journée de colonie ou quelquefois plus longtemps.
Les chansons à rallonges ne sauraient en général se terminer -sauf dans celle de Nalliers- sans faire appel par exemple à la mouche ou au rat, témoins aussi familiers qu’indésirables du drôle de drame qui se joue dans la tête folle des compositeurs (anonymes) de ces chansons : la mouche au plafond, le rat dans le grenier se tordent de rire « se pouffinent de rire ».
Modernité oblige, dans la version « colonie de vacances » le rat, sans doute échappé de la dernière veillée au feu de camp, se trouve « sous le lit à jouir de la guitare ».

Michèle Gardré-Valière

31.01.2006

Rondes chantées en Pays civraisien et Brandes du Haut-Poitou

Dans le Sud de la Vienne, les rondes chantées observées relevaient surtout de la convivialité. Elles étaient destinées à animer une veillée en entraînant les participants dans une ronde généralement marchée ou sautillante – avec parfois des mouvements balancés des bras – comme le montre la première que nous avons recueillie en 1965 auprès de madame Alida Delhomme, au Dognon, commune de Saint-Maurice-la-Clouère (Vienne) : « La Mère Fanchette qu’arrive / Avec son caillon lire lire lire lire lire lon / Entrez-y dans la danse... »
Il en est qui accompagnent les moments festifs de fin de travaux (boucherie de goret), à l’exemple de celles enregistrées à Magné comme à Saint-Laurent-de-Jourdes, en 1969 : « L’entends-tu mon goret / Ta brnàie bouille, ta brnàie bouille / L’entends-tu mon goret / Ta brnàie bouille au fond dau tét / Des boudins, des boudins d.ma grand-mère / Des boudins, des boudins fricassés... »
D’autres encore revêtent un caractère plus ludique, dans une perspective de formation de couples, telle cette ronde dansée à Châtain : « Je suis venu pour vous tromper / Belle êtes-vous à marier / Je suis la trompeuse... »
Toutes présentaient un caractère rural local bien affirmé, signant ainsi leur « autochtonie », par le langage, mais ne jouissaient d’aucun prestige en matière « chorégraphique », contrairement aux marchoises, pas d’été ou quadrilles, danses qui s’adressaient, elles, aux « bons danseurs ».
Ainsi ne s’étonnera-t-on pas d’avoir vu tomber en désuétude ces rondes, parfois confinées au répertoire récréatif des cours d’école de petits villages ruraux, où nous avons pu voir encore, dans les années soixante, des galette ou autres manico qui nous avaient déjà été signalées à ce titre par les anciens, aux côtés de la danse du tapis ou de la danse du balai, toujours en vogue dans les mariages contemporains, et bien au-delà des limites de ce territoire.
Il nous est parfois arrivé, en outre, de noter des bals – à l’exemple de Ton devantau ma chambrière – qui pouvait tout aussi bien s’interprêter en face à face par un couple de danseurs qu’en ronde collective. Ces fragiles témoignages ont, depuis, donné libre cours à l’imagination et permis ainsi d’utiliser ces courts textes chantés en les intégrant à des manifestations de diffusion culturelle : spectacles ou veillées d’animation.

Michèle Gardré-Valière et Michel Valière