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La pensée du jour

  • Comme suite aux événements du 13 nov 2015...

    Eh bien, la vie, même précaire, continue. Je reprends donc un peu de service auprès de vous; sur notre blog.

    Nous pensons aux blessés aux rescapés; auxx familles des disparus. 

    Notre admiration aux divers intervenants dans les secours à quelque titre que ce soit.

    Courage à tous. La Vie bat son plein.

  • CONFÉRENCE du philosophe Roberto CASATI, directeur de recherches au CNRS : Vendredi 7 novembre 2014 à 17 h, à la Médiathèque municipale de Saint-Junien : "Quel numérique pour quelle lecture ?"

     

    VILLE DE SAINT-JUNIEN

     Médiathèque municipale

    *

    CONFÉRENCE de Roberto CASATI

    Directeur de recherches au CNRS

    Le Vendredi 7 novembre 2014 à 17 heures, à la Médiathèque municipale

    sur le thème :

    Quel numérique pour quelle lecture ?

    « Le livre papier est-il mort ? Non. Si le livre papier risque de devenir commercialement obsolète, cela ne signifie pas qu’il soit obsolète cognitivement. N’en déplaise aux colonialistes numériques, les nouveaux formats n’ont pas ouvert de nouveaux horizons de lecture ; au contraire, cette lecture a été volée.

    Dans cet essai percutant, Roberto Casati montre comment choisir utilement entre des parcours qui capturent l’attention et d’autres qui la protègent. C’est pourquoi l’introduction du numérique à l’école doit se faire prudemment et toujours être soumise à des évaluations rigoureuses. L’école et les enseignants n’ont aucune raison de se laisser intimider par la normativité automatique qu’imposent les technologies nouvelles : le « maître électronique » est un mythe. L’école au contraire est un espace protégé dans lequel le zapping est exclu. Accéder à l’information, ce n’est pas lire ; lire, ce n’est pas encore comprendre ; et comprendre n’est pas encore apprendre. Il nous faut inventer les moyens de résister à la culture de l’impatience. »

     (Roberto Casati est l’auteur, aux éditions Albin Michel de l’ouvrage : Contre le colonialisme numérique : manifeste pour continuer à lire.)

    Entrée libre et gratuite

  • Notre blog "Cultures et territoires" est ouvert sur le monde, naturellement... Quelques mots "tirés de nos cartons et vieux papiers" sur les Acadiens, chers aux Français de l'Ouest, et à tous ceux qui ont histoire et identité chevillées au corps.

    Mobilisations identitaires d’Acadiens

    *

    par Michel VALIERE

    « Une inconsolable plainte tient lieu de l’origine » écrit Paul Chamberland le poète rebelle, combattant et universitaire québécois. L’évocation des bûchers de Montségur pour les  militants occitans, la déportation et les camps d’extermination pour les Juifs d’Europe, le Grand Dérangement pour les Acadiens font partie de ces événements historiques d’une « mémoire longue » chère à Françoise Zonabend, qui se sont gravés à jamais dans la mémoire collective. Faire écho à l’un de ces événements-matrices (le mot est de l’historien Emmanuel Leroy-Ladurie) suffit à réveiller, stimuler, parfois exacerber un sentiment d’appartenance à un groupe qualifié de minoritaire, c’est-à-dire d’une façon ou d’une autre dominé par un ou des groupes tiers. Rappelons qu’il n’y a pas, sauf erreur, de définition en droit international du concept de « minorité » ; il est de la responsabilité de chaque État de reconnaître ou non telle minorité, cette reconnaissance se faisant selon des critères culturels, « ethniques » ou religieux,  et parfois sur des langues dites minoritaires. Les gouvernements, en effet, redoutent l’activisme de groupes humains susceptibles de remettre en cause les frontières dans une perspective irrédentiste. L’usage d’une langue spécifique (le basque, le catalan, l’occitan dans l’un de ses dialectes, le yiddish, le « français » acadien...), n’étant que l’un des critères parmi d’autres de la perception d’une différence communautaire, peut devenir insupportable aux yeux d’un  groupe dominant.

      Dans cette communication, je me propose, en m’appuyant sur ma propre expérience de relations suivies avec nombre d’Acadiens (et de Québécois) depuis 1972, ainsi que sur des « documents patrimoniaux1 »,  de présenter l’émergence itérative d’une conscience identitaire chez les Acadiens, notamment parmi la jeunesse, en butte à un pouvoir régional tenu depuis plus de deux siècles par des notables anglophones et pour la plupart francophobes. Ceux-ci représentent la puissance politique et économique ainsi que la domination sociolinguistique par déni du français (langue historique des Acadiens) et son rejet au rang de patois désuet, le « french patois » (sic),  en regard de l’anglais international, vecteur de « pensée unique » (Hagège, 2012). Cette situation, autant injuste que révoltante, exacerbe en conséquence le sentiment d’acadiennité et, par delà, exalte des sentiments nostalgiques d’une histoire confisquée. Toutefois, le biculturalisme, devant s’appliquer depuis 1993 à tout le Canada, s’impose désormais, bon gré mal gré, au Nouveau-Brunswick. La situation y semble aujourd’hui un peu mieux équilibrée et permet au « miracle acadien » (Martin, 1936, p. 45), déjà extraordinaire et émouvant par son attachement à sa religion et à la France, d’envisager une communauté de destin avec d’autres.

    A. Une terre disputée

    Rappelons que les Acadiens descendent de laborieux migrants provenant essentiellement de la France de l’Ouest à partir de 1604 et qui se sont installés  et ont essaimé dans les régions maritimes qui ont pour noms aujourd’hui Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Ecosse, Île-du-Prince-Édouard. Ils ont été et demeurent des victimes de l’histoire du Nouveau Monde, et surtout des conflits qui ont déchiré les colonies françaises et les colonies anglaises qui convoitaient les mêmes terres déjà mises en valeur par les paysans et artisans émigrés de France. Les Anglais demandant que les Français prêtent serment à la couronne d’Angleterre, les Acadiens refusèrent car ils voulaient rester neutres. En 1755, le gouverneur anglais craignant une résistance  décida de saisir leurs fermes et de déporter 12 000 personnes vers le sud du Nouveau Monde et même en Europe...

      Voici pour mémoire un extrait d’une lettre du gouverneur Lawrence au colonel Monkton en date du 9 août 1755, publiée dans The New-York Gazette, le 26 août 1755, puis dans The Pennsylvania Gazette, le 4 septembre de la même année (ibid., p. 284) : « Nous formons actuellement le noble et grand projet de chasser de cette province les Français-neutres qui ont toujours été nos ennemis secrets et qui ont encouragé nos sauvages à nous couper la gorge. Si nous pouvons réussir à les expulser, cet exploit sera le plus grand qu’aient accompli les Anglais en Amérique, car au dire de tous, dans la partie de la province que ces Français habitent se trouvent les meilleures terres du monde. Nous pourrions ensuite mettre à leurs places de bons fermiers anglais... »

       Ces fameuses terres, en effet, sont au cœur des hypothèses en cours concernant le nom d’Acadie. L’une d’elles pose que la beauté de l'endroit aurait incité l’explorateur à se croire dans l’Arcadie paradisiaque de l'ancienne Grèce.Une autre prétend que le nom « Acadia » ou « Arcadia » proviendrait de paroles des Amérindiens que Giovanni da Verrazzano rencontra lors de son voyage. En effet, ceux-ci répétaient le mot « Quoddy » ou « Cadie » pour désigner le lieu qui les entourait. Enfin, une troisième interprétation, extension de la précédente, voudrait que « La Cadie » soit une adaptation française d’un mot indien emprunté aux Micmacs pour désigner une terre fertile. Ce nom figure dans l’incipit d’une chanson recueillie en 1916 et rapportée dans l’un de ses ouvrages par le folkloriste Marius Barbeau (Barbeau, 1962, pp. 227-228) : « Dans La Cadie luy a / quatre-vingt-dix Cayennes/ Un soir se promenant/avecque leur chandelle/Dans leur chemin rencontr’ le roi de l’Angleterre [...] Le roi prit son épée/La belle sa quenouillette/D’un coup de quenouillette jeta le roi par terre [...] »

      Objet de convoitise des Anglais, l’Acadie pourtant ne s’est pas faite toute seule. Ses terres fertiles ne l’ont été que grâce à l’opiniâtreté et au savoir-faire des nouveaux arrivants qui les ont vaillamment disputées aux eaux salées par l’endiguement des marais et la construction d’aboiteaux, lesquels représentent l’une des marques identitaires des premiers Français gagnant des terres arables aux dépens de la mer, évoqués dans l’histoire orale (Cormier, 1978, p. 11). Mais c’est aussi un « peuple », selon l’affirmation péremptoire de l’ethnographe et romancière Antonine Maillet : « Les Acadiens sont un peuple, et un peuple est plus fort qu'un Pays. Un Pays est une institution, mais un peuple est plus fort qu'une institution, car il a une âme, il a des rêves, il est vivant. » Cette position de la folkloriste est quasiment reprise en boucle à travers les médias, comme définitoire de l’Acadie contemporaine. Je me permets d’ajouter que ce « peuple » en 1881 s’est choisi pour emblèmes : la journée mariale du 15 août pour fête nationale ; le cantique catholique Ave Maris Stella pour « chant national » ; enfin le drapeau tricolore (français) agrémenté d’une étoile d’or piquée dans le bleu « représentant la renaissance et la vitalité du peuple acadien » dans la paix. Paix qu’expriment un siècle plus tard ces quelques vers de la chanson d’Édith Butler et Lise Aubut2 : « J'ai jeté dans la rivière/les fusils de la guerre/car l'amour est bien plus fort /que les canons de la mort / Moi qui suis d'un pays/ qui fut brimé qui fut trahi/moi qui suis d'un pays/qui ne connaît pas l'oubli/À vivre notre histoire /de tourments et de peines/à vivre notre histoire/ qui ne connaît pas la haine/Malgré le vent qui mord/ et les chiens affamés/ malgré le vent qui mord /et les loups de tous côtés.»

    B. Un peuple, une langue et des rêves 

    Force est de reconnaître que plus de deux cent cinquante ans après les événements particulièrement violents de la Grande Déportation, les ressortissants d’une culture réputée ancestrale et francophone, qui avait su nouer des relations pacifiques avec les premières nations sur place, sont encore bien vivants et se pensent fondés à se présenter sous la forme pronominale de « nous », les Acadiens. Aujourd'hui, plus de deux millions de personnes se réclamant d’une origine acadienne occupent la terre d'Amérique, dont près d’un million sont implantés au Québec.

      Mais cette situation multiséculaire actualise aussi une situation d’anomie, de « désorganisation sociale » et parfois de démoralisation des individus, contraignant ceux-ci à une existence parfois perçue comme privée de signification puisque ne pouvant se reconnaître dans un État-nation autre que le géant canadien. En effet, aucun territoire stricto sensu ne peut être revendiqué actuellement comme représentant l’Acadie. L’Acadie, « ils l’ont dans leur tête » me rétorquera, questionné à ce sujet, l’un des maîtres qui contribuent avec quelques autres à configurer la culture acadienne par l’examen minitieux des faits ethnographiques et notamment de la littérature orale (Labelle, 2008). Tous les facteurs historiques évoqués sont naturellement peu propices à la reconstruction identitaire du « groupe initial », à sa créativité comme à toute perspective de développement cohérent sur un territoire mal défini, aux frontières impalpables et au sein duquel chacun au fond ne peut que se sentir étranger, disons dans une Tour de Babel langagière. Y règne quasiment sans partage l’anglais aux côtés du français, du chiac anglais  ou chiac français, selon le point de vue, et parfois même du joual québécois. Et ce d’autant plus que des descendants des colons venus de France n’ont plus qu’un lointain souvenir de la langue et se présentent désormais dans des termes tels que « I am Acadian » ; ou comme ce témoin déclinant son identité sous forme d’un chiasme : « Je suis français acadien ; canadien français ! » Parfois encore, c’est « Je suis québécois acadien, ou acadien du Québec ! » Dans ces conditions, la notion de « minorité » apparaît peu appropriée dans certains des contextes sociaux et culturels où se trouvent engagés des Acadiens  fiers de l’être, à l’image d’une admiratrice laissant pour tout commentaire à la suite d’une vidéo (consultée en ligne) du Cadien de Louisiane, le très célèbre chanteur Zachary Richard : « Fière d’y être acadien ? Well moé oui ! »

      La question linguistique, qui a toujours été centrale pour les Acadiens de tous les horizons, suscite chez eux des débats passionnés aux accents parfois très émouvants. En effet, l’Acadie qui tente de maintenir le français, en milieu dominant anglophone, fait généralement l’admiration reconnaissante de Français de France pour une telle fidélité au pays du départ depuis l’Ancien Régime. Toutefois, on peut assister en même temps à la surrection, voire au développement du chiac. Celui-ci, parfois désigné comme « notre dialecte »,est aujourd’hui revendiqué avec force par certains jeunes Acadiens comme étant leur parler propre, dans une société contemporaine où l’anglais occupe une place prépondérante et jouit en outre d’un statut international, comme langue de l’économie, du commerce et de la science. À ce sujet, déjà en 1968, le prestigieux cinéaste québécois Michel Brault avait réalisé le film Éloge du chiac3qui avait eu un impact considérable dans les milieux acadiens. Quarante années plus tard, la cinéaste Marie Cadieux a retrouvé les collégiens qui avaient pris part au film et les a réunis à nouveau, sur le même sujet, faisant ressortir des regrets chez certains de ne pas avoir su s’impliquer davantage dans l’apprentissage et le maintien de la langue commune, le français et son dialecte local, le chiac pourtant connue dans leur famille, mais pas toujours pratiquée. La cinéaste confiera au journaliste du Nouvelliste, François Houde4 : « À tous les jours, à Moncton, où j'habite, c'est un acte presque politique que de parler français et c'est loin d'être terminé. Pour moi, il n'y a pas de mesures à prendre pour protéger le chiac. C'est une langue parlée et une langue qui va toujours se parler. Ce qui compte, c'est que chacun puisse s'exprimer à sa façon. »

      Depuis deux ou trois décennies, cette double ou même triple aptitude langagière est désormais utilisée sans complexe et même avec jubilation, non seulement comme instrument quotidien de communication, mais aussi dans leurs créations par des artistes et des groupes en tant que composante de la culture collective acadienne contemporaine. Je ne veux retenir pour l’exemple que les ensembles 1755, Radio Radio ou les Méchants maquereaux qui tous écrivent et chantent avec bonheur en chiac, et se font connaître au monde par les réseaux sociaux dont les jeunes sont adeptes et friands. Ils apportent ainsi au monde leur pierre à la « diversité », dans la lutte contre l’esthétique et la pensée uniques (Hagège, 2012).

    C. La tentation diasporéique

    Mais pourquoi après avoir fondé la première colonie en Amérique du Nord, « ce peuple » doit-il encore lutter pour dire à la face du monde qu'il existe toujours et qu’il faut encore compter avec lui ? Des chercheurs, ethnographes et anthropologues, gens de lettres, s’appliquent depuis près d’un siècle à recueillir des empreintes, les traces des traditions, des histoires familiales, comme pour légitimer l’existence d’un grand Tout détruit, puzzle susceptible d’une relecture post-moderne pour un devenir en puissance. Parmi eux, citons feues Lauraine Léger et Catherine Jolicœur, Charlotte Cormier, Barry Ancelet, Ronald Labelle, Jean-Pierre Pichette, le Père Chiasson, le folkloriste et historien de l’Île-du-Prince-Édouard, Georges Arsenault, lequel vient de faire paraître en janvier 2011 aux éditions La Grande Marée un nouveau livre sur les traditions acadiennes, intitulé La Chandeleur en Acadie5 qui fait suite à deux volumes sur les thèmes de Noël (2005) et de la Mi-Carême (2007).

     De son côté, intrigué, le cinéaste québécois André Gladu6 est parti à la rencontre d’une grande foule d’Acadiens pour chercher à comprendre l'esprit qui anime ce « peuple » et à retracer son histoire singulière au cœur du continent américain. Aussi présente-t-il dans son film Tintamarre, la piste Acadie en Amérique7, de fascinants personnages, pour qui la défense de la culture acadienne demeure la préoccupation et l'œuvre de toute une vie. En effet, le 15 août des Acadiens est marqué par le Tintamarre, fête identitaire, et dont le bruit est devenu le cri de tout un peuple « pour ne pas se faire oublier » tant est grande chez un certain nombre de personnes la tentation d’uneassimilation, considérée comme une posture fataliste pour ceux qui craignent de ne pas pouvoir accéder à un emploi doté d’une certaine valeur sociale. Ainsi, des gens poussés par les contraintes économiques, la peur de l’avenir, alors même qu’ils ne souhaitent pas oublier, encore moins nier leurs origines, subissent littéralement un double bind. Celui-ci, générateur d’angoisse et donc de souffrances se transmet au fil des générations à travers les différents espaces où survivent comme « minorité » les descendants des exilés acadiens. Aussi semblent-ils, pour nombre d’entre eux, enclins à la tentation diasporéique.

      Mais est-il légitime de parler de « minorité acadienne » plutôt que de « diaspora », au sens que ce terme8 a pris dans la langue française sous la plume d’Ernest Renan dans son Histoire du peuple d’Israël (Paris, Calmann-Lévy, 1892, t. 4, p. 215) ? En effet, l'Acadie, revendiquée comme nation d’attachement de cœur et d’une histoire partagée, actuellement mal définie dans des frontières étatiques reconnues, est représentée par des communautés généralement francophones, éparses dans l’espace politique du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle Écosse, de la Louisiane, mais pas seulement. En fait, l’Acadie se présente aussi  comme un ensemble de petites communautés ayant essaimé en raison des vicissitudes et de la violence de l’Histoire. Ces deux critères à eux seuls légitiment que soit appliquée aux Acadiens le terme de diaspora. En effet, un passé dramatique, une crise économique,  une famine, un exode, une « épuration ethnique », une guerre de conquête interethnique, politique ou religieuse, peuvent aboutir à la dispersion de populations et c’est la totalité des membres dispersés qui crée par cette migration, indépendamment des générations concernées, une nouvelle communauté transnationale plus ou moins homogène, susceptible d’exprimer un sentiment d’appartenance affirmé (Valière, 2003). L’Histoire en a voulu ainsi pour l’Acadie qui est donc, depuis bientôt trois siècles, confrontée à la question de sa reconnaissance tant au niveau national qu’international.

     Et c’est à ce niveau que le travail de mémoire se poursuit en investissant autant les lieux du drame que ceux des territoires de refuge et de réinstallation, parfois par le truchement d’événements culturels relevant de la living story, l’histoire vivante, en reconstituant pour mieux la faire appréhender la violence de la déportation de familles françaises pourtant neutres et pacifiques. Aussi, une série de monuments ont été érigés au Canada atlantique (provinces maritimes), au Québec, aux États-Unis, en France, en Angleterre et aux Antilles. À lui seul, le Canada comptera dix monuments, le dernier en date étant, sauf erreur, celui implanté en 2011 par la Ville de Bécancour au Québec dont on sait que, dans le dessein de commémorer le 250e anniversaire de la Déportation, elle a provisionné 35 000 $ pour faire l'acquisition de ce monument « d'une quinzaine de pieds fait de marbre et de bronze ».

     Loin d’oublier leur propre culture et à la recherche d’une cohésion forgée dans l’épreuve, les diverses communautés acadiennes aux États-Unis (Louisiane, Maine), au Canada (« minorité » au sein de la « minorité québécoise », par exemple) ou en France, cultivent une mémoire collective, en créant des cercles de sociabilité pour supporter la solitude de l’éloignement, restructurer leur groupe, conforter les identités. Sans la mise en place de réseaux d’échange et de solidarité, ces populations perdraient, par la pression du contexte, comme par les inter-mariages, identité et compétences linguistiques avec des risques de pertes et d’hybridations ; il en est souvent ainsi pour les langues « diasporisées ». Certes, toutes les migrations internationales ne sont pas vouées à produire des ensembles durables constitutifs de diasporas. Mais il apparaît que les cultures en sont venues à se différencier en raison des nouveaux contextes et à poursuivre leur dynamique propre. L’opposition lexicale cajun/cadien venant sceller définitivement cette distinction, la musique cajun ne se laissant pas confondre avec la chanson acadienne emportée dans l’élan de la chanson québécoise avec ses grands noms.

      En France, et singulièrement dans la région Poitou-Charentes, où l’on est très sensible à la culture populaire des Acadiens, si l’on signale des lieux de départ vers le Nouveau-Monde, comme dans le Loudunais, avec le petit musée de La Chaussée (dans la Vienne), c’est surtout le retour des Acadiens en Poitou, dans le Châtelleraudais, qui fait l’objet d’une attention particulière. Ainsi le musée acadien d’Archigny a investi l’une des fermes où s’était installée une famille de retour. L’État, de son côté, a inscrit, au titre de la loi de 1913 sur les Monuments historiques, deux « maisons acadiennes » parmi la trentaine encore existantes sur la Ligne Acadienne, portion de la Route départementale 9 entre La Puye et Archigny. Le Conseil général de la Vienne ainsi que le Conseil régional de Poitou-Charentes développent et soutiennent des actions en faveur des associations et des autres structures qui font le lien avec des institutions et groupements acadiens, dans l’espoir d’échanges culturels9 et économiques, espoir condensé dans le titre donné à un DESS soutenu à la Faculté de sciences économiques de Poitiers « Nos cousins d’Amérique : une chance pour le Poitou-Charentes Charentes»(Bouly, 1992).

      Mais, outre les diverses actions de commémoration de par le monde, des rassemblements sont organisés en vue de la structuration du peuple acadien, de l’analyse de cette société morcelée, de la dynamique de sa culture, de l’affirmation de son identité et de sa langue avec ses variantes. Les soutiens ne manquent pas, à l’exemple de celui de l’État du Maine qui s’est engagé à verser un million de dollars pour l’organisation10 du Congrès mondial acadien de 2014. L’événement, très attendu, devrait attirer plus de 50 000 visiteurs en Acadie des terres et forêts, soit le nord du Maine, le nord-ouest du Nouveau-Brunswick et le comté de Témiscouata, au Québec. Par ailleurs, les organisateurs espèrent toujours recevoir un financement fédéral de Washington.

    Conclusion

    Quelle place pour l’Acadie et les Acadiens, disons pour l’Idée acadienne,  dans le concert des nations et de la francophonie en particulier ? On imagine bien la difficulté d’apporter une réponse définitive à cette question légitime. En effet, l’Acadie, extraterritoriale, doit, d'une part, trouver les moyens de préserver et développer une identité propre sans le secours, qui la rendrait dépendante, d'un État exclusif et dans les conditions difficiles que l’on devine par la forte pression de cultures autres, concurrentielles, disposant de moyens beaucoup plus imposants que les siens et jouissant d’un prestige mondial certes contestable ; d'autre part, elle doit aussi composer avec des cultures et des communautés nationales, voire internationales, parfois démographiquement plus imposantes, dont elle espère reconnaissance et légitimation. Enfin, comment l'Acadie, fille métisse de l’Europe et du Nouveau Monde, sous sa forme de diaspora transcontinentale, peut-elle aussi contribuer à l’établissement et au partage de valeurs universelles cohérentes avec son histoire propre.

     


    1 Cette notion figure explicitement dans la Loi sur le patrimoine culturel au Québec (adoptée le 19 octobre 2010) pour désigner, selon le cas, un support sur lequel est portée une information intelligible sous forme de mots, de sons ou d’images, délimitée et structurée de façon tangible ou logique, ou cette information elle-même, qui présente un intérêt pour sa valeur artistique, emblématique, ethnologique, historique, scientifique ou technologique.

    2 Cette chanson, interprétée en 1978 par Édith Butler sur le disque L'Espoir (collection SPPS ; n° PS-19904), m’a été communiquée par l’ethnomusicologue Charlotte Cormier, la même année. Qu’elle en soit ici remerciée !

    3 Le chiac, ou langue chiaque,  se définit comme la langue parlée dans la région de Shédiac et de Moncton, au Nouveau-Brunswick, distincte du français acadien. On le dit fait à partir de la syntaxe du français et  du point de vue lexical avec des « mots vieillots ou archaïques » et des « intrusions d’anglicismes. »

    4 http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/arts-spectacles/201001/27/01-943441-on-ne-rigole-pas-avec-la-langue.php

    5 La Chandeleur, célébrée le 2 février en l’honneur des relevailles de la Vierge Marie, était une journée importante du calendrier religieux et social en Acadie. Dans certaines régions, elle était même l’une des plus grandes fêtes de l’année.

    7Réalisé en 2004, ce long métrage (79 min 42 s) est entièrement consacré à la vitalité de la culture acadienne.

    8 Forgé à partir de diaspeirein, « disperser, disséminer», ce terme figurait dans les Septante, pour désigner la situation de communautés juives implantées en Égypte, au IVe siècle av. J.-C., et soumises à une acculturation. Les Juifs adoptèrent alors la koiné (langue banalisée), qui allait supplanter l’araméen et l’hébreu. Pendant longtemps, la diasporahébraïque (avec « D » majuscule) a été considérée comme l’archétype de phénomène migratoire à grande échelle.

    9 Il en est ainsi du festival Les Cousins d’Amérique (Québec ; Acadie, Louisiane) organisé pour la quatrième fois en 2011 par l’association Laeta, dans les communes du Loudunais. Il réunit conteurs et musiciens et programme des concerts, spectacles, projections de films, etc.

    10 En quatre versements égaux, pendant quatre ans, au comité organisateur dudit Congrès.

    RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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    Thériault, J.-Y. (1996). Vérités mythiques et vérités sociologiques sur l'Acadie, dans L'Acadie en 2004.  Actes des conférences et des tables rondes du Congrès mondial acadien des 16-20 août 1994. Moncton : Éd. d'Acadie, 263-279.

    Valière, M. (2003). " Diaspora", dans Ferréol, G. et Jucquois, G. (dir. ), Dictionnaire de l’altérité et des relations interculturelles. Paris : Armand Colin, 89–91.

  • A vous tous, visiteurs de l'ethnoblogue, amis, collègues, connaissances, parents, voisins, et aussi à vous tous, navigateurs inconnus des heures matinales ou noctambules et rêveurs...

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    A tous merci de votre fréquentation du blog des vos visites par dizaines de milliers au fil des jours de l'année. Nous vous souhaitons le meilleur pour ces fêtes du solstice d'hiver ainsi que pour l'année nouvelle qui se profile et que nous souhaitons à tous meilleure que la précedente.

     

    M  E  R  C  I   

  • Vous avez dit "modèle suédois" ? Une réponse pédagogique avec l'économiste Emilie BOURDU et une préface de Louis Gallois.

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    Une petite lecture pour nous réconcilier avec l'économie... et nous changer, pendant les vacances estivales à la fraîche, les idées itératives d'ethnographie, de dialectologie, etc...

    Merci Emilie ! Utile surtout à l'heure où le pays s'interroge sur les moyens de renouer avec la croissance et de redresser son industrie... quels sont les ingrédients suédois et quelle en est leur efficacité ?

    Petit livre de 144 p. à 22 euros et pour ISBN : 978-2-35671-048-2 publié aux Presses des Mines et à La Fabrique de industrie.

     

  • Après ce printemps limousin absent, profitons des premiers rayons : Farniente sur la terrasse de Joël et Marie-France à La Bourse, à Saint-Junien, près d'Oradour.

     

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    Ceci n'est pas une publicité, mais le coup de cœur de nos visiteurs pour cette petite brasserie dans cette prestigieuse cité gantière, dans l'environnement direct de la Collégiale, de la Bourse du travail, de la Médiathèque municipale, de la cyberbase des principaux commerces de proximité...

     

                              Tél. : 05 55 02 72 47

     

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  • Migrants et immigrés en Poitou-Charentes... Un nouvel ouvrage aux éditions Le Croît Vif

    Voici un livre susceptible d'intéresser bien de gens en Poitou-Charentes, comme ailleurs, tant il est avéré que nombre d'entre nous descendons de migrations plus ou moins éloignées dans l'espace et le temps. Des auteurs dont certains sont sur la photographie (merci monsieur le journaliste de la Nouvelle République du Centre-Ouest) ont consacré articles et illustrations à des exemples parfois familiaux mais à portée universelle. Ce sont des historiens, des sociologues, des ethnologues, des praticiens du milieu associatif, des journalistes aussi.

     

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     Migrants de l’intérieur, migrants de l’extérieur

    Ce rapprochement constitue l’originalité majeure de l’ouvrage. Il se révèle particulièrement fécond car l’analyse des migrations intérieures, généralement plus anciennes, permet de mieux comprendre le phénomène de l’immigration, au sens le plus commun du mot. Et vice-versa…
    Après un rappel des importantes remues des éleveurs vendéens, de l’arrivée des pêcheurs bretons ou des gemmeurs landoux, ne négligeant nullement les populations déplacées durant les guerres, tout particulièrement belges, ardennaises et mosellanes, l’ouvrage s’attache ensuite aux migrations des deux après-guerres (années 1920-1930 et 1950 à 1990). Périodes gourmandes en main-d’œuvre à cause du manque de bras dû à l’hécatombe de 1914 puis aux besoins de reconstruction et de modernisation du pays pendant les trente Glorieuses. Alimentées par des tensions politiques et surtout par des circuits d’embauche créés par les pouvoirs publics et le monde de l’entreprise, elles sont principalement représentées en Poitou-Charentes par des salariés agricoles, des manœuvres du bâtiment, des travaux publics et des carrières, puis par des ouvriers de l’industrie. Sans oublier les artisans et commerçants présents d’un bout à l’autre de cette histoire, sans négliger non plus la particularité de l’immigration britannique qui marque les années récentes…
    Italiens, Espagnols, Marocains, Portugais, pieds-noirs et harkis, Turcs, Africains et enfin Britanniques, le Poitou-Charentes n’est certes pas une grande région d’immigration (2,5% d’immigrés contre 5,3% au niveau national), mais on y retrouve les caractéristiques et les problématiques existant ailleurs : toutes les origines géographiques y sont représentées, l’intégration générationnelle y est de plus en plus rapide par rapport au début du XXe siècle, surtout au sein des familles migrant vers de petites villes ou en milieu rural, les quartiers difficiles y existent tout autant à partir des années 1990 à cause du développement du chômage et de leur mise à l’écart par les autorités locales, enfin les déchirements identitaires y trouvent leur écho, entretenu par des débats idéologiques sans grand fondement, alors que leur résolution s’effectue plutôt dans le for intérieur de chacun...

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    ©Cl. Jean-Louis Neveu (ca 1990)

     

     Ouvrage avec illustrations de 618 pages.

    Chez votre libraire classique:: 35 € TTC.

    ISBN :: 978-2-36199-388-7 

    ISSN :: 1140-3799

     

  • En juin (23-24), chacun au Jardin ! de Gabriel.... à Nantillé, Charente-Maritime.

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  • Saint-Junien : COFPA ALBANY rien ne va plus dans le feutre ?

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    Pourtant avec un chiffred'affaire de 21 000 000 € et une rentabilité affichée de 22%, 4 600 0000 € de bénéfices, des commandes, un savoir faire inégalé, voici 133 personnes jeunes et actives sur le carreau; dans l'angoisse des lendemains.

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    Une ville, un pays, un département, une région se sont mobilisés... Des artistes, des gens du théâtre, un éditeur, proposent des milliers de cartes postales pour soutenir l'action en cours avec pour message: "Un leader mondial dans la fabrication  de textiles techniques et industriels. Une usine neuve, des outils de travail modernes et compétitifs. Rentabilité, bénéfices, un carnet de commande très garni, une spécialisation et un savoir-faire unique.... Des femmes et des hommes au travail...QUE VEULENT_ILS DE PLUS ?...

     On devine l'émotion dans la petite ville industrielle obligée ainsi de renouer avec les luttes ouvrières qui ont jalonné son histoire. Plusieurs candidats à la Présidentielle ont approché les ouvriers sur le terrain, tandis qu'en coulisses, les politiques, de tous les échelons s'affairent à relancer la machine grippée...

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    Les pilotes du blog soutiennent les acteurs de ce conflit dans l'attente d'une lueur d'espoir pour la reprise du travail dans la sérénité et la pérénnité.

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  • Histoire sans paroles... mais pas sans racines.

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  • Une réflexion de sociologue et d'actualité

     

    "L'avenir sera pour ce qui est aujourd'hui hors norme."

     

     

     

    Edgar Morin

     

  • Après le "De Campos" des pilotes du blog absorbés par leur migration vers le Sud-Est, Belvert se met au vert...

    MERCI AUX Visiteurs-INTERNAUTES QUI ONT EFFECTUE

    150 000 VISITES DEPUIS LA CRÉATION DE NOTRE ETHNOBLOGUE.

    MERCI POUR VOS COMMENTAIRES LIES AUX SUJETS TRAITES.

    MERCI  AUSSI A TOUS CEUX QUI RESPECTENT

    LA NETIQUETTE DANS LEURS ECRITS...

    MERCI ENFIN AUX PILOTES D'ANIMULA  VAGULA

    SANS LESQUELS CE BLOG N'AURAIT CERTAINEMENT JAMAIS

    VU LE JOUR; SANS OUBLIER L'EQUIPE EFFICACE DE HAUTETFORT.

  • LE MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE GRENOBLE SAINT-LAURENT OUVRE SES PORTES !

    Site patrimonial majeur en Europe, le Musée archéologique Grenoble Saint-Laurent (MAG), au coeur de l’un des plus anciens quartiers de la ville, ouvre à nouveau sesportes au public. Enfin ! diront tous les amateurs d’archéologie et nombre d’Isérois.


    Fermé en août 2003 pour des raisons de sécurité, le site a depuis fait l’objet de fouilles préventives, de travaux de rénovation et de mise en conformité. Des premiers mausolées de la nécropole du IVe siècle à l’église du XIXe siècle, Saint-Laurent dévoile aujourd’hui un fascinant mille-feuille architectural, reflet d’une adaptation constante à l’évolution des mentalités, des pratiques païennes aux croyances chrétiennes.

     

    Une scénographie originale et spectaculaire faisant la part belle aux technologies numériques (simulations 3D, projections grand format, bornes interactives…) renforce le pouvoir d’évocation des vestiges archéologiques : une véritable renaissance pour ce site exceptionnel qui témoigne de près de vingt siècles d’histoire de la ville.

     


    Musée archéologique Grenoble Saint-Laurent

          Place Saint-Laurent
          38 000 Grenoble

          04 76 44 78 68

     

    Pour une première visite virtuelle, suivez ce lien, puis, sur l'affiche, cliquez sur "entrer" et naviguez "sous terre"...

        

     www.musee-archeologique-grenoble.fr                                                 

     

  • "Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons" selon Pasteur...Un peu d'histoire de la vigne et du vin, "ferment divin".

    Les Hommes 
    de la vigne et du vin : 
    Figures célèbres et acteurs méconnus ; s
    ous la direction de Sophie Delbrel 
    et Bernard Gallinato-Contino

    "L’histoire de la vigne et du vin est l’histoire d’une quête de la qualité. Elle ne peut être comprise pleinement qu’à travers les parcours des hommes et des femmes qui, face aux menaces pesant régulièrement sur la vigne et le vin, œuvrent à l’amélioration des techniques de viticulture, au perfectionnement des méthodes de vinification et à une meilleure promotion du produit.
    Nombreux sont ceux qui écrivent cette histoire. Aux côtés des vignerons et des négociants, des scientifiques, des journalistes, des médecins, des architectes ou encore des politiques contribuent à dynamiser l’activité et l’économie de la filière vitivinicole. Le vin, produit dont le prestige n’a cessé de s’affirmer au fil des siècles, est ainsi devenu l’affaire de tous.
    Inspiré par les recherches présentées lors du 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, cet ouvrage offre une galerie de portraits d’hommes de la vigne et du vin, célèbres ou oubliés, dans toute leur diversité.

    Collection CTHS Histoire, 43
    208 p., 15 x 22 cm
    isbn 978-2-7355-0732-0 / sodis F30785.7
    2011 - prix 20€


    Un lien vers le catalogue en ligne du CTHS sur le site http://cths.fr/ed/selec.php
    (Le catalogue papier des ouvrages disponibles est actuellement riche de plus de 400 titres. 
    Il peut être obtenu sur simple demande à l'adresse ventes.cths@recherche.gouv.fr ou 
    au Secrétariat  du CTHS  - 110,  rue de Grenelle - 75357 Paris.)

  • Henri Coursaget a passé le flambeau et nous a quittés... Il plane toujours sur Confolens et "son" Festival, à re-découvrier en août.

    Une grande émotion a saisi tous ceux qui le connaissaient et Dieu sait s'ils étaient nombreux de par le monde. Ses obsèques qu'il avait lui-même réglées, j'allais écrire "chorégraphiées", ont marqué les esprits. La terre de Confolens l'a accueili, à jamais. Merci Henri, pour ton œuvre, pour ton amitié rayonnante. Salut l'artiste !

    Un article, sur le blog de Gérard Lame, correspondant de Gond-Pontouvre (Charente) du journal Sud-Ouest mérite quelques minutes d'attention et donc de recueillement. Suivez ce lien :

    http://gond-pontouvre.blogs.sudouest.fr/archive/2011/03/24/adieu-henri-coursaget.html

  • Après cette pause automnale nécessaire à leur régénération, les pilotes, confus d'une aussi longue absence en ligne, vous présentent leurs meilleurs vœux pour l'année 2011 qui viendra bouleverser le ronron de leur quotidien morose au jardin de Belvert...

    ... mais en attendant, quelques bulles seront du meilleur effet.

    User, ne pas abuser !

     

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    © Tous droits réservés.

     

    Et si vous aimez la campagne, plutôt que Paris, Tours, et j'en passe, et si vous n'avez pas les moyens d'un immobilier à X000 le m2, alors venez vous installer "au vert" en suivant ce lien  http://www.leboncoin.fr/ventes_immobilieres/141675906.htm?ca=20_s

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  • En ce Printemps des poètes 2010," il" nous a quittés

    'IL", c'est René ROUGERIE, l'éditeur des poètes, de Mortemart en Haute-Vienne (Limousin). Il a rejoint les étoiles en prenant son envol de Bretagne où il participait au Printemps des poètes. Il y a quelques semaines, nous l'avions croisé à la Médiathèque de Saint-Junien; Il jubilait parce que, nous dit-il ce jour-là, il avait mis la dernière main à la fin de l'édition des œuvres de Saint-Pol-Roux, dont il détenait le fonds et les archives.

    La Médiathèque de Saint-Junien (87) a constitué un fond des œuvres éditées par ce militant de la poésie et des poètes qu'il avait su, mieux que quiconque, révéler en leur temps. Catalogue en ligne à partir du site de la Mairie : http://217.108.21.101/absopacstjunien/#

    Notre pensée va à son épouse, à Olivier son fils et successeur et à sa famille.

    Adieu l'ami !

  • Il nous révéla la "Pensée sauvage"

     

    Claude Levi-Strauss est décédé il y a quelques dizaines d'heures
    dans sa 101 ème année

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    © Droits réservés.
    Un grand savant et "académicien français" vient de s'éteindre. Respect !
    Il a fait rêver de nombreuses générations d'étudiants et de chercheurs
    qui l'admiraient et  qui ont lu ses ouvrages magnifiques. Qui pourrait oublier ses Tristes tropiques ?

     

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    On peut poursuivre cette note en cliquant ici :

    http://www.scienceshumaines.com/comprendre-claude-levi-strauss_fr_329.htm

    et encore ici : http://www.sudonline.sn/spip.php?article21185

    http://www.lemonde.fr/carnet/article/2009/11/03/l-ethnologue-claude-levi-strauss-est-mort_1262337_3382.html

    mieux, se plonger dans "sa" Pléiade :http://209.85.229.132/search?q=cache:IAhOg_pbnRAJ:www.fabula.org/actualites/article23713.php+pl%C3%A9iade+l%C3%A9vi-strauss&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

  • La rentrée, c'est pour bientôt, les enfants !

    Fini, les enfants, de courir derrière les merles gras du Jardin de Belvert, de grimper aux arbres décrocher les avions de papier... Sortez vos papiers et entrez dans l'école... Derrière les grilles, la Liberté.

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    © Antoine Victot et Centre-Presse. Tous droits réservés.2008.

     

    Toute ressemblance avec des personnages connus ne serait vraiment que pure coïncidence.

     "Antoine, ça sent le trucage ce cliché" ! me dit mon petit doigt...

     

  • "Bien d'autres soufrières" : Hommage d'Alain Foix à Aimé Césaire

    Notre ami l'écrivain Alain Foix, nous a adressé ce billet en hommage au poète Aimé Césaire :

    "Pour information, voici un petit texte que j’ai écrit au sujet de l’hommage rendu à Césaire à l’Odéon le mardi 29 avril 2008.
    Alain".

    "Un homme, un homme seul, un athlète. Silence. Il avance. Une présence, une puissance. Il fait front. Seul. Il affronte ce silence qu’il impose. Il s’amasse et les planches sous ses pieds se rassemblent et la scène d’Odéon est un surf et la salle une vague qui se cambre, se retient et son souffle arrêté et le temps sous le verbe s’épaissit. C’est Césaire qui chevauche Jacques Martial. C’est Martial qui subjugue l’Odéon. Déferlantes de mots, cataractes du verbe, c’est un fleuve qui déborde de son lit. C’est un Nil dont Césaire est la source. Bords et débords, sacs et ressacs, flux et reflux, des mots lumières, des mots cheval au galop. Bombardements. Et c’est Toussaint Louverture, et c’est le roi Christophe, et c’est Nelson Mandela et Martin Luther King et ce vieux noir râblé, ratatiné sur son siège d’autocar et plié sous le fouet d’un mépris millénaire et toute la négraille qui se dresse, nuée. Nuée ardente aux bouches noires des soufrières, et au cœur des montagnes des oubliés du monde, la forge d’Héphaïstos sous les mots de Césaire martèle la « lance de nuit » d’une belle poésie. Ce n’est pas un poème mais une cavalerie, et au galop des mots c’est Martial qui écume. Il se fait vague contre la vague et il déferle et nous recouvre et nous buvons la tasse bouche bée et yeux ouverts. Sa langue claque l’amertume sucrière et nous couvre de sel. Et puis silence. L’athlète vacille, le dos au rideau noir de l’Odéon et se repait de son propre épuisement. Et c’est une salve, une bordée qui lui vient de la salle. Le choc était frontal, le public est levé. Il clame et bisse et bat des ailes, se secouant de soixante quinze minutes de totale possession.

    Avant que vienne le jour et son oubli, disons que cette nuit fut bien plus que le sacre d’un poète et de son héraut mais la conquête d’une scène comme territoire encore rebelle à la présence de ceux qui disent noir pour faire rimer espoir. Il y en eut d’autres gagnées et reperdues sans cesse, jamais acquises. Il y en aura de nouvelles gagnées avant d’être perdues. Césaire gagne encore en mourant. C’est le sort du poète. Mais sa vraie mort serait un mausolée. Un panthéon pour l’isoler. Ce soleil insulaire ne brille pas pour lui-même mais pour un continent, celui des oubliés. Césaire ne serait pas Césaire s’il n’était que Césaire. Ne vouons pas un culte à sa personnalité. Ce serait l’enterrer et avec lui un monde s’exhumant des décombres. Césaire s’est élevé pour dire que l’histoire n’est pas terminée. Avec sa mort, l’histoire ne fait que commencer. Derrière lui d’autres vagues qui viendront se briser aux contreforts d’indifférence, aux falaises blanches de la puissance.

    En préambule à cette soirée, Olivier Py a dit qu’il n’osait pas penser à ce qui se serait passé si le poète André Breton entrant dans un bazar de Fort-de-France pour acheter un ruban à sa fille n’avait pas découvert Césaire et son cahier d’un retour au pays natal. Rassurons-le. Ce n’est pas un ruban de petite fille qui fit naître Césaire. Et ce n’est pas la providence d’une belle main blanche qui tissa son berceau. Les forces telluriques trouveront toujours une faille ou un volcan pour dire au ciel les colères souterraines. Sur la Montagne Pelée il est né un cratère nommé Césaire. Il y a eu et il y aura bien d’autres soufrières."

    Alain Foix

  • Vous avez dit Grenelle ?

    Il est temps de prendre son temps !

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    ©M.V. ; entre Saint-Secondin et La Ferrière (date non encore parvenue à la rédaction).
    Parfois nous nous demandons avec madame la Copilote si les visiteurs de passage ont tous pris réellement conscience que le Jardin de Belvert n'était ni à Salers, ni dans le 18° de Paris, ni dans le 16°, ni, ni, ni au Capitole de Toulouse pas plus qu'à celui de Rome...
    Il est, au contraire, à deux pas et demi de ces demoiselles qui défilent précautionneusement devant une machine qui n'a rien à voir avec un 4x4 bobo (lequel va bientôt devoir payer son écot-carbone, qu'on se le dise !)...disons que nous avons entendu ces demoiselles, revenant de casser leur "graine-à-elles" en parler au moment où nous les avons croisées, et il nous a paru bon de prévenir les ceusses tentés encore par les trucs inutiles pour traîner seulement un ou deux marmots à Sainte-Machinmachine, et mercredi à l'anniversaire de...

  • Dans le jardin, le bonheur des uns ne fait pas celui des autres

    Le Pilote étant devenu à court de mouchoirs en a été réduit à utiliser des ficelles... Ficelles, ficelles, mais oui ! ficelles, c'est le petit jeu qui se noue et se dénoue entre nos "links" d'Animula et du "subtil objet contondant"; à chacun sa ficelle.
    Alors tirons nos ficelles et jouons-en... Tenez mes bons amis, en voici une que j'ai eu juste la peine de "cueillir" dans le Jardin...Et elle est bien utile...

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    (Collection particulière. Tirée de l'ouvrage de Brehm, Alfred Edmund et Kunckel d'Herculais, Jules Philippe Alexandre, "Merveilles de la nature...", Paris, Baillère, ca 1882).

  • Des fleurs de Belvert pour les visiteurs du site

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    Ces petites roses si parfumées, situées juste devant la petite fenêtre du bureau des pilotes ont été bouturées à partir de rosiers d'un ancien "jardin de curé", vendu et laïcisé (dans le canton voisin de Vivonne).
    Bon week-end à tous...
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    ... en Poitou où l'agriculture prépare son virage vers l'énergie verte.
    (NDLR: Il y eut une époque où l'on cherchait, pour nourrir les hommes à fabriquer du beefteck à partir du pétrole - l'huile de pierre-, aujourd'hui on cherche à transformer les produits agricoles en carburant, énergie renouvelable. Et si l'on a trop besoin de cette énergie verte, on mangera des caroubias ! des caroubes, si on préfère; ou des "brocas", des broques.)
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  • Pour qui s'interroge sur la notion de "tradition"...

    Une tradition véritable n'est pas le témoignage d'un passé révolu ; c'est une force vivante qui anime et informe le présent. [...] Bien loin d'imposer la répétition de ce qui fut, la tradition suppose la réalité de ce qui dure. Elle apparait comme un bien de famille, un héritage qu'on reçoit sous condition de le faire fructifier avant de le transmettre à sa descendance.» Igor Strawinsky, Poétique Musicale, 1952.