11.05.2008

"Bien d'autres soufrières" : Hommage d'Alain Foix à Aimé Césaire

Notre ami l'écrivain Alain Foix, nous a adressé ce billet en hommage au poète Aimé Césaire :

"Pour information, voici un petit texte que j’ai écrit au sujet de l’hommage rendu à Césaire à l’Odéon le mardi 29 avril 2008.
Alain".

"Un homme, un homme seul, un athlète. Silence. Il avance. Une présence, une puissance. Il fait front. Seul. Il affronte ce silence qu’il impose. Il s’amasse et les planches sous ses pieds se rassemblent et la scène d’Odéon est un surf et la salle une vague qui se cambre, se retient et son souffle arrêté et le temps sous le verbe s’épaissit. C’est Césaire qui chevauche Jacques Martial. C’est Martial qui subjugue l’Odéon. Déferlantes de mots, cataractes du verbe, c’est un fleuve qui déborde de son lit. C’est un Nil dont Césaire est la source. Bords et débords, sacs et ressacs, flux et reflux, des mots lumières, des mots cheval au galop. Bombardements. Et c’est Toussaint Louverture, et c’est le roi Christophe, et c’est Nelson Mandela et Martin Luther King et ce vieux noir râblé, ratatiné sur son siège d’autocar et plié sous le fouet d’un mépris millénaire et toute la négraille qui se dresse, nuée. Nuée ardente aux bouches noires des soufrières, et au cœur des montagnes des oubliés du monde, la forge d’Héphaïstos sous les mots de Césaire martèle la « lance de nuit » d’une belle poésie. Ce n’est pas un poème mais une cavalerie, et au galop des mots c’est Martial qui écume. Il se fait vague contre la vague et il déferle et nous recouvre et nous buvons la tasse bouche bée et yeux ouverts. Sa langue claque l’amertume sucrière et nous couvre de sel. Et puis silence. L’athlète vacille, le dos au rideau noir de l’Odéon et se repait de son propre épuisement. Et c’est une salve, une bordée qui lui vient de la salle. Le choc était frontal, le public est levé. Il clame et bisse et bat des ailes, se secouant de soixante quinze minutes de totale possession.

Avant que vienne le jour et son oubli, disons que cette nuit fut bien plus que le sacre d’un poète et de son héraut mais la conquête d’une scène comme territoire encore rebelle à la présence de ceux qui disent noir pour faire rimer espoir. Il y en eut d’autres gagnées et reperdues sans cesse, jamais acquises. Il y en aura de nouvelles gagnées avant d’être perdues. Césaire gagne encore en mourant. C’est le sort du poète. Mais sa vraie mort serait un mausolée. Un panthéon pour l’isoler. Ce soleil insulaire ne brille pas pour lui-même mais pour un continent, celui des oubliés. Césaire ne serait pas Césaire s’il n’était que Césaire. Ne vouons pas un culte à sa personnalité. Ce serait l’enterrer et avec lui un monde s’exhumant des décombres. Césaire s’est élevé pour dire que l’histoire n’est pas terminée. Avec sa mort, l’histoire ne fait que commencer. Derrière lui d’autres vagues qui viendront se briser aux contreforts d’indifférence, aux falaises blanches de la puissance.

En préambule à cette soirée, Olivier Py a dit qu’il n’osait pas penser à ce qui se serait passé si le poète André Breton entrant dans un bazar de Fort-de-France pour acheter un ruban à sa fille n’avait pas découvert Césaire et son cahier d’un retour au pays natal. Rassurons-le. Ce n’est pas un ruban de petite fille qui fit naître Césaire. Et ce n’est pas la providence d’une belle main blanche qui tissa son berceau. Les forces telluriques trouveront toujours une faille ou un volcan pour dire au ciel les colères souterraines. Sur la Montagne Pelée il est né un cratère nommé Césaire. Il y a eu et il y aura bien d’autres soufrières."

Alain Foix

29.04.2008

Histoire sans paroles.

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25.10.2007

Vous avez dit Grenelle ?

Il est temps de prendre son temps !

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©M.V. ; entre Saint-Secondin et La Ferrière (date non encore parvenue à la rédaction).
Parfois nous nous demandons avec madame la Copilote si les visiteurs de passage ont tous pris réellement conscience que le Jardin de Belvert n'était ni à Salers, ni dans le 18° de Paris, ni dans le 16°, ni, ni, ni au Capitole de Toulouse pas plus qu'à celui de Rome...
Il est, au contraire, à deux pas et demi de ces demoiselles qui défilent précautionneusement devant une machine qui n'a rien à voir avec un 4x4 bobo (lequel va bientôt devoir payer son écot-carbone, qu'on se le dise !)...disons que nous avons entendu ces demoiselles, revenant de casser leur "graine-à-elles" en parler au moment où nous les avons croisées, et il nous a paru bon de prévenir les ceusses tentés encore par les trucs inutiles pour traîner seulement un ou deux marmots à Sainte-Machinmachine, et mercredi à l'anniversaire de...

27.06.2007

Dans le jardin, le bonheur des uns ne fait pas celui des autres

Le Pilote étant devenu à court de mouchoirs en a été réduit à utiliser des ficelles... Ficelles, ficelles, mais oui ! ficelles, c'est le petit jeu qui se noue et se dénoue entre nos "links" d'Animula et du "subtil objet contondant"; à chacun sa ficelle.
Alors tirons nos ficelles et jouons-en... Tenez mes bons amis, en voici une que j'ai eu juste la peine de "cueillir" dans le Jardin...Et elle est bien utile...

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(Collection particulière. Tirée de l'ouvrage de Brehm, Alfred Edmund et Kunckel d'Herculais, Jules Philippe Alexandre, "Merveilles de la nature...", Paris, Baillère, ca 1882).

25.05.2007

Des fleurs de Belvert pour les visiteurs du site

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Ces petites roses si parfumées, situées juste devant la petite fenêtre du bureau des pilotes ont été bouturées à partir de rosiers d'un ancien "jardin de curé", vendu et laïcisé (dans le canton voisin de Vivonne).
Bon week-end à tous...
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... en Poitou où l'agriculture prépare son virage vers l'énergie verte.
(NDLR: Il y eut une époque où l'on cherchait, pour nourrir les hommes à fabriquer du beefteck à partir du pétrole - l'huile de pierre-, aujourd'hui on cherche à transformer les produits agricoles en carburant, énergie renouvelable. Et si l'on a trop besoin de cette énergie verte, on mangera des caroubias ! des caroubes, si on préfère; ou des "brocas", des broques.)
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20.01.2007

Pour qui s'interroge sur la notion de "tradition"...

Une tradition véritable n'est pas le témoignage d'un passé révolu ; c'est une force vivante qui anime et informe le présent. [...] Bien loin d'imposer la répétition de ce qui fut, la tradition suppose la réalité de ce qui dure. Elle apparait comme un bien de famille, un héritage qu'on reçoit sous condition de le faire fructifier avant de le transmettre à sa descendance.» Igor Strawinsky, Poétique Musicale, 1952.

14.10.2006

Un bon vin chaud aromatisé à la cannelle, permettrait-il encore d'éviter la grippe?

Évitez la Grippe! Depuis 1985, l"Assurance Maladie a mis en place un véritable plan de santé publique qui a permis de diminuer de façon significative le nombre des victimes de la grippe.
Alors pensez-y ! Un bon vin chaud sucré et aromatisé aux bien portants, le vaccin aux autres... et surtout s'ils ont, pour les messieurs plus de 65 ans, pour les dames, un "certain âge". Dans les deux cas, c'est gratuit ; mais parlez-en à votre médecin référent / traitant...
Belvert se met au vert d'automne, s'emmitoufle, et attend toujours que son plombier préféré (poitevin ou polonais, même combat contre le froid !) vienne lui déplomber son chauffage central... depuis le mois de juin...
Après les antibiotiques, on passe à la cortisone... ainsi va la vie.

06.10.2006

Nous empruntons au grand conteur burkinabé, Tomani Kouyaté, la pensée du jour.

"... je laisse pousser mes branches le plus loin possible pour continuer à aller vers les autres, pour être plus près des gesns..."
Ce conteur né au Burkina Faso, "à l'époque où l'on mangeait encore dans des calebasses et buvait avec des louches en bois, d"une famille de "griots" transmet des "messages humains... empreints d'une sagesse qui a traversé les temps..."
Vous pourrez le rencotrer en maints festivals et autres rendez-vous contés, et très prochainement à Dijon, à 21h; le 18 octobre 2006 au BISTROT de la SCÈNE, 203, rue D'Auxonne à Dijon, (réservations: 03 80 67 87 39), dans sa prestation: "Les Rumeurs de Ségou" (Programmation de la Compagnie des contes: cie.contes@free.fr 03 80 73 31 13)
Tant de sagesse mérite respect et surtout une belle écoute...
Entrez dans le monde des contes (si ce n'est déjà fait !) avec Toumani Kouyaté !

19.09.2006

Maintenant que la barrière du 10 septembre 2006 est franchie...

..."Maintenant que la jeunesse
Machinale m'a trahi
Maintenant que la jeunesse
A fui voleur généreux
Me laissant mon droit d'aînesse
Et l'argent de mes cheveux...

Il fait beau comme jamais
Un temps à rire et à courir
Un temps à ne pas mourir
Un temps à craindre le pire
Il fait beau comme jamais.

Merci à Louis Aragon pour ces vers extraits de "Le Nouveau crève-cœur".

17.09.2006

Melle Ani ayant baissé le rideau... je me dois

Mademoiselle Ani ayant baissé le rideau pour mettre fin, de son côté, à une passe d'armes entre L'Infatigable, B.M., Mademoiselle Péache, Messiers Th.B., J, Fr... etc.., débat animé et houleux dans lequel Belvert s'est immiscé par nécessité, ou par défaut, je me dois, d'y ajouter, certes tardivement, mes propres émotions. Pour cela, et par paresse (les siestes belvertines !), j'emprunte à un Bisontin-faux british, Francis Wey, ces quelques lignes, datées de 1862 :

« Au ton avantageux des gens qui m’accompagnaient, je comprenais qu’ils me montraient des merveilles, qu’ils disaient des choses admirables, et qu’ils étaient soutenus à cet égard par une robuste conviction ; mais je ne saisissais ni le piquant ni la fin de leurs idées, dont parfois même le sens m’échappait […] "

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