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Le Muséum virtuel de Belvert

  • Notre blog "Cultures et territoires" est ouvert sur le monde, naturellement... Quelques mots "tirés de nos cartons et vieux papiers" sur les Acadiens, chers aux Français de l'Ouest, et à tous ceux qui ont histoire et identité chevillées au corps.

    Mobilisations identitaires d’Acadiens

    *

    par Michel VALIERE

    « Une inconsolable plainte tient lieu de l’origine » écrit Paul Chamberland le poète rebelle, combattant et universitaire québécois. L’évocation des bûchers de Montségur pour les  militants occitans, la déportation et les camps d’extermination pour les Juifs d’Europe, le Grand Dérangement pour les Acadiens font partie de ces événements historiques d’une « mémoire longue » chère à Françoise Zonabend, qui se sont gravés à jamais dans la mémoire collective. Faire écho à l’un de ces événements-matrices (le mot est de l’historien Emmanuel Leroy-Ladurie) suffit à réveiller, stimuler, parfois exacerber un sentiment d’appartenance à un groupe qualifié de minoritaire, c’est-à-dire d’une façon ou d’une autre dominé par un ou des groupes tiers. Rappelons qu’il n’y a pas, sauf erreur, de définition en droit international du concept de « minorité » ; il est de la responsabilité de chaque État de reconnaître ou non telle minorité, cette reconnaissance se faisant selon des critères culturels, « ethniques » ou religieux,  et parfois sur des langues dites minoritaires. Les gouvernements, en effet, redoutent l’activisme de groupes humains susceptibles de remettre en cause les frontières dans une perspective irrédentiste. L’usage d’une langue spécifique (le basque, le catalan, l’occitan dans l’un de ses dialectes, le yiddish, le « français » acadien...), n’étant que l’un des critères parmi d’autres de la perception d’une différence communautaire, peut devenir insupportable aux yeux d’un  groupe dominant.

      Dans cette communication, je me propose, en m’appuyant sur ma propre expérience de relations suivies avec nombre d’Acadiens (et de Québécois) depuis 1972, ainsi que sur des « documents patrimoniaux1 »,  de présenter l’émergence itérative d’une conscience identitaire chez les Acadiens, notamment parmi la jeunesse, en butte à un pouvoir régional tenu depuis plus de deux siècles par des notables anglophones et pour la plupart francophobes. Ceux-ci représentent la puissance politique et économique ainsi que la domination sociolinguistique par déni du français (langue historique des Acadiens) et son rejet au rang de patois désuet, le « french patois » (sic),  en regard de l’anglais international, vecteur de « pensée unique » (Hagège, 2012). Cette situation, autant injuste que révoltante, exacerbe en conséquence le sentiment d’acadiennité et, par delà, exalte des sentiments nostalgiques d’une histoire confisquée. Toutefois, le biculturalisme, devant s’appliquer depuis 1993 à tout le Canada, s’impose désormais, bon gré mal gré, au Nouveau-Brunswick. La situation y semble aujourd’hui un peu mieux équilibrée et permet au « miracle acadien » (Martin, 1936, p. 45), déjà extraordinaire et émouvant par son attachement à sa religion et à la France, d’envisager une communauté de destin avec d’autres.

    A. Une terre disputée

    Rappelons que les Acadiens descendent de laborieux migrants provenant essentiellement de la France de l’Ouest à partir de 1604 et qui se sont installés  et ont essaimé dans les régions maritimes qui ont pour noms aujourd’hui Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Ecosse, Île-du-Prince-Édouard. Ils ont été et demeurent des victimes de l’histoire du Nouveau Monde, et surtout des conflits qui ont déchiré les colonies françaises et les colonies anglaises qui convoitaient les mêmes terres déjà mises en valeur par les paysans et artisans émigrés de France. Les Anglais demandant que les Français prêtent serment à la couronne d’Angleterre, les Acadiens refusèrent car ils voulaient rester neutres. En 1755, le gouverneur anglais craignant une résistance  décida de saisir leurs fermes et de déporter 12 000 personnes vers le sud du Nouveau Monde et même en Europe...

      Voici pour mémoire un extrait d’une lettre du gouverneur Lawrence au colonel Monkton en date du 9 août 1755, publiée dans The New-York Gazette, le 26 août 1755, puis dans The Pennsylvania Gazette, le 4 septembre de la même année (ibid., p. 284) : « Nous formons actuellement le noble et grand projet de chasser de cette province les Français-neutres qui ont toujours été nos ennemis secrets et qui ont encouragé nos sauvages à nous couper la gorge. Si nous pouvons réussir à les expulser, cet exploit sera le plus grand qu’aient accompli les Anglais en Amérique, car au dire de tous, dans la partie de la province que ces Français habitent se trouvent les meilleures terres du monde. Nous pourrions ensuite mettre à leurs places de bons fermiers anglais... »

       Ces fameuses terres, en effet, sont au cœur des hypothèses en cours concernant le nom d’Acadie. L’une d’elles pose que la beauté de l'endroit aurait incité l’explorateur à se croire dans l’Arcadie paradisiaque de l'ancienne Grèce.Une autre prétend que le nom « Acadia » ou « Arcadia » proviendrait de paroles des Amérindiens que Giovanni da Verrazzano rencontra lors de son voyage. En effet, ceux-ci répétaient le mot « Quoddy » ou « Cadie » pour désigner le lieu qui les entourait. Enfin, une troisième interprétation, extension de la précédente, voudrait que « La Cadie » soit une adaptation française d’un mot indien emprunté aux Micmacs pour désigner une terre fertile. Ce nom figure dans l’incipit d’une chanson recueillie en 1916 et rapportée dans l’un de ses ouvrages par le folkloriste Marius Barbeau (Barbeau, 1962, pp. 227-228) : « Dans La Cadie luy a / quatre-vingt-dix Cayennes/ Un soir se promenant/avecque leur chandelle/Dans leur chemin rencontr’ le roi de l’Angleterre [...] Le roi prit son épée/La belle sa quenouillette/D’un coup de quenouillette jeta le roi par terre [...] »

      Objet de convoitise des Anglais, l’Acadie pourtant ne s’est pas faite toute seule. Ses terres fertiles ne l’ont été que grâce à l’opiniâtreté et au savoir-faire des nouveaux arrivants qui les ont vaillamment disputées aux eaux salées par l’endiguement des marais et la construction d’aboiteaux, lesquels représentent l’une des marques identitaires des premiers Français gagnant des terres arables aux dépens de la mer, évoqués dans l’histoire orale (Cormier, 1978, p. 11). Mais c’est aussi un « peuple », selon l’affirmation péremptoire de l’ethnographe et romancière Antonine Maillet : « Les Acadiens sont un peuple, et un peuple est plus fort qu'un Pays. Un Pays est une institution, mais un peuple est plus fort qu'une institution, car il a une âme, il a des rêves, il est vivant. » Cette position de la folkloriste est quasiment reprise en boucle à travers les médias, comme définitoire de l’Acadie contemporaine. Je me permets d’ajouter que ce « peuple » en 1881 s’est choisi pour emblèmes : la journée mariale du 15 août pour fête nationale ; le cantique catholique Ave Maris Stella pour « chant national » ; enfin le drapeau tricolore (français) agrémenté d’une étoile d’or piquée dans le bleu « représentant la renaissance et la vitalité du peuple acadien » dans la paix. Paix qu’expriment un siècle plus tard ces quelques vers de la chanson d’Édith Butler et Lise Aubut2 : « J'ai jeté dans la rivière/les fusils de la guerre/car l'amour est bien plus fort /que les canons de la mort / Moi qui suis d'un pays/ qui fut brimé qui fut trahi/moi qui suis d'un pays/qui ne connaît pas l'oubli/À vivre notre histoire /de tourments et de peines/à vivre notre histoire/ qui ne connaît pas la haine/Malgré le vent qui mord/ et les chiens affamés/ malgré le vent qui mord /et les loups de tous côtés.»

    B. Un peuple, une langue et des rêves 

    Force est de reconnaître que plus de deux cent cinquante ans après les événements particulièrement violents de la Grande Déportation, les ressortissants d’une culture réputée ancestrale et francophone, qui avait su nouer des relations pacifiques avec les premières nations sur place, sont encore bien vivants et se pensent fondés à se présenter sous la forme pronominale de « nous », les Acadiens. Aujourd'hui, plus de deux millions de personnes se réclamant d’une origine acadienne occupent la terre d'Amérique, dont près d’un million sont implantés au Québec.

      Mais cette situation multiséculaire actualise aussi une situation d’anomie, de « désorganisation sociale » et parfois de démoralisation des individus, contraignant ceux-ci à une existence parfois perçue comme privée de signification puisque ne pouvant se reconnaître dans un État-nation autre que le géant canadien. En effet, aucun territoire stricto sensu ne peut être revendiqué actuellement comme représentant l’Acadie. L’Acadie, « ils l’ont dans leur tête » me rétorquera, questionné à ce sujet, l’un des maîtres qui contribuent avec quelques autres à configurer la culture acadienne par l’examen minitieux des faits ethnographiques et notamment de la littérature orale (Labelle, 2008). Tous les facteurs historiques évoqués sont naturellement peu propices à la reconstruction identitaire du « groupe initial », à sa créativité comme à toute perspective de développement cohérent sur un territoire mal défini, aux frontières impalpables et au sein duquel chacun au fond ne peut que se sentir étranger, disons dans une Tour de Babel langagière. Y règne quasiment sans partage l’anglais aux côtés du français, du chiac anglais  ou chiac français, selon le point de vue, et parfois même du joual québécois. Et ce d’autant plus que des descendants des colons venus de France n’ont plus qu’un lointain souvenir de la langue et se présentent désormais dans des termes tels que « I am Acadian » ; ou comme ce témoin déclinant son identité sous forme d’un chiasme : « Je suis français acadien ; canadien français ! » Parfois encore, c’est « Je suis québécois acadien, ou acadien du Québec ! » Dans ces conditions, la notion de « minorité » apparaît peu appropriée dans certains des contextes sociaux et culturels où se trouvent engagés des Acadiens  fiers de l’être, à l’image d’une admiratrice laissant pour tout commentaire à la suite d’une vidéo (consultée en ligne) du Cadien de Louisiane, le très célèbre chanteur Zachary Richard : « Fière d’y être acadien ? Well moé oui ! »

      La question linguistique, qui a toujours été centrale pour les Acadiens de tous les horizons, suscite chez eux des débats passionnés aux accents parfois très émouvants. En effet, l’Acadie qui tente de maintenir le français, en milieu dominant anglophone, fait généralement l’admiration reconnaissante de Français de France pour une telle fidélité au pays du départ depuis l’Ancien Régime. Toutefois, on peut assister en même temps à la surrection, voire au développement du chiac. Celui-ci, parfois désigné comme « notre dialecte »,est aujourd’hui revendiqué avec force par certains jeunes Acadiens comme étant leur parler propre, dans une société contemporaine où l’anglais occupe une place prépondérante et jouit en outre d’un statut international, comme langue de l’économie, du commerce et de la science. À ce sujet, déjà en 1968, le prestigieux cinéaste québécois Michel Brault avait réalisé le film Éloge du chiac3qui avait eu un impact considérable dans les milieux acadiens. Quarante années plus tard, la cinéaste Marie Cadieux a retrouvé les collégiens qui avaient pris part au film et les a réunis à nouveau, sur le même sujet, faisant ressortir des regrets chez certains de ne pas avoir su s’impliquer davantage dans l’apprentissage et le maintien de la langue commune, le français et son dialecte local, le chiac pourtant connue dans leur famille, mais pas toujours pratiquée. La cinéaste confiera au journaliste du Nouvelliste, François Houde4 : « À tous les jours, à Moncton, où j'habite, c'est un acte presque politique que de parler français et c'est loin d'être terminé. Pour moi, il n'y a pas de mesures à prendre pour protéger le chiac. C'est une langue parlée et une langue qui va toujours se parler. Ce qui compte, c'est que chacun puisse s'exprimer à sa façon. »

      Depuis deux ou trois décennies, cette double ou même triple aptitude langagière est désormais utilisée sans complexe et même avec jubilation, non seulement comme instrument quotidien de communication, mais aussi dans leurs créations par des artistes et des groupes en tant que composante de la culture collective acadienne contemporaine. Je ne veux retenir pour l’exemple que les ensembles 1755, Radio Radio ou les Méchants maquereaux qui tous écrivent et chantent avec bonheur en chiac, et se font connaître au monde par les réseaux sociaux dont les jeunes sont adeptes et friands. Ils apportent ainsi au monde leur pierre à la « diversité », dans la lutte contre l’esthétique et la pensée uniques (Hagège, 2012).

    C. La tentation diasporéique

    Mais pourquoi après avoir fondé la première colonie en Amérique du Nord, « ce peuple » doit-il encore lutter pour dire à la face du monde qu'il existe toujours et qu’il faut encore compter avec lui ? Des chercheurs, ethnographes et anthropologues, gens de lettres, s’appliquent depuis près d’un siècle à recueillir des empreintes, les traces des traditions, des histoires familiales, comme pour légitimer l’existence d’un grand Tout détruit, puzzle susceptible d’une relecture post-moderne pour un devenir en puissance. Parmi eux, citons feues Lauraine Léger et Catherine Jolicœur, Charlotte Cormier, Barry Ancelet, Ronald Labelle, Jean-Pierre Pichette, le Père Chiasson, le folkloriste et historien de l’Île-du-Prince-Édouard, Georges Arsenault, lequel vient de faire paraître en janvier 2011 aux éditions La Grande Marée un nouveau livre sur les traditions acadiennes, intitulé La Chandeleur en Acadie5 qui fait suite à deux volumes sur les thèmes de Noël (2005) et de la Mi-Carême (2007).

     De son côté, intrigué, le cinéaste québécois André Gladu6 est parti à la rencontre d’une grande foule d’Acadiens pour chercher à comprendre l'esprit qui anime ce « peuple » et à retracer son histoire singulière au cœur du continent américain. Aussi présente-t-il dans son film Tintamarre, la piste Acadie en Amérique7, de fascinants personnages, pour qui la défense de la culture acadienne demeure la préoccupation et l'œuvre de toute une vie. En effet, le 15 août des Acadiens est marqué par le Tintamarre, fête identitaire, et dont le bruit est devenu le cri de tout un peuple « pour ne pas se faire oublier » tant est grande chez un certain nombre de personnes la tentation d’uneassimilation, considérée comme une posture fataliste pour ceux qui craignent de ne pas pouvoir accéder à un emploi doté d’une certaine valeur sociale. Ainsi, des gens poussés par les contraintes économiques, la peur de l’avenir, alors même qu’ils ne souhaitent pas oublier, encore moins nier leurs origines, subissent littéralement un double bind. Celui-ci, générateur d’angoisse et donc de souffrances se transmet au fil des générations à travers les différents espaces où survivent comme « minorité » les descendants des exilés acadiens. Aussi semblent-ils, pour nombre d’entre eux, enclins à la tentation diasporéique.

      Mais est-il légitime de parler de « minorité acadienne » plutôt que de « diaspora », au sens que ce terme8 a pris dans la langue française sous la plume d’Ernest Renan dans son Histoire du peuple d’Israël (Paris, Calmann-Lévy, 1892, t. 4, p. 215) ? En effet, l'Acadie, revendiquée comme nation d’attachement de cœur et d’une histoire partagée, actuellement mal définie dans des frontières étatiques reconnues, est représentée par des communautés généralement francophones, éparses dans l’espace politique du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle Écosse, de la Louisiane, mais pas seulement. En fait, l’Acadie se présente aussi  comme un ensemble de petites communautés ayant essaimé en raison des vicissitudes et de la violence de l’Histoire. Ces deux critères à eux seuls légitiment que soit appliquée aux Acadiens le terme de diaspora. En effet, un passé dramatique, une crise économique,  une famine, un exode, une « épuration ethnique », une guerre de conquête interethnique, politique ou religieuse, peuvent aboutir à la dispersion de populations et c’est la totalité des membres dispersés qui crée par cette migration, indépendamment des générations concernées, une nouvelle communauté transnationale plus ou moins homogène, susceptible d’exprimer un sentiment d’appartenance affirmé (Valière, 2003). L’Histoire en a voulu ainsi pour l’Acadie qui est donc, depuis bientôt trois siècles, confrontée à la question de sa reconnaissance tant au niveau national qu’international.

     Et c’est à ce niveau que le travail de mémoire se poursuit en investissant autant les lieux du drame que ceux des territoires de refuge et de réinstallation, parfois par le truchement d’événements culturels relevant de la living story, l’histoire vivante, en reconstituant pour mieux la faire appréhender la violence de la déportation de familles françaises pourtant neutres et pacifiques. Aussi, une série de monuments ont été érigés au Canada atlantique (provinces maritimes), au Québec, aux États-Unis, en France, en Angleterre et aux Antilles. À lui seul, le Canada comptera dix monuments, le dernier en date étant, sauf erreur, celui implanté en 2011 par la Ville de Bécancour au Québec dont on sait que, dans le dessein de commémorer le 250e anniversaire de la Déportation, elle a provisionné 35 000 $ pour faire l'acquisition de ce monument « d'une quinzaine de pieds fait de marbre et de bronze ».

     Loin d’oublier leur propre culture et à la recherche d’une cohésion forgée dans l’épreuve, les diverses communautés acadiennes aux États-Unis (Louisiane, Maine), au Canada (« minorité » au sein de la « minorité québécoise », par exemple) ou en France, cultivent une mémoire collective, en créant des cercles de sociabilité pour supporter la solitude de l’éloignement, restructurer leur groupe, conforter les identités. Sans la mise en place de réseaux d’échange et de solidarité, ces populations perdraient, par la pression du contexte, comme par les inter-mariages, identité et compétences linguistiques avec des risques de pertes et d’hybridations ; il en est souvent ainsi pour les langues « diasporisées ». Certes, toutes les migrations internationales ne sont pas vouées à produire des ensembles durables constitutifs de diasporas. Mais il apparaît que les cultures en sont venues à se différencier en raison des nouveaux contextes et à poursuivre leur dynamique propre. L’opposition lexicale cajun/cadien venant sceller définitivement cette distinction, la musique cajun ne se laissant pas confondre avec la chanson acadienne emportée dans l’élan de la chanson québécoise avec ses grands noms.

      En France, et singulièrement dans la région Poitou-Charentes, où l’on est très sensible à la culture populaire des Acadiens, si l’on signale des lieux de départ vers le Nouveau-Monde, comme dans le Loudunais, avec le petit musée de La Chaussée (dans la Vienne), c’est surtout le retour des Acadiens en Poitou, dans le Châtelleraudais, qui fait l’objet d’une attention particulière. Ainsi le musée acadien d’Archigny a investi l’une des fermes où s’était installée une famille de retour. L’État, de son côté, a inscrit, au titre de la loi de 1913 sur les Monuments historiques, deux « maisons acadiennes » parmi la trentaine encore existantes sur la Ligne Acadienne, portion de la Route départementale 9 entre La Puye et Archigny. Le Conseil général de la Vienne ainsi que le Conseil régional de Poitou-Charentes développent et soutiennent des actions en faveur des associations et des autres structures qui font le lien avec des institutions et groupements acadiens, dans l’espoir d’échanges culturels9 et économiques, espoir condensé dans le titre donné à un DESS soutenu à la Faculté de sciences économiques de Poitiers « Nos cousins d’Amérique : une chance pour le Poitou-Charentes Charentes»(Bouly, 1992).

      Mais, outre les diverses actions de commémoration de par le monde, des rassemblements sont organisés en vue de la structuration du peuple acadien, de l’analyse de cette société morcelée, de la dynamique de sa culture, de l’affirmation de son identité et de sa langue avec ses variantes. Les soutiens ne manquent pas, à l’exemple de celui de l’État du Maine qui s’est engagé à verser un million de dollars pour l’organisation10 du Congrès mondial acadien de 2014. L’événement, très attendu, devrait attirer plus de 50 000 visiteurs en Acadie des terres et forêts, soit le nord du Maine, le nord-ouest du Nouveau-Brunswick et le comté de Témiscouata, au Québec. Par ailleurs, les organisateurs espèrent toujours recevoir un financement fédéral de Washington.

    Conclusion

    Quelle place pour l’Acadie et les Acadiens, disons pour l’Idée acadienne,  dans le concert des nations et de la francophonie en particulier ? On imagine bien la difficulté d’apporter une réponse définitive à cette question légitime. En effet, l’Acadie, extraterritoriale, doit, d'une part, trouver les moyens de préserver et développer une identité propre sans le secours, qui la rendrait dépendante, d'un État exclusif et dans les conditions difficiles que l’on devine par la forte pression de cultures autres, concurrentielles, disposant de moyens beaucoup plus imposants que les siens et jouissant d’un prestige mondial certes contestable ; d'autre part, elle doit aussi composer avec des cultures et des communautés nationales, voire internationales, parfois démographiquement plus imposantes, dont elle espère reconnaissance et légitimation. Enfin, comment l'Acadie, fille métisse de l’Europe et du Nouveau Monde, sous sa forme de diaspora transcontinentale, peut-elle aussi contribuer à l’établissement et au partage de valeurs universelles cohérentes avec son histoire propre.

     


    1 Cette notion figure explicitement dans la Loi sur le patrimoine culturel au Québec (adoptée le 19 octobre 2010) pour désigner, selon le cas, un support sur lequel est portée une information intelligible sous forme de mots, de sons ou d’images, délimitée et structurée de façon tangible ou logique, ou cette information elle-même, qui présente un intérêt pour sa valeur artistique, emblématique, ethnologique, historique, scientifique ou technologique.

    2 Cette chanson, interprétée en 1978 par Édith Butler sur le disque L'Espoir (collection SPPS ; n° PS-19904), m’a été communiquée par l’ethnomusicologue Charlotte Cormier, la même année. Qu’elle en soit ici remerciée !

    3 Le chiac, ou langue chiaque,  se définit comme la langue parlée dans la région de Shédiac et de Moncton, au Nouveau-Brunswick, distincte du français acadien. On le dit fait à partir de la syntaxe du français et  du point de vue lexical avec des « mots vieillots ou archaïques » et des « intrusions d’anglicismes. »

    4 http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/arts-spectacles/201001/27/01-943441-on-ne-rigole-pas-avec-la-langue.php

    5 La Chandeleur, célébrée le 2 février en l’honneur des relevailles de la Vierge Marie, était une journée importante du calendrier religieux et social en Acadie. Dans certaines régions, elle était même l’une des plus grandes fêtes de l’année.

    7Réalisé en 2004, ce long métrage (79 min 42 s) est entièrement consacré à la vitalité de la culture acadienne.

    8 Forgé à partir de diaspeirein, « disperser, disséminer», ce terme figurait dans les Septante, pour désigner la situation de communautés juives implantées en Égypte, au IVe siècle av. J.-C., et soumises à une acculturation. Les Juifs adoptèrent alors la koiné (langue banalisée), qui allait supplanter l’araméen et l’hébreu. Pendant longtemps, la diasporahébraïque (avec « D » majuscule) a été considérée comme l’archétype de phénomène migratoire à grande échelle.

    9 Il en est ainsi du festival Les Cousins d’Amérique (Québec ; Acadie, Louisiane) organisé pour la quatrième fois en 2011 par l’association Laeta, dans les communes du Loudunais. Il réunit conteurs et musiciens et programme des concerts, spectacles, projections de films, etc.

    10 En quatre versements égaux, pendant quatre ans, au comité organisateur dudit Congrès.

    RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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    Hagège, C. (2012). Contre la pensée unique. Paris : Odile Jacob.

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    Les Temps Modernes (1973), n° 324-325-326 : « Minorités nationales en France ».

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  • Rendez-vous au Jardin de Gabriel, le 13 et le 21 septembre 2014

     

     

    poitou-charentes: charente-maritime; nantillé. chez audebert; ja

     

    L'association " Les Amis du Jardin de Gabriel Albert "
     

    présentera

     

    au Jardin de Gabriel

     

     lieu-dit "  Chez Audebert ",  route romaine Commune de Nantillé
     

    le samedi 13 septembre 2014 à 19h


     le dimanche 21 septembre 2014 à 19h
              
     Conte et chansons :


      " Secrets et Mystère du Jardin de Gabriel "

    avec Jérôme Berthelot et Isabelle Riques -Luquet
     poitou-charentes: charente-maritime; nantillé. chez audebert; ja

  • Sous le vent de l’art brut 2 : une exposition à PARIS, le 16 septembre à la Halle St-Pierre, rue Ronsard XVIIIe ; elle se tiendra jusqu'au 4 janvier 2015.

    affiche sous le vent de l'art brut 2.jpg

     

     

    Champ-de-bataille-du-rêve-2.jpg

    © Œuvre de Bruno Montpied (Paris),avec l'aimable autorisation de l'auteur (détail/vue partielle).

    Sous le vent de l’art brut 2  

     

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    « La collection De Stadshof est le deuxième volet d’une série d’expositions que la Halle Saint Pierre dédie aux collections internationales d’art brut.

     

    Après l’exposition Charlotte Zander en 2011, la Halle Saint Pierre présente pour la première fois en France la collection De Stadshof, constituée passionnément depuis 1985 par Liesbeth Reith et Frans Smolders.

     

    Martine Lusardy, directrice de la Halle de Saint Pierre avec Liesbeth Reith et Frans Smolders, conservateurs de la collection De Stadshof, ont sélectionné 350 oeuvres de 40 artistes emblématiques : peintures, sculptures, dessins, installations, broderies, signées par des figures incontournables de l’art brut : artistes que l’on peut qualifier de « singuliers », c’est-à-dire des artistes marginaux inspirés par l’exemple de la création brute, des semi-professionnels de l’art, et il y a des créateurs de l’art brut, c’est-à-dire des créateurs totalement hors système de l’art, qui créent en toute indépendance vis-à-vis des circuits de communication de l’art.

     

    L’occasion de découvrir une sélection exceptionnelle avec notamment des œuvres de Willem van Genk, Anna Zemаnkovа, A.C.M., Bruno Montpied, Rosemarie Koczy, Marie-Rose Lortet, Michel Nedjar et Christine Sefolosha, ainsi que des découvertes d’artistes néerlandais comme Herman Bossert, Lies Hutting, l’allemand Markus Meurer et le libérien Johnson Weree …

     

    Riche de 7 000 œuvres réalisées par plus de 400 artistes du monde entier, la collection De Stadshof est une référence parmi les institutions privées et publiques européennes, et fait écho aux prospections de Dubuffet et а sa célèbre collection d’art brut aujourd’hui à Lausanne.

     

     

     

    Artistes exposés

     

    Carton d'invitation image002.jpg

     

     

  • France Culture : émission spéciale langue occitane à Béziers, écouter ici.

    France Culture : émission spéciale langue occitane à Béziers

    Pour sa 8ème étape sur la route des villes en campagne, France Culture avait choisi Béziers vendredi 28 février  2014 pour une émission « Sur la route » entièrement consacrée à la langue occitane. Invités de l’émission, Benjamin Assié et Philippe Hammel (CIRDOC), le groupe Mauresca ainsi que le chanteur Joanda ont livré leur vision de la culture occitane. Une belle émission à écouter ou réécouter en cliquant ici :

    http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4806080

    Bonne écoute !

  • Du Cordel brésilien aux paños mexicains... A propos d'une exposition à Paris du 11 mars au 198 avril 2014, Galerie Christian Berst.

    Un lecteur , visiteur de notre blog

    nous écrit. merci à lui pour cette interaction

    si appropriée

    (page du vendredi, 09 février 2007, accessible en écrivant "cordel" dans la barrette de recherche, ci-contre à droite )

    Ayant vu votre page intéressante (je cherchais de la documentation sur
    les cordel dont je possède quelques exemplaires achetés au Brésil), je
    me permets de vous transmettre une information susceptible de vous
    intéresser (si vous ne la connaissez pas déjà).
    Bien à vous,
    Patrick Hervé

    La galerie Christian Berst , située à Paris dans le Marais explore les frontières de l'art brut en exposant, du 11 mars au 19 avril, des oeuvres produites en milieu
    carcéral: une cinquantaine de paños mexicains, mouchoirs sur lesquels
    les détenus dessinent à l'encre, emblématiques de la subculture latino
    des prisons de Los Angeles.

    Pour les prisonniers latinos du sud-ouest des Etats-Unis, souvent
    illettrés et condamnés à de longues peines, ces messages aux allures
    d'enluminures adressés à leurs proches sur les paños -- diminutif de
    panuelos (mouchoirs en espagnol) -- représentent l'unique moyen de
    communication avec l'extérieur. Les motifs, réalisés
    à l'encre de stylo bille, suivant une technique transmise d'une
    génération de détenus à l'autre, synchrétisent les icônes du peuple
    mexicain (héros de la révolution, légendes pré-colombiennes...) et
    celles de la culture des gangs latinos (pin up aux formes généreuses,
    grosses cylindrées...). Si ce registre est choisi pour les élues de
    leur coeur, les enfants reçoivent des personnages de cartoons et les
    mères des sujets religieux traditionnels: Vierge de la Guadalupe,
    Jésus en croix, mains jointes sur la Bible...
    Cette correspondance sur étoffe, développée à la fin des années 40,
    est une première affirmation de l'identité chicano en Amérique du
    Nord.

     Galerie Christian Berst. Art brut Paris
    Passage des Gravilliers. 10, rue Chapon Paris 3e
    www.christianberst.com
    Mardi-Samedi de 14 à 19 h

     

    paños 4.jpg

     

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    paños ~3.jpg

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  • Patrimoine de Lespignan (Hérault) en conférence...

    Lesp-conférence du 7-09-2013.jpg

  • Sur quelques noms de coiffes anciennes du Centre-Ouest

    Cœurs, caillons ou pantines

    Approche ethnolinguistique des coiffes féminines dans le Centre-Ouest de la France

    Lors de notre toute première enquête ethnographique dans un petit village du Haut-Poitou, au cours de l’automne 1965, nous avons pu entendre Marguerite, une dame d’un âge, à l'époque, fort avancé – nous sembla-t-il alors ! – chanter une ronde dansée qui lui paraissait si niaise qu’elle n’entrevoyait surtout pas l’intérêt de la recueillir ou de la reconstituer, encore moins de l'enregistrer ! Elle commençait ainsi :

    La mère Fanchette qu’arrive,

    La mère Fanchette qu’arrive,

    Avec son caillon

    Lirelirelirelon

    Avec son caillon,

    Lirelon…

    Entrons-y dans la danse… Etc…

    Pourtant c’est ainsi que nous découvrîmes pour la première fois ce petit mot de caillon, que nous avons (ultérieurement et sous d’autres plumes) trouvé noté cayon, pour désigner un couvre-chef rural féminin, dit aussi coiffe ou coefi  dau Poetou. Notre quête de la culture orale sur ce territoire allait se prolonger par une curiosité illimitée sur la culture matérielle, mais aussi et surtout sur l’immatérielle, ce premier petit texte actualisant ces deux volets : chanson, danse, ronde, jeu d’enfant, mais aussi costume et coiffe en particulier. Autant dire que ce banal « appeau » allait nous prendre au piège pour une vie entière. Mais, parlons plutôt « chiffons », disons coiffes !

    Coiffe du Civraisien-dessin.jpg

    Portrait de femme coiffée d’un caillon sur fond matelassé du Gencéen. © Tous droits réservés.

    Tout le Grand Ouest, du Pays de Caux à l’Aquitaine, a su développer du XIXe siècle jusqu’aux premières décennies du XXe une lingerie spécifique en matière de création et d’entretien de coiffes féminines, prisées dans les milieux ruraux. Les cartophiles, comme les familiers des festivals de folklore savent reconnaître, distinguer et nommer une belle et riche cauchoise normande d’une pimpante sablaise vendéenne, ou d’une austère et monumentale bigouden, souvent considérée comme emblématique de la Bretagne elle-même. Quant à la mothaise qui n’a rien à envier aux hennins des dames de jadis, elle le dispute en élégance  à ses voisines, la malvina de Ménigoute (Deux-Sèvres)  et les pantines de Neuville et Mirebeau (Vienne). Ce patrimoine vestimentaire d’essence féminine est aujourd’hui sous la sauvegarde de Musées de France dont le MUCEM à Paris et ceux de Niort, Châtellerault, Poitiers, Saintes, Thouars. Des musées locaux, associatifs, publics ou privés, grâce à la passion de collectionneurs, présentent régulièrement leurs « trésors » ou lors de manifestations spécifiques qui connaissent de belles affluences. Il en va ainsi à Airvault, Souvigné, Javarzay, Ménigoute, Mauléon, Parthenay, ou encore à Champniers (Musée du Vieux Cormenier à Chez Bernardeau), Cherves, Chauvigny, Loudun, Montmorillon… Ajoutons que plusieurs sites sur la toile présentent des photographies de collections ainsi que des données historiques, descriptives et techniques en matière de restauration des coiffes anciennes.

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    Costume féminin mothais. © Cl. Meyer,tous droits réservés. Paris, 1893. Collection particulière.

    La région du Poitou, des départements de Charente et Charente-Maritime, ainsi que les confins du Berry et du Limousin à l’est, les rives sud de la Loire et nord de la Garonne disposent d’une carte (rééditée en 1923) des aires ethnographiques concernant les coiffes paysannes. Elle fut  dressée et exposée à l’occasion du Congrès de Niort[1] en 1896. Son auteur, Henri Gelin (1849-1923), éminent folkloriste, justifiait son choix méthodologique avec des arguments relevant du postulat de l’École diffusionniste[2] que remettra en vigueur Arnold Van Gennep sous le concept de zone folklorique. Ce premier pas d’ethnocartographie poitevine permet aujourd’hui d’avoir un aperçu synoptique du phénomène du port de coiffes, parfois particulièrement élégantes, entre Basse Loire et Gironde, même s’il nous paraît aujourd’hui un peu risqué de voir, à travers ces aires culturelles dénommées à partir d’un modèle de coiffe, des territoires cohérents et homogènes. En effet, Henri Gelin posait que :

    « La coiffe est un signe d’une haute valeur ethnographique ; car les paysannes qui portent le même costume parlent également les mêmes variétés de patois, avec des intonations et des désinences semblables, se divertissent aux mêmes danses, répètent les mêmes contes aux veillées, modulent sur les mêmes airs les mêmes chansons, et gardent avec une religieuse ténacité des superstitions analogues. »

    Chacun sait bien aujourd’hui que la réalité est beaucoup plus complexe, que la mobilité féminine ne se limitait pas à de telles aires et que les goûts ne se laissaient pas enfermer dans une seule et même routine familiale. Les emprunts à d’autres types de coiffes étaient fréquents et plusieurs témoins nous ont rapporté qu’elles refusaient de porter la coiffe « de leur coin », comprenons celle de leur lignée, leur préférant celles de communes avoisinantes qu’elles trouvaient sans doute plus seyantes, et aussi quelquefois moins encombrantes, empruntant sans état d’âme à la lignée de leur futur époux ou de celle de quelque parent plus ou moins éloigné. D’autre part, le coût prohibitif de certains assemblages ont fait abandonner tel type de coiffe. Ainsi la vaste câline du Thouarsais qui nécessitait beaucoup de matières premières a  peu à peu été délaissée de son aire coutumière laquelle, à la fin du XIXe siècle, s’étendait de  Thénezay à Montreuil-Bellay et de Loudun aux environs de Bressuire.

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    Mariage mothais au début du XXe siècle. © Droits réservés.

     En fait l’œuvre de Gelin nous a permis d’établir un lien entre les périodes qui ne nous étaient pas tout à fait directement accessibles. En effet, si nous avons rencontré en Civraisien, Gâtine et Montmorillonnais nombre de lingères (Mesdames Dechâtre, Durepaire, Fredonnet, Rogeon, pour ne citer que les premières d’entre elles, vers 1965), aucune n’aurait su à elle seule rendre compte de la diversité de la production historique régionale, et surtout des nuances techniques non négligeables au sein d’une même aire. Si nombre d’entre elles ont sombré dans l’anonymat, quelques-unes ont laissé leurs traces dans la mémoire collective. En effet certaines lingères innovatrices, véritables stylistes, dirait-on aujourd’hui, ne nous ont été révélées, en raison de la qualité de leurs œuvres, que par la littérature historique et ethnographique, appuyée sur une renommée légendaire. Il en est ainsi de Malvina Girard en Gâtine ou de Sylvie Boisnègre[3] en Pays civraisien. Nous n’oublions pas toutes celles que l’on nous a citées ou dont nous avons croisé le chemin, à Couhé-Vérac, à la Chaume de Saint-Romain-en-Charroux (Vienne), dans le Châtelleraudais, dans le Pays mothais, dans le Loudunais, à Angles-sur-l’Anglin, etc…

    Coiffe du Civraisien.jpg

    Cayon du Civraisien inspiré, semble-t-il par la lingère Sylvie Boisnègre.© Cl. Michel Valière, 1969.

    S’agissant de cette pièce caractéristique et aussi fondamentale du costume féminin, et par là, devenue par la suite emblématique d’un territoire, Gelin en a proposé une définition « technologique », très concrète que d’ailleurs chaque lingère est amenée à prendre en compte, tant au niveau de la confection que d’une éventuelle remise en état (blanchiment, amidonnage, repassage, gaufrage, remontage…) :

    « La coiffe-type du Poitou est le béguin, c’est-à-dire une coiffure formée de l’assemblage de parties distinctes ornées et repassées séparément, qui s’arrangent ensuite et se reploient sur un bonnet formé d’un carton ou d’une étoffe matelassée et piquée, tantôt formant casque, tantôt ayant le fond seulement muni d’un écusson de carton ou d’une armature de fil de fer. »

     

    Le folkloriste, fidèle en cela à sa posture diffusionniste, oppose d’ailleurs point par point ce « type » au barbichet limousin (et du Berry), aux « foulards flottants ou noués » aquitains, aux capotes de l’Auvergne et du Bourbonnais, aux « bonnets transparents » des rives de la Loire, enfin aux coiffes ailées de la Bretagne.

    Précisons que le carton généralement bouilli, en provenance de cartonneries vosgiennes, adopté parce que plat et léger et ne se déformant pas  trop au cours du montage, véritable « château à bâtir », a remplacé pour certaines coiffes (dites « anciennes ») les fonds matelassés et piqués, plus lourds, souvent fabriqués à partir de tissus de réemploi (chemises usagées, tabliers, toiles de draps, toiles écrues de lin, de coton ou de chanvre). Quant aux rubans, plus ou moins longs, moirés ou non, brodés ou non, ce sont les soieries lyonnaises qui ont fourni les plus beaux éléments, notamment pour les coiffes de mariage, dont il nous a été plusieurs fois révélé que leur prix, au début du XXe siècle, était tout à fait comparable à  celui d’une paire de bœufs de labour. Aussi ne faut-il pas s’étonner de témoignages stipulant l’attachement à leur coiffe de certaines personnes âgées qui souhaitaient même se faire inhumer avec.

                Dès les premiers deuils survenus dans les familles, on otait les dentelles et les rubans festifs. Le même support de carton était alors habillé plus sobrement d’un tissu blanc plissé à l’ongle. Ce travail très délicat et long à accomplir était fort redouté des lingères.

     

    Carte coiffes:gelin-jpeg.jpg

     

    Une première lecture de la carte laisse apparaître des zones culturelles  à partir d’appellations de coiffes : cabanière ; mothaise ; marmottes… Gelin dénombre ainsi vingt modèles principaux dont les dénominations ne sont pas rigoureusement coextensives à l’espace délimité par chacun d’entre eux. Toutefois, le dénombrement des termes qui désignent les coiffes en Poitou-Charentes est bien supérieur à la quantité d’aires retenues par cet auteur. Il ne faut pas s’en étonner, tant la polysémie des mots pour désigner les coiffes est importante. Parfois, c’est une partie de la coiffe ici qui sert de nom ailleurs. Tout cela est loin d’être rare en sémantique. D’un autre point de vue, parfois c’est la représentation iconique qui sert même à la dénomination, à l’exemple du cœur, pour désigner une coiffe de Lezay (Deux-Sèvres).

    Au cours de nos observations de terrain dans les années 1965-1985, nous avons noté environ 350 termes, tant dans la littérature ethnographique, muséographique ou folklorique. D’évidence, ce vocabulaire est tout sauf homogène. Il se dégage de l’ensemble une forte présence de termes toponymiques qui invitent à conforter l’idée que la coiffe est bien un marqueur significatif des identités locales (identités internes). D’un autre point de vue (ethnologique), la mention toponymique concourt à dégager des identités externes, dans le dessein de souligner des caractéristiques de groupes humains, dans un souci de distinction, au sens bourdieusien. Parfois des appellations de coiffes se présentent tant à l’oral qu’à l’écrit porteuses d’une mention technique, esthétique et un jugement de valeur. Comment s’organise donc le vocabulaire concernant les noms de coiffes dans le Centre-Ouest ?

     

    Broderie fond de coiffe:Nord-Vienne.jpg

                         Tulle brodé pour fond de coiffe.Cl. Michel Valière, ca 1975.

    L’examen méthodique du corpus que nous avons constitué[4] du point de vue ethno-lexicographique permet de dresser la première typologie suivante : lexies simples ; lexies composées ; lexies complexes fîgées ; lexies variables.

     Rappelons d’abord que la lexie simple est l’unité fonctionnelle significative du discours. Sans prétendre à l’exhaustivité, voici quelques échantillons de noms de coiffes que l’on devine plutôt empruntés aux parlers vernaculaires : bagnolet, ballet, ballon ; benaise ; béguin(e) ; bichet ; bichou ; bigote ; bourgnon ; bourrelet ; bridaïe ; câline ; caloron ; cape ;  carrasse ; cayon ; champanais ; cornette ; cuculle ; dormette ; folle ; goubine ; lingette ; marmotte ; mimi ; pantine ; ramponneau ; toquet ; etc… Pour ce qui est des lexies composées, on relève par exemple : grand-ballet ; demi-deuil ; grand -deuil ; Sainte-Hermine.

    Les lexies complexes figéessont de loin les plus nombreuses et relèvent du « métalangage » des ethnographes, muséographes, collectionneurs et folkloristes qui se sont confrontés pour leurs travaux de conservation et de publication à la délicate tâche de la dénomination de tout ou partie des parures féminines. À titre d’illustration et s’agissant des seules coiffes, retenons : bonnet à pompon ; bonnet à ailes de pigeon ; bonnet rond de la Forêt-sur-Sèvre ; bonnet rond de La Ronde ; cagnon de Ceaux-en-Loudun ; caillon de Moncontour ; calotte de Limalonges ; cayon mothais ; coueffi reviré ; malvina de Reffannes ; piote bridée ; etc…

    Enfin, nous avons rassemblé quelques lexies variablesdont on comprend qu’elles sont bâties moins sur des formes autochtones qu’élaborées à des fins didactiques et heuristiques plutôt par des chercheurs et autres exégètes des productions des groupes humains. On trouve ainsi des : coiffes cassées de Chanteloup ; fond de Grisette de Coulonges-sur-l’Autize ; colinette des jours ; colinette des dimanches ; coiffes en tête de faucon ; coiffe de lingère dite « La Folle » Fontenay-le-Comte ; coiffe de deuil de tous les jours dite « La Vieille » Fontenay-le-Comte ; coiffe de pêcheuse dite « Ballon Île-de-Ré » ; coiffe de mariage cabanière Fontenay-le-Comte ; cabanière coiffe de demi-deuil Fontenay-le-Comte ; etc…

     Cette distribution lexicale, certes aléatoire dans les choix d’exemples, donne une idée de la difficulté à cerner un système de dénominations a priori non raisonné ni par les lingères, ni par leurs clientèle qui usent d’appellations vernaculaires sous-tendues par des traditions artisanales, locales et/ou familiales. En revanche et dans l’espoir de dresser des typologies régionales, les folkloristes et ethnographes ont préféré s’appuyer sur la toponymie puis la cartographie, tout en essayant de conserver ce qui peut l’être du « patrimoine linguistique ».

     

    Il nous appartient maintenant de nous essayer à la construction du champ lexical notionnel de la coiffe ou de ce qu l’on veut bien reconnaître comme telle, en quelque sorte nous nous proposons d’organiser le vocabulaire de la coiffe pour l’espace territorial que nous considérons. Il n’est pas pour autant dans notre projet de « résumer le sens d’un mot », ou d’établir ce qu’il connote. Il n’entre pas davantage dans nos préoccupations le traitement diachronique, voire panchronique à partir de quelques étymons hypothétiques, pour la plupart inconnus de nous. Nous allons, au contraire, en nous appuyant sur la redondance d’appellations, ouvrir des champs isotopiques à partir de l’itération d’une même unité lexicale (isotopie de base), que nous considérons comme un terme générateur de noms de coiffes. Dans l’ensemble de notre corpus régional, nous avons dégagé vingt-sept isotopies de base. En les considérant dans un ordre d’importance relative décroissant, on trouve en premier lieu, qui s’en étonnerait ? le terme coiffe et ses expansions :

    - coiffe : coiffe à cornes ; coiffe à grand cul ; haute coiffe de Saint-Varent ; coiffe de Moncoutant, etc…

    Et ainsi de suite, sur le modèle précédent :

    - cayon/caillon : cayon de Vouneuil ; cayon de Saint-Jean-de-Sauves ; caillon rond ; caillon frisé, etc…

    - bonnet : bonnet matelassé ; bonnet monté ; bonnet à peteuil ; petit bonnet de Vasles ; bonnet carré de deuil, etc…

    - capot : capot reviré ; capot à canon ; capot chenu ; capot des mariés ; capot de Marans, etc…

    - câline : câlinette ; câline d’Airvault ; câline de Thouars, etc…

    - bigot(t)e : bigotte de Thouars.

    - corne : cornette ; cornette à bourgnon ; corne de Sainte-Hermine etc…

    - coiffi : coiffi reviri ; coiffi de Nanteuil-en-Vallée, etc…

    - grisette : grisette à pans volants ; grisette de Niort, etc…

    Sur ce modèle isotopie de base suivi d’une expansion, on trouve : ballet ; ballon ; cabanière ; malvina ; mothaise ; maraîchine ; charentaise ; gâtinelle ; hennin (sic ) ; pantine ; piot(t)e ; rampon(n)eau ; saintongeoise ; cayenne ; cayonnaise ; cane ; toquet ; sabot.

    L’examen de ce relevé montre que l’on aurait pu aussi caractériser les appellations à partir d’une base toponymique avec ses expansions comme l’a fait Henri Gelin pour sa cartographie. Nous aurions pu également dégager une base anthroponymique : malvina ; mimi ; garibaldi (sic ). Ou encore une base sociologique : paysanne ; grisette ; cabanière ; saunière. Enfin, proposons, parce qu’autant les lingères elles-mêmes que les observateurs et analystes s’y réfèrent parfois, une base formelle ou technique : béguin à prinques[5] ; bourgnon ; bourrelet ; bridée ; cassée, calotte ; cayon fil de fer ; cœur ; deux rangs ; trois rangs ; passe-carrée ; raclette ; pain de sucre ; pelle de four ; sabot : coiffe en bec d’oiseau etc…

                Noms vernaculaires, déclinaisons diverses à paramètres multiples, tout porte à faire de la distinction à tout prix d’une lingère à une autre, d’une commune à une autre, d’un territoire à un autre. Différences techniques, différences formelles, différences sociologiques également. Tout se passe comme si la synergie entre costumes, coiffes et langage produisait de la différence et des micro-identités territoriales, comme le laisse entendre ce joke poitevin :  « T’es bé coefée, té. T’es de Bllanzay[6] ? »

     

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                                   Cl. 1972. © Droits réservés.

    Bonnet à brides ; costume de travail estival (reconstitution).

    Bibliographie sommaire

    BOURDIEU Pierre, La Distinction. Critique sociale du jugement. Paris, Éd. Minuit, 1979.

    BOURDU Daniel, VALIÈRE Michel et al., Poupées d’en France : Coefis dau Poetou, Moncoutant, Kancel, 1999.

    BRANCQ Caroline (sous la dir. de), Les Costumes régionaux d’autrefois, Paris, Archives & Culture, 2003. (Les auteurs du présent article ont rédigé les chapitres concernant Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vienne).

    CATALOGUE, Exposition rétrospective de costumes et souvenirs du Poitou.Organisée à Poitiers, salle des fêtes de l’Hôtel de Ville du 7 au 20 mars 1934.

    Encyclopédies régionales, éditées par Christine Bonneton à Paris : Aunis-Saintonge (1987) ; Charente (1992) ; Charente-Maritime (2001), Poitou :Deux-Sèvres, Vienne (1983).

    FERRÉOL Gilles et JUCQUOIS Guy ( sous la dir. de), Dictionnaire de l’altérité et des relations interculturelles, Paris, Armand Colin, 2003.

    LALANNE Charles-Claude, Glossaire du patois poitevin, Marseille, Laffitte reprints, 1976 (1re éd., 1867, dans les Mémoires de la société des Antiquaires de l’ouest, t. 32, 1re série).

    NIORT, MUSÉES de POITOU-CHARENTES, Costumes, coiffes et parures traditionnelles en Poitou-Charentes, Niort, C.A.E.P, 1980.

    PIOT Michel, LAVAULT Katy, Coiffes et bonnets en Charentes, Poitou, Vendée, Poitiers, Brissaud, 1989.

    PLANCHARD Marie-Christine, VALIÈRE Michel, Francine Poitevin ou l’ethnographie au musée : de la passion à la science, Poitiers,  Musée de la ville de Poitiers, 1986.

    VALIÈRE Michel, Ethnographie de la France : histoire et enjeux contemporains des approches du patrimoine ethnologique, Paris, Colin, 2002.


    VALIÈRE Michel, " Folklore", dans  Pierre-André Taguieff (sous la direction de) Dictionnaire historique et critique du racisme, Paris, Presses universitaires de France, 2013 pp. 686-688.


    WEBLIOGRAPHIE

    http://www.alienor.org/articles/pantine/article.htm

    http://www.coiffesdenormandie.com/preambule.php

    http://www.parole-et-patrimoine.org/coiffes/la-collection.html

    Michèle Gardré-Valière et Michel Valière (2013)


    Tous droits réservés ©



    [1] Ce congrès fut le premier organisé en province par la Société d’ethnographie nationale et d’Art populaire.

    [2] Michel Valière, « Aire culturelle », dans  Gilles Ferréol et Guy Jucquois, Dictionnaire de l’altérité et des relations interculturelles, Paris, Armand Colin, 2003, pp. 1-2.

    [3] Sur cette lingère de Saint-Macoux, en Pays civraisien, voir l’article d’Augustin Bobe, « Blouses et coiffes : leur ancienneté », Bulletin de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 3ème trim. 1941, pp.715-717.

    [4] La quasi totalité de notre documentation spécifique sur les coiffes, costumes et parures (ouvrages ; cartes postales ; dessins ; photographies ; fichier) a été versée au Musée de la Ville de Châtellerault (Vienne).

    [5] « Prinques » : les trois angles du béguin : le premier, au sommet du front, et les deux autres situés au niveau des tempes.

    [6] « Tu es bien coiffée, toi. Es-tu de Blanzay ? » Blanzay, commune située à huit kilomètres de Civray.

  • Au jardin de Gabriel, c'est la fête, cet été/


                            " Si le Jardin de Gabriel m'était conté"
     
                                                                       Hommage à Gabriel
                                              organisé par l'association "Les Amis du jardin de Gabriel Albert"
                                              
     
     
    Evocation en mots, en images, en musique de Gabriel Albert, habitant de Nantillé, menuisier, qui la retraite venue se fit sculpteur et transforma son jardin en cité idéale abritant plus de  400 personnages dont beaucoup peuvent être identifiés et sont de grandes figures illustrant leur époque tandis que  d'autres demeurent des énigmes, nées de la fantaisie et du désir de Gabriel.
    Sans formation artistique, il  composa seul cet univers "naïf" dont les créatures, puisées aux sources de l'art populaire ou sacré, aux illustrations des magazines, à la vie rurale, aux contes de l'enfance ou à  de tendres évocations féminines, témoignent d'un besoin prodigieux de faire, de construire, d'inventer.
     Floraison fantastique de présences, le Jardin de Gabriel est une invitation à franchir une frontière vers un monde en quête de douceur, d'innocence, de beauté.
    Les photos projetées durant le spectacle sont de Rémy Prin.
    L'ange à la clarinette: Isabelle Rique-Lurbet.
    Le conteur: Jean-Marie Bréhier
     
     
    Le spectacle sera représenté le samedi 15 juin, les vendredis 5 , 19 juillet et 2 août et les samedis  24 et 15 septembre à 21h  .
     Réservation, à l’Office de Tourisme de Saint Jean d’ Angély    Tél: 05 46 32 04 72

  • Une heureuse initiative (une de plus !) du Centre Culturel- La Marchoise : des Balades culturelles, contées puis publiées...

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    Et voici, coordonné par Henri Donzaud, le  numéro un d'une série que nous espérons longue. Le pèlerin, le visiteur, le promeneur seront sensibles à la documentation patiemment rassemblée par les trois auteurs (J.-J et P. Chevrier, H. Donzaud, tous spécialistes de l'endroit, et auteurs de plusieurs ouvrages et travaux), aux illustrations particulièrement recherchées et soignées, aux dessins inédits de l'auteur de B.D., Pierre Chevrier.

    Cette publication de 64 pages a reçu le soutien de la Communauté de communes du Pays Gencéen.

    Et pour ne pas rater cette "première enjambée pour traverser le Pays Gencén, on peut se procurer ce tout premier cahier en suivant les chemins ci-après...

    Contact: Centre Culturel -La Marchoise, route de Civray, 86160 Gençay.

    tél : 05 49 59 32 68

    contact@cc-lamarchoise.com

    10 € + port

    (ISBN en cours, non parvenu).

     

     

  • En Limousin, à Saint-Yrieix-la Perche, 29, 30 juin, 1er juillet 2012, les Jardins se donnent à lire grâce aux livres d'artistes...

     

    RENCONTRES  Des jardins, de la botanique...


    29, 30 juin, 1er juillet 2012


    Centre des livres d’artistes et divers lieux à Saint-Yrieix-la-Perche (Haute-Vienne)

     

    Un événement culturel pour inaugurer ses vacances en Limousin... Cliquer sur ce lien pour le programme général et le détail des films, livres et artistes:

    http://cdla.info/fr/


    Informations pratiques : 


    Lieux:


    Le centre des livres d’artistes 1 place Attane 87500 Saint-Yrieix-la-Perche

    Centre culturel Jean-Pierre-Fabrègue 6 avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny 87500 Saint-Yrieix-la-Perche

    Organisateurs :


    Le Centre des livres d’artistes (direction du projet : Astrid Verspieren, Didier Mathieu) en partenariat avec la Ville de Saint-Yrieix-la-Perche et le Centre culturel Jean-Pierre-Fabrègue

    Renseignements :


    Le centre des livres d’artistes tél. + 33 (0) 555 75 70 30 fax + 33 (0) 555 75 70 31 www.cdla.info

    Partenaires institutionnels :

    Ministère de la Culture – DRAC Limousin Conseil régional du Limousin ; Ville de Saint-Yrieix-la-Perche ; Conseil général de la Haute-Vienne


    Mécènat :

    Fondation du patrimoine en Limousin

  • Le "Prix des Mouettes 2011" du Conseil général de Charente-Maritime pour l'ouvrage "Le Jardin de Gabriel" édité par la Région Poitou-Charentes et Geste Éditions

    L'ouvrage Le Jardin de Gabriel, l'univers poétique d'un créateur saintongeais, édité par la Région Poitou-Charentes et Geste Éditions, est le lauréat de la catégorie « ouvrage à caractère historique et documentaire » du Prix des Mouettes 2011 du Conseil général de Charente-Maritime, remis ce 5 décembre à La Rochelle. Ce prix vient récompenser un ouvrage collectif du service régional de l'inventaire général du patrimoine culturel, rédigé par Thierry Allard et Yann Ourry sous la direction de Fabrice Bonnifait et Michel Valière.

    Pour mémoire :

    Le Jardin de Gabriel est un ensemble unique, composé de 420 sculptures en ciment armé. Menuisier retraité, Gabriel Albert (1904-2000) les a disposées dans son jardin, autour de sa maison et de son atelier situé à Nantillé, au lieu-dit Chez Audebert, au bord de la route départementale qui relie Saintes à Aulnay. Entre 1969 et 1989, cet « habitant-paysagiste » a patiemment modelé des personnages historiques célèbres (Vercingétorix, Napoléon, Pasteur...), des hommes politiques (de Gaulle, Giscard d'Estaing, Mitterrand, Chirac, Marchais...), des vedettes du monde du spectacle ou du cinéma (Brassens, Brel, Chaplin...), des figures locales (Goulebenèze...) et de nombreux anonymes (soldats, paysans, danseuses...) aux attitudes très expressives, souvent troublantes. Reflets d'un monde que Gabriel Albert percevait au travers de son prisme de créateur autodidacte, ces oeuvres constituent l'univers poétique d'un artisan qui se rêvait artiste. 

    Extrait :

    « En créant son jardin et en le peuplant de plusieurs centaines de personnages modelés, Gabriel Albert a matérialisé un désir dont les premières manifestations apparaissent dès l'enfance. Ce besoin de créer est ancré au plus profond de lui, sans qu'il puisse l'expliquer... Dès l'âge de dix ans, il réalise en argile crue de petits personnages et deux vases qu'il qualifie lui-même de « superbes », car semblables à ceux fabriqués en usine... « Ce que j'aime surtout, c'est transformer la matière avec les mains, surtout les mains ! Quand je vais au jardin, je peux pas m'empêcher de ramasser une pleine main de terre et de la pétrir. Il y a rien à faire, je peux pas... Je prends de la terre, je la pétris, je fais quelque chose. »... Il mesure à la fin de sa vie, avec un mélange de fierté et de regret, le parcours effectué : « Vous savez, j'aurais pu devenir un véritable artiste ; dès l'âge de vingt ans, je voulais sculpter, mais j'ai suivi une autre voie : ouvrier ! ». Ainsi, la nécessité d'un travail alimentaire l'empêchera de réaliser son rêve avant la retraite. »
  • L'ami Georges Arsenault publie un nouvel ouvrage sur les cycles calendaires en Acadie: La Chandeleur en Acadie

    Le folkloriste et historien de l’Île-du-Prince-Édouard, Georges Arsenault, vient de faire 

    paraître aux éditions La Grande Marée un nouveau livre sur les traditions acadiennes intitulé 

    LA CHANDELEUR EN ACADIE

    La Chandeleur, célébrée le 2 février, était jadis une journée importante du calendrier 

    religieux et social en Acadie. Dans certaines régions, elle était même l’une des plus grandes fêtes de l’année. Comme en France, les crêpes se trouvaient à l’honneur et plusieurs croyances et dictons, prédisant le temps et les récoltes, étaient associés à ce jour qui marquait le milieu de la saison hivernale. 

    Dans beaucoup de villages acadiens, la Chandeleur était aussi l’occasion d’une quête tout 

    à fait particulière faite de porte en porte par de jeunes hommes. Les vivres ramassés pendant la 

    quête servaient à un festin communautaire et souvent même à approvisionner des gens dans le 

    besoin. 

    L'ouvrage LA CHANDELEUR EN ACADIE amène le lecteur aux quatre coins de l’Acadie et leur fait découvrir la richesse des traditions associées au 2 février. Tout en décrivant cette fête fascinante, Georges Arsenault donne la parole à un grand nombre d’Acadiens et d’Acadiennes qui racontent avec nostalgie leurs souvenirs de cette journée de joie célébrée en plein hiver. 

    Le livre de 142 pages richement documenté comprend de nombreuses illustrations et 

    plusieurs cartes géographiques. Quelques-unes des photos datent des années 1930. 

    Georges Arsenault est aussi l’auteur de Noël en Acadie (2005) et de La Mi-Carême en Acadie

    (2007) également publiés à La Grande Marée (www.lagrandemaree.ca )

    Un contact : Georges Arsenault ( 902  565067 )

     Plus d'information : Jacques Ouellet, La Grande Maree, ( 506) 395-9536

     

    Courriel : jouellet@nbnet.nbca


    Pour mémoire, en Haut-Poitou, en France, cette fête consacrée à Marie, était parfois dénommée Notre-Dame de La Chandelle" ! Les cierges bénis à l'église ce jour-là se conservaient dans les tiroirs et on les allumait les jours d'orange pour protéger la maison des effets malfaisants de la foudre.

    Les plus anciens des anciens, se souviendront aussi que cette fête dite de purification correspondait environ au quarantième jour après la naissance de l'enfant Jésus. Elle correspondait à la cérémonie de "relevailles" de Marie.


    Merci Georges pour ce nouvel ouvrage gagné sur la mémoire et l'oubli des anciennes traditions de la "Vieille France" amenées, adaptées, conservées vivantes en Acadie.

  • Gargouille contemporaine?

     

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    ©Tous droits réservés.

    Le pilote n'étant pas l'auteur de ce cliché qui lui a été adressé par un aimable correspondant, il n'est pas en mesure de localiser cette effigie avec la précision d'un gépéesse embarqué. Cependant, cet objet se situe dans une région de langue occitane où souffrirent et furent emmurés de nombreux cathares, dans un département célèbre pour ses vins (dont ceux du Minervois !) et la révolte vini-viticole de 1907.

    Merci de nous aider à documenter davantage cet élément repéré par un visiteur-photographe d'un jour ! 

  • Le nouvel environnement du jardin de BELVERT II...

    Des pilotes de sites amis et  même recommandés veulent absolument savoir quel est le nouveau cadre du jardin de BELVERT ... L'un d'eux l'a même déclaré Belvert II. Soit.

    Alors voici en images-couleurs quelques éléments environnementaux (© tous droits réservés,  2011).

    Et d'abord, sacrifions un peu à la tradition avec ce portail sommé d'une effigie de Saint-Georges, conforme à l'hagiographie du personnage.

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    Puis, une monumentale halle au grain, lieu de culture (construite en 1899): expositions, conférences, concerts, qui se prolonge sur l'arrière d'une halle aux vivres qui accueille un marché bien achalandé le samedi matin, et autour de laquelle se pressent aussi marchands de légumes, d'andouilles frites, de fromages, de fleurs

    et de paniers.

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    Un observateur muet de la scène s'est détaché d'une collection implantée dans le coin :

     

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    Non loin de là une sympathique boutique se propose de faire valoir les productions de l'endroit, queques alcools et spiritueux , des objets d'art décoratif, des arts de la table, des vêtements et des livres de cuisine et de pâtisserie, sans oublier l'environnement.

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    Il y a bien quelques restaurants, amis le plus en vue, si j'ose dire nous semble celui-ci, le Glanon, non que nous cherchions à dévaloriser les autres, au contraire, mais celui-ci est vraiment dans l'environnement. En outre, il est flanqué d'une sellerie, et d'un hall d'exposition de douze antiquaires qui proposent de belles pièces. Parfait pour une promenade dominicale :

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    Bien sûr l'habitat local y est modeste ce qui rajoute au charme du lieu: 

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    ou encore, qui donne à connaître la pierre du pays :

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    Il y a aussi de bien belles demeures, mais elles n'entrent pas dans notre approche.

    Ville médiévale mais industrielle aujourd'hui, elle est même, comment dirai-je ? un peu trop câblée, à mon goût patrimonial. Voici donc de ma fenêtre du poste de pilotage de Belvert II le paysage côté voie publique :

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     Enfin, laissons une place congrue aux arts décoratifs, avec ces photos prises négligeamment :

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    ...Et comme une telle effigie sans commentaire ni légende, ni signature, ni date de réalisation, n'a pas manqué d'attirer notre attention, un gros plan du train arrière, nous a paru utile :

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    Et nous avons voulu reconnaître là l'un des symboles de la cité: Une panthère à cinq pattes, bondissant !

    Renseignements pris, cette stèle fait débat ! La suite un de ces jours. Maintenant que vous connaissez des choses banales et pourtant qui nous sont si chères, nous allons zou développer dans les notes à venir...

    Merci de votre patience. En effet, en passant devant la longue grille d'un établissement, j'entends, puis je vois, puis je reconnais, enfin je saisis l'instantané d'un tribun que l'on ne présente plus mais qui semble vouloir, lui, se présenter... Eh, oui, notre nouvel environnement est plein de surprises, attendues, inattendues...

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    © Cl. M.V., printemps 2011

    Cette présence vous parle, peut-être. Tribun, philosophe, sa voix est forte qui porte loin et en dit parfois long, moins sur le temps long, d'ailleurs, que sur le temps présent, contingent.

      

  • Des nouvelles z'excellentes ! de l'arbre aux chails !

    Nombre de nos visiteurs du blog se sont inquiétés du devenir 

    de l'arbre aux chails de Monsieur notre voisin, à l'époque

    de BELVERT I. Vous vous en souvenez peut-être. Pour mémoire,

    nous vous rappelons l'image que le pilote avait alors réalisée

    et présentée sur le blog, et qui avait valu des remarques sur

    la réalité des faits. On nous avait même accusé d'art topiaire brut, s'il vous plait. Notez qu'on ne prête

    qu'aux riches :

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    Mais de l'eau à coulé sous le Pont de la Bleue Belle, sous celui de la

    noble Clouère, sous celui de la Glane, de la Vienne, que disons-nous ?

    de la Charente aussi ; et voilà que la magicienne a opéré sa transmutation

    des chails en pommes, comme l'atteste ce cliché de Madame notre voisine,

    et fidèle visiteuse du blog en friche, venant ainsi réactiver la mémoire. 

    D'abord, merci Madame M.-P. et bravo pour cette amical envoi.

    Alors jugez, chers amis qui doutiez de l'efficacité de ces chails;

    jugez sur pièce, SVP :

     

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    © Tous droits réservés (Cl.M.-P. M., août 2011)

    Qu'est-ce qu'ils en disent les sceptiques ? Bravo Monsieur mon voisin, bravo.

    Bien sûr je préfèrerais des cerises... Nous en reparlerons lors de votre croisière

    autour des bouijas de BELVERT II, mais avant l'hiver, tout de même...

    BELVERT II, maintenant.

  • Le scoop du blog !

    Une panthère à 5 pattes ?  vous connaissez ? Vous connaissiez le mouton à 5 pattes avec notre comique national d'une époque bientôt lointaine.

    Alors voilà, en me promenant, j'ai aperçu en effigie une panthère à 5 pattes. Un visiteur du blog va certainement nous éclairer sur ce sujet.

    Laissons le temps au temps... Ce sont des vacances au temps un peu pourri alors ouvrez grand les yeux, et photographiez la chose....

    Didascalie : " Si LSCP, alias BM, ne fonce pas dessus, c'est qu'il est encore en train de tourner avec son ami R... et si l'ami Miss Ani, avec ses talents maïeutiques, son art de la prospective, son art réticulaire sa redoutable plume et son carnet d'adresses surdimensionné n'avance pas ses pions, tout est perdu dans la blogosphère..."

    Et pourtant, chers amis, ce n'est pas un gag. Et si c'en est un, il n'est pas de mon fait, mais des plasticiens "autididactes" qui, faute de modèle ont imaginé l'animal sans peine.

    Nous attendons une photographie, bien localisée de l'innocent animal représenté...

    Un détail : c'est dans l'Hexagone...

    Qu'est-ce qu'on gagne ? 

    Ne soyez pas mesquin ! La célébrité, bien sûr... et notre amical respect !

  • Vous auriez souhaité ...un renseignement sur un article ou un ouvrage cité en bio-bibliographie :


    Contact par mel :


    michelvaliere@orange.fr


    Par poste :


    Association ARPE, 22 avenue d'Oradour-sur-Glane, 87200 Saint-Junien.

  • Vite, vite, ELLES arrivent, à Rouillé, en plus !!!!

    Vite, vite, cliquez ici, sinon elles vont vous échapper ! Mais qui sont ces personnages  connus et inconnus à la fois ?

    Désertant leur fonction d' objet de consommation, un groupe de Blanche Neige arpente la campagne fusil à la main. Menaçantes ou menacées? D'où viennent-elles? Pourquoi sont-elles là?

    http://www.dailymotion.com/video/xd7wc7_un-commando-de-blanche-neige-atterr_news?start=8

     

    Merci Marion Loudiyi Valière et centre Presse pour ce film et cette info ovniesque...

    On nous promet une suite sous peu du côté de Venours.

    Pour en savoir plus et vous faire une idée plus juste et plus nuancée, suivez ce lien : http://www.blanche-neige.fr/news.php?n=a

  • Patrimoine : Voulez-vous jouer ?

     

    Quel est donc cet édifice ? Est-il réel ? imaginaire ? Virtuel ? Pourriez-vous préciser et argumenter, éventuellement, votre réponse ?
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    Eh bien, puisqu'il en est qui attendent leur morceau de PAIN d'épice(s), ils en seront pour leur beurre...
    La cathédrale, créée en 1938 est bien réelle au BUrkina Faso, à Ouagadoudou.
    Merci Maïmouna pour votre carte de Ouaga et de nous avoir ainsi permis de découvrir ce monument... merci aussi aux participants, avec ou sans commentaire et autres redresseurs orthographiques.
    Réponse sur le site :
  • Vous n'avez pas en vain exercé vos méninges... amis visiteurs de notre muséum virtuel

    Voici donc la vue partielle d'un objet artisanal...

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    © Michel Valière, le 23 oct. 1982... (en Poitou, mais aussi ailleurs !) qui n'est pas, loin s''en faut, dans son état de neuf... Vos suggestions seront les bienvenues. Dans quelques jours, nous remettrons à la Une cette photo, accompagnée de deux autres plus explicatives...
    Il sert à fabriquer des objets familiers, quotidiens, mais quasi inusables (un ou deux par vie familiale). Nous en avons assez dit.
    Le Pilote, avec ses encouragements...

    ...et maintenant ses remerciements aux visiteurs qui ont tenté de trouver à quoi pouvait bien être rattaché cet élément de bois si perforé de traces de clous de tapissier.

    Réponse : ce morceau de bois appartient au cadre que voici :
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    © Michel Valière, le 23 oct. 1982...

    Mais à quoi sert ce cadre ? Eh bien on fixe dessus une toile avec des clous de tapissier donc
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    © Michel Valière, le 23 oct. 1982...

    puis on ajoute des toisons de laine, et là commence un savant travail de montage d'une pleine journée pour fabriquer... un couvre-pied, avec son décor géométrique... comme chez vos grands-mères, ou même peut-être sur votre propre lit.

    Pour ceux qui peuvent consulter l'ouvrage Encyclopédie régionale: Haut-Poitou, Christine Bonneton édit., 1983, eh bien, à la page 85, vous pourriez voir la pose de la laine.
    Et si vous avez de la patience, en comptant le nombre de clous sur une largeur d'environ un centimètre, vous pourrez savoir combien l'artisane couturière a fabriqué de couvre-pieds...
    Vous ne vous souvenez pas de celui qui demandait à son captif de compter les poils de sa mule au risque d'un châtiment ?... la suite il faudrait la conter de vive voix, mais c'est une autre histoire...

  • Vestiges d'une ancienne noria, du côté de Marmorières...

    Le dimanche un peu gris se prête bien à fouiller les couches photographiques sédimentaires accumulées depuis plus d'un demi-siècle... Regard arrêté sur ce bras de noria entre Fleury d'Aude et Vinassan (Aude), du côté de Marmorières, dans le massif de La Clape aux vins prestigieux. Il y manque un âne ou un mulet, les yeux bandés à tourner pour faire monter l'eau le long de la chaîne à godets... pour remplir les bassins d'eau et irriguer les parcelles de jardin.. et surtout les gémissements et grincements de la chaîne sur la poulie, inoubliables, surtout si on y rajoute les odeurs d'herbe fraîche et de menthe, la nostalgie en sus.

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    © Michel Valière, ca 1973.

  • Graffitti de bateau dans le port "souterrain" du fort de Brouage

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    © Cl. de Michel Valière, août 1999.
    Sur ces gravures, voir la "Postface" de Nathalie Fiquet , p. 101, dans le Catalogue de l'exposition "Navires & tableaux votifs de Charente-Maritime, Brouage, Halle aux vivres, avril à septembre 1994.

  • Le 20 Novembre 2007, est éclos le Museum virtuel du J.d.B.... et qu'on se le dise !

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    Un petit groupe d'amis sud-méditerranéens a laissé pour trace (2006) et soumis à la délectation ce premier objet de la collection. Il attend sa dénomination encore (le site interactif peut accueillir des renseignements supplémentaires). Fragile, il ne doit pas être abandonné sans surveillance. Le pilote peut-il compter sur votre vigilance ?

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    © J.d.B. 2007.

  • Le chaton de Franck

    Je ne vous avais pas présenté ce petit chaton de Franck, bien au chaud derrière le verre latin du fenestron (merci l'atelier Vignaud d'Esse http://ateliervignaud.hautetfort.com/), de la cabine du Pilote. Oublié dans un coin de mon musée de poche, à côté de mon ocarina slovaque, d'une ammonite pictave, d'un christ de bénitier XVIIIe sans bras (ils n'ont pas résisté à l'épreuve du temps et aux multiples chutes sur un éternel chemin de croix, aux innombrables stations et mystères douloureux), du rabot de l'ancêtre bricoleur sétois, du candil maternel de Castellar de Nug, d'un gratte-dos Cornely, en corne de bovins du Jura, d'une poterie culinaire berbère, modèle réduit, d'un caillou coloré lie de vin dans une source mythique des Brandes, d'un ruban rouge de pacotille, d'une clef sans serrure qui n'ouvre aucune porte... il est sage, plus sage que tout sage...

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    . © Marion Loudiyi-Valière.
    Tiens, il n'a que trois pattes, Franck, votre chaton ! Il me rappelle le petit coq de l'énigme sphyngétique :" Qu'est-ce qui fait cocorico et qui a trois pattes ?"