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PORTRAITS

  • Médiathèque de Saint-Junien en Limousin, Samedi 22 Mars 2014, le Printemps des poètes s'ouvre à 17 heures avec le duo Malstrom qui chante Gaston COUTé.

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  • Septembre 2013 : Le Dossier n° 5 du CHERCHEUR d'OR, à Saint-Junien en Limousin est paru...

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    "... Mis en forme, éclairés par de judicieuses notes et largement illustrés, les Mémoires de Marguerite plongent le lecteur dans le quotidien de la vie à Saint-Junien au début du XXe siècle. Témoignage d’autant plus précieux qu’il est celui d’une femme, d’une femme née dans le milieu des ouvriers les plus modestes, qu’il émane donc de celles et ceux qui ont rarement pris la parole, et moins encore la plume. C’est en outre un témoignage d’une grande sincérité : sincérité de la  langue, celle parlée par les Saint-Juniauds dans la première moitié du XXe siècle, avec ses formules héritées du « patois » et ses tonalités chantantes, au point qu’en lisant Marguerite Delabracherie, on croit l’entendre. Sincérité aussi des sentiments chez cette femme au caractère bien trempé : nul apitoiement, par exemple, dans le récit d’une vie commencée sous le signe de la misère et du malheur.

     

    Mais le plus attachant est sans doute la simple et légitime fierté qu’éprouve Marguerite à raconter sa vie à son petit-fils... "(Extrait de l'avant-propos de présentation par le président de l'association Les Vieilles Pierres, Frank Bernard.

     
    Mémoires de Marguerite, ouvrière saint-juniaude, 1889-1989 / [Marguerite Delabracherie] ; établissement du texte par Bernard Besson ; avec le concours de Jean-René Pascaud et Michel Valière pour les notes, les commentaires, la bibliographie et l'illustration ; [avant-propos de Frank Bernard; texte de Michèle Gardré-Valière].
    Editeur : Saint-Junien : Société des vieilles pierres, 2013. Collection : Les Dossiers du Chercheur d'or ; 5.
    Notes; Bibliogr. p.67-68.

    On peut se  procurer ce Dossier n° 5  à La Maison de La Presse, Rue Lucien Dumas à Saint-Junien (70 pages ; 12 €), ou auprès de la Société des Vieilles Pierres en Ville.

    On peut aussi le lire ou le consulter aux Archives municipales,

    ainsi qu'à la Médiathèque municipale : 843.03  LIM.

  • A la Mégisserie de Saint-Junien, Une expo du photographe Philippe Brault (Agence VU) consacrée au jeu des 1000... Histoires !

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    Du vendredi 26 juillet au 4 octobre 2013, venez jouer, écouter, découvrir, A La Mégisserie.

    Contacts : 05 55 02 87 98

    www.la-megisserie.fr

    accueil.vienneglane@wanadoo.fr

  • Au jardin de Gabriel, c'est la fête, cet été/


                            " Si le Jardin de Gabriel m'était conté"
     
                                                                       Hommage à Gabriel
                                              organisé par l'association "Les Amis du jardin de Gabriel Albert"
                                              
     
     
    Evocation en mots, en images, en musique de Gabriel Albert, habitant de Nantillé, menuisier, qui la retraite venue se fit sculpteur et transforma son jardin en cité idéale abritant plus de  400 personnages dont beaucoup peuvent être identifiés et sont de grandes figures illustrant leur époque tandis que  d'autres demeurent des énigmes, nées de la fantaisie et du désir de Gabriel.
    Sans formation artistique, il  composa seul cet univers "naïf" dont les créatures, puisées aux sources de l'art populaire ou sacré, aux illustrations des magazines, à la vie rurale, aux contes de l'enfance ou à  de tendres évocations féminines, témoignent d'un besoin prodigieux de faire, de construire, d'inventer.
     Floraison fantastique de présences, le Jardin de Gabriel est une invitation à franchir une frontière vers un monde en quête de douceur, d'innocence, de beauté.
    Les photos projetées durant le spectacle sont de Rémy Prin.
    L'ange à la clarinette: Isabelle Rique-Lurbet.
    Le conteur: Jean-Marie Bréhier
     
     
    Le spectacle sera représenté le samedi 15 juin, les vendredis 5 , 19 juillet et 2 août et les samedis  24 et 15 septembre à 21h  .
     Réservation, à l’Office de Tourisme de Saint Jean d’ Angély    Tél: 05 46 32 04 72

  • Modeste mais talentueux: Luc Turlan, auteur de B.D.

     

    Il a pour dessein les secrets du Poitou.

     

     

    Luc Turlan est né en 1958 dans le département du Jura. Il s'est installé dans le département de la Vienne après un passage en Normandie. Autodidacte, passionné de bandes dessinées, il en a adopté la graphie. Il a débuté à Rouen où après quelques essais dans la publicité, il illustre l'actualité pour un journal étudiant. Une incursion dans le monde de la bande dessinée l'amène à travailler comme assistant coloriste dans les éditions Delcourt. Il dessine d'ailleurs encore régulièrement des strips, petites bandes dessinées courtes et plutôt amusantes que l’on trouve généralement dans les pages ludiques de la presse quotidienne régionale, comme par exemple La cagouille, dans Centre-Presse, réalisée en collaboration entre Didier Quella-Guyot et Luc Turlan. En 2002, Lipokili, éditeur belge publie un de ses projets pour enfants, Saperlipopette, à l’intention des plus jeunes enfants, puis Sapristi. Il réalise encore un abécédaire pour les éditions Fleurus, L'Alphabet de l'Ecole.

     

    En septembre 2006, il publie le premier tome des aventures du clown Saxo, Saxo : Mandragore le Magicien aux Éditions P'tit Louis, puis en 2007 Mousse contre vents et marées chez Millefeuille. Une série, "Les amis de la ferme" est lancée chez Geste Éditions. Le héros central en est un baudet du Poitou nommé "Peluchon".

     

     

     

    Professeur des écoles dans un institut spécialisé, Luc n’apparaît que tout sourire, l’air, la silhouette de l’instit que chacun aurait un jour désiré avoir devant lui. Déjà, dès ses jeunes études, il se faisait remarquer de ses maîtres et de ses camarades de classe comme étant doué pour le dessin, disposition qu’il cultivera jusqu’au professionnalisme. Aujourd’hui, il se dit lui-même surpris que son œuvre, commencée sans prétention aucune, plaise autant à ses lecteurs. Nous pourrions l’éclairer là-dessus ; en effet tout en rondeurs, ses images douces au regard se lisent clairement, comme on lisait hier dans les classes de l’Hexagone, les célèbres images Rossignol, du nom de l’entreprise montmorillonnaise qui les produisait. Mais non seulement les dessins semblent s’inscrire dans une mémoire collective, mais ses textes paraissent couler de source, frappés de sagesse, de bon sens et d’humanité. Autrement dit tout chez Turlan est fait pour séduire, et ceci n’est pas donné à tout le monde. Il ne s’en plaint pas et fait rejaillir ce succès sur l’éditeur Geste, dont on sait qu’il est fils de l’U.P.C.P, qui lui « laisse une entière liberté », d’autant qu’il traite de cultures populaires et régionales.

     

     

     

    L’auteur-dessinateur au grand cœur

     

    Cochons, biquette, ânes, poney, sortis tout droit des traditions régionales d’ici ou d’ailleurs

     

    sont autant de personnages, héros des albums de Luc, qu’il a rassemblés dans une collection « Les Amis de la Ferme », publiée par  Geste éditions à La Crèche (Deux-Sèvres) et qui ravissent des milliers de jeunes lecteurs et quelques grands aussi. Ceux-ci s’engagent dans des aventures où l’entraide est règle d’or, la confiance toujours méritée, et les apparences généralement trompeuses. Ainsi, par exemple, Blackjack le cochon « au cul noir »  du Limousin voisin se désole et même est complexé   d’être obligé d’arborer ses fesses noires. Qu’à cela ne tienne, Crapoto, cochon du Poitou, par une astuce fort ingénieuse va transformer cette différence en grande mode. Une belle leçon  nous est ainsi offerte dans un monde où cultiver sa différence n’est pas toujours aisé.

     

    L’histoire du poney anglais Patchwork révèle beaucoup plus encore l’éthique et la sensibilité de l’auteur, et l’on ne peut qu’admirer le talent déployé par ce dessinateur aussi pédagogue. Qu’on en juge : Patchwork est récemment débarqué d’Angleterre et, comme d’autres de ses compatriotes, souhaite s’installer en France. Or, pour payer la traversée du Chanel, de la Manche, il a promis de travailler en échange du prix du billet de voyage. Hélas pour lui, ses nouveaux propriétaires, ses « patrons » l’exploitent injustement, tout comme son compagnon de galère, un petit singe qui doit faire le pitre en échange de sa pauvre pitance.

     

    Mais c’était sans compter sur « les amis de la ferme » qui vont se mettre en quatre pour venir à leur aide afin de leur procurer à chacun une meilleure place, plus confortable. Tandis que le petit singe émerveillé va découvrir à Romagne (Vienne) la Vallée des singes, Patchwork, lui, va s’associer aux autres animaux de la ferme. Ainsi le jeune lecteur va-t-il aborder la délicate question de l’injustice grossière du travail au noir ; et sera-t-il amené à saisir l’intérêt de l’étude des langues étrangères pour surmonter les obstacles entre les différents peuples. Ainsi, l’auteur-illustrateur, poitevin, d’adoption depuis une quinzaine d’années, double-t-il le pédagogue d’un rôle de médiateur interculturel et intergénérationnel à l’occasion de ses multiples interventions auprès des jeunes publics bédéphiles. Des messages simples destinés à contribuer à un meilleur vivre ensemble, tels sont les ingrédients de l’estime du lectorat de Luc et du succès éditorial de sa production qui d’ailleurs ne s’arrête pas là... On ne s’étonnera pas de l’entendre dire en confidence qu’il a « plein d’idées en tête pour de futurs albums ». Qu’on se le dise...

     

    Le patrimoine des régions en images

     

    L’originalité de la plume et du talent de l’instituteur-dessinateur est de mettre la région à l’honneur au travers de ses albums illustrés et on ne peut plus « sympas ». Au fil des récits et des aventures, nos animaux vont découvrir d’étonnantes techniques. Ainsi, Crapoto qui par maladresse a cassé un plat de porcelaine auquel la dame de la ferme tenait beaucoup, va entraîner ses amis dans une randonnée qui les conduira jusque dans l’atelier d’un porcelainier limougeaud qui refera un plat pour réparer la faute et compenser le manque créé par l’accident.

     

    La visite d’ateliers est aussi une méthode de Luc, littéralement ethnographique, pour s’imprégner de l’ambiance, des odeurs, des couleurs, mais aussi des techniques, des savoir faire et des tours de main. Ainsi, par exemple, de juin 2009 à Février 2010, le dessinateur s’est immergé dans l’entreprise montmorillonnaise Rannou-Métivier pour s’initier à la culture de la maison et à ses productions si célèbres de cette cité de la Vienne. C’est Crapoto le petit cochon, qui a voulu accompagner la biquette Cabriole, chercher un livre dans la Cité de l’écrit, va s’introduire dans une boutique où il découvrira le macaron... Mais au fait, qui a bien pu en voler la recette ?

     

    Le goût des secrets

     

    L’un des derniers ouvrages, Le Secret des macarons, a été présenté par l’éditeur Geste au public invité, au sein du saint des saints ! À Montmorillon, la Cité de l’écrit, et en présence de monsieur Yves Bouloux, le premier magistrat de la ville, sous-préfecture du Sud-Est de la Vienne. Mieux encore, et parce que secret il y a ( ?) dans le « musée », lieu de mémoire s’il en est un, de la maison Rannou-Métivier, où les deux co-directeurs, Lionel et Yann accueillaient leurs hôtes d’un jour, en compagnie de quelques anciens parmi la cinquantaine d’employés de la prestigieuse entreprise gourmande. Ainsi, au fil des 32 pages du petit album (que l’on peut acquérir dans les librairies, les maisons de la presse et dans six boutiques de Rannou-Métivier) le jeune lecteur va s’approprier près d’un siècle d’une tradition pâtissière emblématique de cette jolie ville baignée par la Gartempe et dont on sait qu’elle est aussi la ville natale de Régine Deforges. En effet, depuis neuf décennies, la recette du macaron a conquis non seulement la ville, mais le département et la Région, et aujourd’hui, bien au-delà.

     

    En outre, ajoutons que Luc Turlan a également collaboré avec l’auteur de la Bicyclette bleue sur des ouvrages à destination de la jeunesse, ce qui pour lui semble réellement une véritable vocation. Il illustrera ainsi La sorcière de Bouquinville, suivi des Mésaventures à Bouquinville, publiés aux Éditions Albin Michel.

     

     

     

     

     

    Bibliographie de Luc Turlan

     

    Blackjack le cul noir du Limousin, La Crèche, Geste éditions, 2009

    Cabriole, la biquette du 1oitou, La Crèche, Geste éditions, 2007

    Crapoto et le broyé du Poitou, La Crèche, Geste éditions, 2008

    Dandy l’âne culotte, La Crèche, Geste éditions, 2008

    Les Bavards, en collaboration avec Didier Quella-Guyot, La Crèche, Geste éditions, 2009

    Le Secret des macarons, La Crèche, Geste éditions, 2010

    Patchwork, un anglais à la ferme, La Crèche, Geste éditions, 2009

    Peluchon, le baudet du Poitou, La Crèche, Geste éditions, février 2007

    Peluchon et le mystère de Ford Boyard, La Crèche, Geste éditions, 2009

    ...et encore des ouvrages en collaboration avec Jean-Jacques Chevrier, Régine Desforges, Didier Quella-Guyot.

    Et pour les navigateurs qui croisent sur Internet, on peut retrouver ce talentueux créateur à l’adresse URL : http://turlan.over-blog.com

     

     Michel Valière

     

  • Un républicain promoteur des traditions populaires : Paul SÉBILLOT (1843-1918)

    Viennent de paraître les  actes du colloque de Fougères, 9-11 octobre 2008, consacré au prestigieux folkloriste Paul Sébillot   (sous la direction de Fañch POSTIC).

     

    Originaire de Matignon (22), Paul Sébillot (1843-1918) abandonne la perspective d’une carrière juridique, pour s’engager dans la peinture. Critique d’art et peintre paysagiste, il expose dans différents salons, mais vers 1880, il décide de se consacrer à la collecte de la littérature orale de la Haute-Bretagne ; auteur d’une moisson d’une abondance et d’une qualité rares, il devient non seulement l’un des folkloristes français les plus en vue, mais joue au plan national et international un rôle de premier ordre pour l’étude et la promotion des traditions populaires : il élabore des outils (bibliographiques, questionnaires, guides d’enquêtes…), publie des synthèses, lance en 1881 « Les littératures populaires de toutes les nations », l’une des grandes collections d’ouvrages de littérature orale, organise les premiers congrès internationaux de folklore. Il est en outre à l’origine, en 1886, de la création de la Société des Traditions populaires et de la Revue du même nom qu’il anime pendant plus de trente ans.

    Le présent ouvrage, publié par le Centre de Recherche Bretonne et Celtique (UBO – Brest) en collaboration avec le Laboratoire d’Anthropologie et d’Histoire de l’Institution de la Culture (LAHIC) – (Paris) et l’association La Granjagoul – Maison du Patrimoine Oral en Haute-Bretagne – (Parcé, 35), est l’occasion d’évoquer les multiples facettes de ce républicain convaincu, et d’aborder le contexte intellectuel et politique dans lequel se situe son œuvre ainsi que les nombreux réseaux régionaux, nationaux, voire internationaux dans lesquels elle s’intègre. Cette publication vient combler une lacune et réparer une injustice, car, curieusement, peu de travaux ont été consacrés au travailleur infatigable que fut Paul Sébillot.

     

    Fañch POSTIC – Paul Sébillot, biographie lacunaire d’une personnalité aux multiples facettes

     

    LE RÉPUBLICAIN

    Laurent LE GALL – La République en filigrane. Idéologie républicaine et folklorisme chez Paul Sébillot

    David HOPKIN – Paul Sébillot et les légendes locales : des sources pour une histoire « démocratique » ?

     

     

    L’HOMME DE RÉSEAUX

    Claudie VOISENAT – Un laboratoire du folklore matérialiste : Paul Sébillot à la Société d’anthropologie de Paris (1878-1918)

    Claudine GAUTHIER – Paul Sébillot et les philologues : de l’usage de la philologie en folklore

    Jean BALCOU – Sébillot, Renan et les dîners celtiques

    Guy BASSET – Du folklore partagé : les relations Paul Sébillot – René Basset et l’aventure de la Revue des Traditions populaires

     

    LE BRETON

    Jérôme CUCARULL – La représentation de la Bretagne chez Sébillot : un insaisissable portrait

    Joëlle EDON-LE GOFF – La Bretagne enchantée (1899) : un exemple de poésie mythographique

    Denise DELOUCHE – Paul Sébillot, peintre et témoin de la peinture des années 1860 à 1880

    Fañch BROUDIC – La limite Sébillot : un arrêt sur image

     

    LE FOLKLORISTE ET SON TERRAIN BRETON

    Fañch POSTIC – Paul Sébillot : le folkloriste et son terrain breton

    Daniel GIRAUDON – Paul Sébillot, un face-à-face avec les folkloristes de Basse-Bretagne

     

    EN GUISE DE CONCLUSION

    Jean-Marie PRIVAT – Les fées sont têtues

     

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    Renseignements pratiques :

    Centre de Recherche Bretonne et Celtique – UBO, Brest

    Laboratoire d’Anthropologie et d’Histoire de l’Institution de la Culture – Paris

    Association La Granjagoul, Maison du Patrimoine Oral en Haute-Bretagne - Parcé

     

    Prix de vente des actes : 20 €  (franco de port) – 16x24 – 275 p.  ISBN 978-2-901737-86-5

     

    payable par chèque à l’ordre de M. l’Agent comptable de l’Université de Bretagne Occidentale, à retourner au :

     

    Centre de Recherche Bretonne et Celtique – Faculté des Lettres Victor-Segalen

    CS 93837 – 29238 BREST Cedex 3 –  02.98.01.63.31 – Fax  02.98.01.63.93 – crbc@univ-brest.fr

  • Henri Coursaget a passé le flambeau et nous a quittés... Il plane toujours sur Confolens et "son" Festival, à re-découvrier en août.

    Une grande émotion a saisi tous ceux qui le connaissaient et Dieu sait s'ils étaient nombreux de par le monde. Ses obsèques qu'il avait lui-même réglées, j'allais écrire "chorégraphiées", ont marqué les esprits. La terre de Confolens l'a accueili, à jamais. Merci Henri, pour ton œuvre, pour ton amitié rayonnante. Salut l'artiste !

    Un article, sur le blog de Gérard Lame, correspondant de Gond-Pontouvre (Charente) du journal Sud-Ouest mérite quelques minutes d'attention et donc de recueillement. Suivez ce lien :

    http://gond-pontouvre.blogs.sudouest.fr/archive/2011/03/24/adieu-henri-coursaget.html

  • C'était au temps de la victoire du Chabichou en AOC

    La Presse d'entre Loire et Gironde publiait en juin 1991 ce portrait de la Dame du Poitou et des Charentes qui, pour manifester sa joie dans la reconnaissance du célèbre Chabichou en AOC, avait revêtu une fort élégante tenue "traditionnelle" de la Mothe-saint-Héray (79) qui lui sied parfaitement...

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    Magnifique !
    Ah, j'oubliais: l'article titrait: "Petit Chabichou deviendra grand ". Le rédacteur, qui aimait sans doute le chabi, aurait-il eu le nez creux ?
    En attendant, dégustez le "chabi" sans modération... http://www.supertoinette.com/fiches_recettes/fiche_chabichou.htm
    accompagné d'un bon vin du Languedoc, de la Clape, du Minervois, des Terrasses de Béziers et autres côteaux d'Ensérune, ou de Saint-Chinian http://www.vins-languedoc-roussillon.fr/fr/cadre-livre-gclr.html (avec modération, cela va de soi !)

  • Cette nuit j'ai fait un rêve...je venais d'entendre une ....

    ....diatribe sur un débat qui devait avoir lieu, qui ne devrait pas avoir lieu, qui pourtant aura lieu...
    Puis, j'ai zapppppppppppé. Pile ! La Zappppppppppatèra (en patois d'Ibérie, ça veut dire: la Savetière...; il y a même une pièce espagnole du poète Federico Garcia Lorca qui est titrée : la Savetière prodigieuse !) Tiens, je vous en rappelle un moment: "...complice de la savetière, un enfant calme les orages qu'elle déchaîne et subit.
    Fatigué des caprices de sa femme, le savetier s'enfuit... Les illusions candides de la jolie héroïne résisteront-elles à l'épreuve... etc.

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    Alors, d'association d'idée en association d'idée, surtout après avoir zappé à la fin de l'envolée épique au terme de la péroraison du discours à Lyon, du 27 au soir... une image m'a "pété" dans la tête bien lasse de notre tournée studieuse angevine :
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  • L'amie des livres et des plumes

    Voici Lolotte:

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    © Séverin Valière-Aphorythme, 2007

  • SLIMANE OULD MOHAND: Plus qu'un peintre, l'ami kabyle, l'humour en plus !

    Un détachement de Belvertiens au premier salon du livre et des métiers d'arts à Vouillé (79), littéralement aux portes de Niort, le dimanche 18 mars 2007, a eu le privilège de rencontrer Slimane, de partager un repas, puis une après-midi avec l'artiste kabyle qui a adopté Niort et que Niort a bien adopté également, puisque une première rétrospective d'œuvres a été réalisée par le Musée de la Communauté d'agglomération.
    Visite libre (en fonction de la présence de l'artiste) , ou sur rendez-vous, de son atelier 4, rue du Petit Blanc à Niort (Deux-Sèvres).Tél.: 06 74 61 96 57.
    Plus qu'un peintre, l'artiste kabyle est l'ami de tout un chacun qui s'arrête sur son œuvre.

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    Des tableaux sont exposés à la Galerie Royale de Rochefort (17).
    De son œuvre, l'humoriste FELLAG dira:
    " Dans son œuvre éclatante, foisonnante, il y a un mélange savant de réminescences de contes surréalistes maghrébins et de l'exubérance des mille et une nuits, du Miro, et du Goya (...) "
    Merci Slimane, de ce moment d'amitié partagée.

  • Portrait d’une écrivaine des femmes: Isabelle Soulard

    Elle donne des racines aux Poitevins
    Une femme engagée

    Tout sourire l’Isabelle ! Et battante. Tirée à quatre épingles, corsage blanc, foulard, veste, impeccable. Ses détracteurs, parce qu’une femme d’un tel talent a nécessairement des détracteurs, la disent avec ironie BCBG : Bon chic bon genre ! Disons élégante plutôt, en toutes circonstances. Un air de prof, bien sûr ; de prof d’histoire, en sus (et de géographie, l’inséparable discipline). Certes, il y a déjà quelques années qu’elle ne pratique plus, mais c’est un métier qui marque son personnage, d’autant que l’histoire, si elle ne l’enseigne plus, elle vous la raconte, comme une conteuse. Mieux encore, quasiment comme un témoin direct. Elle vit dans l’histoire ; elle est l’histoire. Mais depuis 1994 elle se consacre à sa famille, à l’écriture et anime des émissions culturelles sur diverses radios locales qui ne manquent pas de la solliciter. Véritable militante du Devoir de mémoire, elle donne de nombreuses conférences et participe à des tables rondes ou des colloques sur le thème de la Deuxième Guerre mondiale où elle défend la place des femmes dans la Résistance et la Déportation.
    Elle fréquente aussi de multiples salons du livre (Colombiers, Montaigu, Montmorillon, Poitiers, Saint-Hilaire-La-Palud, Thènezay, Vivonne, etc.), encourage les séances de dédicaces d’auteurs dans les librairies, les salles de fête ou autres lieux culturels. Elle a même contribué à mettre sur pied, avec quelques amis, poètes, romanciers, ethnologues, historiens qui ont tous « avec cette région un lien de cœur et de plume », la dynamique Société des auteurs de Poitou-Charentes dont elle a été la première Présidente le 12 janvier 2002. Elle aura à cœur de n’exclure aucun genre et déclarera que « défendre la poésie, trop souvent considérée comme le parent pauvre de la littérature, est un cheval de bataille de l’association ». Pour mener à bien son entreprise elle saura s’attirer l’appui, la sympathie et l’aimable complicité de marraines comme les romancières Régine Desforges, Michelle Clément-Mainard, ou encore Madeleine Chapsal. C’est encore elle qui initiera le Salon du livre de Poitiers, comme celui des Dames du Marais, dans le département des Deux-Sèvres.
    On aura compris que sa « cause », c’est celle des femmes pour laquelle elle développe tant d’énergie. Ainsi elle défend l’idée des femmes au foyer, leur image et leurs droits, jusque sur les plateaux de télévision. Elle s’intéresse au travers de conférences aux femmes qui exercent des métiers d’hommes. Elle s’engage pour l’aide aux jeunes femmes mères célibataires, ou encore pour l’aide aux femmes afghanes qui ont été prises dans la tourmente et qui ont trouvé refuge en Poitou. Enfin, la « cause » de Poitiers la motive, notamment dans le dessein de rendre la ville plus colorée et plus agréable à vivre pour les mamans de jeunes enfants.
    Enthousiaste et, de son propre aveu, parfois utopique, Isabelle n’a pas froid aux yeux.

    Une historienne du Moyen-Âge

    Née à Poitiers en 1954, Isabelle SOULARD, diplômée d’études approfondies en histoire médiévale est une passionnée d’histoire régionale et de généalogie. C’est une authentique Poitevine, et le revendique. Son arbre généalogique parle pour elle, puisqu’elle compte dans son ascendance un maire de Poitiers au Moyen-Âge, et un maire de Fontaine-le-Comte au XIXe siècle. Jean-Charles de La Faye, au rang de ses ancêtres, participa à l’installation des Acadiens au XVIIIe siècle. Comme elle se reconnaît des cousins au Canada, ne sera-t-on pas étonné d’apprendre sa contribution significative à l’organisation de cousinades, manifestations d’ordre généalogique rassemblant le plus grand nombre de personnes et de familles unies par un lien de parenté établi.
    Cette femme, épouse et mère de trois enfants, est devenue la référence sur la vie des femmes dans le Poitou au Moyen-Âge. Ainsi a-t-elle parcouru les grandes lignes de la condition féminine qui était loin d’être tendre, pour une période qui s’étale de l’an 500 à l’aube de la Renaissance, à l’issue de la Guerre de Cent ans. Elle retrace les moments incontournables de la vie quotidienne et de la vie d’une femme du berceau à la tombe : aimer, enfanter, naître et mourir. Et mourir dans ces temps lointains, c’était vers la trentaine ! La vie des femmes était plutôt courte.
    Du Moyen-Âge en Poitou, on se souvient de Radegonde, Reine de France, et d’Aliénor d’Aquitaine, femme énergique, hors du commun, devenue emblématique de la Région. Mais Isabelle Soulard s’est surtout intéressée aux sans grade, à celles qui n’ont quasiment pas laissé de traces dans les « papiers » historiques, et dont même les prénoms ont disparu pour entrer parfois dans le langage courant.
    Isabelle, c’est l’écrivaine qui a pris en charge de multiples inconnues dénommées entre autres Adaltrude, Audéarde, Ignitburge, Ildegarde, Lecberge ou Perronnelle, c’est-à-dire par un simple prénom :

    « La nouvelle épousée, jusque-là sous l’autorité paternelle, passe sous la coupe de son mari. Cette soumission transparaît tout d’abord dans la façon de désigner la jeune femme. Avant son mariage, celle-ci est appelée soit par son seul prénom dans un contexte qui indique clairement sa filiation, soit par une formule de type Maxence, fille de Pierre de Bueil. Elle peut aussi être dite, en l’absence du père, Raisende, sœur de Guillaume, fils de Salomon. Après ses épousailles, la Poitevine devient Marie, femme de Pierre Agoret. Puis, lors de son veuvage, elle est présentée ainsi : Dame Totenue, femme de feu Aimeri de Dercé, Bonne Foupière, veuve d’Odon, fils de Létard.
    La femme poitevine n’a donc d’existence que par rapport à son père, à ses frères où à son mari, qu’ils soient morts ou vifs. L’élément mâle de la famille demeure la référence tout au long du Moyen-Âge. Il arrive même que la femme soit désignée ainsi : Clarisse, mère d’Ascelin Porcher. C’est alors son fils qui sert de référence.
    Une évolution peut être décelée à partir du XIIIe siècle dans l’aristocratie. Les « grandes dames » apparaissent seules dans certains actes accompagnées de leur simple titre : Agnès, dame de la Vergne, Béatrice, dame de La Roche-sur-Yon ».

    Cela se passait avant la création des Registres de baptême (sous le règne de François Premier), puis de l’état-civil, fruit de la Révolution française de 1789. Nos contemporaines mesureront le chemin parcouru, lesquelles peuvent désormais transmettre leur propre patronyme à l’ensemble de la famille...

    La chroniqueuse des femmes

    Mais le Moyen-Âge n’est pas la seule période où les femmes se sont distinguées et qui ait motivé et retenu l’attention de l’écrivaine poitevine. Ainsi dans l’ouvrage Les femmes dans la Guerre de Vendée (Geste éditions, 2006), Isabelle Soulard retrace sans a priori la vie quotidienne des Femmes d'Anjou, de Vendée, du Sud de la Loire-Atlantique et des Deux-Sèvres insurgés, en 1793. Le rôle des femmes dans cette « guerre de géants » est minutieusement analysé. Qu’elles soient Blanches ou Bleues, royalistes ou républicaines, ces femmes ne restent pas passives. Combattantes, espionnes, amazones mais aussi victimes, elles tentent de survivre, la peur au ventre, pour leurs enfants, pour leurs époux, paysans, tisserands ou vignerons. Des tranches de vie surgissent ainsi au gré des pages perrnettant aux lecteurs de.vivre de l'intérieur et avec émotion les heures terribles de la guerre de Vendée.

    Très remarqué peut-être parce que plus proche dans le temps, son ouvrage Poitevines et Vendéennes sous l’Occupation, trouve son origine à partir de l’atelier « Histoire » qu’elle anima au sein du foyer René Crozet, à l’invitation de sa directrice Madame Catherine Baudy. Il est « dédié à toutes les femmes du Grand-Ouest qui ont payé de leur vie notre liberté ». Des témoignages, préalablement enregistrés, constituent la trame principale de ce livre. Et avec ses Femmes de l’Ouest sous l’Occupation, ce sont plus de deux cent cinquante femmes, de l’estuaire de la Seine à celui de la Garonne, qui ont ainsi accepté d’évoquer leur existence pendant la guerre. Parmi elles, certaines, très courageuses, eurent un rôle très actif comme agents de liaison au service la Résistance ; mais, au retour des hommes de captivité, des maquis ou des combats pour la Libération, on les a fort peu écoutées. L’auteur justifiera ces deux ouvrages qui ont partie liée en ces termes :

    « Lors des séances de dédicaces, j’ai tellement rencontré de femmes qui, spontanément, me disaient ce qu’elles avaient vécu pendant la guerre que j’ai eu envie de faire un nouvel ouvrage, plus riche, plus vaste, afin de rendre hommage à toutes ces femmes... Elles ont témoigné dans le but de transmettre aux jeunes ce qu’elles avaient vécu. Toutes, elles avaient envie de parler, de se livrer. Au lendemain de la guerre, elles se sont tues et se sont remises aux fourneaux. C’étaient une joie pour elles d’avoir la possibilité de s’exprimer.»

    Ainsi des tranches de vie surgiront des mémoires, une véritable « libération » de la parole, mêlant tout à la fois, l’anxiété, les peurs, les angoisses, les privations, les espoirs, les faits de résistance, mais aussi les trahisons, les règlements de compte, les dénonciations et jusqu’à la captation de propriétés.
    Une belle et extraordinaire leçon de vie.

    Dans le maquis de l’état-civil : suivez la guide !

    Mais c’est le Poitou historique (et plus largement, le Grand-Ouest) qui est en fait l’objet de son regard d’historienne. Aussi trouve-t-on sous sa plume alerte et cursive un ouvrage consacré au Pays des Olonnes, et aux Sables en particulier évoquant tour à tour corsaires et flibustiers courant les mers et les océans, et jusqu’au prestigieux Vendée Globe qui donne toute sa dimension à cette cité atlantique qui n’est pas seulement un station balnéaire de renom, mais une ville des plus dynamiques de la côte.
    Cette plongée dans le Bas-Poitou lui donnera l’occasion de nouer des liens avec l’Association des maires du département de la Vendée qui honorera d’une édition son étude dont on veut bien reconnaître qu’elle est en même temps un véritable hommage aux 2434 maires qui ont administré leur commune au cours du XXe siècle. Autant dire que tout ce qui concerne la vie de nos communes ne lui est pas étranger ! Aussi deviendra-t-elle pour la Grande région d’Ouest, certainement la meilleure guide à travers les arcanes et les dédales des salles d’archives communales et départementales et surtout dans le maquis des registres d’état-civil qui n’ont plus de secrets pour cette chercheuse impénitente, véritable détective du passé qui a su mettre à la portée de chacun son Guide de généalogie, ouvrage concis et exhaustif qui permet au généalogiste en herbe « d’aller à l’essentiel ».
    Ainsi, mieux que quiconque, Isabelle est-elle celle qui s’avère la plus à même d’aider ses contemporains à regarder vivre ses ascendants et ses propres ancêtres où se cache peut-être quelque personnage illustre, mais plus certainement une véritable armée d’artisans, de commerçants, et par-dessus tout, de paysans, ceux-là même qui peuplaient la France de l’époque pré-industrielle, avec leurs qualités, mais aussi leurs faiblesses, leurs difficultés à vivre, à survivre.
    Isabelle est une véritable humaniste qui aime sa région, son pays, sa ville, les hommes et les femmes qui s’y sont succédé et en ont fait les territoires qui nous accueillent aujourd’hui.
    Merci, Isabelle !

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    Ouvrages d’Isabelle Soulard :
    l Les Femmes du Poitou au Moyen-Âge, La Crèche, Geste éditions, 1996.
    l Poitevines et Vendéennes sous l’Occupation, La Crèche, Geste éditions, 1999.
    l Guide de généalogie en Anjou, Poitou, Charentes et Vendée, La Crèche, Geste éditions, 2001.
    l Maires et communes de Vendée au XXe siècle, Assoc. des Maires, Siloë, 2002.
    l Les Femmes de l’Ouest sous l’Occupation, La Crèche, Geste éditions, 2002.
    l Petite histoire des Sables d’Olonne, La Crèche, Geste éditions, 2004.
    l Et quelques articles dans la Revue de la Société des Antiquaires de l'Ouest et dans La
    Bouillaie des Ancêtres.
    Elle a participé, avec vingt-cinq autres auteurs à l’ouvrage collectif : Poitou-Charentes terre de mémoire : témoignages et récits, Saint-Cur-sur-Loire, Éd. Alan Sutton, 2005.
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    Ses ouvrages lui ont valu reconnaissance, prix et distinctions :
    Prix de la Société des Écrivains de Vendée ;
    Prix de la Ville de Thouars ;
    Mention spéciale de la Villes des Sables d’Olonne en 1997 pour "Les Femmes du Poitou au Moyen-Âge".

    (Michèle Gardré-Valière et Michel Valière, dans "L'Almanach du Poitevin, 2007, Romorantin, CPE éditions)

  • Jean Duvignaud vient de nous quitter...

    Écrivain, sociologue et anthropologue, d‚abord critique dramatique de La NRF (1953-1955) et directeur de la collection « Les Grands Dramaturges» aux Éditions de l‚Arche, Jean Duvignaud a soutenu le travail de Roger Blin, Arthur Adamov, Samuel Beckett ou encore Eugène Ionesco. Chercheur au CNRS (1956-1960), maître de conférences à l‚université de Tunis puis assistant à la Sorbonne, il fut professeur à l‚université de Tours (de 1965 à 1980) avant d‚enseigner à Paris-VII. Grand animateur de revues, il fonda Scarabée international en 1982, après avoir participé à la création de Théâtre Populaire avec Roland Barthes en 1953, d‚Arguments avec Edgar Morin et Kostas Axelos en 1956, de Cause commune avec Paul Virilio et Georges Perec en 1972. Dramaturge (Marée basse, Gallimard, 1956) et romancier (L‚Empire du milieu, Gallimard, 1971 ; Le Favori du désir, Albin Michel, 1982), Jean Duvignaud est également l‚auteur d‚une ˛uvre théorique importante qui traverse le théâtre (L‚Acteur, sociologie du comédien, Gallimard, 1965), la sociologie (Sociologie de l‚art, PUF, 1967), l‚ethnologie (Chebika, Gallimard, 1968) ou encore la critique littéraire (Perec ou la Cicatrice, Actes Sud, 1993). Depuis 1990, Jean Duvignaud était président d‚honneur de la Maison des cultures du monde.
    Nous nous étions croisés à trois ou quatre reprises, là dernière à l'amphithéâtre Descartes, à Poitiers. Retiré à La Rochelle, tu étais venu nous faire partager ton expérience, il y a déjà quelques années.
    Respect Jean Duvignaud ! Et Merci pour ton œuvre intelligente et féconde.

  • Il prend aux mots les Poitevins: Ulysse Dubois. Portrait d'un homme de cœur

    Le Pèlebois ethnographe

    Il a le regard malicieux, le sourire tendre, l’accent pèlebois. Il n’aime pas les compliments : « Veux-tu une tape ? » dit-il à celui ou celle qui se risquerait à lui en faire. Pourtant Dieu sait qu’il en mérite une pleine besace, ou un bissac... ce riant et brillant octogénaire qui déclare qu’il n’a « rien inventé». Oui mais, créateur d’airs, de rimes et d’images des rues et des champs, il invite dans sa langue au respect.
    Issu d’une famille plus que modeste de la Plaine de la Courance, du côté de Frontenay-Rohan-Rohan, en bordure du marais poitevin, Ulysse Dubois est né en 1925 d’un père qui l’amènera, avec sa mère, dès l’âge de trois ans à Chey (Deux-Sèvres), et à cinq ans à La Barre de Sepvret où on l’y trouve encore, asteùre, avoure en Pays pèlebois, celui de la forêt du plateau de l’Hermitain. Si son père, qui avait « gardé la musique des mots du parler maraîchin » et qui ne manquait pas d’humour ni d’autodérision, était cantonnier, lui, fut enseignant pendant trente ans au Château de Thouars, pour finir ensuite sa carrière comme directeur adjoint du Collège Jean Rostand, en la même ville. Il se souvient tout de même avoir aussi, dans ses débuts, fait la classe six semaines durant aux enfants de l’école d’Huric, dans la commune de Saint-Coutant, avant de rejoindre pour un an et six semaines la maison d’école d’Avon, posée en plein champ... Il partagera sa vie avec Henriette qu’il épousa à la mairie de Sepvret, puis avec trois enfants : Jacques, Lise et leur dernier fils Jean, un artiste de la « chanson française » que l’on peut désormais aller écouter à Paris, entre autres au Limonaire, Cité Bergère.
    Ulysse, lui, c’est aux entractes, aux interludes des fêtes des écoles rurales qu’il a commencé à se produire, entre deux saynètes, ou entre deux « théâtres » comme on dit ici, entre deux danses quelquefois, pendant que les draules et les draullères se changeaient d’habit ou de costume. Son répertoire d’alors, en 1955, consistait en des histoires locales exprimées en français et composées sur des airs empruntés aux chansonniers du Grenier de Montmartre, qu’on entendait à l’époque sur le « petit poste ». Sans prétention aucune, évidemment, juste pour occuper le temps et capter encore l’attention du public et éviter qu’il se disperse dans la nature ou les bas-côtés de la salle des fêtes, là où est souvent installée la petite buvette attractive.
    Mais, c’est seulement à partir de 1956, avec La Fraechour (la fraîcheur) et Brdasseries (bavardages) qu’il commencera à observer avec un regard plein de tendresse ses proches voisins auxquels il s’adressera avec un tutoiement plein de respect affectueux :

    «T’en souvéns-tu, Andrai Mounàe
    Dau tenp quant i aliun-t-a l’école ?
    T’en souvéns-tu mun paure Andrai
    De l’école dau Coudrai ? »

    Un jour de printemps de l’an 1 du siècle, Gérard Pierron, le célèbre interprète de Gaston Couté, admiratif et ému devant la qualité de ce qu’il appelait, lui, des rimiaux, sacrait Ulysse Dubois du titre envié de « savant de tous les jours, qui voit, bâtit et pense en son pays pèlebois ». Hommage mérité s’il en est un, tant l’homme de La Barre, il est vrai, a puisé les modèles de ses héros dans son entourage familier. C’est tout un « petit peuple » de gens laborieux, « Lés Copins dau vilajhe » qui, des bancs de l’école jusqu’au soir de leur vie, s’adonnent aux principales activités saisonnières de la vie à la campagne. Aussi rencontre-t-on Péraud et sa charéte trop lourdement chargée de foin, un jour de feneries, écoute-t-on encore les propos que, assise sur son banc de pierre avec le tilleul pr s’acotàe (pour s’appuyer), Françoise échange avec Ortense, Léxandrine, Jhulie, Susun, Malvina, qui « avant trtoutes de l’ouvrajhe çh’enpaeche pa de causàe en ménme tenp... A fasant le tour dau vilajhe avéc lou goule, tout en réchtant a l’unbre dau tilell de la cour a Françoese. »

    Le jongleur de mots

    Fin connaisseur du poitevin, il n’a pas oublié qu’il avait été un pédagogue d’abord. Aussi, parmi les textes que ses amis et auditeurs préfèrent entendre, figure depuis avril 1981 : « Vous alèz biscàe les mundes », inénarrable leçon de grammaire et de vocabulaire consacrée à la vivacité dans le parlanjhe du « passé simple »... et de quelques autres formes verbales dont le fameux imparfait du subjonctif, généralement peu maîtrisé. Qu’on en juge sur pièce par cet échantillon tiré de l’ouvrage intitulé Le Livre d’imajhes (Geste éditions, 2001, pp. 119-122) :

    « ... Ché nous, in pou, ol ét un pouèll,
    Le verrou, in couréll,
    É le seuil, in bassèll,
    La nuque, ol ét le cagouét,
    Le tréteau, in brchét,
    Le grillon, in grlét,
    Le sabot, ét in bot,
    Le sifflet, in subllot,
    Le dindon, in perot,
    La faux, ol ét in dall,
    Un caillou ét in chall
    Le désordre, un drigall.

    J’allai chez vous,
    Tu allas chez eux,
    Elle alla au lavoir,
    Nous y allâmes hier au soir,
    Vous y allâtes vous aussi,
    Ils y allèrent tous.

    I o sé qu’ol ét françaes !
    Mé vela daus énvenciuns
    Pa si sénplles a pllaçàe den la cunversaciun
    Ché nous, o vat tout seùl, o patine pa, o force rèn :

    I anghi ché vous,
    T’anghis ché zàus,
    Al anghit au lavour,
    I y anghiriun yèr au sàe
    Vous y anghiriéz vous-tou,
    Le y anghiriant trtouts.

    É lai-tou, çhéte draullére d’Alice,
    Mén i aràe velu qu’a cunprénghisse
    Prquoe qu’i velàe pa qu’a y anghisse... »


    Mais le faiseur de rimes s’est fait aussi lexicographe, en animant, à partir de 1967 et pendant une trentaine d’années, et à raison de six fois par an ce qu’il appelait alors L’Équipe de la Crèche. Celle-ci se réunissait dans une salle mise à la disposition par la commune pour y décliner les mots de tous les jours, techniques, familiers, concrets ou abstraits, moraux ou satiriques, dans le dessein de les coucher dans un « grand livre ». En effet, la Société d’études folkloriques du Centre-Ouest (SEFCO) avait avancé, à partir de 1965, l’idée de réaliser un dictionnaire ou un glossaire des « parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois ». Après bien des déboires, des difficultés, des lassitudes, des abandons, des décès, des chamailleries, celui-ci a finalement vu le jour, sous les efforts conjugués d’Ulysse, de Jacques Duguet, de Jean-François Migaud, de Michel Renaud, et des nombreux collaborateurs de toute la région Poitou-Charentes qui ont apporté leurs contributions. Mais, on doit beaucoup à l’enthousiasme, à la ténacité et surtout à la « diplomatie » d’Ulysse Dubois, la conduite à bonne fin de cette entreprise remarquable d’un ensemble de cinq volumes réalisés entre 1992 et 2004.
    Ainsi non seulement est-il l’un des principaux artisans de cette somme linguistique, mais encore le « chef de file » de quelques praticiens de la langue régionale, au rang desquels Suzanne Bontemps et Robert Beau qui créent dans une perspective tendre et poétique, parfois nostalgique, loin de la facilité qui consiste à n’utiliser le poitevin que dans un registre où le comique a trop souvent servi d’alibi à stigmatiser certains traits stéréotypés du comportement paysan, des citadins et de la femme, souvent peu considérée. Son poème La Vièlle illustre parfaitement l’orientation humaniste de sa créativité :

    Quant al at réçounai avéc rén qu’ine patate,
    In petit réchtant de pouràie, ine poume é tres caleas,
    Qu’al at mi in petit de lét den l’éçheule a sa chate,
    A s’assit devant le foujhàe, é pi qu’ét o qu’a fét ?
    A dort in petit, la viélle...

    « Velàu boere in cot, facteùr ? Merci pr lés nouvéles !
    Y at o rén que le jhornal ? Qu’ét o dun qu’o y at de neù ? »
    A s’assit den la fenàetre pr lire la pajhe de Méle ;
    Moén d’in quart d’eùre enpràe, la vela çhi dort dessu.
    A dort souvent, la viélle.

    L’artiste du quotidien

    Mais l’homme de lettres se double de l’artiste, de l’homme de scène, friand du contact direct et non médiatisé avec son public. Il excelle dans le genre, et si l’on ne rit pas gras, on y sourit, ce qui lui convient parfaitement. Cette gratitude discrète des « gens qui s’y reconnaissent » suffit à la plénitude de sa performance d’acteur. À l’aise dans ce timbre grave et puissant de celui qui joue allègrement avec les mots d’une apparente légèreté, il a le talent d’un jongleur à vous couper le souffle. Ainsi, par exemple, le voilà à balancer des ssssssssssssss des chchchchchchchch et encore des çhçhçhçhçhçhçh, qui fleurissent dans les gorges pèleboises. Il s’y découvre roi des virelangues lorsqu’il vous chuinte son Sou çhau chou (sous ce chou !) qu’il a déjà servi deux cent quarante fois à des publics médusés :

    Çhi çh’at dit çheù ?... hén ! Çhi çhi at dit çheù ? Çhi ét o çhàu ou çhi ét o çhéle çhi at dit çheù ?
    O n-ét cheùt de çhàus d’içhi ?
    Pa çhàu çhi at lés piàus çhi çhi cheùsant su sés usses ?
    Pa çhéle çh’at çhau chignun çhi démanche ?
    Pa çhàu çh’at çhau chéti chapea ch’ét cheùt ?...


    S’il y a du Devos en lui, et du meilleur, il y a aussi du Rabelais et du Prévert. Il faut l’avoir vu et entendu mettre en vers chantés ses interminables inventaires de patronymes féminins des grands-mères, Les Nums daus nenaes : « ... Mausàie, Salàie, Bosbue, Marbue, Barillote, Bisote, Papote, Popinote, Baudouine, Bévine, Chatine, Niauline, Sabourine, Martine, la felle a Martin, Peloçhine é Robine, la felle a Robin... » et il vous en aligne comme ça les deux tiers de la commune. Il a la rime facile et le sens des alliances de sons et de mots.
    Son public, c’est « le » public ; aucun cabotinage ne l’habite. Il se plaît autant à dire son fait qu’à se dire lui, autant sur les meilleures scènes régionales, dans les bibliothèques et médiathèques, qu’à l’issue d’un banquet ou d’un repas entre bons amis. Parce qu’Ulysse, c’est d’abord un ami ; votre ami.


    Michel et Michèle Valière, L'Almanach du Poitevin 2006, CED.


    Ouvrages d’Ulysse Dubois :

    A l’inbre dou tilell, Mougon, Geste paysanne / Atelier parlange de l’UPCP, 1986.
    Écrivajhes, Mougon, UPCP, Geste paysanne, 1985 (pp. 131-135), en collaboration avec 52 auteurs de 1850 à 1984.
    Va lou dire, Içhi queme allour, Geste éditions, 1993, en collaboration avec Robert Beau (Plus cassette).
    Le Livre d’imajhes, La Crèche, Geste éditions, 2001.
    Glossaire des parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois, Saint-Jean-d’Angély, SEFCO, 5 vol. (1992-2004), en collaboration avec Michel Renaud (vol. 1-5), Jean-François Migaud (vol.1-4), Jacques Duguet (vol. 1-3), James Angibaud (vol. 5),

    Discographie :

    Contes et nouvelles du Pays Pèlebois, n°1, disque vinyle, 30cm, 33t, ADAC / UPCP-Geste paysanne.
    Contes et nouvelles du Pays Pèlebois, n°2 , disque vinyle, 30cm, 33t, ADAC / UPCP-Geste paysanne.
    En collaboration avec Gérard Pierron et al. : Les Cent printemps des poètes, disque vinyle, 30cm, 33t, Jam, éd. Christian Pirot, 0485 / EB54, Enregistrement public au Printemps de Bourges, 1985 (Prix Académie Charles Cros).
    Venez vous sacàe den ma chaçun, CDUP87, Parthenay, Geste éditions, 2001.