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Belleville

  • L'enfant et sa branche d'olivier : Les rêves de paix d'Emile

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    Emile M. était l'un de ces nombreux agriculteurs du Pays civraisien. Issu d'une famille de six enfants, il participait à l'exploitation d'une ferme en Pays Charlois. Il aimait le travail de la terre mais il aimait aussi le travail du bois, en fait il « n'avait pas de démain ». Il réparait facilement les galoches et coupait aussi les cheveux. Pendant la "Grande guerre", il gravait des douilles d'obus comme bien d'autres poilus. Convertir en vases et objets décoratifs ces engins de mort était un petit artisanat toléré par la hiérarchie militaire. Son capitaine qui admirait son savoir faire lui commanda quelques petits objets dont un panneau commémoratif de bois pour une église dans laquelle il voulait laisser un souvenir pieux. Il façonnait ces ouvrages avec un couteau et quelques outils de fortune quand le front lui laissait un peu de répit. C'était une manière de dépasser la tragédie du moment.
    A son retour, en souvenir de tous ces « rêves de paix », il offrit à sa commune, Lizant (Vienne) un petit panneau de bois sculpté représentant un enfant cheminant avec un gros rameau d'olivier. La tradition rapporte qu'il était été réalisé sur le même thème que celui qui avait été offert par son capitaine à l'église de Belleville en région parisienne (?). Comme il découpait et fabriquait ses cadres, il prit un grand soin pour y inscrire la formule d'hommage à ses camarades : « Commune de Lizant. Aux morts pour la France. 1914-18». Pour donner plus de solemnité il entoura le panneau de rameaux de chêne et d'olivier. On se souvient encore de cet « ancien » très habile qui fabriqua pour ses enfants et ses connaissances des rouets pendant la Seconde Guerre mondiale alors qu'on manquait de tout y compris de fil de laine !
    Une belle manière de ne pas couper le fil du temps si souvent entortillé par la folie des hommes.
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    © Daniel Bourdu. 2007.
    Merci à Daniel Bourdu de nous avoir permis d'utiliser sa note et sa photographie.