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Michèle Gardré-Valière

  • Index (provisoire) de chansons de tradition orale recueillies par Michèle Gardré-Valière et Michel Valière

     

    Index (tout-à-fait provisoire) des incipits de chansons de tradition orale du Fonds Michèle Gardré-Valière et M.V., recueillies en Poitou et Centre-Ouest, à partir de 1964 (mis à jour le x décembre 2011) :

    À Chez-Blanc petit village

    À dix-huit ans, la petite Joséphine

    À dix-huit ans, j’avais six amoureux

    Ah ! Ah ! Ah ! dit la chandelle

    Ah ! De bonjour gentille bergère

    Ah ! J’ai fait mon Tour de France et m’y voilà de retour

    Ah ! Ma douce amie, que cette fleur qui est sur ton front

    Ah ! Mon beau château

    Ah ! Que les femmes al y sont sottes

    Ah ! Qu’elle est gentille ma fille

    Ah ! Qu’elles sont bêtes les femmes

    Ah ! Qui la dansera le mieux, la guimbarde

    Ah ! Qu’il est malade ce bras

    Ah ! Si tu veux belle Isabeau je ferai ta fortune

    Ah !  Tout un jour je m’y promène           

    Ah ! Tu l’emmènes, tu l’emmènes, ma mignonne

    À l’âge de quinze ans, Rosette se marie

    À la malaco, l’on chasse

    À la manico on y danse on y danse

    À l’âne, à l’âne

    Allant à la fontaine pour cueillir du cresson

    Allez, allez Joli Vermé

    Allons la belle voilà que c’est nuit

    Allons ensemble les camarades là

    Allons mon ami Thomas, tu t’approches de la rabistoquette

    À l’ombrage sous l’ormeau

    Amène-la donc ta penaillon

    Amène-lou donc ton penaillon

    À Paris chez ma tante un oranger l’y a

    À Paris, mesdames, devinez ce qu’il y a

    À Paris sur le youp youp nipe nipe

    À Paris y avait un marchand

    À quinze ans j’étais gentille

    Arrêtez arrêtez cocher

    Arrousons-nous la dalle, la dalle

    À Saint-Romain, c’est un petit bourg

    Au bal de Chez Tapon, mon chausson a pas de bavette

    Au bout de la septième, l’amant est revenu

    Au jardin de mon père, il y a des orangers            

    Au jardin de mon père, ô joli cœur de rose

    Au régiment, on a de l’agrément

    Beau rossignol de France

    Belle, avant de t’y quitter, veux-tu m’y faire la promesse

    Belle batelière Élisabeau

    Belle fillette y gardant son troupeau

    Belle si j’étais dans ton vert pré

    Belle si i étions dans ton vert pré

    Bigorneau, bigorneau

    Biquette veut pas sortir des choux

    Boés, boés, boés en donc de thio petit vin

    Bonhomme en s’y rendant de la foére

    Bonjour bonne maman je suis dans la tristesse

    Bonjour cabaretière

    Bonjour mademoiselle

    Bonjour ma bonne mère, je suis dans la tristesse

    Bonjour madame la Marceline

    Bonjour, mademoiselle, comment vous portez-vous

    Bonjour ma petite bergère, aimable Jeanneton

    Bonjour monsieur le curé, ma bourgeoise m’a-t-envoyé

    Bonjour petite bergère à quoi y pensez-vous

    Bonjour petite bergère au clair de ce beau jour

    Bonjour petite bergère

    Bonjour petite bergère            (là-haut sur ces roches)

    Bonne maman je suis fort ennuyée

    Bonser, petit bonhomme, la la

    Bonsoir messieurs, mesdames, comment va la santé

    Bourguignon, que tu danses bien

    Buvons en de cet enfant qu’on a trouvé dans les vignes

    Buvons, trinquons, divertissons-nous

    Buvons un coup laissons point de terre

    Ce sont trois voltigeurs qui s’en vont en Égypte

    C’est la fille à Jean Brisquet

    C’est la fille de la meunière qui se balade avec Thomas

    C’est là-haut sous l’ormeau

    C’est la manico qu’on y danse

    C’est la petite Germaine, mariée dès onze ans

    C’est la petite Germaine, s’y marie dès douze ans

    C’est le boutineau qui se danse qui se danse

    C’est le curé de Nantes

    C’est le dimanche dans la matinée

    C’est une belle aux yeux bleus

    C’était le curé de Saint-Denis

    C’était la fille d’un geôlier

    C’était la fille d’un perruquier

    C’était le duc de Bourbon

    C’était pour la veille de la Saint-Jean

    C’était pour un premier mai

    C’était pour un premier de mai

    C’était trois jeunes garçons qui s’en vont en Afrique

    C’était un capitaine le soir de ses noces

    C’était une bergère, rouli, roulons, roulette

    C’était une jeune fille qui n’avait pas quinze ans

    C’était une fille aux grands yeux bleus

    C’était une fille, une jolie fille

    C’était une fille muette

    C’était une jeune fille qui voulait s’y marier                        (la fille du père millionnaire)

    C’était une pauvre vieille qui menait son âne aux champs

    C’était une petite lingère

    C’était un moine, prieur du couvent

    C’était un moine qui s’appelait Simon

    C’était un petit moéne, qui d’amour vivait

    C’était un vieux paysan, revenant de l’ouvrage

    Cette nuit j’ai fait un rêve

    Chez nous dans le temps

    Chez nous i avions daus bœufs

    Chez nous avions une âne toujours

    Chez nous j’avions un jau

    Chez nous, nous étions trois filles

    Connaissez-vous Gabériole

    Connaissez-vous la triste histoire de celui qu’on nomme Beau-blond

    Dans ce petit bois, ah ! devinez ce qu’il y a

    Dans ce petit bois charmant

    Dansez donc les filles, dansez donc les gars

    Dans le jardin de ma tante, il y a un cerisier

    Dans le pays de la Gâtine

    Dans un bocage

    Dans un chemin l’y passe trois gentils capitaines

    Dans une maison, il y a trois filles

    De bon matin, le grand Pierre se lève

    De bon matin je me suis levé

    Dedans notre village, il y a-t-un avocat

    Dedans la Tour de Londres, là-haut, là-haut

    Dedans la ville de Lyon, il y a une geôlière

    Dedans Paris la grande ville

    Dedans Paris l’y a-t-une danse

    Dedans Paris l’y a une gentille brunette

    Dedans Paris l’y a une jeune couturière

    De me marier-t-o y a quinze ans

    Derrière chez mon père                                    (le pommier doux)

    Derrière chez nous, il y a des choux

    Derrière chez nous, savez-vous ce qu’il y a

    Derrière chez nous y a-t-un étang            (elle ne sera pas fille longtemps)

    Derrière chez nous y a-t-un étang             (et la deridondaine)

    Derrière chez nous y a-t-un étang            (la voilà la table des bons enfants)

    Derrière chez nous y a-t-un étang              (le foin coupé, il faut le faner)

    Derrière chez nous y a-t-un étang            (ô ma gentillette)

    Derrière chez nous y a-t-un étang             (tambour battant)

    Derrière chez nous y a-t-un petit bois            (qui nous amène des noix)

    Des artichauts des choux pommés, dans le jardin de la jardinière

    Des boudins des boudins de ma grand-mère

    Deux gros nigauds de notre village

    Dis-moi beau grenadier

    Dimanche au soir à ma porte

    Ding dong carillon qui qu’est  mort

    Dira-t-elle oui sans rire ?

    Dites donc vous autres les filles à présent

    Dodo berline, sainte Catherine

    Dodo petite, sainte Marguerite

    D’où venez-vous tout crotté monsieur le curé

    D’où viens-tu mon gentil bossu

    Écoutons l’aventure, c’est d’un jeune guerrier

    Eh, vins donc là camarade bergère           

    Élise, Élise était sous ses ormeaux

    Elle a dit oui sans rire

    En m’y rendant de la foère

    En m’y rendant de métives

    En m’y rendant des noces, buvons nous allons

    En m’y rendant des noces de mon neveu

    En passant devant sa porte, trois petits coups frappa

    En passant devant un pré, les grillons chantaient

    En revenant de Saint-Denis-t-en France

    En revenant des noces, buvons nous allons

    En revenant des noces, buvons nous y en allons

    Et à Paris, y a-t-une vieille

    Et en revenant de Saint-Gilles

    Et toi, ma brunette, veux-tu te marier

    Et vous l’avez ben tous connus

    Eugénie, les larmes aux yeux

    Faut pas de bourse à ces jeunes gens

    Fillettes de quinze ans faites donc pas tant les fières

    Fume ta pipe Napoléon

    Hélas mon père m’a mariade

    Hélas mon père m’y marie

    Henriette était fille d’un baron de renom

    Holà ! ma petite mère

    I la mangerons la soupe la soupe

    Il avait courte taille, on l’avait marié

    Il est mort le père aux louis d’or

    Il était une petite bergère qui les gardait ses blancs moutons

    Ils étaient trois conscrits qui s’en vont à la guerre

    Il y a un petit bois

    Il y a-t-un bon prêtre dans notre village

    I vas vous chantar une chanson qu’ol est ren que daus menteries

    J’ai bien servi pendant sept ans la France

    J’ai cueilli une belle rose

    J’ai de la richesse et de beaux châteaux

    J’ai demandé à ma femme, j’ai demandé son avis

    J’ai demandé-z-à ma mère, la mariée quand je la serai

    J’ai fait l’amour à une brune

    J’ai fait une maîtresse trois jours y a pas longtemps

    J’ai fait une maîtresse y a pas longtemps

    J’aime la galette

    J’ai plumé la tête de mon alouette

    J’ai quinze ans et je suis sage

    J’ai un amant, deux j’en voudrais

    J’ai vingt-cinq ans, ah ! je suis sage

    J’ai vu le loup, le renard, le lièvre

    J’avais deux camarades

    J’avais rêvé de vivre sans ménage

    J’avais une maîtresse aux Trois Piliers

    Je me lève de bon matin quand le soleil se couche

    Je m’en fus cueillir des noix

    Je me suis engagé pour l’amour d’une blonde

    Je me suis-t-engagé dans le régiment de France

    Je mets ma charrette sur mon dos

    Je ne veux plus garder les vaches

    J’enlève de ma pochette

    Je passai derrière le bois, le coucou chantait

    Je sais bien une chanson de pur mensonge

    Je suis lasse d’être fille

    Je suis venu ce soir du fond de mon bocage

    Je suis venu pour vous tromper

    Jeune militaire revenant de guerre

    Je viens t’y dire adieu, ma charmante Marie-Louise

    Je viens t’y voir ma bergère du champ

    La bèla Janèton

    La boulangère a des écus

    La fiancée nous l’emmenons            (petit papillon volant)

    La fille d’un geôlier

    Là-haut, là-haut, sur la montagne, il y a trois petits moutons blancs

    Là-haut parmi ces champs

    Là-haut, sur ces chaumettes

    Là-haut sur la montagne, trois petits oiseaux chantaient

    La lessive est roulée

    L’alouette sur la branche

    La Magali voulait bien dormir

    La mariée qui perd son chignon

    La mariée s’en va devant

    La mariée s’en va devant            (la foére qui la galope)

    La mariée s’en va vite vite la mariée s’en va l’a ripé

    La mère Fanchette arrive avec son caillon

    La mère Gauduchon s’en va-t-au bois

    La mère Julie veut s’y marier

    La monterons-nous la côte la côte

    La quarante est là qui ne tremble guère

    L’autre jour en se promenant

    L’autre jour je m’y promène

    L’autre jour, un jour de foire

    La vieille a mis son bea caillon

    Le bonhomme en s’y rendant du bois                       

    Le coucou s’en va nous ne le verrons guère

    Le curé ne veut pas que thiés gars bigheant

    Le fendeur dans les bois, dans sa loge jolie

    Le jour qu’i étais la mariée

    L’entends-tu, mignonne

    L’entends-tu mon goret, ma bernée bouille

    Le numéro un est arrivé, sur la marine faudra aller

    Le père Mathurin n’a plus de chapeau

    Le premier est un pêcheur

    Le roi a une fille à marier

    Le roi avait un fils

    Les filles de Saint-Maurice s’en vont à la ballade

    Les voici les voilà les culottes rouges

    Le vieux bigeait la vieille, la vieille bigeait le vieux

    Ma bonne amie, je t’y fais mes adieux

    Mademoiselle, vos yeux sont languissants

    Ma douce amie que cette fleur qu’est sur ton front

    Ma femme al est malade, en grand danger d’y mourir

    Ma femme m’y dit de bercer le pouperon

    Ma fille pour ton mariage

    Ma journée est finie

    Ma maman ne veut pas payer

    Maman je voudrais maman je voudrais

    Ma mignonne est au village, au village tout là-bas

    Ma poulette a trois poulets

    Maréchal de France revenant de guerre cherchant ses amours

    Margoton prend son panier  la voilà partie-z-aux mèles

    Marie dans le mariage

    Marie-Jeanne s’en va-t-au moulin

    Marie-Madeleine a les pieds petitons

    Marie, ma petite Marie

    Mariez-moi ma mère dès l’âge de quinze ans

    Marion tu perds ton chignon

    Martin va-t-au bois

    Mathurine en jupon court s’en va à la messe

    Ma tunique a un bouton, marchons

    M’en vais-t-à la foire de Parthenay

    Mes amis faites attention que je vous dise une chanson

    Mes chers amis, je vais vous chanter

    Mes petits gorets dansiant

    Messieurs, j’ai fait connaissance

    Mettez le foin au râtelier, voilà les oueilles qu’arrivent

    Mon Jean, Petit-Jean s’en va-t-aux vignes                       

    Mon mari était malade

    Mon père avait cinq cents moutons

    Mon père avait un carré de pois

    Mon père avait une âne

    Mon père galopait

    Mon père le m’y marie dès l’âge de quinze ans

    Mon père m’a donné des rubans, des rubines

    Mon père m’a donné-t-en maridatge

    Mon père m’a mariée à quinze ans et demie

    Mon père m’envoyait au marché

    Mon père m’y marie en croyant d’y bien faire

    Mon père s’en va-t-au marché, ma mère s’en va-t-aux noces

    Mon père voudrait m’y marier

    Morbleu de ventrebleu, dis-moi donc, belle Madelon

    M’y promenant sur la Charente  faisant mon tour faisant ma ronde

    M’y rendant de la foére

    Napoléon disait à Joséphine

    Ne l’ai-je pas bien passé mon temps

    N’entends-tu la biche dedans les bois

    Nous avions une chèvre qu’était intelligente

    Nous étions trois filles, bonnes à marier

    Nous sommes venus ce soir

    Nous sommes venus vous voir

    Oh ! J’ai-t-un petit oiseau Isabeau

    Oh ! Le joli petit métier

    Oh ! Que je l’aime, oh ! Que je l’aime la fille de l’Auvergnat

    Oh ! Sur le pont de Nantes la veille de la Saint-Jean

    Ol était la mère ageasse

    Ol était une chèvre qui va jamais aux champs

    Ol était une petite vache noire

    Ol était un garçon que l’appeliant Simon

    Ol était un petit bonhomme            (le cuilleri)

    Ol était un petit moine qui d’amour vivait

    O m’est venu commandement

    On y danse la lourde

    Où allez-vous si pressé, curé,curé

    Où est la marguerite

    Où vas-tu belle boiteuse

    O vinguit un ordre chez nous

    Papa, maman, mariez-moi

    Par derrière chez mon père, y a-t-un petit bois charmant

    Pas de lièvre, pas de lapin

    Père père regardez si vous m’aimez

    Perrine était chambrère

    Pète donc vieille tant que tu voudras

    Petit capitaine revenant de guerre en cherchant ses amours

    Petit-Jean, Petit-Jean s’en va-t-aux vignes

    Petit tambour se revenant de guerre

    Piquons, belle Madeleine

    Pour bien la dançar

    Pour danser le rat

    Prends tes bots guenipe

    Prête-moi ton couteau

    Quand j’atais chez mon père

    Quand j’étais apprenti pastouriau chez mon père

    Quand j’étais chez mon père, fillette à marier

    Quand j’étais chez mon père, fillette à marier dondaine

    Quand j’étais chez mon père, garçon à marier, voyez

    Quand j’étais chez mon père, lon et la, tra la la, fillette à marier

    Quand j’étais chez mon père, mon père Landerniau

    Quand j’étais chez mon père, oueille la coue nègre, fillette à marier

    Quand j’étais chez mon père, petite à la maison

    Quand j’étais chez mon père, petit gars pastouriau

    Quand la bergère s’en va-t-aux champs, toujours filant

    Quand la bergère s’y en va-t-aux champs filant sa quenouillette

    Quand la Marion s’en va au molin                        (filar sa colha de bren)

    Quand le curé s’en va pour cueillir la noisette

    Quand les garçons partiront, toutes les filles pleureront

    Quand le valet s’en va-t-aux vignes

    Quand Marianne va-t-au moulin

    Quand Margoton s’en va-t-au bois

    Quand Margoton s’en va-t-aux mèles, son panier sous son bras

    Quand mon père s’en va-t-au marché

    Quand un beau jour je m’y promène (turlututu)

    Quand un jour je m’y promène tout le long de ces vallons

    Quitte ton troupeau bergère

    Qui veut savoir une chanson            (c’est d’une fille et d’un garçon)

    Récitons l’aventure, c’est d’un jeune écolier

    Réveillez-vous la belle, je viens vous avertir

    Rossignolet du bois joli

    Rossignolet du bois, rossignolet sauvage

    Rossignolet sauvage, rossignolet des bois

    Sainte Marguerite, endormez-moi cette enfant

    Sargallon s’en va-t-à la messe

    Saute, saute, les poils de mes chausses

    Sautez donc, vous n’y sautez guère

    Sautez mesdemoiselles

    S’en allant à la fontaine pour cueillir du cresson

    Si j’avais une femme

    Si je suis fillette sans amant

    Si je viens t’y voir ma charmante maîtresse

    Si tu cheus dans thio creus, malireu

    Si tu savais mignonne

    Sous ces trois rosiers blancs

    Sur la rivière de Bordeaux

    Sur le pont du Nord, joli cœur de rose

    Sur mon chemin, j’ai rencontré les filles du coupeur de paille

    T’as bu bonhomme

    T’aras de l’aglland

    Tins-te ben i allons galoper

    Tombis, m’y cassis la jambe

    Ton beau temps, ma jeune fille

    Ton devanteau ma chambrière

    Ton petit cotillon Lisette (ou Marjolaine)

    Ton petit chien bergère

    Tout le long de la mer, lon, la

    Tout près d’un cerisier, y avait une jolie fille

    Tout un jour s’y promène tout le long de ces vallons

    Trempez la soupe, trempez la donc

    Trois beaux navires sont arrivés

    Trois fois passera la dernière la dernière

    Trois jeunes tambours revenant de la guerre

    Trois matelots, leur pipe allumée

    Tu l’apporteras le petit pot, le petit pot

    Tu m’as fait venir ici mei

    Tu n’auras pas ma queue de mouton, ma tante rose

    Une coquette de Paris

    Un beau jour je me promène tout le long de ces vallons

    Un biau jour de fête

    Un dimanche après les vêpres

    Un jour ma tant plantit un pépin dans son jardin

    Un jour un jour m’y promenant

    Un jour une bergère appelée Isabeau

    Un oiseau sur la branche faisait cui cui

    Veux-tu veux-tu ma mignonne

    Viens, viens, viens, malheureuse viens

    Vins donc fainéant

    Vire tes oueilles, berghère

    Vive les conscrits de Saint-Gaudent

    Voici la Saint-Jean la grande journée

    Voici le mois d’avril rendu

    Voilà Christophe parti au marché

    Voilà la poule, avec ses quatre poulets

    Voilà un an et demi qu’on a marié la petite Marie

    Vous n’irez plus au bal madame la mariée

    Y a trois hussards allaient en promenade

    Y a-t-une jeune mariée qui regrette bien ses amours

    Y a-t-un nic dans thio prunier

    Y a-t-un rat dans le grenier

     

    (Pour tout renseignement éventuel, nous contacter)

  • Au mois de décembre, les visiteurs du blog ont pris le temps de parcourir le site

    Photo0049.jpg

    Bonhomme des mains de Hugo et de Marius (© Cl. de Marius Valière, Gençay, déc. 2009)

    Pendant ce mois de décembre neigeux, le site de Belvert a reçu 3822 visites, soit en moyenne journalière de 123 visiteurs  avec un maximum de 147, une journée faste. L'ensemble correspondant à 1086 visiteurs uniques. Ce sont 14588 pages qui ont été parcourues, par les visiteurs mais aussi par les divers "robots"  qui en assurent la diffusion sur le net, ce qui attire des visiteurs canadiens, étatsuniens, marocains, belges, italiens, suisses   et, bien entendu, "hexagonaux"... La moyenne quotidienne des pages parcourues est de 470, avec un pic journalier  à 1407.

    Nous nous en satisfaisons, même si nous pouvons espérer encore de nouvelles visites et de nouveaux visiteurs. Merci à tous, et grand merci aux "assidus" qui sont pour nous d'authentiques collaborateurs par les données qu'ils nous adressent et  les remarques et développements d'actions qui peuvent s'ensuivre.


    P.S.  Le pilote du jour est en quête de savoir comment maîtriser sur ce nouveau format de note la "taille des polices" .


  • Meilleurs vœux pour 2 0 1 0 aux visiteurs de Belvert, familiers, curieux de passage ou/et égarés... tous bienvenus.

     

    Voeux 2010b.JPG

    Un petit potache de clerc du début du XII° siècle (dessiné sur un "missel à l'usage de Beauvais") est chargé de vous souhaiter à tous nos meilleurs voeux pour 2010.

    (Sur une idée de notre ami et collègue, Luc Bourgeois). ©Tous droits réservés.

     

  • Avec les visteurs de l'ethnoblogue Belvert, et par la grâce d'Hautetfort.com, on se sent moins seul sur le territoire de l'Île pictocharentaise du Tamalou

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    En ce mois d'octobre écoulé, l'ethnoblogue Belvert a reçu 3612 visites, correspondant à 1342 "visiteurs uniques". Soit une moyenne de 116 visiteurs par jour avec une journée plus faste à 156.

    La majorité des  visiteurs est matinale (vers 07 heures, justement où là  je me retire de mes songes et de mes plumes pour vous lire, vous écouter  et engager avec vous une nouvelle et sereine journée).

    Bravo à vous toutes et tous, répartis aux USA, au Québec (Canada), au Royaume Uni, en Espagne, en Belgique, en Suisse, en France des régions, naturally ! et merci encore et davantage à ceux d'entre vous qui nous aident par l'envoi d'informations (ouvrages à paraître : merci Domenge !), de critiques, d'encouragements ou de  compliments. l'annonce de manifestations culturelles, le prêt de photographies (merci Véro, Orci, Bernard, Marion...)

    Le nombre de pages consultées ce mois-ci est de  9818... soit une moyenne de 316 pages par jour avec une journée à 615... (Il n'est prévu ni interro-écrite, ni contrôle des connaissances.)

    Parmi les pages vedettes : La lirette (bravo Laurence !) ; La conservation du Patrimoine ; et bien sûr le Jardin de Gabriel dont la sauvegarde inquiète beaucoup d'amis du jardin, mais aussi nombre de visiteurs occasionnels. Faites-nous part de vos émotions, de vos suggestions, de vos propositions en faveur de ce site dont le caractère exceptionnel ne vous a pas échappé...

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    © Bernard Maingot, 11 oct. 2009 (Merci cher Bernard).
    Michèle Gardré-Valière présente sa communication lors du colloque d'Aguiaine-SEFCO sur le "Patrimoine immatériel", dans l'Abbaye royale de Saint-Jean-d'Angély.

  • Pour nous contacter par électrogramme

    Pour nous contacter par électrogramme, écrire à cette adresse:

    michelvaliere@orange.fr

    Une réponse, le cas échéant, vous sera adressée dans les meilleurs délais.

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    © Tous droits réservés.

  • Actes du septième Colloque international de Lyon, du 16 au 18 juin 2003

     

    Signalé On line:
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    Canadiana Romanica:

     

    Français du Canada – Français de France VII

    Actes du septième Colloque international de Lyon, du 16 au 18 juin 2003

    Edited by Horiot, Brigitte; Bignamini-Verhoeven, Chiara

    Berlin, New York (Walter de Gruyter – Max Niemeyer Verlag) 2008

    eBook ISBN: 978-3-484-97055-7

    Print ISBN: 978-3-484-56022-2

    Table des matières

    Brigitte Horiot, Présentation

    La recherche lexicographique

    3

    Brigitte Horiot, Le rôle de MgrGardette dans la naissance des études lexicologiques au

    Québec………………………………………………………………………………...

    5

    Hélène Cajolet-Laganière, Geneviève Labrecque, Pierre Martel, Chantal-Édith Masson,

    Louis Mercier et Michel Théoret, Dictionnaires usuels du français et Banque de

    Données Textuelles de Sherbrooke (BDTS) : convergence et divergence des

    nomenclatures ………………………………………………………………………...

    9

    AnnettePaquot, Heursetmalheursdes dictionnaires au Québec : des débats révélateurs

    29

    II. Langue et idéologie ………………………………………….…………………….

    37

    Lionel Meney, Langue et idéologie : aspect du champ linguistique québécois………….

    39

    III. L’apport des atlas linguistiques………………………………………………….. 49

    Jean-ClaudeBouvier

    ,

    Quelques considérations sur le vocabulaire de la « terre cultivée »

    dans les parlers québécois et les parlers gallo-romans……………………………….

    51

    Liliane Rodriguez, Le rôle des Atlas régionaux dans la description du français au

    Manitoba………………………………………………………………………………

    57

    Naomi Statkewich-Maharaj, La coccinelle et ses désignations lexicales dans le Sud

    de la France…………………………………………………………………………...

    67

    Catherine Bougy, Variations graphiques et particularités dialectales dans les deux

    manuscrits du Roman du Mont Saint-Michel de Guillaume de Saint-Pair (vers 1155).. 81

    Chiara Bignamini-Verhoeven, Analyse linguistique et stylistique des franco-canadia-

    nismes dans La Montagne Secrète de Gabrielle Roy ………………………………… 105

    IV. La langue dans l’histoire et dans l’espace………………………………………. 135

    Jean-Denis Gendron, Aperçu sur la formation et l’évolution de la prononciation du

    français au Québec, des origines à nos jours…………………………………………. 137

    Lothar Wolf, Le mauvais usage dans le royaume de France au 17

    e

    siècle et ses

    survivances au Canada……………………………………………………………….. 151

    V. Les enquêtes sociolinguistiques …………………………………………………. 159

    Patrice Brasseur, Les compétences linguistiques des jeunes locuteurs franco-terre-

    neuviens………………………………………………………………………………. 161

    Ursula Reutner, Aspects d'une comparaison sociolinguistique entre le Québec et les

    Antilles françaises ……………………………………………………………………. 183

    Page 2

    Table des matières

    vi

    Louise Péronnet et Sylvia Kasparian, Le français standard acadien (à l’oral). Analyse

    des prépositions : procédés de variation……………………………………………... 199

    Fabrice Jejcic, Pratiques de l’écrit et perception de la norme : une enquête en France

    et au Canada en 2002…………………………………………………………………. 209

    Liselotte Biedermann-Pasques, Bilan des rectifications de l’orthographe : une enquête

    dans la francophonie (France-Canada 2002-2003)…………………………………… 233

    VI. Chants folkloriques des deux côtés de l’Atlantique ……………………………. 257

    Michèle Gardré-Valière et Michel Valière, Chansons en regard…………….…………. 259

    VII. Conclusions du colloque.......................................................................................... 273

    Jean-Claude Bouvier, Conclusions………………………………….…………………… 275

    Liste des participants…………………………………………………………………….. 279

     

        * VI. Chants folkloriques des deux côtés de l’Atlantique

        p.  259-272

          Chansons en regard, par

          Michèle Gardré-Valière et Michel Valière

          Published Online: 4/12/2008.

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  • Retour sur des collectes en Poitou: J. Bujeaud, L.Pineau, M.&M Valière

    Sorti de nos cartons, ce texte est susceptible de retenir l'attention des passionnés de littératures orales...

    Suivre ce lien : A propos des collectes Valière.pdf

     

  • Cette année, il y aura du 9... !

     

    Meilleurs vœux à tous, pour l'année 2009 et, qu'en
    dépit d'une crise annoncée, elle vous soit riche et
    favorable, pleine de projets, et surtout apporte La
    Paix !
    photos 476 k° Esse008.jpg
    ... Et puis, Esse, en Charente Limousine, est un si
    beau village que nous souhaitons
    à vous tous,visiteurs et passants, d'y mettre le
    pied cette année, puisque vont s'y dérouler (en
    juin) les Ostensions septennales, une
    manifestation multiséculaire ...
    Livre d'esse.jpg
    Avec toute l'amitié et l'attention des pilotes
    hibernants,  revenus pour quelques instants à la
    barre...

     

  • Madame la co-pilote a délaissé sa coiffe ...

    Michèle.JPGEn époussetant les cartons et les liasses paperesques sédimentées sur nos pupitres, sous nos pupitres, dans les commodes et armoires, dans les différents classeurs, nous avons ressorti la petite photo d'identité qui signe actuellement l'ethnoblogue. Elle s'adresse aux anciens élèves des années 60 qui auront davantage retenu cette image... La pliure qui l'affecte est tout de même là pour rappeler les injures de la nature et du temps.

  • « Marianne et son âne Martin, si n’en parlions?»


    « Marianne et son âne Martin, si n’en parlions ? »
    par
    Michèle Gardré-Valière
    *
    Comme suite à l’article de La Petite Châtenette sur la fête du 14 juillet et de la chanson qui accompagnait l’envoi et qui figure dans ce numéro-ci d’Aguiaine (n° 263, nov.-déc. 2007, pp.17-18), sous le titre de Marianne et son âne Martin, je vous propose (pp. 25) quelques
    remarques sur les chansons relevant de la même rubrique (21) du Répertoire établi par Patrice Coirault et alii. L’auteure nous dit « tenir » cette chanson de sa grand-mère maternelle qui la détenait elle-même de sa propre grand-mère. C’est dire si ce texte chanté s’inscrit bien dans sa tradition orale familiale, aux origines lointaines et à des temps indéterminés. De son côté, une de nos informatrices de Champagne-Mouton (Charente), Marie Vidaud, nous dit un jour à propos d’une version qu’elle connaissait : « Celle-ci, c’est une chanson vraiment populaire ». Elle
    l’estimait ainsi en regard de toutes les autres, plus rares, qu’elle nous avait chantées et que
    nous avions enregistrées d’elle. « Populaire », en effet, elle l’est bien, comme le justifiera un rapide survol de la littérature ethnographique. Pour en juger, il suffit de se reporter au tome I du Répertoire des chansons françaises de tradition orale de Patrice Coirault (BNF, 1996), qui en a regroupé de nombreuses références, sous la rubrique 21 – LARCINS I, Filles au moulin, sous le numéro 2112, Marianne au moulin, ou L’âne mangé à la porte du Moulin. De son côté, l’ethnomusicologue Conrad Laforte, au Québec, propose, pour le corpus de textes comparables qu’il a pu compiler, la cote O-70, dans son volume II consacré aux chansons strophiques, avec pour titre générique : Marianne s’en va-t-au moulin.
    Ce choix de prénom pour l’héroïne, fait par les catalogueurs, doit pouvoir se légitimer eu égard à la fréquence de son apparition dans les textes. Certes ! Pourtant, un examen des versions qui nous apparaissent comme les plus anciennes ne plaide pas dans ce sens-là. En effet, la mention « première » remontant au XVe siècle, selon Gaston Paris, fait état d’une jeune femme répondant au prénom de Penotte, comme en témoignent les deux seuls vers qu’il nous en reste :

    « Penotte s’en va au moulin
    Dessus son asne Baudouyn. »

    Une version de 15361, que nous reproduisons ci-après, évite de nommer la jeune personne qu’elle représente seulement par : « La Jeusne Dame. »

    La Jeusne Dame va au molin
    Dessus son asne Bauduin,
    Tout chargé de grenade2,
    La sombredondon
    Tout chargé de grenade,
    La sombredondon.

    Quand le mosnier la vit venir :
    « Belle, viendrez-vous moudre icy ?
    Et deschargerons l’asne ! »
    La sombredondon.
    Et deschargerons l’asne ! »
    La sombredondon.

    Tandis que le molin moloit,
    Le mosnier fesoit son devoir,
    Et le loup mangeoit l’asne ?
    La sombredondon.
    Et le loup mangeoit l’asne ?
    La sombredondon.

    Quant à J.B. Weckerlin3 il en a retenu une version qu’il situe en 1602 (pp. 232-233), c’est tout simplement « La Belle ». Il précise en outre qu’elle a été plusieurs fois éditée (Paris : 1600 ; Rouen : 1602 ; Poitiers : 1607...). En voici le texte établi par l’auteur du recueil :

    La Belle s’en va au moulin
    Dessus son âne beaudoin,
    Pour gaigner4 sa mouture.
    Lanfrin, lanfra, la mirligaudichon,
    La dondaine, la dondon,
    Pour gaigner sa mouture
    A l’ombre d’un buisson.

    Quand le musnier la vit venir,
    De rire ne se peut tenir :
    Voici la femme à l’asne,
    Lanfrin, lanfra...

    — Musnier, me moudras-tu mon grain ? —
    Ouy, Madame, je le veux bien,
    Vous moudrez la première,
    Lanfrin, lanfra...

    Tandis que le moulin mouloit
    Le musnier la belle baisoit
    Et le loup mengeoit l’asne
    Lanfrin, lanfra...


    Hélas, dit-elle, beau musnier,
    Que maudit en soit le mestier,
    Le loup a mangé l’asne,
    Lanfrin, lanfra...


    « En ma bourse j’ay de l’argent,
    Prenez deus escus tout contant,
    Achaptez un autre asne, »
    Lanfrin, lanfra...


    La Belle s’en va au marché,
    Pour là un autre asne achapter,
    Achapta une asnesse,
    Lanfrin, lanfra...


    Quand son mary la vit venir
    De crier ne se peut tenir :
    Ce n’est pas là nostre asne !
    Lanfrin, lanfra...


    Mary, tu as beu vin nouveau,
    Qui t’a faict troubler le cerveau,
    As mescongnu nostre asne,
    Lanfrin, lanfra...

    Voicy le joly mois de may,
    Que toutes bestes changent poil,
    Aussi a faict nostre asne,
    Lanfrin, lanfra...

    On aura constaté sans peine que le déroulement du texte est déjà bien établi au début du XVIIe siècle (refrain mis à part, comme bien souvent). Et cela seulement suffit à ne pas retenir l’hypothèse d’une chanson née pendant la Révolution sous le seul prétexte que l’héroïne porte le même prénom que la figure emblématique de la République : Marianne. D’ailleurs les appellatifs génériques de la chanson sont divers et tout autres avant cette période (Belle ; La Belle ; Penotte ; La Jeusne Dame...). Pour les temps post-révolutionnaires, sur vingt-neuf versions (dans un premier repérage) rassemblées par treize collecteurs, on en compte treize avec le prénom Marion (en français ou en occitan), onze avec Marianne et cinq avec d’autres prénoms voisins, tous à l’initiale en « M+a » : Madelon, Margot, Margui, Mariton, Marie-Jeanne, sauf Nanon ( qui apparaît seulement dans un refrain, cf. infra). Cependant si celui de Marion est bien représenté au XIXe siècle et jusqu’à nos jours, Marianne, lui, n’apparaît, sauf erreur, qu’au XXe siècle, parfois d’ailleurs en compétition, au sein du même texte, avec Marion, comme on le voit dans
    cet exemple de Saint-Romain-en-Charroux, en Pays civraisien5 :

    Quand Marianne s’en va-t-au moulin (bis)
    Assise sur son âne, Nanon de la Sambre dondon
    Assise sur son âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion

    Quand le meunier la vit venir (bis)
    De rire il put s’en retenir (bis)
    Attache là ton âne, Nanon de la Sambre dondon
    Attache là ton âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion

    Pendant que le moulin moulait (bis)
    Le meunier la caressait (bis)
    Le loup caressait l’âne, Nanon de la Sambre dondon
    Le loup caressait l’âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion

    Meunier, meunier, oh qu’as-tu fait (bis)
    Le loup a mangé l’âne, Nanon de la Sambre dondon
    Le loup a mangé l’âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion.

    Prends sept écus dans ma sacoche (bis)
    T’iras acheter un âne, Nanon de la Sambre dondon
    T’iras acheter un âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion.

    Quand son mari la vit venir (bis)
    De pleurs il ne peut se retenir (bis)
    Oh qu’as-tu fait de notre âne, Nanon de la Sambre dondon
    Oh qu’as-tu fait de notre âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion.

    Mon âne avait les oreilles en rabattant (bis)
    Et le bout de la queue blanche, Nanon de la Sambre dondon
    Et le bout de la queue blanche, ma jolie Marion, ma jolie Marion.

    Mais tu sais bien qu’à la Saint-Michel (bis)
    Que tous les ânes changent de poils (bis)
    C’est ça qu’a fait notre âne, Nanon de la Sambre dondon
    C’est ça qu’a fait notre âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion.

    On ne doit pas s’étonner de la vitalité et de la résistance du prénom Marion, dans la mesure où il était déjà attesté au XIe siècle et chanté au XIIIe siècle comme le montre Roger VAULTIER6 (1965 : p. 85) :

    « Le frère Daniel, un prédicateur du XIIIe siècle, a laissé au moins le titre d’une chanson en vogue de son temps, il s’écrie, en effet ‘Ô jour [de Noël] pourquoi as-tu été fait ?Est-ce pour être employé à chanter la Marion ?’ »

    Mais d’abord, un petit rappel historique et... citoyen. Marion a longtemps fait figure de « prénom rural », de « chambrère7 », comme nous l’avons entendu en 1970 de la bouche de notre propre grand-mère maternelle de Poursay-Garnaud (Charente-Maritime). Si Marianne fut porté dès le XVIe siècle comme prénom très populaire en raison de la double dédicace, chez les catholiques, à la Sainte-Vierge Marie et à sa mère Anne, le terme Marianne comme symbole de la République8 est postérieur à la Révolution française.
    De fait, la figuration symbolique de La Liberté aurait pris naissance dès 1789, sous la forme de statues, vêtues à l’antique et coiffées principalement du bonnet phrygien, que l’on voit s’ériger un peu partout en France. Mais l’historien Maurice Agulhon9 a bien reconnu que c’est
    en octobre 1792, au village de Puylaurens, dans le Tarn10, qu’elle a été nommée pour la première fois dans un texte de chanson11, imprimé en langue d’oc sous le titre La Garisou de Marianno (= La Guérison de Marianne), et dont l’argument repose sur la joie de « la malade »
    d’avoir recouvré son appétit à la suite de la « prise des Tuileries », le 10 août 1792. Notons que Frédéric Mistral l’avait déjà citée dans son illustre Trésor du Félibrige (1878-1886), non sans l’avoir qualifiée, vu ses orientations idéologiques et politiques, de « détestable chanson » (sic).

    On rapporte aussi que « Marianne » était le nom de code de sociétés secrètes républicaines qui s’étaient fixé pour objectif de mettre à bas le Second Empire. C’est pourquoi ce « prénom » a aussi été utilisé par les anti-républicains à l’encontre de la République française, mais celui-ci,
    ayant acquis une valeur de symbole, a perdu de fait toute sa valeur péjorative. Et pour cette raison, chaque mairie se dotera d’au moins un buste de Marianne à l’effigie d’une belle femme12, diffusé massivement à partir de 1880. Ainsi ce symbole de la République connaîtra- t-il son apothéose et sa sacralisation.

    On comprend que le rapprochement entre la fête nationale et la chanson de Mam’zelle Marianne ait pu être fait, d’autant que l’École laïque et républicaine l’a diffusée à sa manière, un tantinet expurgée de toute connotation érotique et sexuelle, et sur un refrain très rythmé, qui maintes fois a fait considérer cette chanson « d’école » comme une comptine, celle-la même que nous chantions à la sortie de l’école de Villeneuve-la-Comtesse (Charente-maritime), dans les années d’après-guerre.

    « Au p’tit trot, p’tit trot, p’tit trot,
    C’est le refrain de la meunière
    Au p’tit trot, p’tit trot, p’tit trot,
    C’est le refrain
    Du vieux moulin. »

    Si certains de nos informateurs ont conservé en mémoire cet héritage scolaire, d’autres véhiculent des textes à coup sûr beaucoup plus « historiques », comme en témoignent plusieurs versions au refrain de « la sombre dondon », déjà connu au XVIe siècle, et retrouvé encore « sur le terrain » dans les années 1970, quatre siècles plus tard. Belle longévité, donc, pour cette Marion-Marianne !

    Référence bibliographique en cas de citation de cet article:

    GARDRé-VALIèRE Michèle, "'Marianne et son âne Martin, si n'en parlions ? ", Aguiaine n° 263, nov.-déc. 2007,pp.19-25.


    NOTES :

    1- Dans La Couronne et Fleur des chansons à troys (imprimé à Venise...). Cette référence est citée par Théodore Gérold, p. 57 de Chansons populaires des XVe et XVIe siècles, avec leurs mélodies, Genève Slatkine Reprints, 1976 (1re éd. Strasbourg, 1913).

    2- « Grenade » est le calque français de l’occitan « granada » (du latin granata, abondante en grains) : littéralement, en français, « grainée », récolte de blé.

    3- L’Ancienne chanson populaire en France (16e et 17e siècle), Paris, Garnier, 1887.

    4- « Obtenir ».

    5- Cf. L’Almanach du Poitevin 2008, Romorantin, CPE, p. 76, texte établi à partir de notre enquête du 1967 en Pays charlois (Vienne).
    (Phonogramme de Michel Valière, encore non indexé). Une autre version, parmi la dizaine entendues et recueillies en Pays civraisien, Quand Marion va-t-au moulin (La sombre dondon), que nous avions proposée lors d’un concours pédagogique en tant qu’enseignants et « chasseur de sons », a été diffusée le 30 mai 1970 sur France-Inter par l’ORTF. Ce sera là l’origine du prénom de notre fille, justement née ce même jour (cf... Michel Valière, « Je l’appellerai Catherine... », dans Joël Clerget (dir.), Le Nom et la nomination : source, sens et pouvoir, Toulouse, ÉRÈS, 1990, p. 227-233).

    6- Le folklore pendant la guerre de Cent ans d'après les lettres de rémission du Trésor des chartes), Paris, Librairie Guénégaud, 1965.

    7- Chambrière, femme de chambre, servante.

    8- Sur ce sujet, cf. Maurice Agulhon, Marianne au combat, l’imagerie et la symbolique républicaines de 1789 à 180, Paris, 1979.

    9- Discours d'ouverture du Colloque de Puylaurens " La Révolution vécue par la Province" 15 et 16 avril 1989 - Maurice Agulhon :"C'est bien en effet la chanson de Guillaume Lavabre, le chansonnier puylaurentais qui en donnant la première occurrence du prénom de Marianne pour désigner la République, fait de cette invention un fait méridional ou, pour mieux dire, occitan." Son manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale (Ye 3293) est le plus ancien témoin, ce qui autorise Puylaurens à se proclamer « Berceau occitan de Marianne » (cf. le site de
    notre ami et collègue : http://lamblard.typepad.com/weblog/2007/05/marianne_et_14_.html). Cf. aussi : Maurice Agulhon et Pierre Bonte, Marianne : les visages de la République, Gallimard (coll. La découverte), 1992, p. 18-19.

    10- Cf. Michel Vovelle, « Cultes révolutionnaires et religions laïques », dans Jacques Le Goff et René Rémond (dir.) Histoire de la France Religieuse, t. 3, Paris, Seuil, 1991, pp. 510-526.

    11- Composée par le chansonnier d’expression occitane mais aussi française, Guillaume Lavabre (1755-1845), cordonnier de son état, jacobin et de confession protestante, qui fut un temps instituteur.

    12- Parmi les dernières en date, des actrices telles que Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Laetitia Casta, une animatrice de la télévision, Evelyne Thomas se sont prêté comme modèles de Marianne.



  • Bien le bonjour à Toutes ; bonjour Michèle, et bon anniversaire !

           Eh oui ! C'est aujourd'hui, enfin, le 8 Mars, Journée internationale de la femme, mais aussi le 8 mars... veille du 9 mars, jour anniversaire de madame la co-pilote, Michèle Gardré-Valière :
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    © Brasserie de la Bourse, Chez Joël, à Saint-Junien (Haute-Vienne, en Limousin), 2007, cl. : M.V.
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    © 2007, cl. : Jean-Christophe Valière
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    © La chanteuse de complaintes. Cl. François Portet ; tous droits réservés, Paris, 2001.

    Cliquez sur le carré vert... sans oublier d'allumer vos enceintes. La voix de Michèle vous accueille avec une chanson recueillie à Blanzay (Vienne), en 1966, par Michel, une seconde en provenance de La Ferrière-Airoux, en Pays civraisien, et une troisième également recueillie à Blanzay. Toutes trois sont extraites du disque compact-cd, contenant 37 chansons populaires (interprétées a capella!) recueillies par nous en Poitou : "LE MIROIR AUX CHANSONS" de Michèle Gardré- Valière, D-ARPE01, 2004 (Disque aujourd'hui "collector": nous contacter ou commander auprès de l'ARPE: 10, rue Zamenoff, 87200 Saint-Junien - 20€ franco de port).


    .


  • Belvert, un jardin enchanté... avec Michèle, la chanteuse de complaintes.

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    © Cl. François Portet ; tous droits réservés, Paris, 2001. Cliquez sur le carré vert... sans oublier d'allumer vos enceintes. La voix de Michèle vous accueille avec une chanson recueillie à Saint-Maurice-la-Clouère (Vienne), en 1967, par Michel, une seconde en provenance de Blanzay, en Pays civraisien, et une troisième de Saint-Romain-en-Charroux (Vienne). Toutes trois sont extraites du disque compact-cd, contenant 37 chansons populaires (interprétées a capella!) recueillies par nous en Poitou : "LE MIROIR AUX CHANSONS" de Michèle Gardré- Valière, D-ARPE01, 2004 (Disque aujourd'hui "collector": nous contacter ou commander auprès de l'ARPE: 10, rue Zamenoff, 87200 Saint-Junien - 20€ franco de port)

  • Marianne, alias Marianna, mater nostra, est fille d'Oc.

    Ce détail républicain nous ayant échappé en son temps, nous vous offrons, amis visiteurs cette note pentacolorée, achronique, mais non anachronique dans une période où l'on est encore en droit de rêver. De rêver, à moins que ...

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    © Tous droits réservés. Cliquez sur ce lien: http://perso.orange.fr/ostal.sirventes/avent2005/av17.htm
    et encore: http://lamblard.typepad.com/weblog/2007/05/marianne_et_14_.html#more
    http://216.239.59.104/search?q=cache:qii-g9rGEe0J:www.rene-merle.com/article.php3%3Fid_article%3D130+%22puylaurens%22+Lavabre+Marianne+Agulhon&hl=fr&ct=clnk&cd=2&gl=fr

    RETOUR AUX FONDAMENTAUX :

    Cette représentation républicaine est toujours d'actualité comme en témoigne la "une" de la semaine d'HEBDO, magazine politique d'un grand parti d'opposition.
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    Et pour poursuivre cette réflexion, on pourra aussi, en suivant le lien ci-après, lire un article de la Co-Pilote, Michèle Gardré-Valière sur la chanson "Marianne et son âne Martin" MARIANNE du 14_11_07.pdf

  • Les sept cahiers aux deux cent soixante-six chansons d’une paysanne poitevine, par Michèle Gardré-Valière

    Au cours des neuf années (1976-1985) où j’eus l’occasion de consacrer l’essentiel de mon emploi du temps à l’éducation musicale, en qualité de professeur, je pus élargir à l’ensemble des élèves relevant du collège de Gençay notre enquête ethnographique initiée vers le milieu des années 1960 sur ce même territoire.

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    © Photo Michel Valière. J’invitai alors les élèves non seulement à recevoir mes enseignements, mais encore à devenir les acteurs de leur propre formation en participant à l’observation des pratiques musicales, chantées ou dansées dans leur propre environnement familial.
    Ainsi se développa une rencontre intergénérationnelle qui permit à de jeunes adolescents de découvrir que quelque grand-père avait joué du violon dans sa jeunesse, que quelque mère ou aïeule ne manquait pas de talent pour la chanson et se souvenait du mode d’acquisition d’un répertoire. Ainsi, certains collégiens furent-ils directement mis en contact avec une musique et des chants qu’ils n’étaient pas accoutumés à entendre. À peine les avaient-ils appris de leurs proches qu’ils les apprenaient eux-mêmes à leurs camarades de classe. Je me retrouvais en quelque sorte, parfois, dans un rôle de catalyseur, de « facilitateur » d’une transmission « horizontale » au sein du groupe d’élèves, plutôt que dans celle d’une pédagogue classique, détentrice d’un savoir à léguer « verticalement ».
    S’il arrivait des produits oraux, m’étaient aussi apportés des textes ressortissant au domaine de l’écriture : cahiers de chansons d’origines diverses. L’antique régiment, aujourd’hui réduit à sa plus simple expression, celle d’une journée citoyenne fournissait un cadre à la circulation de chansons de toute nature, qu’elles soient militaristes ou non, ainsi que de textes tels que modernes « fatrasies » et autres monologues troupiers.
    C’est donc dans ce contexte que deux sœurs me firent connaître un jour l’existence d’une grand-tante auprès de laquelle elles avaient appris chacune une chanson, de celles-la même qui m’attiraient en raison de leur forme, leur thématique, leur mélodie. Elles venaient de m’apporter une « randonnée », chanson énumérative à reprise récapitulative : Derrière chez nous il y a des choux, et une « chanson enchaînée avec refrain » sur le thème de l’occasion manquée : Nous étions trois filles bonnes à marier. Mais, ce qui devait encore plus retenir mon attention et exciter ma curiosité, c’était d’apprendre de ces jeunes élèves que leur parente détenait plusieurs cahiers de chansons. En fait, au moins cinq à leurs dires. Je décidai, alors, d’aller voir et les cahiers et la grand-tante aux chansons. Avec Michel, nous entreprîmes ainsi, accompagnés des deux petites-nièces, une « expédition » qui devait nous conduire dans la Vallée de la Vonne, en Vienne.

    Une rencontre

    C’est dans une ferme de la commune de Vivonne que le 20 septembre 1977, nous avons fait connaissance de madame Juliette Charenton . Née le 11 juillet 1899, dans une proche commune voisine, elle avait cessé ses activités agricoles depuis plusieurs années et s’était retirée chez l’un de ses enfants. Nous apprîmes d’elle, qui se plaisait à dire qu’elle avait un pied dans l’autre siècle, qu’elle avait dans sa prime jeunesse gardé les oies, avant d’aller plus tard aux champs aux vaches. Nous étions devant une femme au caractère apparemment optimiste et qui riait facilement. Pourtant jamais elle n’évoqua le souvenir de la danse et déclarait n’avoir jamais dansé au cours des veillées d’hiver. Elle paraissait se souvenir davantage, non sans humour, des jeux de veillée. Et d’évoquer devant nous le jeu du tourne-fesses (sic) où, en s’embrassant ou en se refusant en tournant le dos, chacun devait retrouver son âme sœur. Mais de danses, point ! Le contexte de la Première Guerre mondiale (elle avait quinze ans à la déclaration de guerre) suffit à expliquer cela.
    Peu encline à s’attarder sur les malheurs propres à cette période historique, elle ne compte pas, dans son « répertoire » chanté, de complaintes – toujours tristes et dolentes. Sans doute, une sélection opportune de sa mémoire dont nous avons pu remarquer la précision. En effet, outre les chansons qui lui reviennent spontanément et facilement en tête et dont elle dit parfois qu’elle les connaît depuis l’âge de cinq ou six ans, pour les avoir apprises surtout de sa mère, et indirectement de son arrière grand-père maternel, elle rappelle volontiers les situations d’apprentissage et de transfert des unes et des autres. Nous la voyons ainsi, poussant ses oies dans un chemin herbeux pour aller rejoindre au champ le jeune berger qui lui apprendra Le Roi avait un fils, la reine avait une fille. Nous l’imaginons encore aux champs aux vaches, lorsqu’elle raconte comment l’une ou l’autre de ses camarades de travail lui enseignait des chansons de pastoures, telles que Là-haut là-haut sur la montagne, ou encore Mon âne, mon âne avait mal à sa tête. Mais, cela ne l’empêchait nullement de chanter toutes sortes de chansons, surtout lorsqu’elle était seule, nous confia-t-elle. Et pour ce qui est des chansons qu’elle qualifiait elle-même de « lestes », telles Mon père avait un carré de pois, ou encore Bonhomme, en s’y rendant de la foère, l’a trouvé son lit tout foulé, elle se défendit de les avoir chantées « en compagnie ».
    À notre curiosité de savoir qui lui avait appris Allant à la fontaine, mon pied coulit au fond, elle déclara à l’adresse des jeunes nièces présentes à l’entretien :

    « C’était une petite jeune fille qu’était venue en vacances chez sa grand-mère ; a venait aux champs avec nous. On allait dans les prés bas ; et pis alors, y avait beaucoup de bergers qui y allaient et on allait se retrouver là. C’était ça, la vie ! »

    Cette participation à la vie, elle l’affirme encore lorsqu’elle se souvient d’avoir appris de son aïeule Dans le pays de la Gâtine, o y a de bons gars, le mariant les filles quoique a n’o velant pas, chanson d’initiation et d’avertissement. La grand-mère la lui chanta alors que, sage et dévouée, Juliette la coiffait.

    Une dialectique oral-écrit

    Dans les années 1940-1950, encore, tenir son cahier de chansons allait de soi, à la campagne, et allait, naturellement, de pair avec le développement de l’enseignement religieux ou laïque devenu obligatoire. Le goût pour de « belles chansons, sans sous-entendus, sans « bêtises » surajoutées, sans barbarismes linguistiques, la préférence pour des versions canoniques révélaient une désaffection pour les chansons « sauvages et libres ». L’accès à l’écrit se généralisant, il devenait porteur de nouvelles valeurs, tout comme le solfège, expression écrite de la musique, avec un respect accru pour les auteurs, pour les œuvres elles-mêmes. La chanson écrite devait ainsi supplanter la production orale, devenant ainsi, par la fixation graphique « la » référence unique et obligée.
    C’est contre cette « fixité » des chansons, contre ce cadre rigide qui les corsetait que je me suis littéralement « insurgée » dès que j’eus pris conscience de la variabilité des textes et des mélodies que me révélaient ma pratique du terrain et ma fréquentation assidue des chanteurs et autres ménétriers, des violoneux en particulier. Fixées, ces chansons trop souvent répétées, serinées à l’identique, ou quasiment, engendraient la monotonie, généraient ennui et bâillements, pour accéder finalement au statut de véritables scies, celles-là même qui se chantaient à tue-tête, dans les voyages scolaires de fin d’année, les feux de camp des mouvements de jeunesse des années 1940 et qui devenaient constitutives d’un néo-folklore national que les rencontres internationales (jamborees, échanges sportifs ou linguistiques) sacralisaient parfois, avec pour tops modèles, la si gentille Alouette que l’on plumait jusqu’au bout de la queue, la larmoyante Claire fontaine avec son rossignol haut perché et les malheurs du pauvre amant démembré de notre incontournable servante Perrine.
    Cette véritable entreprise de réification de la chanson « populaire », calquée sur le postulat de la fixité des espèces avec leurs barrières, rejetait tout autre forme et déniait ainsi l’idée même de variabilité. Disons, pour faire plus simple que j’ai opté personnellement pour la fantaisie et que j’ai fui, autant que faire se peut, la répétition de clichés, tant en matière de choix littéraires que de textes de chansons.
    Je n’eus aucune difficulté à faire comprendre mon point de vue à mes collégiens qui eurent à cœur d’apporter leur contribution à la collation de nouvelles chansons qu’ils n’avaient jamais entendues et qui, en outre, leur plaisaient. Il m’a été donné de constater que, bien souvent, les items choisis par eux n’étaient pas sans rapport avec leurs propres goûts, leur propre représentation de la vie et répondaient aux légitimes interrogations dont les adolescents ont le seul secret. Aussi me suis-je abstenue de les stimuler à rédiger un cahier de chansons, comme à ne pas chercher à s’en procurer à l’extérieur. Je me méfiais des cahiers et leur reprochais leur mutisme mélodique, même si, à l’occasion, y figuraient des mentions telles que : sur un air nouveau, ou sur l’air de La Paimpolaise, du Curé de Pomponne, ou même des Trois orfèvres. Moi-même, d’ailleurs, n’en avais-je jamais réalisé un seul ! Je les préférais, et moi comme eux, avec des airs plein la tête, et les mains libres au milieu de ce temple de la profusion de l’écrit qu’était notre établissement scolaire. Mais ceci ne devait durer qu’un temps.
    En effet, à partir de 1977, je crus enfin venu le moment opportun de confier à l’écrit d’un médiocre cahier les multiples airs que j’avais en tête, ainsi que les différents apports des élèves. Je « protégeais » ainsi des versions de chansons aux variations parfois infimes, si infimes, justement, que la mémoire avait du mal à les retenir. Les nuances de certaines différences me permettaient d’établir et d’exposer la pertinence de la variabilité, qui n’était pas seulement due à l’usure des textes par la répétition et le psittacisme, ni à la déformation par la mémoire et l’oubli, bien que tout cela puisse intervenir dans certains cas.

    Un travail de mémoire

    C’est avec ce nouvel esprit que je « découvris » les cahiers de Madame Juliette Charenton, à son domicile. Nous y sommes revenus par trois fois et, en 1978, lors de notre dernière rencontre, nous avons feuilleté ensemble les quatre cent soixante-treize pages des sept cahiers qu’elle avait alors fini de rédiger.
    Outre les deux cent soixante-six chansons transcrites avec une belle écriture régulière, elle signala quelques mélodies supplémentaires, mais dont les paroles restaient fragmentaires. Parmi celles-ci, je citerai Dedans la ville de Lyon, Dedans l’enfar qui bortoune, chanson « patoise » apprise dans le Subiet, auxquelles il conviendrait d’adjoindre quelques refrains à danser : Ils sont dans les vignes les moineaux, Sautez donc, vous n’y sautez guère (La Gâtinelle). Pour plus de clarté, il convient d’établir, d’une part, le travail fait autour de l’étonnant ouvrage de Madame Charenton, en 1977-1978, d’autre part, celui qui a abouti à notre réflexion d’aujourd’hui.
    Comme c’était le cas de figure le plus fréquent à ce moment-là, il s’agissait pour nous de remettre en circulation quelques-unes de ces chansons auprès d’une population étrangère à ces thèmes. J’en prélevai alors douze selon des critères (humour, rythme) propres à intéresser des adolescents en classe ou en atelier d’élèves volontaires, parmi lesquelles :

    - L’autre jour, un jour de foire (La mère Grégoire) ;
    - Le bonhomme en s’y rendant du bois (L’âne mangé par le loup) ;
    - Dans le pays de la Gâtine.

    Outre ces chansons-là, d’autres m’intéressaient par leur « rareté », voire leur « étrangeté. Ainsi, je retins :

    - Une coquette de Paris monte à son appartement (Le miroir d’argent) ;
    - Le roi avait un fils, la reine avait une fille (thème de l’épine qui envahit la ville) ;
    - Ol était un petit bounhomme qui mariait son feuilleri (Le cuilleri) ;
    - La fiancée du pays de la Gâtine.
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    J’en avais aussi retenu quelques-unes, beaucoup plus courantes, au titre d’exemple de la variabilité, parmi lesquelles, l’une des nombreuses versions du retour du soldat, après sept ans , une autre des Métamorphoses, comme celle, énumérative, du « petit bois ».
    Le caractère vraiment exceptionnel de l’entreprise scripturale de madame Charenton ne m’avait pas échappé, d’autant qu’elle fit preuve de beaucoup de disponibilité et manifestait ostensiblement son souhait de léguer « un petit peu » de son savoir. C’est dans ce dessein que j’avais organisé, à l’intérieur même de ma salle de classe réservée à la musique, une petite exposition consacrée à ces cahiers, lesquels nous avaient été prêtés pour quelques jours, ainsi qu’aux différentes trouvailles de mes élèves.
    La mise sous vitrine des différents items avait pour fonction de les « mettre en valeur » . Cette muséologie provisoire et assez improvisée était une sorte de mise en scène de souvenirs familiaux que j’entendais souligner autant pour les élèves que pour les adultes « visiteurs », et dont je pensais que les éléments exposés pouvaient concourir à leur construction identitaire collective, familiale d’abord, sociale ensuite. Ce fut également l’occasion de dresser l’inventaire des chansons, les répertoriant toutes, selon l’ordre où notre scribe et chanteuse les avait, elle-même, recopiées. Mais, pour notre opération de communication, j’avais sélectionné, suivant en cela les enseignements de Patrice Coirault, plutôt des chansons folkloriques ou parafolkloriques.

    Des cahiers de chansons

    Écrits d’une belle main, régulière et pratiquement sans fautes, les sept cahiers de Juliette Charenton sont de modestes pièces au format écolier auxquels elle a rajouté la pagination. Un premier cahier, rédigé à la plume, offre une palette variée d’encres : noire, bleue, verte, et violette, en revanche, elle semble avoir opté définitivement pour le crayon à bille de couleur bleue et, exceptionnellement, noire pour tous les autres.
    Le « cahier vert » aux encres multicolores auquel elle ne cessait de nous renvoyer, compte tenu de ce qu’elle avait certainement compris de notre entreprise, est consacré à ce qu’elle appelle tout simplement « les vieilles chansons ». Il est le seul à présenter quelques ratures et surcharges : vers omis, tel autre jugé fautif et remplacé, couplets oubliés et portés en notes marginales, etc. Ces diverses maladresses sont le reflet de défaillances passagères et des efforts de mémoire pour restituer l’oral, ce qu’elle glose à sa manière :

    « Quand je suis seule, ça me revient à la tête... Je tâche de rechercher car il y en a que je me rappelais plus bien. »

    Ajoutons à cela, une division arithmétique de 10 par 12, œuvre de quelque petit-fils, tout comme deux lignes d’écriture syllabiques (la, la, la... va, va, va), et une chansonnette, Le Bonhomme Noël, dont elle a initié le titre et les deux premiers couplets et qu’a terminé une main enfantine.
    Madame Charenton, en outre, fait référence à un deuxième cahier, à la couverture illustrée d’un motocycliste. Celui-ci contient, au milieu de quelques chansons d’un tout autre registre comme La Tourterelle, Aïda, L’Étoile du berger, une dizaine de textes dont elle a pu situer la provenance dans sa lignée familiale ascendante.
    Un troisième cahier fera aussi l’objet de notre attention. C’est le seul auquel elle a attribué un titre : Rondes et comptines. « Sur les verts, sur les bleus, sur les oranges » en est le premier texte, court comme il se doit, inaugurant les vingt-deux pages de l’ensemble, à l’évidence, destiné à un très jeune public, à l’exception de deux autres items « Mon père voudrait m’y marier », sur les inconvénients du mariage, et « Mon père m’y marie à l’âge de quinze ans... avec un homme de quatre-vingt-dix ans », plainte d’une mariée contre son gré.
    Si Juliette Charenton semble avoir concentré une grande partie de son répertoire oral, soit soixante-douze textes dans ces trois petits cahiers, en revanche elle a consacré les quatre derniers, d’une centaine de pages chacun :

    - aux airs issus du répertoire lyrique, à l’exemple de Carmen (L’amour est un oiseau rebelle ) ;
    - aux chansons enseignées dans le programme de l’école : l’Alouette (Allons prenez votre faucille) ;
    - aux chansons réalistes du type L’Hirondelle du faubourg ( À l’hôpital, c’est l’heure de la visite) ;
    - aux chansons revanchardes, telle Le Rossignol et l’Allemand (Au bord d’un champ de la frontière) ;
    - aux romances de son époque comme Les Papillons (On s’est rencontré, le cœur plein de fièvre) ;
    - aux véritables tubes qui transcendent les générations et parmi lesquels on reconnaît La Chanson des blés d’or, La Madelon, La Paimpolaise, Le Temps des cerises, et jusqu’à L’Eau vive d’un Guy Béart, sans parler de la théorie des scies, constitutives d’un folklore musical national et international : Au clair de la lune, Le Petit navire, Malbrought s’en va-t-en guerre, Quand Biron voulut danser, etc.

    On l’aura bien compris, Juliette Charenton accomplit un réel travail de mémoire qui l’amène à une riche compilation qui pourrait paraître, certes, à première vue hétéroclite, mais qui rend compte plutôt de goûts éclectiques et de la conscience qu’elle manifeste par ce truchement de la nécessaire sauvegarde d’un patrimoine populaire chanté .
    Face à cette panoplie de textes, somme toute importante, arrêtons-nous un instant sur les chansons revanchardes dont Juliette Charenton ne nous dira rien et qu’elle ne nous chantera pas. Certaines, dont Le Clairon, qui figure dans le quatrième cahier, sont l’œuvre de Déroulède et d’autres, vraisemblablement, des « frères siamois du caf ’conc’ », comme on les surnommait alors, Gaston Villemer et Lucien Delormel. Arthur Ranc , lucide, préfacier de leur Chansons d’Alsace-Lorraine , avait assuré, lui (page IV), que ces chansons « iraient loin ». Il ne s’était guère trompé.
    Dans un tout autre registre, elle sera plus prolixe sur le répertoire lyrique représenté dans ses cahiers par plusieurs airs dont Mignon sur la rive étrangère qu’elle nous a chanté. Si elle connaît l’argument de Mignon pour l’avoir lu dans un livre de prix, elle reconnaît aussi que ce qui figure dans son cahier est tout autre chose que Connais-tu le pays où fleurit l’oranger. On se souvient que ce lied, Kennst du das Land, wo die Zitronen blühn que Goethe fait chanter à la blonde Mignon, dans son roman Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister a inspiré nombre de musiciens dont Franz Liszt ainsi qu’Ambroise Thomas qui l’a introduit dans son opéra Mignon créé à Paris, en 1866. Quant à Mignon sur la rive étrangère, il s’agit d’un morceau de salon pour piano et chant, intitulée Les Regrets de Mignon, mélodie de Frédéric Boissière et paroles de Villemer-Delormel (cité ci-dessus). Cette connaissance de d’art lyrique, elle la devait, en toute vraisemblance, à l’un de ses oncles qui, célibataire, participait aux activités de la Société musicale de Lusignan à laquelle il consacrait beaucoup de son temps en qualité de violoniste et de joueur de « baryton », et qui lui avait appris, dit-elle, « beaucoup de chansons ».
    Un autre curiosité de ces cahiers est la présence accentuée de pierroteries selon l’expression empruntée à Georges Millandy , parolier mais qui se désignait lui-même comme chansonnier aphone, puisqu’il ne chantait pas les textes qu’il écrivait, si ce n’est qu’épisodiquement. En effet, les chansons de Pierrot connurent une vogue à la fin du XIXe siècle dans les cafés-concerts, et madame Charenton en a retenu trois : Pierrot voyageur (Un jour notre ami Pierrot) : Les Plaintes de Pierrot (Bonne vieille lune) ; Pierrot chante et meurt ( Pauvre Pierrot par sa belle éconduit). Anonymées, certaines chansons ressortissent à un répertoire d’origine scolaire. Ainsi, nous chantera-t-elle L’Alouette, ou encore La Moisson. Celle-ci figure avec la mention « sur une mélodie populaire bretonne » page 27 dans l’ouvrage de BOUCHOR Maurice et TIERSOT Julien (1932), Cinquante chants populaires pour les écoles..., Paris, Hachette. Quant à la première, déjà citée plus haut, on la trouve dans le fameux « Claude Augé », à la page 122 (cf. note 5).

    Entre restitution et re-création

    Cependant, quand bien même nous aurions identifié chacune de ces chansons avec le récit de leur émergence par leur auteur lui-même ou la date de leur création sur les scènes parisiennes, nous n’aurions rien dit sur les représentations qu’en avait Juliette Charenton. Les voies / voix qui les ont menées de Paris jusqu’à Lusignan par l’intermédiaire des petits formats ou des ouvrages de musique plus importants ne sont pas celles qu’a connues Juliette. Les chansons de diffusion nationale étaient passées par des voix connues, apprises oralement de l’oncle musicien, de l’institutrice aussi bien que de la famille ou des voisines.
    Toutefois, la lecture des cahiers et de l’écoute des entretiens, donne à voir qu’elle a entrepris ce travail de copie et de reconstitution dès sa jeunesse en empruntant soit au cahier d’une autre fille, soit au Subiet soit à un périodique auquel elle était abonnée. Lorsque, bien plus tard, dans les années 1970 l’idée lui vient de recopier ses vieux cahiers, mais aussi d’y ajouter les « vieilles chansons » qu’elle a entendues au début du XXe siècle, elle n’a de cesse de trouver la version complète :

    « J’étais bien obligée de refaire quelques paroles que je me rappelais pas.»

    Cet acharnement à reconstruire s’applique aussi à la mélodie, à l’exemple de celle de la chanson des Sabiots qu’elle a apprise dans une revue et pour laquelle elle disposait de la notation musicale. En dépit de sa méconnaissance de la musique, elle est parvenue à mettre un air sur les paroles, en suivant la partition :

    « On suit la musique un peu, on arrive quand même à trouver un air ! »

    On aura compris que cette attitude « re-créatrice » est l’un des moteurs de la variation dans les chansons populaires.
    Par ailleurs, elle fait usage du mot même de variante qu’elle utilise une fois pour distinguer l’une des chansons de deux autres du même thème ; la variation ne portant dans ce cas-là que sur la différence des refrains. Par deux fois au cours de notre enquête, elle reviendra, de façon allusive, à propos de En m’y rendant des noces, sur la question de la variation :

    « C’étaient des Auvergnats qui habitaient à côté de chez nous, et eux ils la chantaient comme cela. »

    Et, elle, de chanter le refrain, à la mode des Auvergnats.
    Dans le même ordre d’idée, lorsqu’elle nous chantera La Chèvre, à la façon de sa mère, elle ajoutera en commentaire et avec une modalité dialectale, entraînée en cela par le caractère de la chanson :

    « I l’ai entendu chanter, mais, après, c’était arrangé ! »

    Comprenons par là, que si elle a connu une version locale exprimée en vernaculaire, elle a, par la suite, entendu cette même chanson littérarisée en français courant. Mais, l’intuition de cette « informatrice » au sens ethnographique avisé, ne s’arrête pas aux limites du texte et porte également sur la dénomination des chansons. En effet, comme j’étais familière des catalogues spécialisés tels ceux de Coirault et de Laforte , mon attention avait été attirée par certains titres parfois surprenants relevés dans ses cahiers. Aussi, ai-je souhaité m’entretenir à ce sujet avec Juliette Charenton. On sait bien, par expérience du terrain, que, le plus souvent, les interprètes ne donnent pas de titre à leurs chansons. Elle, elle avait résolu le problème à sa façon, ce qu’elle exprima fort bien en nous confessant :

    « J’étais bien obligée d’inventer des titres quand il n’y en avait pas. »

    Ainsi, peut-on établir une première typologie de ses « inventions » à partir des relevés des cahiers, qui témoignent d’une certaine créativité poétique. On pourrait tenter d’esquisser une hiérarchisation selon une gradation à partir de l’absence de titre (une seule chanson, dont l’incipit est : Belle avant de t’y quitter) qui pourrait représenter le degré zéro, jusqu’au plus complexe, en quelque sorte, consistant en un titre de pure invention à partir d’une interprétation sémantique du texte, à l’exemple de Après la lune de miel dont l’incipit est : Bonjour bonne maman, je suis dans la tristesse. Les autres titres, se répartissant entre ces deux pôles, en fonction de leur degré d’élaboration :

    - simple anthroponyme (Perrine),
    - segment d’incipit de chanson (Mon père avait),
    - incipit de refrain (T’endormir ma bergère).

    Il en est qui reflètent l’idée générale du texte (Au diable le vieux ; Les Amants trompeurs). Il est également bon de remarquer que Juliette Charenton a retrouvé des titres qui correspondent à ceux retenus par folkloristes ou ethnomusicologues : (La Chanson de la mariée ; Le Retour du soldat ; Les Métamorphoses). Cette intuition va de pair avec le fait qu’elle a souvent regroupé dans ses cahiers des chansons sur le même thème, ou sur des thèmes approchants.
    Des deux-cent-soixante-six chansons, nous n’en avons enregistré finalement qu’une cinquantaine environ, celles-la même que, gestionnaire de sa propre mémoire, elle nous a dit tenir de sa famille élargie aux voisins et autres petits bergers. À travers ces productions symboliques d’une culture rurale de la vallée de la Vonne, c’est toute une représentation de la vie quotidienne, affective et sentimentale qui nous est offerte.



    Dans le pays de la Gâtine o y a de bons gars
    Le mariant les filles quoique a n’o velant pas

    Quand je remue tout remue
    Quand je roule tout va

    Le mariant les filles quoique a n’o velant pas
    L’autre jour l’en avant fiancé une quoique a n’y était pas

    Quand je remue tout remue
    Quand je roule tout va

    L’autre jour l’en avant fiancé une quoique a n’y était pas
    Mais quand a fut rendue a déchire le contrat

    Quand je remue tout remue
    Quand je roule tout va

    Mais quant a fut rendue a déchire le contrat
    D’être la mariée dit-elle, i n’o veu ja

    Quand je remue tout remue
    Quand je roule tout va

    D’être la mariée dit-elle, i n’o veu ja
    Il faut plier la taille et loger les soldats.

    Quand je remue tout remue
    Quand je roule tout va


    NOTES

    Nous disposons de plusieurs phonogrammes (Fonds Valière) réalisés au cours des enquêtes du 20 septembre 1977, d’août 1978, et du 7 octobre 1978.
    Cf. mon article « Permanence de la chanson populaire de tradition orale », in Aguiaine, n° 228, janv.-fév. 2002, t.XXXIV, pp.7-23.
    Sur la muséologie des « traditions populaires », cf. GORGUS Nina (2003), Le Magicien des vitrines : le muséologue Georges-Henri Rivière, Paris, Maison des sciences de l’Homme, 415 p. ( 1re éd. en allemand, 1999).
    Je remercie ici, Mademoiselle Marie-Christine Planchard, alors conservatrice au Musée Sainte-Croix de Poitiers pour son concours efficace.
    Cette chanson figure d’ailleurs dans le célèbre ouvrage pédagogique, maintes fois réédité : AUGÉ Claude (1891), Le Livre de musique, Paris, Hollier-Larousse, p. 122.
    Sur le travail de mémoire, cf. JEUDY Pierre-Henry (1986), Mémoires du social, Paris, PUF.
    Poitiers, sa ville natale, a dédié à cet homme politique (1831-1908) la rue qui conduit de la Poste centrale à la DDE et jusqu’à l’avenue de Verdun.
    VILLEMER-DELORMEL (1885), Les Chansons d’Alsace-Lorraine, Paris, Bathlot, Marpon et Flammarion.
    MILLANDY Georges (1939), Au service de la chanson, Paris, Éd. littéraires de France.
    COIRAULT Patrice (1963), Formation de nos chansons folkloriques, Paris, Scarabée, vol. 4, p. 510. Du même auteur, cf. aussi le Répertoire des chansons françaises de tradition orale, révisé et complété par Georges Delarue, Yvette Fédéroff et Simone Wallon. Deux tomes sont déjà publiés par la Bibliothèque Nationale de France, le premier sur « la poésie et l’amour », en 1996, le second en 2000 sur « la vie sociale et militaire », enfin signalons la parution imminente du troisième.
    « Au Québec, Conrad Laforte publia en 1958 une première édition d’un Catalogue qu’il devait ensuite augmenter, refondre et rééditer en 1977 aux Presses de l’université Laval, sous le titre : Le Catalogue de la chanson folklorique française. Pour cette entreprise littéralement titanesque et de portée internationale, exigeante de patience, de persévérance et de précision, il dut examiner plus de quatre-vingt mille variantes de chansons folkloriques françaises d’Europe et d’Amérique. Cette œuvre, comme celle de Coirault facilite l’identification de tout texte de chanson nouvellement recueillie et tend à favoriser le développement des études comparées du répertoire oral » (VALIÈRE Michel (2002), Ethnographie de la France..., Paris, Colin, p. 112).
    Madame Charenton a bien écrit "plier la taille et loger les soldats" dans son cahier. Patrice Coirault, dans son Répertoire, vol. II, p. 268, dans la rubrique 60, sous le numéro 6007 : « La belle qui déchire le contrat » signale deux autres versions retrouvées par ses soins en Poitou (les seules d’ailleurs du Répertoire) et, dans l’une des deux,on trouve : payer la taille et nourrir les soldats, ce qui entraîne un sens différent, bien entendu.
    Cette nouvelle version, la troisième pour le Poitou, en l’absence de toute autre en France, sauf erreur, confère à cette chanson une identité poitevine, et même « gâtinaise ». Ce fait est suffisamment rare pour être signalé.


    Michèle Gardré-Valière: Texte paru dans AGUIAINE, n° 240, janv.-fév. 2004, p. 23-36; communication lors du 9ème Colloque d'ethnologie et de dialectologie, les 18-19 àct. 2003, à Saintes (Charente-Maritime).

  • Un film étonnant: Le plus beau des Jouets

    un film documentaire (vidéo Pal de 33 minutes)

    Le plus beau des jouets


    de

    Marion Valière-Loudiyi


    Le développement de l'enfant dans chaque société s'est toujours accompagné de textes chantés, comme autant de "paroles nourricières" : tout un florilège de berceuses, de petits textes pour aider l'enfant à découvrir son corps, les doigts de la main, les genoux, le nez, etc. Des petits jeux chantés qui accompagnent l'initiation et l'éducation civique, morale et religieuse.

    Ce film présente les textes dans un contexte familial, scandés par des entretiens du médecin-pédiatre Taïeb Fizazi et des ethnologues Catherine Robert et Michel Valière, qui remettent en contexte ce patrimoine oral trop méconnu, et cependant très riche et bien représenté en Poitou-Charentes, notamment dans le milieu rural. Patrimoine dont on comprend bien qu'il est devenu évanescent de par la décohabitation des familles, l'éloignement des générations et l'exode rural.

    Cette vidéo permet de mettre en lumière ce patrimoine particulièrement fragile et de le restituer aux différents praticiens de l’enfance.


    Plus de renseignements? Contactez-nous.

    Consultable : -à La Médiathèque municipale de Saint-Junien (87)
    : - à La Médiathèque François Mitterand à Poitiers (86)

  • Apprentissage du violon traditionnel en Poitou

    Vient de paraître: un film documentaire (DVD de 20 minutes):

    Ménétriers du Poitou :
    apprentissages

    de

    Marion Valière-Loudiyi

    Les ménétriers du Saint-Maixentais comme ceux du Civraisien ont développé depuis le milieu du XIXe et pendant près d'un siècle, une technique d'apprentissage du violon à partir de tablatures dites "musique chiffrée". Ethnographes et folkloristes ont pu recueillir sur ces territoires ruraux des témoignages vivants ainsi que des feuillets et cahiers manuscrits spécifiques, conservés le plus souvent par des particuliers.
    En outre, pédagogues et musiciens ont expérimenté et diffusé ce mode d'apprentissage "sur le terrain" du Poitou-Charentes, depuis 1965 et aujourd'hui encore.
    Ce film est une contribution à la connaissance et à la mise en valeur de ce patrimoine fragile, avec le concours de témoins directs, chercheurs et musiciens.

    Conseillers ethnographiques : Michèle Gardré-Valière, chercheur en ethnomusicologie (ARPE), et Michel Valière, ethnologue.
    Musiciens : le duo c.poitou.ça de Stéphane Guionnet et Sébastien Moteau, accompagné de Philippe Compagnon et Dominique Simonnet.
    Musiciens en apprentissage : les élèves du cours de violon des Virouneux d'o bourg de Buxerolles (86).


    Renseignement: contactez-nous.

  • Un film sur l'usage et le sens des jeux, rondes et chants de l'enfance

    un film documentaire (vidéo Pal de 33 minutes)

    Le plus beau des jouets

    de

    Marion Valière-Loudiyi


    Le développement de l'enfant dans chaque société s'est toujours accompagné de textes chantés, comme autant de "paroles nourricières" : tout un florilège de berceuses, de petits textes pour aider l'enfant à découvrir son corps, les doigts de la main, les genoux, le nez, etc. Des petits jeux chantés qui accompagnent l'initiation et l'éducation civique, morale et religieuse.

    Ce film présente les textes dans un contexte familial, scandés par des entretiens du médecin-pédiatre Taïeb Fizazi et des ethnologues Catherine Robert et Michel Valière, qui remettent en contexte ce patrimoine oral trop méconnu, et cependant très riche et bien représenté en Poitou-Charentes, notamment dans le milieu rural. Patrimoine dont on comprend bien qu'il est devenu évanescent de par la décohabitation des familles, l'éloignement des générations et l'exode rural.

    Cette vidéo permet de mettre en lumière ce patrimoine particulièrement fragile et de le restituer aux différents praticiens de l’enfance.

    Renseignements: nous contacter.
    Consulter: Médiathèque municipale de Saint-Junien (87)
    Médiathèque François Mitterand, Poitiers (86)