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danses

  • Rondes chantées en Pays civraisien et Brandes du Haut-Poitou

    Dans le Sud de la Vienne, les rondes chantées observées relevaient surtout de la convivialité. Elles étaient destinées à animer une veillée en entraînant les participants dans une ronde généralement marchée ou sautillante – avec parfois des mouvements balancés des bras – comme le montre la première que nous avons recueillie en 1965 auprès de madame Alida Delhomme, au Dognon, commune de Saint-Maurice-la-Clouère (Vienne) : « La Mère Fanchette qu’arrive / Avec son caillon lire lire lire lire lire lon / Entrez-y dans la danse... »
    Il en est qui accompagnent les moments festifs de fin de travaux (boucherie de goret), à l’exemple de celles enregistrées à Magné comme à Saint-Laurent-de-Jourdes, en 1969 : « L’entends-tu mon goret / Ta brnàie bouille, ta brnàie bouille / L’entends-tu mon goret / Ta brnàie bouille au fond dau tét / Des boudins, des boudins d.ma grand-mère / Des boudins, des boudins fricassés... »
    D’autres encore revêtent un caractère plus ludique, dans une perspective de formation de couples, telle cette ronde dansée à Châtain : « Je suis venu pour vous tromper / Belle êtes-vous à marier / Je suis la trompeuse... »
    Toutes présentaient un caractère rural local bien affirmé, signant ainsi leur « autochtonie », par le langage, mais ne jouissaient d’aucun prestige en matière « chorégraphique », contrairement aux marchoises, pas d’été ou quadrilles, danses qui s’adressaient, elles, aux « bons danseurs ».
    Ainsi ne s’étonnera-t-on pas d’avoir vu tomber en désuétude ces rondes, parfois confinées au répertoire récréatif des cours d’école de petits villages ruraux, où nous avons pu voir encore, dans les années soixante, des galette ou autres manico qui nous avaient déjà été signalées à ce titre par les anciens, aux côtés de la danse du tapis ou de la danse du balai, toujours en vogue dans les mariages contemporains, et bien au-delà des limites de ce territoire.
    Il nous est parfois arrivé, en outre, de noter des bals – à l’exemple de Ton devantau ma chambrière – qui pouvait tout aussi bien s’interprêter en face à face par un couple de danseurs qu’en ronde collective. Ces fragiles témoignages ont, depuis, donné libre cours à l’imagination et permis ainsi d’utiliser ces courts textes chantés en les intégrant à des manifestations de diffusion culturelle : spectacles ou veillées d’animation.

    Michèle Gardré-Valière et Michel Valière