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  • Index (provisoire) de chansons de tradition orale recueillies par Michèle Gardré-Valière et Michel Valière

     

    Index (tout-à-fait provisoire) des incipits de chansons de tradition orale du Fonds Michèle Gardré-Valière et M.V., recueillies en Poitou et Centre-Ouest, à partir de 1964 (mis à jour le x décembre 2011) :

    À Chez-Blanc petit village

    À dix-huit ans, la petite Joséphine

    À dix-huit ans, j’avais six amoureux

    Ah ! Ah ! Ah ! dit la chandelle

    Ah ! De bonjour gentille bergère

    Ah ! J’ai fait mon Tour de France et m’y voilà de retour

    Ah ! Ma douce amie, que cette fleur qui est sur ton front

    Ah ! Mon beau château

    Ah ! Que les femmes al y sont sottes

    Ah ! Qu’elle est gentille ma fille

    Ah ! Qu’elles sont bêtes les femmes

    Ah ! Qui la dansera le mieux, la guimbarde

    Ah ! Qu’il est malade ce bras

    Ah ! Si tu veux belle Isabeau je ferai ta fortune

    Ah !  Tout un jour je m’y promène           

    Ah ! Tu l’emmènes, tu l’emmènes, ma mignonne

    À l’âge de quinze ans, Rosette se marie

    À la malaco, l’on chasse

    À la manico on y danse on y danse

    À l’âne, à l’âne

    Allant à la fontaine pour cueillir du cresson

    Allez, allez Joli Vermé

    Allons la belle voilà que c’est nuit

    Allons ensemble les camarades là

    Allons mon ami Thomas, tu t’approches de la rabistoquette

    À l’ombrage sous l’ormeau

    Amène-la donc ta penaillon

    Amène-lou donc ton penaillon

    À Paris chez ma tante un oranger l’y a

    À Paris, mesdames, devinez ce qu’il y a

    À Paris sur le youp youp nipe nipe

    À Paris y avait un marchand

    À quinze ans j’étais gentille

    Arrêtez arrêtez cocher

    Arrousons-nous la dalle, la dalle

    À Saint-Romain, c’est un petit bourg

    Au bal de Chez Tapon, mon chausson a pas de bavette

    Au bout de la septième, l’amant est revenu

    Au jardin de mon père, il y a des orangers            

    Au jardin de mon père, ô joli cœur de rose

    Au régiment, on a de l’agrément

    Beau rossignol de France

    Belle, avant de t’y quitter, veux-tu m’y faire la promesse

    Belle batelière Élisabeau

    Belle fillette y gardant son troupeau

    Belle si j’étais dans ton vert pré

    Belle si i étions dans ton vert pré

    Bigorneau, bigorneau

    Biquette veut pas sortir des choux

    Boés, boés, boés en donc de thio petit vin

    Bonhomme en s’y rendant de la foére

    Bonjour bonne maman je suis dans la tristesse

    Bonjour cabaretière

    Bonjour mademoiselle

    Bonjour ma bonne mère, je suis dans la tristesse

    Bonjour madame la Marceline

    Bonjour, mademoiselle, comment vous portez-vous

    Bonjour ma petite bergère, aimable Jeanneton

    Bonjour monsieur le curé, ma bourgeoise m’a-t-envoyé

    Bonjour petite bergère à quoi y pensez-vous

    Bonjour petite bergère au clair de ce beau jour

    Bonjour petite bergère

    Bonjour petite bergère            (là-haut sur ces roches)

    Bonne maman je suis fort ennuyée

    Bonser, petit bonhomme, la la

    Bonsoir messieurs, mesdames, comment va la santé

    Bourguignon, que tu danses bien

    Buvons en de cet enfant qu’on a trouvé dans les vignes

    Buvons, trinquons, divertissons-nous

    Buvons un coup laissons point de terre

    Ce sont trois voltigeurs qui s’en vont en Égypte

    C’est la fille à Jean Brisquet

    C’est la fille de la meunière qui se balade avec Thomas

    C’est là-haut sous l’ormeau

    C’est la manico qu’on y danse

    C’est la petite Germaine, mariée dès onze ans

    C’est la petite Germaine, s’y marie dès douze ans

    C’est le boutineau qui se danse qui se danse

    C’est le curé de Nantes

    C’est le dimanche dans la matinée

    C’est une belle aux yeux bleus

    C’était le curé de Saint-Denis

    C’était la fille d’un geôlier

    C’était la fille d’un perruquier

    C’était le duc de Bourbon

    C’était pour la veille de la Saint-Jean

    C’était pour un premier mai

    C’était pour un premier de mai

    C’était trois jeunes garçons qui s’en vont en Afrique

    C’était un capitaine le soir de ses noces

    C’était une bergère, rouli, roulons, roulette

    C’était une jeune fille qui n’avait pas quinze ans

    C’était une fille aux grands yeux bleus

    C’était une fille, une jolie fille

    C’était une fille muette

    C’était une jeune fille qui voulait s’y marier                        (la fille du père millionnaire)

    C’était une pauvre vieille qui menait son âne aux champs

    C’était une petite lingère

    C’était un moine, prieur du couvent

    C’était un moine qui s’appelait Simon

    C’était un petit moéne, qui d’amour vivait

    C’était un vieux paysan, revenant de l’ouvrage

    Cette nuit j’ai fait un rêve

    Chez nous dans le temps

    Chez nous i avions daus bœufs

    Chez nous avions une âne toujours

    Chez nous j’avions un jau

    Chez nous, nous étions trois filles

    Connaissez-vous Gabériole

    Connaissez-vous la triste histoire de celui qu’on nomme Beau-blond

    Dans ce petit bois, ah ! devinez ce qu’il y a

    Dans ce petit bois charmant

    Dansez donc les filles, dansez donc les gars

    Dans le jardin de ma tante, il y a un cerisier

    Dans le pays de la Gâtine

    Dans un bocage

    Dans un chemin l’y passe trois gentils capitaines

    Dans une maison, il y a trois filles

    De bon matin, le grand Pierre se lève

    De bon matin je me suis levé

    Dedans notre village, il y a-t-un avocat

    Dedans la Tour de Londres, là-haut, là-haut

    Dedans la ville de Lyon, il y a une geôlière

    Dedans Paris la grande ville

    Dedans Paris l’y a-t-une danse

    Dedans Paris l’y a une gentille brunette

    Dedans Paris l’y a une jeune couturière

    De me marier-t-o y a quinze ans

    Derrière chez mon père                                    (le pommier doux)

    Derrière chez nous, il y a des choux

    Derrière chez nous, savez-vous ce qu’il y a

    Derrière chez nous y a-t-un étang            (elle ne sera pas fille longtemps)

    Derrière chez nous y a-t-un étang             (et la deridondaine)

    Derrière chez nous y a-t-un étang            (la voilà la table des bons enfants)

    Derrière chez nous y a-t-un étang              (le foin coupé, il faut le faner)

    Derrière chez nous y a-t-un étang            (ô ma gentillette)

    Derrière chez nous y a-t-un étang             (tambour battant)

    Derrière chez nous y a-t-un petit bois            (qui nous amène des noix)

    Des artichauts des choux pommés, dans le jardin de la jardinière

    Des boudins des boudins de ma grand-mère

    Deux gros nigauds de notre village

    Dis-moi beau grenadier

    Dimanche au soir à ma porte

    Ding dong carillon qui qu’est  mort

    Dira-t-elle oui sans rire ?

    Dites donc vous autres les filles à présent

    Dodo berline, sainte Catherine

    Dodo petite, sainte Marguerite

    D’où venez-vous tout crotté monsieur le curé

    D’où viens-tu mon gentil bossu

    Écoutons l’aventure, c’est d’un jeune guerrier

    Eh, vins donc là camarade bergère           

    Élise, Élise était sous ses ormeaux

    Elle a dit oui sans rire

    En m’y rendant de la foère

    En m’y rendant de métives

    En m’y rendant des noces, buvons nous allons

    En m’y rendant des noces de mon neveu

    En passant devant sa porte, trois petits coups frappa

    En passant devant un pré, les grillons chantaient

    En revenant de Saint-Denis-t-en France

    En revenant des noces, buvons nous allons

    En revenant des noces, buvons nous y en allons

    Et à Paris, y a-t-une vieille

    Et en revenant de Saint-Gilles

    Et toi, ma brunette, veux-tu te marier

    Et vous l’avez ben tous connus

    Eugénie, les larmes aux yeux

    Faut pas de bourse à ces jeunes gens

    Fillettes de quinze ans faites donc pas tant les fières

    Fume ta pipe Napoléon

    Hélas mon père m’a mariade

    Hélas mon père m’y marie

    Henriette était fille d’un baron de renom

    Holà ! ma petite mère

    I la mangerons la soupe la soupe

    Il avait courte taille, on l’avait marié

    Il est mort le père aux louis d’or

    Il était une petite bergère qui les gardait ses blancs moutons

    Ils étaient trois conscrits qui s’en vont à la guerre

    Il y a un petit bois

    Il y a-t-un bon prêtre dans notre village

    I vas vous chantar une chanson qu’ol est ren que daus menteries

    J’ai bien servi pendant sept ans la France

    J’ai cueilli une belle rose

    J’ai de la richesse et de beaux châteaux

    J’ai demandé à ma femme, j’ai demandé son avis

    J’ai demandé-z-à ma mère, la mariée quand je la serai

    J’ai fait l’amour à une brune

    J’ai fait une maîtresse trois jours y a pas longtemps

    J’ai fait une maîtresse y a pas longtemps

    J’aime la galette

    J’ai plumé la tête de mon alouette

    J’ai quinze ans et je suis sage

    J’ai un amant, deux j’en voudrais

    J’ai vingt-cinq ans, ah ! je suis sage

    J’ai vu le loup, le renard, le lièvre

    J’avais deux camarades

    J’avais rêvé de vivre sans ménage

    J’avais une maîtresse aux Trois Piliers

    Je me lève de bon matin quand le soleil se couche

    Je m’en fus cueillir des noix

    Je me suis engagé pour l’amour d’une blonde

    Je me suis-t-engagé dans le régiment de France

    Je mets ma charrette sur mon dos

    Je ne veux plus garder les vaches

    J’enlève de ma pochette

    Je passai derrière le bois, le coucou chantait

    Je sais bien une chanson de pur mensonge

    Je suis lasse d’être fille

    Je suis venu ce soir du fond de mon bocage

    Je suis venu pour vous tromper

    Jeune militaire revenant de guerre

    Je viens t’y dire adieu, ma charmante Marie-Louise

    Je viens t’y voir ma bergère du champ

    La bèla Janèton

    La boulangère a des écus

    La fiancée nous l’emmenons            (petit papillon volant)

    La fille d’un geôlier

    Là-haut, là-haut, sur la montagne, il y a trois petits moutons blancs

    Là-haut parmi ces champs

    Là-haut, sur ces chaumettes

    Là-haut sur la montagne, trois petits oiseaux chantaient

    La lessive est roulée

    L’alouette sur la branche

    La Magali voulait bien dormir

    La mariée qui perd son chignon

    La mariée s’en va devant

    La mariée s’en va devant            (la foére qui la galope)

    La mariée s’en va vite vite la mariée s’en va l’a ripé

    La mère Fanchette arrive avec son caillon

    La mère Gauduchon s’en va-t-au bois

    La mère Julie veut s’y marier

    La monterons-nous la côte la côte

    La quarante est là qui ne tremble guère

    L’autre jour en se promenant

    L’autre jour je m’y promène

    L’autre jour, un jour de foire

    La vieille a mis son bea caillon

    Le bonhomme en s’y rendant du bois                       

    Le coucou s’en va nous ne le verrons guère

    Le curé ne veut pas que thiés gars bigheant

    Le fendeur dans les bois, dans sa loge jolie

    Le jour qu’i étais la mariée

    L’entends-tu, mignonne

    L’entends-tu mon goret, ma bernée bouille

    Le numéro un est arrivé, sur la marine faudra aller

    Le père Mathurin n’a plus de chapeau

    Le premier est un pêcheur

    Le roi a une fille à marier

    Le roi avait un fils

    Les filles de Saint-Maurice s’en vont à la ballade

    Les voici les voilà les culottes rouges

    Le vieux bigeait la vieille, la vieille bigeait le vieux

    Ma bonne amie, je t’y fais mes adieux

    Mademoiselle, vos yeux sont languissants

    Ma douce amie que cette fleur qu’est sur ton front

    Ma femme al est malade, en grand danger d’y mourir

    Ma femme m’y dit de bercer le pouperon

    Ma fille pour ton mariage

    Ma journée est finie

    Ma maman ne veut pas payer

    Maman je voudrais maman je voudrais

    Ma mignonne est au village, au village tout là-bas

    Ma poulette a trois poulets

    Maréchal de France revenant de guerre cherchant ses amours

    Margoton prend son panier  la voilà partie-z-aux mèles

    Marie dans le mariage

    Marie-Jeanne s’en va-t-au moulin

    Marie-Madeleine a les pieds petitons

    Marie, ma petite Marie

    Mariez-moi ma mère dès l’âge de quinze ans

    Marion tu perds ton chignon

    Martin va-t-au bois

    Mathurine en jupon court s’en va à la messe

    Ma tunique a un bouton, marchons

    M’en vais-t-à la foire de Parthenay

    Mes amis faites attention que je vous dise une chanson

    Mes chers amis, je vais vous chanter

    Mes petits gorets dansiant

    Messieurs, j’ai fait connaissance

    Mettez le foin au râtelier, voilà les oueilles qu’arrivent

    Mon Jean, Petit-Jean s’en va-t-aux vignes                       

    Mon mari était malade

    Mon père avait cinq cents moutons

    Mon père avait un carré de pois

    Mon père avait une âne

    Mon père galopait

    Mon père le m’y marie dès l’âge de quinze ans

    Mon père m’a donné des rubans, des rubines

    Mon père m’a donné-t-en maridatge

    Mon père m’a mariée à quinze ans et demie

    Mon père m’envoyait au marché

    Mon père m’y marie en croyant d’y bien faire

    Mon père s’en va-t-au marché, ma mère s’en va-t-aux noces

    Mon père voudrait m’y marier

    Morbleu de ventrebleu, dis-moi donc, belle Madelon

    M’y promenant sur la Charente  faisant mon tour faisant ma ronde

    M’y rendant de la foére

    Napoléon disait à Joséphine

    Ne l’ai-je pas bien passé mon temps

    N’entends-tu la biche dedans les bois

    Nous avions une chèvre qu’était intelligente

    Nous étions trois filles, bonnes à marier

    Nous sommes venus ce soir

    Nous sommes venus vous voir

    Oh ! J’ai-t-un petit oiseau Isabeau

    Oh ! Le joli petit métier

    Oh ! Que je l’aime, oh ! Que je l’aime la fille de l’Auvergnat

    Oh ! Sur le pont de Nantes la veille de la Saint-Jean

    Ol était la mère ageasse

    Ol était une chèvre qui va jamais aux champs

    Ol était une petite vache noire

    Ol était un garçon que l’appeliant Simon

    Ol était un petit bonhomme            (le cuilleri)

    Ol était un petit moine qui d’amour vivait

    O m’est venu commandement

    On y danse la lourde

    Où allez-vous si pressé, curé,curé

    Où est la marguerite

    Où vas-tu belle boiteuse

    O vinguit un ordre chez nous

    Papa, maman, mariez-moi

    Par derrière chez mon père, y a-t-un petit bois charmant

    Pas de lièvre, pas de lapin

    Père père regardez si vous m’aimez

    Perrine était chambrère

    Pète donc vieille tant que tu voudras

    Petit capitaine revenant de guerre en cherchant ses amours

    Petit-Jean, Petit-Jean s’en va-t-aux vignes

    Petit tambour se revenant de guerre

    Piquons, belle Madeleine

    Pour bien la dançar

    Pour danser le rat

    Prends tes bots guenipe

    Prête-moi ton couteau

    Quand j’atais chez mon père

    Quand j’étais apprenti pastouriau chez mon père

    Quand j’étais chez mon père, fillette à marier

    Quand j’étais chez mon père, fillette à marier dondaine

    Quand j’étais chez mon père, garçon à marier, voyez

    Quand j’étais chez mon père, lon et la, tra la la, fillette à marier

    Quand j’étais chez mon père, mon père Landerniau

    Quand j’étais chez mon père, oueille la coue nègre, fillette à marier

    Quand j’étais chez mon père, petite à la maison

    Quand j’étais chez mon père, petit gars pastouriau

    Quand la bergère s’en va-t-aux champs, toujours filant

    Quand la bergère s’y en va-t-aux champs filant sa quenouillette

    Quand la Marion s’en va au molin                        (filar sa colha de bren)

    Quand le curé s’en va pour cueillir la noisette

    Quand les garçons partiront, toutes les filles pleureront

    Quand le valet s’en va-t-aux vignes

    Quand Marianne va-t-au moulin

    Quand Margoton s’en va-t-au bois

    Quand Margoton s’en va-t-aux mèles, son panier sous son bras

    Quand mon père s’en va-t-au marché

    Quand un beau jour je m’y promène (turlututu)

    Quand un jour je m’y promène tout le long de ces vallons

    Quitte ton troupeau bergère

    Qui veut savoir une chanson            (c’est d’une fille et d’un garçon)

    Récitons l’aventure, c’est d’un jeune écolier

    Réveillez-vous la belle, je viens vous avertir

    Rossignolet du bois joli

    Rossignolet du bois, rossignolet sauvage

    Rossignolet sauvage, rossignolet des bois

    Sainte Marguerite, endormez-moi cette enfant

    Sargallon s’en va-t-à la messe

    Saute, saute, les poils de mes chausses

    Sautez donc, vous n’y sautez guère

    Sautez mesdemoiselles

    S’en allant à la fontaine pour cueillir du cresson

    Si j’avais une femme

    Si je suis fillette sans amant

    Si je viens t’y voir ma charmante maîtresse

    Si tu cheus dans thio creus, malireu

    Si tu savais mignonne

    Sous ces trois rosiers blancs

    Sur la rivière de Bordeaux

    Sur le pont du Nord, joli cœur de rose

    Sur mon chemin, j’ai rencontré les filles du coupeur de paille

    T’as bu bonhomme

    T’aras de l’aglland

    Tins-te ben i allons galoper

    Tombis, m’y cassis la jambe

    Ton beau temps, ma jeune fille

    Ton devanteau ma chambrière

    Ton petit cotillon Lisette (ou Marjolaine)

    Ton petit chien bergère

    Tout le long de la mer, lon, la

    Tout près d’un cerisier, y avait une jolie fille

    Tout un jour s’y promène tout le long de ces vallons

    Trempez la soupe, trempez la donc

    Trois beaux navires sont arrivés

    Trois fois passera la dernière la dernière

    Trois jeunes tambours revenant de la guerre

    Trois matelots, leur pipe allumée

    Tu l’apporteras le petit pot, le petit pot

    Tu m’as fait venir ici mei

    Tu n’auras pas ma queue de mouton, ma tante rose

    Une coquette de Paris

    Un beau jour je me promène tout le long de ces vallons

    Un biau jour de fête

    Un dimanche après les vêpres

    Un jour ma tant plantit un pépin dans son jardin

    Un jour un jour m’y promenant

    Un jour une bergère appelée Isabeau

    Un oiseau sur la branche faisait cui cui

    Veux-tu veux-tu ma mignonne

    Viens, viens, viens, malheureuse viens

    Vins donc fainéant

    Vire tes oueilles, berghère

    Vive les conscrits de Saint-Gaudent

    Voici la Saint-Jean la grande journée

    Voici le mois d’avril rendu

    Voilà Christophe parti au marché

    Voilà la poule, avec ses quatre poulets

    Voilà un an et demi qu’on a marié la petite Marie

    Vous n’irez plus au bal madame la mariée

    Y a trois hussards allaient en promenade

    Y a-t-une jeune mariée qui regrette bien ses amours

    Y a-t-un nic dans thio prunier

    Y a-t-un rat dans le grenier

     

    (Pour tout renseignement éventuel, nous contacter)

  • Un colloque pour apprendre à "chanter les bœufs", les guider dans la douceur...

     

     

    Le premier colloque consacré au chant de plein air des laboureurs
    ou  à « l’art de manier les bœufs en chantant » aura lieu du 7 au 9 octobre dans le Bocage Vendéen, à Saint Germain l’Aiguiller – Mouilleron-en-Pareds.
    Ce colloque est organisé par la Communauté de Communes du Pays de La Châtaigneraie, avec la collaboration d’EthnoDoc et de l’OPCI.
    Tout à fait inédit, ce rendez vous permettra de faire le point sur les richesses historiques, patrimoniales et scientifiques d’une pratique millénaire que l’on croyait éteinte et que l’on connaît dans diverses régions sous les noms de dariolage, briolage, raudage, etc...  

    Renseignements au 02 51 52 62 37

    ou par mail tourisme@paysdelachataigneraie.org

     

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    « Le chant de plein air des laboureurs »

    Colloque du 7,8 et 9 octobre 2010

    La Communauté de Communes du Pays de La Châtaigneraie, avec la collaboration d’EthnoDoc et de l’OPCI, organise un colloque Le chant de plein air des laboureurs ou « l’art de manier les bœufs en chantant ». Tout à fait inédit, ce rendez vous permettra de faire le point sur les richesses historiques, patrimoniales et scientifiques d’une pratique multiséculaire que l’on croyait éteinte à jamais et que l’on connaît en Vendée sous le nom dariolage.

    A quoi correspond cette pratique si bien évoquée par George Sand au premier chapitre de La Mare au diable (sous le nom de briolage)?

    Pour Joseph Grolleau (85 ans), de Cheffois, lors d'une rencontre à propos d'une enquête sur ce sujet, le définissait ainsi:

    "Le dariolage, c'est une sorte de mélodie que la voix du laboureur porte loin en s'entraînant et en entraînant son attelage. Ce chant singulier, égrené sur des voyelles et chanté par chaque laboureur sur un air personnel , accompagné des cris et chants d'oiseaux, anime tout l'environnement; même les geais imitent parfaitement cette mélodie. C'est toute une atmosphère qui règne dans la campagne, atmosphère de labeur et en même temps d'harmonie et d'équilibre, un certain bonheur de vivre, tout simplement."

    Demandez le programme du colloque qui se déroulera au Domaine Saint Sauveur (Saint Germain l’Aiguiller – Mouilleron-en-Pareds, Vendée) du 7 au 9 octobre 2010. S’en suivront une soirée « Voix du Monde » le samedi 9 octobre, et une démonstration publique de dariolage, le dimanche 10 octobre, dans le cadre de la cuisine du cochon au Moulin Migné, de Cheffois (Vendée).

    Un point restauration sera mis en place avec des buffets entre 8 € et 10 €, et un menu à 14,50 €. Nous vous invitons à réserver le plus tôt possible auprès de l’Office de Tourisme du Pays de La Châtaigneraie qui se tient également à votre disposition pour tous renseignements au 02 51 52 62 37 ; ou par mail tourisme@paysdelachataigneraie.org

    O.de T. 1 Place des Halles, 85120 La Châtaigneraie

     

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  • Quand les beaux jours d'Angles (Sur l'Anglin, Vienne) s'exposent dans la Chapelle Saint-Pierre, à Angles, du 20 mai au 24 juin 2010

     

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  • Au pays de Maurice Fombeure, on fête l'œuf après Pâques!

     

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    Et la campagne poitevine est si belle au printemps dans la Vallée de la Vienne ! Découvrez Bonneuil-Matours et la mémoire du poète Maurice Fombeure...

     

  • Vous recherchiez La Chanson de la Belle, poème de Maurice Fombeure

    Chanson de la belle

    Sous un pêcher en fleur
    La belle s'est assise,
    La belle qui est triste
    Qui n'a pas d'amoureux,

    Qui n'a pas d'amoureux 
    Pour lacer sa chemise.

    Sous un pêcher en fleur
    La belle entend la neige
    La belle entend la neige
    Qui tombe dans son cœur.

    Ne pleurez pas la belle
    L'amour rend malheureux.

    J'aimerais mieux souffrir
    A cause des amours,
    J'aimerais mieux souffrir
    Que d'être là seulette

    A voir tomber la neige
    Dans un pêcher en fleur.

    Recopiée d'après l'ouvrage de Jean Rousselot, Maurice Fombeure, éd. Seghers, 1957, p. 117.
    © Tous droits réservés.

  • Les anciens cimentiers d'Airvault (Deux-Sèvres) se racontent, le 8 novembre 2008

    Comme suite à la mission d'étude confiée à Aurélie MELIN, d'ORCI, par L'association Les Amis du Musée, le pilote de Belvert, chargé d'accompagner cette recherche depuis le montage du dossier, a été sollicité pour "animer" la réunion des anciens cimentiers rencontrés et incités à "se" raconter par la chercheuse. Aurélie Melin, naturellement, concourra à l'animation de cette après-midi à laquelle nos visiteurs sont cordialement invités à venir rencontrer les cimentiers, les membres de l'association, ainsi que la petite équipe des chercheurs d'ORCI. 

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  • « Marianne et son âne Martin, si n’en parlions?»


    « Marianne et son âne Martin, si n’en parlions ? »
    par
    Michèle Gardré-Valière
    *
    Comme suite à l’article de La Petite Châtenette sur la fête du 14 juillet et de la chanson qui accompagnait l’envoi et qui figure dans ce numéro-ci d’Aguiaine (n° 263, nov.-déc. 2007, pp.17-18), sous le titre de Marianne et son âne Martin, je vous propose (pp. 25) quelques
    remarques sur les chansons relevant de la même rubrique (21) du Répertoire établi par Patrice Coirault et alii. L’auteure nous dit « tenir » cette chanson de sa grand-mère maternelle qui la détenait elle-même de sa propre grand-mère. C’est dire si ce texte chanté s’inscrit bien dans sa tradition orale familiale, aux origines lointaines et à des temps indéterminés. De son côté, une de nos informatrices de Champagne-Mouton (Charente), Marie Vidaud, nous dit un jour à propos d’une version qu’elle connaissait : « Celle-ci, c’est une chanson vraiment populaire ». Elle
    l’estimait ainsi en regard de toutes les autres, plus rares, qu’elle nous avait chantées et que
    nous avions enregistrées d’elle. « Populaire », en effet, elle l’est bien, comme le justifiera un rapide survol de la littérature ethnographique. Pour en juger, il suffit de se reporter au tome I du Répertoire des chansons françaises de tradition orale de Patrice Coirault (BNF, 1996), qui en a regroupé de nombreuses références, sous la rubrique 21 – LARCINS I, Filles au moulin, sous le numéro 2112, Marianne au moulin, ou L’âne mangé à la porte du Moulin. De son côté, l’ethnomusicologue Conrad Laforte, au Québec, propose, pour le corpus de textes comparables qu’il a pu compiler, la cote O-70, dans son volume II consacré aux chansons strophiques, avec pour titre générique : Marianne s’en va-t-au moulin.
    Ce choix de prénom pour l’héroïne, fait par les catalogueurs, doit pouvoir se légitimer eu égard à la fréquence de son apparition dans les textes. Certes ! Pourtant, un examen des versions qui nous apparaissent comme les plus anciennes ne plaide pas dans ce sens-là. En effet, la mention « première » remontant au XVe siècle, selon Gaston Paris, fait état d’une jeune femme répondant au prénom de Penotte, comme en témoignent les deux seuls vers qu’il nous en reste :

    « Penotte s’en va au moulin
    Dessus son asne Baudouyn. »

    Une version de 15361, que nous reproduisons ci-après, évite de nommer la jeune personne qu’elle représente seulement par : « La Jeusne Dame. »

    La Jeusne Dame va au molin
    Dessus son asne Bauduin,
    Tout chargé de grenade2,
    La sombredondon
    Tout chargé de grenade,
    La sombredondon.

    Quand le mosnier la vit venir :
    « Belle, viendrez-vous moudre icy ?
    Et deschargerons l’asne ! »
    La sombredondon.
    Et deschargerons l’asne ! »
    La sombredondon.

    Tandis que le molin moloit,
    Le mosnier fesoit son devoir,
    Et le loup mangeoit l’asne ?
    La sombredondon.
    Et le loup mangeoit l’asne ?
    La sombredondon.

    Quant à J.B. Weckerlin3 il en a retenu une version qu’il situe en 1602 (pp. 232-233), c’est tout simplement « La Belle ». Il précise en outre qu’elle a été plusieurs fois éditée (Paris : 1600 ; Rouen : 1602 ; Poitiers : 1607...). En voici le texte établi par l’auteur du recueil :

    La Belle s’en va au moulin
    Dessus son âne beaudoin,
    Pour gaigner4 sa mouture.
    Lanfrin, lanfra, la mirligaudichon,
    La dondaine, la dondon,
    Pour gaigner sa mouture
    A l’ombre d’un buisson.

    Quand le musnier la vit venir,
    De rire ne se peut tenir :
    Voici la femme à l’asne,
    Lanfrin, lanfra...

    — Musnier, me moudras-tu mon grain ? —
    Ouy, Madame, je le veux bien,
    Vous moudrez la première,
    Lanfrin, lanfra...

    Tandis que le moulin mouloit
    Le musnier la belle baisoit
    Et le loup mengeoit l’asne
    Lanfrin, lanfra...


    Hélas, dit-elle, beau musnier,
    Que maudit en soit le mestier,
    Le loup a mangé l’asne,
    Lanfrin, lanfra...


    « En ma bourse j’ay de l’argent,
    Prenez deus escus tout contant,
    Achaptez un autre asne, »
    Lanfrin, lanfra...


    La Belle s’en va au marché,
    Pour là un autre asne achapter,
    Achapta une asnesse,
    Lanfrin, lanfra...


    Quand son mary la vit venir
    De crier ne se peut tenir :
    Ce n’est pas là nostre asne !
    Lanfrin, lanfra...


    Mary, tu as beu vin nouveau,
    Qui t’a faict troubler le cerveau,
    As mescongnu nostre asne,
    Lanfrin, lanfra...

    Voicy le joly mois de may,
    Que toutes bestes changent poil,
    Aussi a faict nostre asne,
    Lanfrin, lanfra...

    On aura constaté sans peine que le déroulement du texte est déjà bien établi au début du XVIIe siècle (refrain mis à part, comme bien souvent). Et cela seulement suffit à ne pas retenir l’hypothèse d’une chanson née pendant la Révolution sous le seul prétexte que l’héroïne porte le même prénom que la figure emblématique de la République : Marianne. D’ailleurs les appellatifs génériques de la chanson sont divers et tout autres avant cette période (Belle ; La Belle ; Penotte ; La Jeusne Dame...). Pour les temps post-révolutionnaires, sur vingt-neuf versions (dans un premier repérage) rassemblées par treize collecteurs, on en compte treize avec le prénom Marion (en français ou en occitan), onze avec Marianne et cinq avec d’autres prénoms voisins, tous à l’initiale en « M+a » : Madelon, Margot, Margui, Mariton, Marie-Jeanne, sauf Nanon ( qui apparaît seulement dans un refrain, cf. infra). Cependant si celui de Marion est bien représenté au XIXe siècle et jusqu’à nos jours, Marianne, lui, n’apparaît, sauf erreur, qu’au XXe siècle, parfois d’ailleurs en compétition, au sein du même texte, avec Marion, comme on le voit dans
    cet exemple de Saint-Romain-en-Charroux, en Pays civraisien5 :

    Quand Marianne s’en va-t-au moulin (bis)
    Assise sur son âne, Nanon de la Sambre dondon
    Assise sur son âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion

    Quand le meunier la vit venir (bis)
    De rire il put s’en retenir (bis)
    Attache là ton âne, Nanon de la Sambre dondon
    Attache là ton âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion

    Pendant que le moulin moulait (bis)
    Le meunier la caressait (bis)
    Le loup caressait l’âne, Nanon de la Sambre dondon
    Le loup caressait l’âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion

    Meunier, meunier, oh qu’as-tu fait (bis)
    Le loup a mangé l’âne, Nanon de la Sambre dondon
    Le loup a mangé l’âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion.

    Prends sept écus dans ma sacoche (bis)
    T’iras acheter un âne, Nanon de la Sambre dondon
    T’iras acheter un âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion.

    Quand son mari la vit venir (bis)
    De pleurs il ne peut se retenir (bis)
    Oh qu’as-tu fait de notre âne, Nanon de la Sambre dondon
    Oh qu’as-tu fait de notre âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion.

    Mon âne avait les oreilles en rabattant (bis)
    Et le bout de la queue blanche, Nanon de la Sambre dondon
    Et le bout de la queue blanche, ma jolie Marion, ma jolie Marion.

    Mais tu sais bien qu’à la Saint-Michel (bis)
    Que tous les ânes changent de poils (bis)
    C’est ça qu’a fait notre âne, Nanon de la Sambre dondon
    C’est ça qu’a fait notre âne, ma jolie Marion, ma jolie Marion.

    On ne doit pas s’étonner de la vitalité et de la résistance du prénom Marion, dans la mesure où il était déjà attesté au XIe siècle et chanté au XIIIe siècle comme le montre Roger VAULTIER6 (1965 : p. 85) :

    « Le frère Daniel, un prédicateur du XIIIe siècle, a laissé au moins le titre d’une chanson en vogue de son temps, il s’écrie, en effet ‘Ô jour [de Noël] pourquoi as-tu été fait ?Est-ce pour être employé à chanter la Marion ?’ »

    Mais d’abord, un petit rappel historique et... citoyen. Marion a longtemps fait figure de « prénom rural », de « chambrère7 », comme nous l’avons entendu en 1970 de la bouche de notre propre grand-mère maternelle de Poursay-Garnaud (Charente-Maritime). Si Marianne fut porté dès le XVIe siècle comme prénom très populaire en raison de la double dédicace, chez les catholiques, à la Sainte-Vierge Marie et à sa mère Anne, le terme Marianne comme symbole de la République8 est postérieur à la Révolution française.
    De fait, la figuration symbolique de La Liberté aurait pris naissance dès 1789, sous la forme de statues, vêtues à l’antique et coiffées principalement du bonnet phrygien, que l’on voit s’ériger un peu partout en France. Mais l’historien Maurice Agulhon9 a bien reconnu que c’est
    en octobre 1792, au village de Puylaurens, dans le Tarn10, qu’elle a été nommée pour la première fois dans un texte de chanson11, imprimé en langue d’oc sous le titre La Garisou de Marianno (= La Guérison de Marianne), et dont l’argument repose sur la joie de « la malade »
    d’avoir recouvré son appétit à la suite de la « prise des Tuileries », le 10 août 1792. Notons que Frédéric Mistral l’avait déjà citée dans son illustre Trésor du Félibrige (1878-1886), non sans l’avoir qualifiée, vu ses orientations idéologiques et politiques, de « détestable chanson » (sic).

    On rapporte aussi que « Marianne » était le nom de code de sociétés secrètes républicaines qui s’étaient fixé pour objectif de mettre à bas le Second Empire. C’est pourquoi ce « prénom » a aussi été utilisé par les anti-républicains à l’encontre de la République française, mais celui-ci,
    ayant acquis une valeur de symbole, a perdu de fait toute sa valeur péjorative. Et pour cette raison, chaque mairie se dotera d’au moins un buste de Marianne à l’effigie d’une belle femme12, diffusé massivement à partir de 1880. Ainsi ce symbole de la République connaîtra- t-il son apothéose et sa sacralisation.

    On comprend que le rapprochement entre la fête nationale et la chanson de Mam’zelle Marianne ait pu être fait, d’autant que l’École laïque et républicaine l’a diffusée à sa manière, un tantinet expurgée de toute connotation érotique et sexuelle, et sur un refrain très rythmé, qui maintes fois a fait considérer cette chanson « d’école » comme une comptine, celle-la même que nous chantions à la sortie de l’école de Villeneuve-la-Comtesse (Charente-maritime), dans les années d’après-guerre.

    « Au p’tit trot, p’tit trot, p’tit trot,
    C’est le refrain de la meunière
    Au p’tit trot, p’tit trot, p’tit trot,
    C’est le refrain
    Du vieux moulin. »

    Si certains de nos informateurs ont conservé en mémoire cet héritage scolaire, d’autres véhiculent des textes à coup sûr beaucoup plus « historiques », comme en témoignent plusieurs versions au refrain de « la sombre dondon », déjà connu au XVIe siècle, et retrouvé encore « sur le terrain » dans les années 1970, quatre siècles plus tard. Belle longévité, donc, pour cette Marion-Marianne !

    Référence bibliographique en cas de citation de cet article:

    GARDRé-VALIèRE Michèle, "'Marianne et son âne Martin, si n'en parlions ? ", Aguiaine n° 263, nov.-déc. 2007,pp.19-25.


    NOTES :

    1- Dans La Couronne et Fleur des chansons à troys (imprimé à Venise...). Cette référence est citée par Théodore Gérold, p. 57 de Chansons populaires des XVe et XVIe siècles, avec leurs mélodies, Genève Slatkine Reprints, 1976 (1re éd. Strasbourg, 1913).

    2- « Grenade » est le calque français de l’occitan « granada » (du latin granata, abondante en grains) : littéralement, en français, « grainée », récolte de blé.

    3- L’Ancienne chanson populaire en France (16e et 17e siècle), Paris, Garnier, 1887.

    4- « Obtenir ».

    5- Cf. L’Almanach du Poitevin 2008, Romorantin, CPE, p. 76, texte établi à partir de notre enquête du 1967 en Pays charlois (Vienne).
    (Phonogramme de Michel Valière, encore non indexé). Une autre version, parmi la dizaine entendues et recueillies en Pays civraisien, Quand Marion va-t-au moulin (La sombre dondon), que nous avions proposée lors d’un concours pédagogique en tant qu’enseignants et « chasseur de sons », a été diffusée le 30 mai 1970 sur France-Inter par l’ORTF. Ce sera là l’origine du prénom de notre fille, justement née ce même jour (cf... Michel Valière, « Je l’appellerai Catherine... », dans Joël Clerget (dir.), Le Nom et la nomination : source, sens et pouvoir, Toulouse, ÉRÈS, 1990, p. 227-233).

    6- Le folklore pendant la guerre de Cent ans d'après les lettres de rémission du Trésor des chartes), Paris, Librairie Guénégaud, 1965.

    7- Chambrière, femme de chambre, servante.

    8- Sur ce sujet, cf. Maurice Agulhon, Marianne au combat, l’imagerie et la symbolique républicaines de 1789 à 180, Paris, 1979.

    9- Discours d'ouverture du Colloque de Puylaurens " La Révolution vécue par la Province" 15 et 16 avril 1989 - Maurice Agulhon :"C'est bien en effet la chanson de Guillaume Lavabre, le chansonnier puylaurentais qui en donnant la première occurrence du prénom de Marianne pour désigner la République, fait de cette invention un fait méridional ou, pour mieux dire, occitan." Son manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale (Ye 3293) est le plus ancien témoin, ce qui autorise Puylaurens à se proclamer « Berceau occitan de Marianne » (cf. le site de
    notre ami et collègue : http://lamblard.typepad.com/weblog/2007/05/marianne_et_14_.html). Cf. aussi : Maurice Agulhon et Pierre Bonte, Marianne : les visages de la République, Gallimard (coll. La découverte), 1992, p. 18-19.

    10- Cf. Michel Vovelle, « Cultes révolutionnaires et religions laïques », dans Jacques Le Goff et René Rémond (dir.) Histoire de la France Religieuse, t. 3, Paris, Seuil, 1991, pp. 510-526.

    11- Composée par le chansonnier d’expression occitane mais aussi française, Guillaume Lavabre (1755-1845), cordonnier de son état, jacobin et de confession protestante, qui fut un temps instituteur.

    12- Parmi les dernières en date, des actrices telles que Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Laetitia Casta, une animatrice de la télévision, Evelyne Thomas se sont prêté comme modèles de Marianne.



  • Des œuvres de Pascal Audin s'exposent à LAPALISSE (Allier)

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    © Château de Lapalisse. Tous droits réservés : O.T de Lapalisse (Allier)
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    © "Totem", 2002. Tous droits réservé : "L'Art en Marche" et Pascal Audin.

  • Un exposition d'œuvres de broderies à jours à Angles-sur-l'Anglin

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    © Tous droits réservés: "Le cobé sur la plage", huile par + Lucien LEROY. Cl. Michel Valière, 2001 (Photo publiée en 2003 dans Michel Valière, "Les Fabuleuses ajoureuses d'Angles-sur-l'Anglin", in Gérard SIMMAT (dir.), La Vienne Autrefois, La Crèche, Geste éditions.)
    N'oubliez surtout pas de visiter le site d'Angles, un des plus beaux villages de France, avec ses ajoureuses dont deux titulaires du titre envié de 'Un des Meilleurs ouvriers de France", la Grotte du Roc aux Sorciers, avec sa fresque magadalénienne, ses boutiques, ses bords de de rivière...

  • Représentations et images du patrimoine roman en Poitou...

    L'ARPE (10 rue de Zamenhof, 87200 Saint-Junien), association collaborant aux activités du Jardin de Belvert, ne peut que se réjouir de la conduite à bonne fin d'une étude réalisée en 2007-2008, par Aurélie Melin (chargée d'études ethnologiques), en partenariat avec la Région Poitou-Charentes : Art Roman final.pdf
    Bonne lecture.

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  • Une fée chérie des Poitevins

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    © Cl. M.V.22 juillet 1982; tous droits réservés.
    Cette effigie de Mélusine orne le château d'eau communal de Jazeneuil (Vienne), réalisé en 1954, par l'entreprise passas de Tours (Indre-et-Loire), à l'initiative de Me Chene, ingénieur du Génie rural.
    Une lointaine cousine du Sciapode, Isn't Mister Bob?

  • Regards sur la Roche-Posay

    Une petite ville de cure (dermatologie) au début du 19° Siècle.

    L'usine électrique située en-dessous de l'église.

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    Collection particulière.


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    Collection particulière.

    Un cadre idéal pour relire "La Valse aux adieux" de Milan Kundera.

  • Dessillons nos yeux sur les jardins non dessinés...

    C'est la fête des jardins !

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    © M.V. Mai 2007
    A Belvert, on ne fait pas le jardin, c'est le jardin qui nous fait, avec ses merles, ses mésanges, ses roucoulements de ramiers, ses tourterelles, ses coudriers, son hêtre rouge, ses ifs de poche, ses pythosporums, ses lauriers, ses buis et fusains, ses seringas et millepertuis, ses roses de curé, ses aubépines, ses raisins, ses cognassiers de Catalogne, ses érables, son bouleau de l'ami Raymond, ses saulines et son lilas, ses bâtons de Jacob : 04899fa912251a35d8b2d0849836b04e.jpg
    © M.V. 1.6.2007.
    Et si le cœur vous en dit, pour, rester dans l'ambiance "nature et poésie", et si vous êtes vraimennt accro des plantes et des jardins alors visitez l'encyclopédique: http://Gardenbreizh.org/ , un site qui présente les plantes exotiques capables de s'acclimater dans tous les types de jardins, que les hivers soient chauds, doux ou franchement frais et qui présente les plantes exotiques capables de s'acclimater dans tous les types de jardins, que les hivers soient chauds, doux ou franchement frais. Un site, enfin, qui présente les plantes exotiques capables de s'acclimater dans tous les types de jardins, que les hivers soient chauds, doux ou franchement frais.
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    (Ravenala madagascariensis, alias l'arbre du voyageur, cf. Gardenbreizh.)

  • "Patois du Poitou et de la Charente"

    En parcourant le site personnel du Linguiste Claude Hagège, Professeur au Collège de France (1982)http://claude.hagege.free.fr/html/biographie/cv-claude_hagege.htm, nous pouvons relever, parmi les nombreux terrains parcourus pour la connaissance des langues du monde, cette ligne ;"année 1972 : patois du Poitou et de la Charente", qui prend place au côté de la langue mbum du Cameroun, du Chinois, des langues mundang, tuburi et guiziga du Cameroun, encore, du Guarani, du kaqehitel du Guatemala, du russe etc... On sait que cet éminent professeur, qui n'est pas inconnu des Poitevins, puisqu'il professa quelques années à Poitiers, connaît plusieurs dizaines de langues et qu'il est considéré comme l'un des plus grands linguistes du monde. Eh bien, on voit aussi que ce professeur traite avec le même sérieux - et parce qu'il s'agit de choses profondément humaines - les langues d'immenses territoires, celles de groupes ethniques plus restreints et jusqu'aux langues et parlers de territoires de proximité comme l'occitano-pyrénéen de la vallée de Barèges, ou le "patois du Poitou et de la Charente".
    Les visiteurs de Belvert en provenance du Centre-Ouest apprécieront à sa juste valeur l'intérêt de ce chercheur (médaille d'or du CNRS) porté aux parlers (et donc à la culture) de ces territoires, parlers et cultures souvent délaissés et moqués par leurs tenants mêmes.

    Respect, Professeur Claude Hagège, et merci de vos enseignements si précieux!

  • Pour la Fête du Patrimoine, "coup de chapeaux" aux Amis de La Commanderie de Lavausseau (Vienne)...

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    ©Michel Valière, 15 sept.2007
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    L'ethnologue de l'ARPE, Aurélie Melin, qui a été associée à la préparation de cette exposition, nous rappelle à cette occasion que la Maison Charles Melin était habituée à venir vendre avec son camion sur le champ de foire de Gençay (Vienne)
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    ©M.V.
    ...et les pilotes de Belvert, de leur côté, se souviennent, effectivement, avoir passé commande à cette maison de chapeaux de feutre noir et de paille également pour compléter les costumes du groupe local Danses et Chants du Poitou (La Marchoise), à la fin des années 60.
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    Gisèle Melin, modiste,©M.V. 15 sept. 2007

    Ne pas manquer ! Seulement les 15-16-et lundi 17 septembre...
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    ©M.V.
    Et puis, Lavausseau, c'est si beau, avec sa commanderie, ses maisons de caractère et sa tannerie visitable. Bon week-end du Patrimoine, au Pays des Six Vallées... En voici un avant-goût goûté dès ce matin 15, lors de l'ouverture de l'expo... arrosée comme il se doit de liqueurs, jus, eaux etc... et de quelques petits fours, et même d'un gâteau aux carottes...
    ...............................................................................................................................................................
    Quant à ce "Nid d'œillasse" que les Pictaviens désigneraient plutôt comme "nic d'ajhasse" (nid de pie), il a été entrevu estivalement et augustement du côté du Malzieu (Gévaudan) et ne doit rien aux mains expertes de Gisèle... simplement à l'objectif de l'un de nos aimables et iterratifs visiteurs qui l'a proposé pour compléter notre note. En effet il entend ainsi verser son méchant bob au titre du patrimoine... Je crains que cet objet dérisoire ne fasse pas encore l'objet d'un consensus pour accéder à la patrimonialisation des antiquités et objets d'art.
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    © Bruno Montpied, été 2007.

  • Un ethnoroman sur le Montmorillonnais, par Maguy Gallet-Villechange

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    Prix: 15 € (franco de port jusqu'à la parution en septe. 2007): commande auprès de CHEMINEMENTS: 1, bis rue du Moulin à Vent, Bron; 49260 Le Coudray-Macouard.

  • Les sept cahiers aux deux cent soixante-six chansons d’une paysanne poitevine, par Michèle Gardré-Valière

    Au cours des neuf années (1976-1985) où j’eus l’occasion de consacrer l’essentiel de mon emploi du temps à l’éducation musicale, en qualité de professeur, je pus élargir à l’ensemble des élèves relevant du collège de Gençay notre enquête ethnographique initiée vers le milieu des années 1960 sur ce même territoire.

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    © Photo Michel Valière. J’invitai alors les élèves non seulement à recevoir mes enseignements, mais encore à devenir les acteurs de leur propre formation en participant à l’observation des pratiques musicales, chantées ou dansées dans leur propre environnement familial.
    Ainsi se développa une rencontre intergénérationnelle qui permit à de jeunes adolescents de découvrir que quelque grand-père avait joué du violon dans sa jeunesse, que quelque mère ou aïeule ne manquait pas de talent pour la chanson et se souvenait du mode d’acquisition d’un répertoire. Ainsi, certains collégiens furent-ils directement mis en contact avec une musique et des chants qu’ils n’étaient pas accoutumés à entendre. À peine les avaient-ils appris de leurs proches qu’ils les apprenaient eux-mêmes à leurs camarades de classe. Je me retrouvais en quelque sorte, parfois, dans un rôle de catalyseur, de « facilitateur » d’une transmission « horizontale » au sein du groupe d’élèves, plutôt que dans celle d’une pédagogue classique, détentrice d’un savoir à léguer « verticalement ».
    S’il arrivait des produits oraux, m’étaient aussi apportés des textes ressortissant au domaine de l’écriture : cahiers de chansons d’origines diverses. L’antique régiment, aujourd’hui réduit à sa plus simple expression, celle d’une journée citoyenne fournissait un cadre à la circulation de chansons de toute nature, qu’elles soient militaristes ou non, ainsi que de textes tels que modernes « fatrasies » et autres monologues troupiers.
    C’est donc dans ce contexte que deux sœurs me firent connaître un jour l’existence d’une grand-tante auprès de laquelle elles avaient appris chacune une chanson, de celles-la même qui m’attiraient en raison de leur forme, leur thématique, leur mélodie. Elles venaient de m’apporter une « randonnée », chanson énumérative à reprise récapitulative : Derrière chez nous il y a des choux, et une « chanson enchaînée avec refrain » sur le thème de l’occasion manquée : Nous étions trois filles bonnes à marier. Mais, ce qui devait encore plus retenir mon attention et exciter ma curiosité, c’était d’apprendre de ces jeunes élèves que leur parente détenait plusieurs cahiers de chansons. En fait, au moins cinq à leurs dires. Je décidai, alors, d’aller voir et les cahiers et la grand-tante aux chansons. Avec Michel, nous entreprîmes ainsi, accompagnés des deux petites-nièces, une « expédition » qui devait nous conduire dans la Vallée de la Vonne, en Vienne.

    Une rencontre

    C’est dans une ferme de la commune de Vivonne que le 20 septembre 1977, nous avons fait connaissance de madame Juliette Charenton . Née le 11 juillet 1899, dans une proche commune voisine, elle avait cessé ses activités agricoles depuis plusieurs années et s’était retirée chez l’un de ses enfants. Nous apprîmes d’elle, qui se plaisait à dire qu’elle avait un pied dans l’autre siècle, qu’elle avait dans sa prime jeunesse gardé les oies, avant d’aller plus tard aux champs aux vaches. Nous étions devant une femme au caractère apparemment optimiste et qui riait facilement. Pourtant jamais elle n’évoqua le souvenir de la danse et déclarait n’avoir jamais dansé au cours des veillées d’hiver. Elle paraissait se souvenir davantage, non sans humour, des jeux de veillée. Et d’évoquer devant nous le jeu du tourne-fesses (sic) où, en s’embrassant ou en se refusant en tournant le dos, chacun devait retrouver son âme sœur. Mais de danses, point ! Le contexte de la Première Guerre mondiale (elle avait quinze ans à la déclaration de guerre) suffit à expliquer cela.
    Peu encline à s’attarder sur les malheurs propres à cette période historique, elle ne compte pas, dans son « répertoire » chanté, de complaintes – toujours tristes et dolentes. Sans doute, une sélection opportune de sa mémoire dont nous avons pu remarquer la précision. En effet, outre les chansons qui lui reviennent spontanément et facilement en tête et dont elle dit parfois qu’elle les connaît depuis l’âge de cinq ou six ans, pour les avoir apprises surtout de sa mère, et indirectement de son arrière grand-père maternel, elle rappelle volontiers les situations d’apprentissage et de transfert des unes et des autres. Nous la voyons ainsi, poussant ses oies dans un chemin herbeux pour aller rejoindre au champ le jeune berger qui lui apprendra Le Roi avait un fils, la reine avait une fille. Nous l’imaginons encore aux champs aux vaches, lorsqu’elle raconte comment l’une ou l’autre de ses camarades de travail lui enseignait des chansons de pastoures, telles que Là-haut là-haut sur la montagne, ou encore Mon âne, mon âne avait mal à sa tête. Mais, cela ne l’empêchait nullement de chanter toutes sortes de chansons, surtout lorsqu’elle était seule, nous confia-t-elle. Et pour ce qui est des chansons qu’elle qualifiait elle-même de « lestes », telles Mon père avait un carré de pois, ou encore Bonhomme, en s’y rendant de la foère, l’a trouvé son lit tout foulé, elle se défendit de les avoir chantées « en compagnie ».
    À notre curiosité de savoir qui lui avait appris Allant à la fontaine, mon pied coulit au fond, elle déclara à l’adresse des jeunes nièces présentes à l’entretien :

    « C’était une petite jeune fille qu’était venue en vacances chez sa grand-mère ; a venait aux champs avec nous. On allait dans les prés bas ; et pis alors, y avait beaucoup de bergers qui y allaient et on allait se retrouver là. C’était ça, la vie ! »

    Cette participation à la vie, elle l’affirme encore lorsqu’elle se souvient d’avoir appris de son aïeule Dans le pays de la Gâtine, o y a de bons gars, le mariant les filles quoique a n’o velant pas, chanson d’initiation et d’avertissement. La grand-mère la lui chanta alors que, sage et dévouée, Juliette la coiffait.

    Une dialectique oral-écrit

    Dans les années 1940-1950, encore, tenir son cahier de chansons allait de soi, à la campagne, et allait, naturellement, de pair avec le développement de l’enseignement religieux ou laïque devenu obligatoire. Le goût pour de « belles chansons, sans sous-entendus, sans « bêtises » surajoutées, sans barbarismes linguistiques, la préférence pour des versions canoniques révélaient une désaffection pour les chansons « sauvages et libres ». L’accès à l’écrit se généralisant, il devenait porteur de nouvelles valeurs, tout comme le solfège, expression écrite de la musique, avec un respect accru pour les auteurs, pour les œuvres elles-mêmes. La chanson écrite devait ainsi supplanter la production orale, devenant ainsi, par la fixation graphique « la » référence unique et obligée.
    C’est contre cette « fixité » des chansons, contre ce cadre rigide qui les corsetait que je me suis littéralement « insurgée » dès que j’eus pris conscience de la variabilité des textes et des mélodies que me révélaient ma pratique du terrain et ma fréquentation assidue des chanteurs et autres ménétriers, des violoneux en particulier. Fixées, ces chansons trop souvent répétées, serinées à l’identique, ou quasiment, engendraient la monotonie, généraient ennui et bâillements, pour accéder finalement au statut de véritables scies, celles-là même qui se chantaient à tue-tête, dans les voyages scolaires de fin d’année, les feux de camp des mouvements de jeunesse des années 1940 et qui devenaient constitutives d’un néo-folklore national que les rencontres internationales (jamborees, échanges sportifs ou linguistiques) sacralisaient parfois, avec pour tops modèles, la si gentille Alouette que l’on plumait jusqu’au bout de la queue, la larmoyante Claire fontaine avec son rossignol haut perché et les malheurs du pauvre amant démembré de notre incontournable servante Perrine.
    Cette véritable entreprise de réification de la chanson « populaire », calquée sur le postulat de la fixité des espèces avec leurs barrières, rejetait tout autre forme et déniait ainsi l’idée même de variabilité. Disons, pour faire plus simple que j’ai opté personnellement pour la fantaisie et que j’ai fui, autant que faire se peut, la répétition de clichés, tant en matière de choix littéraires que de textes de chansons.
    Je n’eus aucune difficulté à faire comprendre mon point de vue à mes collégiens qui eurent à cœur d’apporter leur contribution à la collation de nouvelles chansons qu’ils n’avaient jamais entendues et qui, en outre, leur plaisaient. Il m’a été donné de constater que, bien souvent, les items choisis par eux n’étaient pas sans rapport avec leurs propres goûts, leur propre représentation de la vie et répondaient aux légitimes interrogations dont les adolescents ont le seul secret. Aussi me suis-je abstenue de les stimuler à rédiger un cahier de chansons, comme à ne pas chercher à s’en procurer à l’extérieur. Je me méfiais des cahiers et leur reprochais leur mutisme mélodique, même si, à l’occasion, y figuraient des mentions telles que : sur un air nouveau, ou sur l’air de La Paimpolaise, du Curé de Pomponne, ou même des Trois orfèvres. Moi-même, d’ailleurs, n’en avais-je jamais réalisé un seul ! Je les préférais, et moi comme eux, avec des airs plein la tête, et les mains libres au milieu de ce temple de la profusion de l’écrit qu’était notre établissement scolaire. Mais ceci ne devait durer qu’un temps.
    En effet, à partir de 1977, je crus enfin venu le moment opportun de confier à l’écrit d’un médiocre cahier les multiples airs que j’avais en tête, ainsi que les différents apports des élèves. Je « protégeais » ainsi des versions de chansons aux variations parfois infimes, si infimes, justement, que la mémoire avait du mal à les retenir. Les nuances de certaines différences me permettaient d’établir et d’exposer la pertinence de la variabilité, qui n’était pas seulement due à l’usure des textes par la répétition et le psittacisme, ni à la déformation par la mémoire et l’oubli, bien que tout cela puisse intervenir dans certains cas.

    Un travail de mémoire

    C’est avec ce nouvel esprit que je « découvris » les cahiers de Madame Juliette Charenton, à son domicile. Nous y sommes revenus par trois fois et, en 1978, lors de notre dernière rencontre, nous avons feuilleté ensemble les quatre cent soixante-treize pages des sept cahiers qu’elle avait alors fini de rédiger.
    Outre les deux cent soixante-six chansons transcrites avec une belle écriture régulière, elle signala quelques mélodies supplémentaires, mais dont les paroles restaient fragmentaires. Parmi celles-ci, je citerai Dedans la ville de Lyon, Dedans l’enfar qui bortoune, chanson « patoise » apprise dans le Subiet, auxquelles il conviendrait d’adjoindre quelques refrains à danser : Ils sont dans les vignes les moineaux, Sautez donc, vous n’y sautez guère (La Gâtinelle). Pour plus de clarté, il convient d’établir, d’une part, le travail fait autour de l’étonnant ouvrage de Madame Charenton, en 1977-1978, d’autre part, celui qui a abouti à notre réflexion d’aujourd’hui.
    Comme c’était le cas de figure le plus fréquent à ce moment-là, il s’agissait pour nous de remettre en circulation quelques-unes de ces chansons auprès d’une population étrangère à ces thèmes. J’en prélevai alors douze selon des critères (humour, rythme) propres à intéresser des adolescents en classe ou en atelier d’élèves volontaires, parmi lesquelles :

    - L’autre jour, un jour de foire (La mère Grégoire) ;
    - Le bonhomme en s’y rendant du bois (L’âne mangé par le loup) ;
    - Dans le pays de la Gâtine.

    Outre ces chansons-là, d’autres m’intéressaient par leur « rareté », voire leur « étrangeté. Ainsi, je retins :

    - Une coquette de Paris monte à son appartement (Le miroir d’argent) ;
    - Le roi avait un fils, la reine avait une fille (thème de l’épine qui envahit la ville) ;
    - Ol était un petit bounhomme qui mariait son feuilleri (Le cuilleri) ;
    - La fiancée du pays de la Gâtine.
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    J’en avais aussi retenu quelques-unes, beaucoup plus courantes, au titre d’exemple de la variabilité, parmi lesquelles, l’une des nombreuses versions du retour du soldat, après sept ans , une autre des Métamorphoses, comme celle, énumérative, du « petit bois ».
    Le caractère vraiment exceptionnel de l’entreprise scripturale de madame Charenton ne m’avait pas échappé, d’autant qu’elle fit preuve de beaucoup de disponibilité et manifestait ostensiblement son souhait de léguer « un petit peu » de son savoir. C’est dans ce dessein que j’avais organisé, à l’intérieur même de ma salle de classe réservée à la musique, une petite exposition consacrée à ces cahiers, lesquels nous avaient été prêtés pour quelques jours, ainsi qu’aux différentes trouvailles de mes élèves.
    La mise sous vitrine des différents items avait pour fonction de les « mettre en valeur » . Cette muséologie provisoire et assez improvisée était une sorte de mise en scène de souvenirs familiaux que j’entendais souligner autant pour les élèves que pour les adultes « visiteurs », et dont je pensais que les éléments exposés pouvaient concourir à leur construction identitaire collective, familiale d’abord, sociale ensuite. Ce fut également l’occasion de dresser l’inventaire des chansons, les répertoriant toutes, selon l’ordre où notre scribe et chanteuse les avait, elle-même, recopiées. Mais, pour notre opération de communication, j’avais sélectionné, suivant en cela les enseignements de Patrice Coirault, plutôt des chansons folkloriques ou parafolkloriques.

    Des cahiers de chansons

    Écrits d’une belle main, régulière et pratiquement sans fautes, les sept cahiers de Juliette Charenton sont de modestes pièces au format écolier auxquels elle a rajouté la pagination. Un premier cahier, rédigé à la plume, offre une palette variée d’encres : noire, bleue, verte, et violette, en revanche, elle semble avoir opté définitivement pour le crayon à bille de couleur bleue et, exceptionnellement, noire pour tous les autres.
    Le « cahier vert » aux encres multicolores auquel elle ne cessait de nous renvoyer, compte tenu de ce qu’elle avait certainement compris de notre entreprise, est consacré à ce qu’elle appelle tout simplement « les vieilles chansons ». Il est le seul à présenter quelques ratures et surcharges : vers omis, tel autre jugé fautif et remplacé, couplets oubliés et portés en notes marginales, etc. Ces diverses maladresses sont le reflet de défaillances passagères et des efforts de mémoire pour restituer l’oral, ce qu’elle glose à sa manière :

    « Quand je suis seule, ça me revient à la tête... Je tâche de rechercher car il y en a que je me rappelais plus bien. »

    Ajoutons à cela, une division arithmétique de 10 par 12, œuvre de quelque petit-fils, tout comme deux lignes d’écriture syllabiques (la, la, la... va, va, va), et une chansonnette, Le Bonhomme Noël, dont elle a initié le titre et les deux premiers couplets et qu’a terminé une main enfantine.
    Madame Charenton, en outre, fait référence à un deuxième cahier, à la couverture illustrée d’un motocycliste. Celui-ci contient, au milieu de quelques chansons d’un tout autre registre comme La Tourterelle, Aïda, L’Étoile du berger, une dizaine de textes dont elle a pu situer la provenance dans sa lignée familiale ascendante.
    Un troisième cahier fera aussi l’objet de notre attention. C’est le seul auquel elle a attribué un titre : Rondes et comptines. « Sur les verts, sur les bleus, sur les oranges » en est le premier texte, court comme il se doit, inaugurant les vingt-deux pages de l’ensemble, à l’évidence, destiné à un très jeune public, à l’exception de deux autres items « Mon père voudrait m’y marier », sur les inconvénients du mariage, et « Mon père m’y marie à l’âge de quinze ans... avec un homme de quatre-vingt-dix ans », plainte d’une mariée contre son gré.
    Si Juliette Charenton semble avoir concentré une grande partie de son répertoire oral, soit soixante-douze textes dans ces trois petits cahiers, en revanche elle a consacré les quatre derniers, d’une centaine de pages chacun :

    - aux airs issus du répertoire lyrique, à l’exemple de Carmen (L’amour est un oiseau rebelle ) ;
    - aux chansons enseignées dans le programme de l’école : l’Alouette (Allons prenez votre faucille) ;
    - aux chansons réalistes du type L’Hirondelle du faubourg ( À l’hôpital, c’est l’heure de la visite) ;
    - aux chansons revanchardes, telle Le Rossignol et l’Allemand (Au bord d’un champ de la frontière) ;
    - aux romances de son époque comme Les Papillons (On s’est rencontré, le cœur plein de fièvre) ;
    - aux véritables tubes qui transcendent les générations et parmi lesquels on reconnaît La Chanson des blés d’or, La Madelon, La Paimpolaise, Le Temps des cerises, et jusqu’à L’Eau vive d’un Guy Béart, sans parler de la théorie des scies, constitutives d’un folklore musical national et international : Au clair de la lune, Le Petit navire, Malbrought s’en va-t-en guerre, Quand Biron voulut danser, etc.

    On l’aura bien compris, Juliette Charenton accomplit un réel travail de mémoire qui l’amène à une riche compilation qui pourrait paraître, certes, à première vue hétéroclite, mais qui rend compte plutôt de goûts éclectiques et de la conscience qu’elle manifeste par ce truchement de la nécessaire sauvegarde d’un patrimoine populaire chanté .
    Face à cette panoplie de textes, somme toute importante, arrêtons-nous un instant sur les chansons revanchardes dont Juliette Charenton ne nous dira rien et qu’elle ne nous chantera pas. Certaines, dont Le Clairon, qui figure dans le quatrième cahier, sont l’œuvre de Déroulède et d’autres, vraisemblablement, des « frères siamois du caf ’conc’ », comme on les surnommait alors, Gaston Villemer et Lucien Delormel. Arthur Ranc , lucide, préfacier de leur Chansons d’Alsace-Lorraine , avait assuré, lui (page IV), que ces chansons « iraient loin ». Il ne s’était guère trompé.
    Dans un tout autre registre, elle sera plus prolixe sur le répertoire lyrique représenté dans ses cahiers par plusieurs airs dont Mignon sur la rive étrangère qu’elle nous a chanté. Si elle connaît l’argument de Mignon pour l’avoir lu dans un livre de prix, elle reconnaît aussi que ce qui figure dans son cahier est tout autre chose que Connais-tu le pays où fleurit l’oranger. On se souvient que ce lied, Kennst du das Land, wo die Zitronen blühn que Goethe fait chanter à la blonde Mignon, dans son roman Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister a inspiré nombre de musiciens dont Franz Liszt ainsi qu’Ambroise Thomas qui l’a introduit dans son opéra Mignon créé à Paris, en 1866. Quant à Mignon sur la rive étrangère, il s’agit d’un morceau de salon pour piano et chant, intitulée Les Regrets de Mignon, mélodie de Frédéric Boissière et paroles de Villemer-Delormel (cité ci-dessus). Cette connaissance de d’art lyrique, elle la devait, en toute vraisemblance, à l’un de ses oncles qui, célibataire, participait aux activités de la Société musicale de Lusignan à laquelle il consacrait beaucoup de son temps en qualité de violoniste et de joueur de « baryton », et qui lui avait appris, dit-elle, « beaucoup de chansons ».
    Un autre curiosité de ces cahiers est la présence accentuée de pierroteries selon l’expression empruntée à Georges Millandy , parolier mais qui se désignait lui-même comme chansonnier aphone, puisqu’il ne chantait pas les textes qu’il écrivait, si ce n’est qu’épisodiquement. En effet, les chansons de Pierrot connurent une vogue à la fin du XIXe siècle dans les cafés-concerts, et madame Charenton en a retenu trois : Pierrot voyageur (Un jour notre ami Pierrot) : Les Plaintes de Pierrot (Bonne vieille lune) ; Pierrot chante et meurt ( Pauvre Pierrot par sa belle éconduit). Anonymées, certaines chansons ressortissent à un répertoire d’origine scolaire. Ainsi, nous chantera-t-elle L’Alouette, ou encore La Moisson. Celle-ci figure avec la mention « sur une mélodie populaire bretonne » page 27 dans l’ouvrage de BOUCHOR Maurice et TIERSOT Julien (1932), Cinquante chants populaires pour les écoles..., Paris, Hachette. Quant à la première, déjà citée plus haut, on la trouve dans le fameux « Claude Augé », à la page 122 (cf. note 5).

    Entre restitution et re-création

    Cependant, quand bien même nous aurions identifié chacune de ces chansons avec le récit de leur émergence par leur auteur lui-même ou la date de leur création sur les scènes parisiennes, nous n’aurions rien dit sur les représentations qu’en avait Juliette Charenton. Les voies / voix qui les ont menées de Paris jusqu’à Lusignan par l’intermédiaire des petits formats ou des ouvrages de musique plus importants ne sont pas celles qu’a connues Juliette. Les chansons de diffusion nationale étaient passées par des voix connues, apprises oralement de l’oncle musicien, de l’institutrice aussi bien que de la famille ou des voisines.
    Toutefois, la lecture des cahiers et de l’écoute des entretiens, donne à voir qu’elle a entrepris ce travail de copie et de reconstitution dès sa jeunesse en empruntant soit au cahier d’une autre fille, soit au Subiet soit à un périodique auquel elle était abonnée. Lorsque, bien plus tard, dans les années 1970 l’idée lui vient de recopier ses vieux cahiers, mais aussi d’y ajouter les « vieilles chansons » qu’elle a entendues au début du XXe siècle, elle n’a de cesse de trouver la version complète :

    « J’étais bien obligée de refaire quelques paroles que je me rappelais pas.»

    Cet acharnement à reconstruire s’applique aussi à la mélodie, à l’exemple de celle de la chanson des Sabiots qu’elle a apprise dans une revue et pour laquelle elle disposait de la notation musicale. En dépit de sa méconnaissance de la musique, elle est parvenue à mettre un air sur les paroles, en suivant la partition :

    « On suit la musique un peu, on arrive quand même à trouver un air ! »

    On aura compris que cette attitude « re-créatrice » est l’un des moteurs de la variation dans les chansons populaires.
    Par ailleurs, elle fait usage du mot même de variante qu’elle utilise une fois pour distinguer l’une des chansons de deux autres du même thème ; la variation ne portant dans ce cas-là que sur la différence des refrains. Par deux fois au cours de notre enquête, elle reviendra, de façon allusive, à propos de En m’y rendant des noces, sur la question de la variation :

    « C’étaient des Auvergnats qui habitaient à côté de chez nous, et eux ils la chantaient comme cela. »

    Et, elle, de chanter le refrain, à la mode des Auvergnats.
    Dans le même ordre d’idée, lorsqu’elle nous chantera La Chèvre, à la façon de sa mère, elle ajoutera en commentaire et avec une modalité dialectale, entraînée en cela par le caractère de la chanson :

    « I l’ai entendu chanter, mais, après, c’était arrangé ! »

    Comprenons par là, que si elle a connu une version locale exprimée en vernaculaire, elle a, par la suite, entendu cette même chanson littérarisée en français courant. Mais, l’intuition de cette « informatrice » au sens ethnographique avisé, ne s’arrête pas aux limites du texte et porte également sur la dénomination des chansons. En effet, comme j’étais familière des catalogues spécialisés tels ceux de Coirault et de Laforte , mon attention avait été attirée par certains titres parfois surprenants relevés dans ses cahiers. Aussi, ai-je souhaité m’entretenir à ce sujet avec Juliette Charenton. On sait bien, par expérience du terrain, que, le plus souvent, les interprètes ne donnent pas de titre à leurs chansons. Elle, elle avait résolu le problème à sa façon, ce qu’elle exprima fort bien en nous confessant :

    « J’étais bien obligée d’inventer des titres quand il n’y en avait pas. »

    Ainsi, peut-on établir une première typologie de ses « inventions » à partir des relevés des cahiers, qui témoignent d’une certaine créativité poétique. On pourrait tenter d’esquisser une hiérarchisation selon une gradation à partir de l’absence de titre (une seule chanson, dont l’incipit est : Belle avant de t’y quitter) qui pourrait représenter le degré zéro, jusqu’au plus complexe, en quelque sorte, consistant en un titre de pure invention à partir d’une interprétation sémantique du texte, à l’exemple de Après la lune de miel dont l’incipit est : Bonjour bonne maman, je suis dans la tristesse. Les autres titres, se répartissant entre ces deux pôles, en fonction de leur degré d’élaboration :

    - simple anthroponyme (Perrine),
    - segment d’incipit de chanson (Mon père avait),
    - incipit de refrain (T’endormir ma bergère).

    Il en est qui reflètent l’idée générale du texte (Au diable le vieux ; Les Amants trompeurs). Il est également bon de remarquer que Juliette Charenton a retrouvé des titres qui correspondent à ceux retenus par folkloristes ou ethnomusicologues : (La Chanson de la mariée ; Le Retour du soldat ; Les Métamorphoses). Cette intuition va de pair avec le fait qu’elle a souvent regroupé dans ses cahiers des chansons sur le même thème, ou sur des thèmes approchants.
    Des deux-cent-soixante-six chansons, nous n’en avons enregistré finalement qu’une cinquantaine environ, celles-la même que, gestionnaire de sa propre mémoire, elle nous a dit tenir de sa famille élargie aux voisins et autres petits bergers. À travers ces productions symboliques d’une culture rurale de la vallée de la Vonne, c’est toute une représentation de la vie quotidienne, affective et sentimentale qui nous est offerte.



    Dans le pays de la Gâtine o y a de bons gars
    Le mariant les filles quoique a n’o velant pas

    Quand je remue tout remue
    Quand je roule tout va

    Le mariant les filles quoique a n’o velant pas
    L’autre jour l’en avant fiancé une quoique a n’y était pas

    Quand je remue tout remue
    Quand je roule tout va

    L’autre jour l’en avant fiancé une quoique a n’y était pas
    Mais quand a fut rendue a déchire le contrat

    Quand je remue tout remue
    Quand je roule tout va

    Mais quant a fut rendue a déchire le contrat
    D’être la mariée dit-elle, i n’o veu ja

    Quand je remue tout remue
    Quand je roule tout va

    D’être la mariée dit-elle, i n’o veu ja
    Il faut plier la taille et loger les soldats.

    Quand je remue tout remue
    Quand je roule tout va


    NOTES

    Nous disposons de plusieurs phonogrammes (Fonds Valière) réalisés au cours des enquêtes du 20 septembre 1977, d’août 1978, et du 7 octobre 1978.
    Cf. mon article « Permanence de la chanson populaire de tradition orale », in Aguiaine, n° 228, janv.-fév. 2002, t.XXXIV, pp.7-23.
    Sur la muséologie des « traditions populaires », cf. GORGUS Nina (2003), Le Magicien des vitrines : le muséologue Georges-Henri Rivière, Paris, Maison des sciences de l’Homme, 415 p. ( 1re éd. en allemand, 1999).
    Je remercie ici, Mademoiselle Marie-Christine Planchard, alors conservatrice au Musée Sainte-Croix de Poitiers pour son concours efficace.
    Cette chanson figure d’ailleurs dans le célèbre ouvrage pédagogique, maintes fois réédité : AUGÉ Claude (1891), Le Livre de musique, Paris, Hollier-Larousse, p. 122.
    Sur le travail de mémoire, cf. JEUDY Pierre-Henry (1986), Mémoires du social, Paris, PUF.
    Poitiers, sa ville natale, a dédié à cet homme politique (1831-1908) la rue qui conduit de la Poste centrale à la DDE et jusqu’à l’avenue de Verdun.
    VILLEMER-DELORMEL (1885), Les Chansons d’Alsace-Lorraine, Paris, Bathlot, Marpon et Flammarion.
    MILLANDY Georges (1939), Au service de la chanson, Paris, Éd. littéraires de France.
    COIRAULT Patrice (1963), Formation de nos chansons folkloriques, Paris, Scarabée, vol. 4, p. 510. Du même auteur, cf. aussi le Répertoire des chansons françaises de tradition orale, révisé et complété par Georges Delarue, Yvette Fédéroff et Simone Wallon. Deux tomes sont déjà publiés par la Bibliothèque Nationale de France, le premier sur « la poésie et l’amour », en 1996, le second en 2000 sur « la vie sociale et militaire », enfin signalons la parution imminente du troisième.
    « Au Québec, Conrad Laforte publia en 1958 une première édition d’un Catalogue qu’il devait ensuite augmenter, refondre et rééditer en 1977 aux Presses de l’université Laval, sous le titre : Le Catalogue de la chanson folklorique française. Pour cette entreprise littéralement titanesque et de portée internationale, exigeante de patience, de persévérance et de précision, il dut examiner plus de quatre-vingt mille variantes de chansons folkloriques françaises d’Europe et d’Amérique. Cette œuvre, comme celle de Coirault facilite l’identification de tout texte de chanson nouvellement recueillie et tend à favoriser le développement des études comparées du répertoire oral » (VALIÈRE Michel (2002), Ethnographie de la France..., Paris, Colin, p. 112).
    Madame Charenton a bien écrit "plier la taille et loger les soldats" dans son cahier. Patrice Coirault, dans son Répertoire, vol. II, p. 268, dans la rubrique 60, sous le numéro 6007 : « La belle qui déchire le contrat » signale deux autres versions retrouvées par ses soins en Poitou (les seules d’ailleurs du Répertoire) et, dans l’une des deux,on trouve : payer la taille et nourrir les soldats, ce qui entraîne un sens différent, bien entendu.
    Cette nouvelle version, la troisième pour le Poitou, en l’absence de toute autre en France, sauf erreur, confère à cette chanson une identité poitevine, et même « gâtinaise ». Ce fait est suffisamment rare pour être signalé.


    Michèle Gardré-Valière: Texte paru dans AGUIAINE, n° 240, janv.-fév. 2004, p. 23-36; communication lors du 9ème Colloque d'ethnologie et de dialectologie, les 18-19 àct. 2003, à Saintes (Charente-Maritime).

  • Des fleurs de Belvert pour les visiteurs du site

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    Ces petites roses si parfumées, situées juste devant la petite fenêtre du bureau des pilotes ont été bouturées à partir de rosiers d'un ancien "jardin de curé", vendu et laïcisé (dans le canton voisin de Vivonne).
    Bon week-end à tous...
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    ... en Poitou où l'agriculture prépare son virage vers l'énergie verte.
    (NDLR: Il y eut une époque où l'on cherchait, pour nourrir les hommes à fabriquer du beefteck à partir du pétrole - l'huile de pierre-, aujourd'hui on cherche à transformer les produits agricoles en carburant, énergie renouvelable. Et si l'on a trop besoin de cette énergie verte, on mangera des caroubias ! des caroubes, si on préfère; ou des "brocas", des broques.)
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  • Portrait d’une écrivaine des femmes: Isabelle Soulard

    Elle donne des racines aux Poitevins
    Une femme engagée

    Tout sourire l’Isabelle ! Et battante. Tirée à quatre épingles, corsage blanc, foulard, veste, impeccable. Ses détracteurs, parce qu’une femme d’un tel talent a nécessairement des détracteurs, la disent avec ironie BCBG : Bon chic bon genre ! Disons élégante plutôt, en toutes circonstances. Un air de prof, bien sûr ; de prof d’histoire, en sus (et de géographie, l’inséparable discipline). Certes, il y a déjà quelques années qu’elle ne pratique plus, mais c’est un métier qui marque son personnage, d’autant que l’histoire, si elle ne l’enseigne plus, elle vous la raconte, comme une conteuse. Mieux encore, quasiment comme un témoin direct. Elle vit dans l’histoire ; elle est l’histoire. Mais depuis 1994 elle se consacre à sa famille, à l’écriture et anime des émissions culturelles sur diverses radios locales qui ne manquent pas de la solliciter. Véritable militante du Devoir de mémoire, elle donne de nombreuses conférences et participe à des tables rondes ou des colloques sur le thème de la Deuxième Guerre mondiale où elle défend la place des femmes dans la Résistance et la Déportation.
    Elle fréquente aussi de multiples salons du livre (Colombiers, Montaigu, Montmorillon, Poitiers, Saint-Hilaire-La-Palud, Thènezay, Vivonne, etc.), encourage les séances de dédicaces d’auteurs dans les librairies, les salles de fête ou autres lieux culturels. Elle a même contribué à mettre sur pied, avec quelques amis, poètes, romanciers, ethnologues, historiens qui ont tous « avec cette région un lien de cœur et de plume », la dynamique Société des auteurs de Poitou-Charentes dont elle a été la première Présidente le 12 janvier 2002. Elle aura à cœur de n’exclure aucun genre et déclarera que « défendre la poésie, trop souvent considérée comme le parent pauvre de la littérature, est un cheval de bataille de l’association ». Pour mener à bien son entreprise elle saura s’attirer l’appui, la sympathie et l’aimable complicité de marraines comme les romancières Régine Desforges, Michelle Clément-Mainard, ou encore Madeleine Chapsal. C’est encore elle qui initiera le Salon du livre de Poitiers, comme celui des Dames du Marais, dans le département des Deux-Sèvres.
    On aura compris que sa « cause », c’est celle des femmes pour laquelle elle développe tant d’énergie. Ainsi elle défend l’idée des femmes au foyer, leur image et leurs droits, jusque sur les plateaux de télévision. Elle s’intéresse au travers de conférences aux femmes qui exercent des métiers d’hommes. Elle s’engage pour l’aide aux jeunes femmes mères célibataires, ou encore pour l’aide aux femmes afghanes qui ont été prises dans la tourmente et qui ont trouvé refuge en Poitou. Enfin, la « cause » de Poitiers la motive, notamment dans le dessein de rendre la ville plus colorée et plus agréable à vivre pour les mamans de jeunes enfants.
    Enthousiaste et, de son propre aveu, parfois utopique, Isabelle n’a pas froid aux yeux.

    Une historienne du Moyen-Âge

    Née à Poitiers en 1954, Isabelle SOULARD, diplômée d’études approfondies en histoire médiévale est une passionnée d’histoire régionale et de généalogie. C’est une authentique Poitevine, et le revendique. Son arbre généalogique parle pour elle, puisqu’elle compte dans son ascendance un maire de Poitiers au Moyen-Âge, et un maire de Fontaine-le-Comte au XIXe siècle. Jean-Charles de La Faye, au rang de ses ancêtres, participa à l’installation des Acadiens au XVIIIe siècle. Comme elle se reconnaît des cousins au Canada, ne sera-t-on pas étonné d’apprendre sa contribution significative à l’organisation de cousinades, manifestations d’ordre généalogique rassemblant le plus grand nombre de personnes et de familles unies par un lien de parenté établi.
    Cette femme, épouse et mère de trois enfants, est devenue la référence sur la vie des femmes dans le Poitou au Moyen-Âge. Ainsi a-t-elle parcouru les grandes lignes de la condition féminine qui était loin d’être tendre, pour une période qui s’étale de l’an 500 à l’aube de la Renaissance, à l’issue de la Guerre de Cent ans. Elle retrace les moments incontournables de la vie quotidienne et de la vie d’une femme du berceau à la tombe : aimer, enfanter, naître et mourir. Et mourir dans ces temps lointains, c’était vers la trentaine ! La vie des femmes était plutôt courte.
    Du Moyen-Âge en Poitou, on se souvient de Radegonde, Reine de France, et d’Aliénor d’Aquitaine, femme énergique, hors du commun, devenue emblématique de la Région. Mais Isabelle Soulard s’est surtout intéressée aux sans grade, à celles qui n’ont quasiment pas laissé de traces dans les « papiers » historiques, et dont même les prénoms ont disparu pour entrer parfois dans le langage courant.
    Isabelle, c’est l’écrivaine qui a pris en charge de multiples inconnues dénommées entre autres Adaltrude, Audéarde, Ignitburge, Ildegarde, Lecberge ou Perronnelle, c’est-à-dire par un simple prénom :

    « La nouvelle épousée, jusque-là sous l’autorité paternelle, passe sous la coupe de son mari. Cette soumission transparaît tout d’abord dans la façon de désigner la jeune femme. Avant son mariage, celle-ci est appelée soit par son seul prénom dans un contexte qui indique clairement sa filiation, soit par une formule de type Maxence, fille de Pierre de Bueil. Elle peut aussi être dite, en l’absence du père, Raisende, sœur de Guillaume, fils de Salomon. Après ses épousailles, la Poitevine devient Marie, femme de Pierre Agoret. Puis, lors de son veuvage, elle est présentée ainsi : Dame Totenue, femme de feu Aimeri de Dercé, Bonne Foupière, veuve d’Odon, fils de Létard.
    La femme poitevine n’a donc d’existence que par rapport à son père, à ses frères où à son mari, qu’ils soient morts ou vifs. L’élément mâle de la famille demeure la référence tout au long du Moyen-Âge. Il arrive même que la femme soit désignée ainsi : Clarisse, mère d’Ascelin Porcher. C’est alors son fils qui sert de référence.
    Une évolution peut être décelée à partir du XIIIe siècle dans l’aristocratie. Les « grandes dames » apparaissent seules dans certains actes accompagnées de leur simple titre : Agnès, dame de la Vergne, Béatrice, dame de La Roche-sur-Yon ».

    Cela se passait avant la création des Registres de baptême (sous le règne de François Premier), puis de l’état-civil, fruit de la Révolution française de 1789. Nos contemporaines mesureront le chemin parcouru, lesquelles peuvent désormais transmettre leur propre patronyme à l’ensemble de la famille...

    La chroniqueuse des femmes

    Mais le Moyen-Âge n’est pas la seule période où les femmes se sont distinguées et qui ait motivé et retenu l’attention de l’écrivaine poitevine. Ainsi dans l’ouvrage Les femmes dans la Guerre de Vendée (Geste éditions, 2006), Isabelle Soulard retrace sans a priori la vie quotidienne des Femmes d'Anjou, de Vendée, du Sud de la Loire-Atlantique et des Deux-Sèvres insurgés, en 1793. Le rôle des femmes dans cette « guerre de géants » est minutieusement analysé. Qu’elles soient Blanches ou Bleues, royalistes ou républicaines, ces femmes ne restent pas passives. Combattantes, espionnes, amazones mais aussi victimes, elles tentent de survivre, la peur au ventre, pour leurs enfants, pour leurs époux, paysans, tisserands ou vignerons. Des tranches de vie surgissent ainsi au gré des pages perrnettant aux lecteurs de.vivre de l'intérieur et avec émotion les heures terribles de la guerre de Vendée.

    Très remarqué peut-être parce que plus proche dans le temps, son ouvrage Poitevines et Vendéennes sous l’Occupation, trouve son origine à partir de l’atelier « Histoire » qu’elle anima au sein du foyer René Crozet, à l’invitation de sa directrice Madame Catherine Baudy. Il est « dédié à toutes les femmes du Grand-Ouest qui ont payé de leur vie notre liberté ». Des témoignages, préalablement enregistrés, constituent la trame principale de ce livre. Et avec ses Femmes de l’Ouest sous l’Occupation, ce sont plus de deux cent cinquante femmes, de l’estuaire de la Seine à celui de la Garonne, qui ont ainsi accepté d’évoquer leur existence pendant la guerre. Parmi elles, certaines, très courageuses, eurent un rôle très actif comme agents de liaison au service la Résistance ; mais, au retour des hommes de captivité, des maquis ou des combats pour la Libération, on les a fort peu écoutées. L’auteur justifiera ces deux ouvrages qui ont partie liée en ces termes :

    « Lors des séances de dédicaces, j’ai tellement rencontré de femmes qui, spontanément, me disaient ce qu’elles avaient vécu pendant la guerre que j’ai eu envie de faire un nouvel ouvrage, plus riche, plus vaste, afin de rendre hommage à toutes ces femmes... Elles ont témoigné dans le but de transmettre aux jeunes ce qu’elles avaient vécu. Toutes, elles avaient envie de parler, de se livrer. Au lendemain de la guerre, elles se sont tues et se sont remises aux fourneaux. C’étaient une joie pour elles d’avoir la possibilité de s’exprimer.»

    Ainsi des tranches de vie surgiront des mémoires, une véritable « libération » de la parole, mêlant tout à la fois, l’anxiété, les peurs, les angoisses, les privations, les espoirs, les faits de résistance, mais aussi les trahisons, les règlements de compte, les dénonciations et jusqu’à la captation de propriétés.
    Une belle et extraordinaire leçon de vie.

    Dans le maquis de l’état-civil : suivez la guide !

    Mais c’est le Poitou historique (et plus largement, le Grand-Ouest) qui est en fait l’objet de son regard d’historienne. Aussi trouve-t-on sous sa plume alerte et cursive un ouvrage consacré au Pays des Olonnes, et aux Sables en particulier évoquant tour à tour corsaires et flibustiers courant les mers et les océans, et jusqu’au prestigieux Vendée Globe qui donne toute sa dimension à cette cité atlantique qui n’est pas seulement un station balnéaire de renom, mais une ville des plus dynamiques de la côte.
    Cette plongée dans le Bas-Poitou lui donnera l’occasion de nouer des liens avec l’Association des maires du département de la Vendée qui honorera d’une édition son étude dont on veut bien reconnaître qu’elle est en même temps un véritable hommage aux 2434 maires qui ont administré leur commune au cours du XXe siècle. Autant dire que tout ce qui concerne la vie de nos communes ne lui est pas étranger ! Aussi deviendra-t-elle pour la Grande région d’Ouest, certainement la meilleure guide à travers les arcanes et les dédales des salles d’archives communales et départementales et surtout dans le maquis des registres d’état-civil qui n’ont plus de secrets pour cette chercheuse impénitente, véritable détective du passé qui a su mettre à la portée de chacun son Guide de généalogie, ouvrage concis et exhaustif qui permet au généalogiste en herbe « d’aller à l’essentiel ».
    Ainsi, mieux que quiconque, Isabelle est-elle celle qui s’avère la plus à même d’aider ses contemporains à regarder vivre ses ascendants et ses propres ancêtres où se cache peut-être quelque personnage illustre, mais plus certainement une véritable armée d’artisans, de commerçants, et par-dessus tout, de paysans, ceux-là même qui peuplaient la France de l’époque pré-industrielle, avec leurs qualités, mais aussi leurs faiblesses, leurs difficultés à vivre, à survivre.
    Isabelle est une véritable humaniste qui aime sa région, son pays, sa ville, les hommes et les femmes qui s’y sont succédé et en ont fait les territoires qui nous accueillent aujourd’hui.
    Merci, Isabelle !

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    Ouvrages d’Isabelle Soulard :
    l Les Femmes du Poitou au Moyen-Âge, La Crèche, Geste éditions, 1996.
    l Poitevines et Vendéennes sous l’Occupation, La Crèche, Geste éditions, 1999.
    l Guide de généalogie en Anjou, Poitou, Charentes et Vendée, La Crèche, Geste éditions, 2001.
    l Maires et communes de Vendée au XXe siècle, Assoc. des Maires, Siloë, 2002.
    l Les Femmes de l’Ouest sous l’Occupation, La Crèche, Geste éditions, 2002.
    l Petite histoire des Sables d’Olonne, La Crèche, Geste éditions, 2004.
    l Et quelques articles dans la Revue de la Société des Antiquaires de l'Ouest et dans La
    Bouillaie des Ancêtres.
    Elle a participé, avec vingt-cinq autres auteurs à l’ouvrage collectif : Poitou-Charentes terre de mémoire : témoignages et récits, Saint-Cur-sur-Loire, Éd. Alan Sutton, 2005.
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    Ses ouvrages lui ont valu reconnaissance, prix et distinctions :
    Prix de la Société des Écrivains de Vendée ;
    Prix de la Ville de Thouars ;
    Mention spéciale de la Villes des Sables d’Olonne en 1997 pour "Les Femmes du Poitou au Moyen-Âge".

    (Michèle Gardré-Valière et Michel Valière, dans "L'Almanach du Poitevin, 2007, Romorantin, CPE éditions)

  • Un film étonnant: Le plus beau des Jouets

    un film documentaire (vidéo Pal de 33 minutes)

    Le plus beau des jouets


    de

    Marion Valière-Loudiyi


    Le développement de l'enfant dans chaque société s'est toujours accompagné de textes chantés, comme autant de "paroles nourricières" : tout un florilège de berceuses, de petits textes pour aider l'enfant à découvrir son corps, les doigts de la main, les genoux, le nez, etc. Des petits jeux chantés qui accompagnent l'initiation et l'éducation civique, morale et religieuse.

    Ce film présente les textes dans un contexte familial, scandés par des entretiens du médecin-pédiatre Taïeb Fizazi et des ethnologues Catherine Robert et Michel Valière, qui remettent en contexte ce patrimoine oral trop méconnu, et cependant très riche et bien représenté en Poitou-Charentes, notamment dans le milieu rural. Patrimoine dont on comprend bien qu'il est devenu évanescent de par la décohabitation des familles, l'éloignement des générations et l'exode rural.

    Cette vidéo permet de mettre en lumière ce patrimoine particulièrement fragile et de le restituer aux différents praticiens de l’enfance.


    Plus de renseignements? Contactez-nous.

    Consultable : -à La Médiathèque municipale de Saint-Junien (87)
    : - à La Médiathèque François Mitterand à Poitiers (86)

  • Apprentissage du violon traditionnel en Poitou

    Vient de paraître: un film documentaire (DVD de 20 minutes):

    Ménétriers du Poitou :
    apprentissages

    de

    Marion Valière-Loudiyi

    Les ménétriers du Saint-Maixentais comme ceux du Civraisien ont développé depuis le milieu du XIXe et pendant près d'un siècle, une technique d'apprentissage du violon à partir de tablatures dites "musique chiffrée". Ethnographes et folkloristes ont pu recueillir sur ces territoires ruraux des témoignages vivants ainsi que des feuillets et cahiers manuscrits spécifiques, conservés le plus souvent par des particuliers.
    En outre, pédagogues et musiciens ont expérimenté et diffusé ce mode d'apprentissage "sur le terrain" du Poitou-Charentes, depuis 1965 et aujourd'hui encore.
    Ce film est une contribution à la connaissance et à la mise en valeur de ce patrimoine fragile, avec le concours de témoins directs, chercheurs et musiciens.

    Conseillers ethnographiques : Michèle Gardré-Valière, chercheur en ethnomusicologie (ARPE), et Michel Valière, ethnologue.
    Musiciens : le duo c.poitou.ça de Stéphane Guionnet et Sébastien Moteau, accompagné de Philippe Compagnon et Dominique Simonnet.
    Musiciens en apprentissage : les élèves du cours de violon des Virouneux d'o bourg de Buxerolles (86).


    Renseignement: contactez-nous.

  • Un bon vin chaud aromatisé à la cannelle, permettrait-il encore d'éviter la grippe?

    Évitez la Grippe! Depuis 1985, l"Assurance Maladie a mis en place un véritable plan de santé publique qui a permis de diminuer de façon significative le nombre des victimes de la grippe.
    Alors pensez-y ! Un bon vin chaud sucré et aromatisé aux bien portants, le vaccin aux autres... et surtout s'ils ont, pour les messieurs plus de 65 ans, pour les dames, un "certain âge". Dans les deux cas, c'est gratuit ; mais parlez-en à votre médecin référent / traitant...
    Belvert se met au vert d'automne, s'emmitoufle, et attend toujours que son plombier préféré (poitevin ou polonais, même combat contre le froid !) vienne lui déplomber son chauffage central... depuis le mois de juin...
    Après les antibiotiques, on passe à la cortisone... ainsi va la vie.

  • Chansons de mensonges

    Ref
    Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Amusons nous
    Cela ne durera pas toujours


    1- Je mets ma charrette sur mon dos
    Mes deux bœufs dans ma poche (bis)
    Je m’en fus labourer comme ça
    Où n’y avait point de terre (bis)

    2- Je m’en fus labourer comme ça
    Où n’y avait point de terre (bis)
    Dans mon chemin j’ai rencontré
    Un prunier plein de pouères (bis)

    3- Dans mon chemin j’ai rencontré
    Un prunier plein de pouères (bis)
    Je me suis mis à le secouer
    O n’en jaillit des mèles (bis)

    4- Je me suis mis à le secouer
    O n’en jaillit des mèles (bis)
    Une vieille bonne femme court après moi
    Vous abattez mes figues (bis)

    5- Une vieille bonne femme court après moi
    Vous abattez mes figues (bis)
    Elle lancit son chien après moi
    Sa poule va me mordre (bis)

    6- Elle lancit son chien après moi
    Sa poule va me mordre (bis)
    Elle me mordit au talon
    O saignit à la gorge (bis)

    7- Elle me mordit au talon
    O saignit à la gorge (bis)
    Je m’en fus chez mon médecin
    Qu’est grand sauteur de cordes (bis)


    Nous devons cette chanson à notre rencontre, à Nalliers, avec les deux filles de l’horticulteur, qui déclarèrent tout de go qu’il s’agissait d’une « chanson idiote » et qui cependant… nous la chantèrent.
    Ce genre qui porte volontiers de nos jours l’appellation « chanson de menteries » s’est pratiqué très tôt. Au XIIe et XIIIe siècle, la « fatrasie » utilisait les mêmes ressorts :

    « Un chastiau qui vole
    D’une poire molle
    Recousait un four… »

    Ou bien :

    « Je vis toute mer
    Sur terre s’assembler
    Pour faire un tournoi… »

    (Couplets extraits de « La Lyrique médiévale » de Pierre Bec, 1972).

    Au XVIe et XVIIe les mêmes élucubrations modulées prirent le nom de « coq-à-l’âne ». On dit que Clément Marot lui-même serait à l’origine de cette nouvelle appellation qui a fait florès puisque les recueils de chansons de cette époque en proposèrent à leurs lecteurs (et éventuels chanteurs). En voici un extrait, tiré du « Recueil des plus beaux airs accompagnés de chansons à danser, ballets, chansons folâtres et bacchanales, autrement dits vaudevires, non encore imprimés. Aux quelles chansons l’on a mis la musique de leur chant, afin que chacun les puisse chanter et danser, le tout, à une seule voix. » ( Recueil imprimé à Caen en 1615).

    « Je viens apporter des nouvelles
    Qui sont tout autant bonnes que belles,
    Mais je suis sujet à mentir :
    J’ai vu un limaçon en guerre,
    Qui jetait un lion par terre
    Et dessous lui l’assujettir.

    Ref Qui vient de loin sans flatterie,
    Il n’épargne pas la menterie.

    J’ai vu l’Angleterre en Espagne
    Et l’Italie en Allemagne,
    Et les Alpes de beurre frais.
    J’ai vu deux bœufs et leurs charrues
    Dedans le ventre d’une grue
    Vendre du charbon de rabais

    Ref.

    […] »

    Il s’ensuit quatre autres couplets du même tonneau. Il est aisé de reconnaître une parenté entre le « fatrasie », le « coq-à-l’âne » et « les menteries » du vingtième siècle. Cependant nous mettrons à part les « amphigouris » du XVIIIe siècle tels qu’ils sont présentés dans « l’Anthologie des chansons françaises en quatre volumes » publié en 1765. L’auteur (anonyme) de cette compilation impressionnante n’en propose que deux à ces lecteurs dont nous donnerons ici à notre tour un court extrait (amphigouri en o) :

    « Ino met le domino de Dom Bruno
    Et par un quiproquo dans Jéricho
    Fait revenir I.O. D’un livre in-FOLLO
    Qui fait à CLIO-DODO… ect… »

    Il assortit en outre ces deux échantillons d’un commentaire :

    « Pour n’omettre aucun genre de chanson, voici quelques amphigouris. On sait que l’amphigouri consiste à ne mettre ni liaison ni sens dans des vers comme rassemblés au hasard, mais beaucoup de folies et qu’il y faut surtout des rimes pleines et singulières. C’est un mauvais genre de l’aveu de ceux-mêmes qui s’en sont amusés. »

    Pour revenir à notre vingtième siècle, on sait que le répertoire enfantin répercute un certain nombre d’oeuvrettes dans le même style qui font la joie des tout-petits. Il y a bien sûr la « souris verte » qui devient « un escargot tout chaud », mais aussi « Tous les légumes du clair de lune étaient en train de s’amuser, ils s’amusaient-é-comme ils pouvaient-é-et les passants les regardaient ». « L’araignée qui se tricotait des bottes ». La liste en est longue. En outre des versions plus « canoniques » de menteries ont circulé dans nos « anciennes » colonies de vacances et circulent sans aucun doute encore :

    Je me lève de bon matin (bis)
    Quand le soleil se couche
    Coco l’haricot la la
    Je me lève de bon matin
    Quand le soleil se couche
    Je rencontre un cerisier (bis)
    Qu’était couvert de prunes…

    S’ensuivent quinze couplets. On peut supposer que les enfants, dans ce cadre-là, n’ont pas manqué de se sentir aptes à improviser quelques couplets supplémentaires plus ou moins respectueux qui ont fait la joie de leurs camarades le temps d’une journée de colonie ou quelquefois plus longtemps.
    Les chansons à rallonges ne sauraient en général se terminer -sauf dans celle de Nalliers- sans faire appel par exemple à la mouche ou au rat, témoins aussi familiers qu’indésirables du drôle de drame qui se joue dans la tête folle des compositeurs (anonymes) de ces chansons : la mouche au plafond, le rat dans le grenier se tordent de rire « se pouffinent de rire ».
    Modernité oblige, dans la version « colonie de vacances » le rat, sans doute échappé de la dernière veillée au feu de camp, se trouve « sous le lit à jouir de la guitare ».

    Michèle Gardré-Valière

  • Un camelot à la foire de Gençay (Vienne)

    (Article de Michel Valière, paru dans Aguiaine, Bulletin de la Société d'Ethnologie et de Folklore du Centre Ouest.)


    Dans le cadre de diverses missions (CNRS, Phonothèque nationale), promenant mes micros sur les champs de foire et marchés agricoles les plus divers tels que Gençay, L’Isle-Jourdain (Vienne), Lezay ou Parthenay (Deux-Sèvres), Saint-Chély-d’Apcher (Lozère), Barcelos (Nord-Portugal), Debrecen (comitat Hajdú-Bihar, Hongrie), Neufchâteau (province de Luxembourg, Belgique), il m’a été donné à maintes reprises d’enregistrer du bruit, des sons, des paroles, tout un univers sonore particulier dans lequel baignent autant les populations locales, que celles nomades ou de passage.
    À partir de 1972, en tant que membre de l’Équipe de recherche associée (ERA 352 — CNRS), dirigée et animée par le Professeur Jean-Louis Fossat, j’ai eu l’occasion de collaborer régulièrement aux travaux de l’Institut d’Études méridionales à l’Université de Toulouse II — Le Mirail. C’est dans ce cadre-là, qu’éleveurs, marchands de bestiaux et de volaille, étalonniers, mais aussi artisans, commerçants, ont été tantôt écoutés, observés et « croqués sur le vif », tantôt sollicités à partir de questionnaires spécifiques pour enregistrer in situ leurs savoirs techniques et professionnels dans une perspective sociolinguistique . Il en a résulté un ensemble de phonogrammes déposés, selon les circonstances, à la Phonothèque nationale, à Paris, à l’Université de Toulouse II — Le Mirail, à la Bibliothèque universitaire de Poitiers et, dans certains cas, au Centre culturel la Marchoise, à Gençay (Vienne). Si quelques-uns ont donné lieu à des études, présentations ou publications, d’autres, en revanche, demeurent encore à l’état de friche, constituant une réserve d’archives sonores en attente d’exégètes ou plus simplement d’usagers .
    Parmi celles-ci, figure la « performance » au sens linguistique, d’un habile et facétieux camelot, rencontré un jeudi de printemps 1972, sur le champ de foire de Gençay — qui m’est le plus familier de tous et dont je propose ici une translittération.
    Ce « marchand de chaussettes » s’était installé à l’angle de la Route de Civray et de la Rue du 8 mai, devant la Maison familiale rurale. Me trouvant en « pays de connaissance », une interaction rapide s’établit rapidement entre lui et moi, et, par-delà, avec les clients et badauds attroupés.
    Écoutons-le attentivement :

    […] « Tiens, dites-donc les amis !
    C’est moi le roi de la chausse. Le roi de la chaussette, c’est moi.
    Eh bien, écoutez : une paire... Parlez, i m’enregistre. Ah, moi, ça, terminé ! I va me faire rougir. Tiens, la deuxième paire... Je suis un timide, moi. La troisième paire, j’en fais cadeau. Tiens... la quatrième, c’est un supplément.
    Eh bien, écoutez Monsieur, parce que je suis là, je vous fais des prix cadeaux, des prix d’amis. La cinquième, c’est pour la fête des pères. Donnez-moi mille balles !
    Ça intéresse-t-y quelqu’un ? Je parle pour vous, là, hein, je parle pour vous, je fais... je fais ça pour vous.
    Tiens, maman, ça vous intéresse au fait ? Ben j’arrête. Terminé, coupez !
    Tiens les amis. (Le camelot frappe alors dans ses mains)
    La deuxième paire, Monsieur, c’est un prix cadeau, un prix d’ami. Tenez, Monsieur, parce que je suis là pour faire plaisir à toutes et à toutes. Pour la fête des pères, Monsieur, faut en profiter. Venez voir, non mais, j’insiste, Monsieur... Monsieur, mais venez, j’insiste, Monsieur.
    Tenez, la troisième paire, Messieurs dames, j’ai dit que j’en ferai cadeau. La quatrième, c’est par-dessus le marché...
    Tenez, les amis, j’ai bien dit : vous êtes tous des amis... on est tous des copains, on est tous des frères ! La cinquième, c’est pour la fête des pères, donnez-moi mille balles ! Tenez, mille balles pour la poignée, ça intéresse-t-y quelqu’un ? Tè, voyez-vous, ça intéresse plus personne maintenant !
    Ho ! Messieurs...Mons.mais, dites Monsieur, non, venez voir, j’insiste, non mais, j’insiste, parce que tous les hommes maint...(brouhaha de voix de femmes), les hommes, les hommes, les hommes ont le droit de choisir quand même ce qu’ils veulent et ce qu’ils désirent (brouhaha de voix). Je vous fais un prix d’ami. Je vous fais une paire, tiens, deux paires, la troisième, je vous en fais cadeau. Tiens, écoutez hein, prenez ce que vous voulez, moi, j’insiste pas. La quatrième (bruit de moteur), c’est à vous de décider. Pour vous décider, j’ai bien dit : pour vous décider, donnez-moi, disons cinq.p, donnez-moi mille francs pour les cinq paires
    ( court syntagme inaudible).
    Venez voir quand j’étais petit comme j’étais beau. Je suis là, dans le centre. Venez voir le relief, le cinémascope, le grand écran. J’a bien dit : la télévision chez vous pour pas cher ! Vous n’userez plus de courant, maintenant, ma petite dame. Terminé, maintenant la première, la deuxième, la troisième chaîne.
    Tiens, Madame, une paire... Mais, dites donc, vous, c’est à vous, que je fasse une affaire avec vous, maintenant, hein ! »

    — « Mais non, mon mari porte que des chaussettes de laine. »
    — « Mais i s’en sert comme bonnet de nuit ? »
    — « Mais oui... »
    Tiens, la troisième, si ça vous intéresse, Madame, je vous en ferai cadeau. Tiens,il y en a presque plus,mais ça fait rien ; ça gagne pas, ça débarrasse. La quatrième, c’est par-dessus le marché, et la cinquième, voyez, eh bien ce sera pour la fête des pères, donnez-moi mille francs.
    Tiens, touchez ce que c’est : talon renforcé cent pour cent, résiste à tous les pieds, regardez. Mais c’est pour le mari, Madame, c’est pas pour vous, bien entendu. Oui, mais non, regardez, non, mais, plus franchement, voyez, j’insiste, hein. C’est une qualité supérieure, c’est pas une qualité inférieure, ça...
    Tiens ! Dites donc les amis, on voulait faire une affaire avec moi ? V.voulez gagner ? voulez gagner de l’argent, ou gagner des chaussettes ?Comme vous voulez. Tenez, la deuxième, la troisième, Monsieur, la troisième, je vous en ferai cadeau, Madame, parce que vous êtes ravissante ; n’est-ce pas, Monsieur ? La cinquième, c’est par-dessus le marché. Et puis, tiens ! Aujourd’hui, on fait des prix d’amis. J’en mets encore une paire, ça fera encore toujours cinq paires. Donnez-moi mille francs ! Pour les cinq paires ça intéresse-t-y quelqu’un ?
    Messieurs dames... Dites, Madame, venez voir pour le mari, ou pour le jeune homme. Profitez-en, tenez, regardez : polyamide cent pour cent, talons renforcés au fil et coton ... ou alors, fil d’Écosse, comme vous voulez, ou bien pour les enfants. Tenez, regardez ce que je fais. Ça vous intéresse pas, ça fait rien. Une paire, deux paires, tiens, la troisième, je vous en ferai cadeau ! »

    — « J’en veux pour un petit, moi aussi ! »
    — « Un petit ? Bon, alors on fait un petit mélange. Quel âge a-t-il ? »
    — « Ah ben, il a six ans. »
    — « Bon, tiens, c’est pas ici. Mais, si vous voulez, moi, je vous fais un panaché. »
    — « Mélangé ?»
    — « On fait un panaché, oui ? On en donne cinq paires pour mille francs. Alors, six ans,vous avez dit ?Quelles couleurs on lui met ? Des rouges, des petites rouges, rouges avec une petite torsade bleue ? »
    — « Oh, elles vont être trop petites ! »
    — « Ah non ! »
    — « Il a un grand pied, hein, je vous assure. »
    — « Oh ben, il a un grand pied. »
    — « Oui. »
    — « Y a pas ? Il a du vingt-cinq, vingt -six, ça suffit quand même ! »
    — « Je sais pas, j’en ai un, j’en ai une, mais elle est trop petite. »
    — « Faites voir. Ah oui. Mais, dites, oui, mais c’est, c’est, c’est de la polyamide, comme moi. Permettez ! Non, voyez-vous, moi, ça va. »
    — « Oui, mais c’est qu’elles y sont trop petites alors. »
    — « Vous voulez plus grand que ça ? Moi, je veux regarder de plus grandes. Je voudrais pas qu’elles soient trop grandes, c’est pour ça, hein, je vous dis carrément. Autrement, je vous le dirais pas. »
    — « Dans ces rouges, là. »
    — « Dans ces rouges-là ? Des rouges, y en a plus je crois bien. Des blanches, ça vous, ça vous, ça vous tente pas ? »
    — « Non, c’est pour tous les jours, hein. »
    — « C’est pour tous les jours ? Mais ça de toute façon, ça ira, de toute façon. »
    — « Oui, mais si a i vont pas ? »
    — « Si ça i va pas, vous me les rapporterez ! »
    — « Oui, mais non, vous n’êtes pas là toutes les fois ? »
    — « Non, non, non, mais non. Vous habitez ici ? »
    — « Non, j’habite pas Gençay... » (bruit de moteur sur la route).
    — « C’est polyamide cent pour cent. Combien il fait de mari votre pied ? (sic !) Quarante-deux ? Quarante-trois ? Il vous faut en prendre une standard polyamide. Prenez la couleur et la taille que vous désirez. Tenez, vous avez pas d’autres enfants ? Vous en avez d’autres ? »
    — « Mais non, j’ai que çui-la ! »
    — « Alors, prenez le reste pour deux ! »
    — « Mais elles sont trop petites ! »
    — « Non... »
    — « La prochaine fois ! »
    — « Bon, alors, je vais vous en donner des plus grandes... faut, faut en faire ! Vous voulez ? Tiens, des comme ça, ça va-t-y des comme ça ? »
    — « Ah bè, je veux pas cette couleur ! »
    — « Ah, mon Dieu, je sais pas moi. Dites, si je vous donnais des blanches ? C’est joli, le... le blanc ! Alors, là, j’ai là, j’ai toutes les tailles. Alors, là, heu, dites, ça marche par âge, dix, onze, douze. Ça marche ? » […]

    Il en fut ainsi, ce jour-là, de neuf heures du matin, jusque vers treize heures où s’arrêtèrent à peu près les transactions de cette foire bimensuelle qui se tient les deuxième et dernier jeudi de chaque mois.
    Rompu à la routine des ruraux qui fréquentent généralement les foires, il proposa avec ruse qu’on puisse lui ramener les objets qui n’auraient pas donné satisfaction . Ce camelot, en fait, n’était pas un habitué des foires de Gençay, et l’on peut émettre l’hypothèse qu’il n’est certainement jamais revenu sur cette place de marché. Il écoulait un stock de chaussettes quasiment toutes de la même taille. J’en achetai d’ailleurs cinq paires moi-même, qui ne durèrent pas plus d’une semaine ; mon épouse pourrait en témoigner. Elle ne m’épargna pas ses sarcasmes, et se moque encore de moi à chaque évocation de ce camelot qui avait d’abord retenu mon attention par cette phrase curieuse (hors enregistrement) que j’aime rappeler, par auto-dérision :

    « Même avec un vilebrequin, votre mari ne pourrait pas les trouer ! »

    Je n’eus absolument pas le temps d’acquérir un tel instrument, familier des bricoleurs, pour exercer mon sens critique dans le dessein de controuver cette assertion lapidaire ; elles se percèrent d’elles-mêmes, chaque fois, juste à les enfiler au pied !


    NOTES

    Cf. : FOSSAT Jean-Louis et VALIÈRE Michel, Histoire de la vie rurale en Poitou : récits d’un étalonnier, Toulouse, univ. Le Mirail, 1977, 114 p. Ou encore :
    JAGUENEAU Liliane et VALIÈRE Michel, L’Ega blanca (T.1631 A) e autres racontes de maquinhons reculhits a Badalhac, Lespinhan e Beissenac, Poitiers, Institut d’Études occitanes (documents sonores), 1978, 108 p.
    Cf., par exemple, le cahier : « Les parlers populaires au Nord du Portugal : enregistrements réalisés par Michel et Pierre Valière pour le compte de la Phonothèque nationale, mars-avril 1970. Commentaires et analyses de Pierre Valière », Nantes, P. Valière, 1970, 54 p., multicopié.
    Ainsi, sur la proposition de Michèle Gardré-Valière (professeur de lettres-latin), cette « performance » a été également utilisée comme saynète lors de la fête scolaire de fin d’année du Collège de Gençay, le 28 juin 1979, par des élèves qui avaient choisi pour thème d’expression La foire. Auparavant, en automne 1978, ce petit texte avait fait l’objet, de ma part, d’une utilisation pédagogique en classe de français au Collège Pierre et Marie Curie à Niort (où j’étais alors en poste), pour sensibiliser les élèves de quatrième à l’opposition langue écrite/langue orale.
    Il ne demanderait qu’à être « reviré » en poitevin-saintongeais pour des usages similaires !
    Mille balles : soit mille centimes, ou dix francs « lourds » de 1961, équivalent environ à un euro cinquante de la monnaie européenne actuelle.
    Cette pratique est couramment utilisée, les acheteurs pouvant aller échanger (ou rendre) le produit en question sur ce même marché, ou sur tout autre où s’installe périodiquement le commerçant ambulant. Elle implique une confiance mutuelle entre marchand et client fidèle qui repose sur une parfaite connaissance commune des territoires de chacun.