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sociologie

  • Au Pays des moules et des huîtres: Le Bassin de Thau: Mèze, Bouzigues, Balaruc, Sète....

    Les pilotes du Blog Belvert, attaché désormais au Limousin entre Parc et Monts de Blond, ont le plaisir de vous annoncer l'imminente publication de l'ouvrage du sociologue Pierre Sécolier, intitulé "Femmes d'étang : Paroles et portraits de femmes du Bassin de Thau", en collaboration avec la photographe Sylvie Goussopoulos et préfacé par l'ethnologue Christian Jacquelin.

    Vous pourrez le trouver en librairie dès la semaine prochaine ou le commander auprès de l'association Les Temps de Thau :

    lestempsdethau@gmail.com

    (18 €  ;   ISBN 978-2-84135-794-9)

     

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    Réalisé en s'appuyant sur des enquêtes de terrain, ce travail ethno-photographique met en lumière le rôle des femmes, la diversification des compétences dans les domaines halieutiques et conchylicoles du Bassin de Thau. 

  • Dans le Golfe du Lion, l'étang de Thau mérite toute notre attention

    Membre du laboratoire VECT (Voyages, échanges, confrontations, transformations) de l'Université de Perpignan, Via Domitia, Pierre Sécolier, docteur en sociologie, a projeté et appliqué son regard sur le territoire méditerranéen de l'étang de Thau, connu pour ses rapports étroits avec la ville portuaire de Sète (Hérault) et pour la qualité de sa production conchylicole (mytilicole, ostréicole). Il y a observé, avec une démarche ethnographique, mais aussi sociologique, la pêche et les nombreuses activités traditionnelles qu'il qualifie de « petits métiers lagunaires ».

    Tout au cours de l'histoire, les hommes de ce territoire lacustre ont dû se mobiliser pour s'adapter avec ténacité à la mouvance du contexte socio-économique, aux diverses techniques de production, à l'environnement et à ses nouvelles représentations inductrices d'inévitables et compréhensibles conflits d'usage. Pourtant, le territoire de Thau et sa richesse naturelle, dont la beauté n'est pas la moindre, sont confrontés à une crise économique et environnementale sans précédent qui force les hommes à reconsidérer tant leurs modes professionnels que ceux de leur gestion.

    La mobilisation de tous les instants des acteurs sociaux engagés dans un projet de développement local ainsi que les stratégies des politiques territoriales ont fait l'objet d'une observation attentive, certes empirique, qui s'est étendue sur plusieurs années : observation des techniques de travail, mais aussi des pratiques festives et des réjouissances populaires si particulières.  Il a notamment pris en compte les différents  jeux nautiques dont les joutes sétoises qui plongent leurs racines au XVIIe siècle, et qui ne sont pas sans rappeler les tournois équestres d'une époque médiévale des XIVe et XVe siècles.

    Dans un premier temps, Pierre Sécolier situe le territoire de la lagune de l'étang de Thau parmi celles « qui s'étirent sur toute la façade du Golfe du Lion, du nord de la côte catalane à la Camargue », où la présence de l'homme est signalée depuis la fin du Néolithique (- 7000 ans av. J.-C.). Mas conchylicoles et cabanes précaires y sont le cadre de l'activité des gens de mer, celui où le chercheur a réalisé ce que François Laplantine qualifiait d'« observation directe des comportements sociaux à partir d'une relation humaine », le travail de terrain auprès d'un microcosme des professionnels de la  lagune. Ainsi les « petits métiers de l'étang » y sont largement évoqués, autant la pêche que la conchyliculture. Puis l'auteur s'attache aux rôles respectifs des acteurs, ceux des hommes comme ceux des femmes, lesquelles, on le sait, autant sur la lagune sétoise que dans les bassins des Îles du Ponant et de la presqu'île d'Arvert, « ont souffert au plus intime de leur être de l'injustice et de l'incompréhension de leurs partenaires et des législateurs », comme le relatait en 1962 l'anthropologue Paul-Henry Chombart de Lauwe.

    Dans une seconde partie, le chercheur relate la jubilation collective à l'occasion des  manifestations festives, qu'elles soient religieuses, sportives, ou consacrées aux produits de l'étang et à la gastronomie locale. Ainsi se définit l'étang de Thau, site lagunaire, littéralement devenu objet de consommation. En revanche, il en découle des conflits d'intérêt comme des conflits d'usage qui vulnérabilisent l'environnement. Les tensions, les dissensions, les débats et discussions  seront analysés dans une troisième partie qui laisse entrevoir, de par la mobilisation des populations et compte tenu d'initiatives innovantes, une reconstruction identitaire qui fait dire au chercheur qu'il n'y a « qu'à espérer que ces mobilisations perdureront et apporteront à la lagune un second souffle qui lui permettrait de mieux respirer ».

    Si cet auteur a bien ressenti et exposé la problématique du Bassin de Thau, et en particulier sa fragilité comme celle des hommes qui en vivent, dans une quotidienneté incertaine, il apparaît toutefois que, comme la majorité des touristes estivaux qui le fréquentent, il a été sensible aux émotions festives partagées, faites de musiques et des sons aigrelets des hautbois (grailes), des percussions des tambours et tambourins, des rythmes, des odeurs, des saveurs insoupçonnées fleurant l'iode, de la griserie des embruns. Ainsi  Pierre Sécolier, patient ethnographe, sociologue des milieux professionnels peu connus de cette lagune méditerranéenne, nous fournit-il des clefs pour une interprétation d'un environnement naturel et humain, aux prises avec une surconsommation de  l'espace et une avidité héliotropique et sportive de masse. Il se dégage de cette étude un goût amer dans la mesure où il a bien compris que l'avenir de la lagune se trouve entre les seules mains de ceux qui en tirent leurs moyens d'existence, et là on imagine sans peine les difficultés à venir.

    Ajoutons que eux préfaces, la première de Gilles Ferréol, professeur des universités, la seconde de François Commeinhes, maire de Sète et président du Syndicat mixte du Bassin de Thau, viennent heureusement sommer ce passionnant ouvrage d'une ethnographie d'inspiration toute goffmanienne.

    SECOLIER Pierre, Pratiques professionnelles, enjeux territoriaux et changement social : l'évolution et la mutation des petits métiers de l'étang de Thau, Bruxelles-Fernelmont, E.M.E. et Intercommunications, 2009, 199 p.

    Vous pouvez retrouver cet auteur, sa passion sur son blog "Les Temps de Thau" en suivant ce lien : http://www.lestempsdethau.com

    M.V.

  • Regard contemporain sur les rapports entre culture, culture populaire et contre-culture

    Antigone Mouchtouris, Préface de Bernard Valade, "Sociologie de la culture populaire", (Paris, l’Harmattan, Coll. Logiques sociales, série Études culturelles, 2007, 200 p.
    Cet ouvrage explore les différentes contradictions de la culture populaire. Il se distingue des discours habituels qui ne retiennent qu’aliénation et manipulation. Où placer l’expression créatrice dite populaire ? Comment privilégier la vision artistique du monde ? Par l’analyse des expressions de la culture populaire tant au niveau des acteurs qu’au niveau des époques historiques, il nous offre une visibilité nouvelle des dynamiques de l’espace social.

  • Jean Duvignaud vient de nous quitter...

    Écrivain, sociologue et anthropologue, d‚abord critique dramatique de La NRF (1953-1955) et directeur de la collection « Les Grands Dramaturges» aux Éditions de l‚Arche, Jean Duvignaud a soutenu le travail de Roger Blin, Arthur Adamov, Samuel Beckett ou encore Eugène Ionesco. Chercheur au CNRS (1956-1960), maître de conférences à l‚université de Tunis puis assistant à la Sorbonne, il fut professeur à l‚université de Tours (de 1965 à 1980) avant d‚enseigner à Paris-VII. Grand animateur de revues, il fonda Scarabée international en 1982, après avoir participé à la création de Théâtre Populaire avec Roland Barthes en 1953, d‚Arguments avec Edgar Morin et Kostas Axelos en 1956, de Cause commune avec Paul Virilio et Georges Perec en 1972. Dramaturge (Marée basse, Gallimard, 1956) et romancier (L‚Empire du milieu, Gallimard, 1971 ; Le Favori du désir, Albin Michel, 1982), Jean Duvignaud est également l‚auteur d‚une ˛uvre théorique importante qui traverse le théâtre (L‚Acteur, sociologie du comédien, Gallimard, 1965), la sociologie (Sociologie de l‚art, PUF, 1967), l‚ethnologie (Chebika, Gallimard, 1968) ou encore la critique littéraire (Perec ou la Cicatrice, Actes Sud, 1993). Depuis 1990, Jean Duvignaud était président d‚honneur de la Maison des cultures du monde.
    Nous nous étions croisés à trois ou quatre reprises, là dernière à l'amphithéâtre Descartes, à Poitiers. Retiré à La Rochelle, tu étais venu nous faire partager ton expérience, il y a déjà quelques années.
    Respect Jean Duvignaud ! Et Merci pour ton œuvre intelligente et féconde.

  • Depuis le Père Goriot, de l'eau a coulé sous les ponts.

    Vient de paraître:
    "La formation du couple: Textes essentiels pour la sociologie de la famille"
    Un ouvrage de Michel Bozon et François Héran
    (La Découverte, coll. "Grands Repères Classiques", mai 2006, 272 pages, 16€)

    La sociologie s’est toujours intéressée au couple et à la famille, de ses origines à nos jours. En effet, le couple, l’union de deux individus, sur laquelle va généralement s’adosser une famille, représente le plus petit groupe humain vivant en société. Or, le couple participe de la reproduction sociale au sens où, sauf exception, il élève et éduque le ou les enfants, transmettant ainsi un ensemble d’éléments culturels. La famille, elle, peut être définie comme un groupe caractérisé par la résidence commune et la coopération d’adultes des deux sexes et des enfants engendrés ou adoptés, selon la conception classique de G. P. Murdock (De la structure sociale, 1949, trad. Fr., Paris, Payot, 1972). Mais les transformations les plus contemporaines de la famille, du moins en Occident, nous conduisent à signaler aussitôt les modifications substantielles du contenu de ces termes depuis un siècle. L’union, aujourd’hui, ne signifie plus nécessairement l’appariement de conjoints de sexes différents, ce que le PACS a d’ailleurs formalisé en droit, ni le « mariage bourgeois » tel qu’il apparaît dans Le père Goriot de Balzac. La famille élargie a cédé la place à la famille nucléaire constituée des conjoints et de leurs enfants, communs ou non, sans que cela ne ruine, jusqu’ici, les liens affectifs, les relations de parenté ou l’entraide intergénérationnelle comme le montrent les travaux récents. C’est cette voie renouvelée de la recherche relative à la formation des couples qu’explorent dans leur ouvrage les deux chercheurs de l’INED, à la suite des travaux fondateurs d’Alain Girard sur le choix du conjoint.

    www.liens-socio.org:80/article.php3?id_article=1369